HONDURAS: OBAMA, JE TE VOIS!
Le putsch contre le Président du Honduras Manuel Zelaya, renversé le 28 juin 2009, est une nouvelle tentative de l’impérialisme Etatsunien de stopper le processus d’émancipation économique et politique de l’Amérique latine. La mainmise US sur ce pays d’Amérique centrale provoque une misère touchant plus de 70% de la population. L’économie est contrôlée par les multinationales US qui imposent des monocultures destinées à l’exportation, comme Chiquita, anciennement United Fruit Company, qui règne sur des milliers d’hectares de bananeraies, comme Segafredo et autres qui réalisent d’immenses profits dans le commerce du café, au détriment des besoins alimentaires des gens. Comme dans la plupart des pays dominés, à peine plus de 10% des bénéfices reviennent au pays. 40% des revenus du pays viennent de la diaspora.
Depuis son élection en 2005, Zelaya, politicien libéral, se démarque progressivement de ses prédécesseurs en accordant une attention aux problèmes et besoins de la population. Ainsi, il avait favorisé l’achat des médicaments génériques pour que les pauvres puissent se soigner (une grande partie de la population souffre du SIDA, la mortalité infantile est de 25 pour mille), provoquant l’hostilité des multinationales pharmaceutiques. Privé de l’aide de Washington qui n’a que faire de l’éradication de la misère, il a renforcé les liens avec Cuba, le Venezuela, la Bolivie, et les pays engagés dans la révolution national-démocratique, rejoint l’ALBA et l’accord Petrocarribe.
Le pays cherche aussi à s’émanciper de la tutelle politique et militaire US. C’est le Pentagone qui a formé son armée, parmi elle se trouvait les putschistes que Zelaya avait commencé à destituer peu avant d’être renversé.
Le Honduras abrite la plus grande base militaire US, utilisée dans les années 80 pour des opérations terroristes contre le Nicaragua sandiniste. Une autre est en construction sous le prétexte de lutter contre le trafic de drogue.
L’expulsion du Président régulièrement élu et la suppression des libertés démocratiques provoquent une résistance populaire, comparable à celle qui avait fait échouer le putsch contre Hugo Chavez au Vénézuela.
Obama, qui refuse de recevoir Manuel Zelaya, et d’adopter des sanctions économiques contre le régime illégal, montre son vrai visage de serviteur loyal de l’impérialisme, qui ne peut accepter de perdre son pré carré et qui est prêt à tous les crimes contre un pays qui lèse quelque peu que ce soit ses intérêts. Le peuple hondurien a besoin de la solidarité de toutes les forces progressistes pour faire échouer le coup d’Etat et empêcher l’impérialisme de restaurer sa mainmise.
URCF le 7 juillet 2009