NON, LES TRAVAILLEURS NE DOIVENT PAS PAYER LA CRISE DU CAPITALISME !

 

Analyse du plan Sarkozy, des contre-plans de la gauche parlementaire,

et axes de luttes immédiates et futures de l’URCF

 

La crise systémique du capitalisme  entraîne une récession généralisée dans le monde entier, des Etats-Unis à la Chine.

Dans les pays de l’Union Européenne (UE), on a enregistré un recul de la production industrielle en 2008. Dans cette zone économique, 3 millions d’emplois ont été détruits, preuve de la démagogie mensongère des eurocrates qui promettaient, tel Jacques Delors, voici 17 ans déjà, « une ère de prospérité avec l’adoption du traité de Maastricht ».

Certains experts économiques, au forum de Davos qui regroupe Etats, dirigeants politiques et  monopoles internationaux, ont pronostiqué que le plus fort de la dépression se situera en 2010. Partout le capital financier poursuit la même stratégie : faire payer la crise par ses victimes, les  travailleurs !

Cela se traduit par des « plans de relance » qui transfèrent de l’argent public vers le soutien aux activités capitalistiques, plans d’Obama, Merkel, Sarkozy. L’objectif général de l’heure, pour le capital, est de limiter les dépenses publiques et sociales, d’achever la déréglementation généralisée en précarisant toujours plus la main d’œuvre.

La pression maximale s’exerce pour faire baisser « le coût » du travail et engranger ainsi le maximum de profits pour l’oligarchie financière.

Les émissions de dettes publiques atteindraient 3 000 milliards de $ en 2009, soit 3 fois  plus que l’année précédente. Les menaces de krach sont réelles, le syndrome islandais (faillite d’un pays entier) peut à tout moment frapper les Etats-Unis ou d’autres pays.

Loin des explications d’un Sarkozy  sur les « dérives du capitalisme », système qu’il suffirait de « moraliser », en corrigeant ses « excès », la source de la crise se trouve dans la nature même du système capitaliste, fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange, sur l’exploitation de la force de travail par la classe des capitalistes, sur le pouvoir d’Etat (dictature de classe) aux mains de l’oligarchie financière, sur l’expropriation des travailleurs, producteurs des richesses sociales, au seul bénéfice de la bourgeoisie.

C’est le capitalisme, avec son cortège sinistre d’exploitation de classe, d’oppression nationale, de guerres, de misère de la majorité des habitants de la planète, de chômage qui frappe plus d’un homme sur trois dans le monde, qui doit devenir la cible historique de l’humanité laborieuse, pour qu’elle puisse jouir enfin des fruits de son travail !

 

Le plan Sarkozy ou comment faire payer la crise aux travailleurs ! 

Plusieurs mesures, fortement popularisées par les médias, veulent accréditer l’idée d’un Sarkozy oeuvrant pour le bien du pays tout entier. Il n’en n’est rien !

Plan de sauvetage des banques :

L’Etat va apporter une aide financière de 360 milliards d’euros (soit 19 % du PIB). Grâce à ce plan, les banques vont pouvoir emprunter avec garantie de l’Etat jusqu’ à 320 milliards par le biais d’une « société française de refinancement de l’économie ».

Cette société, financée par l’argent public, prêtera aux banques « au prix du marché », durant 5 ans. En « contrepartie », les banques apporteront à leur tour dans cette société, leurs actifs. Bien qu’essentiellement dotée de fonds publics, ce sont ces mêmes banques qui contrôleront à hauteur de 66 % les activités de cette société !

Nous avons là, une mesure typique du capitalisme monopoliste d’Etat (CME) qui utilise les revenus du travail pour valoriser le capital.

Ainsi les fauteurs de crise, non seulement ne sont pas sanctionnés, mais sont à la fois décideurs et bénéficiaires.

De plus, l’Etat a injecté 10,5 milliards dans les fonds propres de 6 banques qui avaient le plus spéculé sur la misère des travailleurs américains en investissant dans les Hedge Funds et les fonds de pension : Banques populaires, BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel, Caisse d’Épargne, Crédit Agricole.

Sarkozy a fait un véritable cadeau au capital bancaire avec notre argent ! Quant aux contreparties, elles constituent un leurre, qu’on en juge : « code de bonne conduite » (sic !) des banques, d’ailleurs rédigé par le MEDEF (on n’est jamais si bien servi que par soi-même !) ; engagement à augmenter de 3 à 4 % des avoirs, le montant des crédits accordés aux entreprises et particuliers. Les récentes faillites d’artisans montrent ce que valent de tels engagements « non contraignants », comme le reconnaît le gouvernement. De plus, plusieurs de ces mêmes banques ont été prises la main dans le sac, à utiliser l’argent public reçu pour spéculer à nouveau.

La fusion des Caisses d’épargne et de la  Banque populaire dans un nouveau holding, dont la direction sera confiée au secrétaire général adjoint de l’Elysée, souligne le renforcement des mesures de CME, en assignant à cette nouvelle banque le rôle de drainer, toujours plus,   l’épargne populaire vers les aides au capital.

 

Le plan d’aides aux PME

La pérennité du capitalisme et l’intérêt de classe bien compris de la bourgeoisie monopoliste exigent la consolidation de l’alliance de l’oligarchie avec le petit et moyen capital, via tout d’abord, le moyen coercitif de la subordination économique, mais aussi via les aides financières publiques et les marchés de sous-traitance.

Cet intérêt global peut entrer en contradiction avec les appétits particuliers de tel ou tel monopole, on le voit avec les banques prêtes à ruiner de petits patrons pour engranger des profits immédiats.

Le MEDEF et encore plus l’Etat capitaliste, veilleur de nuit du système, vont s’assurer de la défense des intérêts globaux de la classe capitaliste… en pressurant les revenus salariaux.

Le gouvernement a accordé une aide de 22 milliards pour les PME. Financement assuré à hauteur de 18 milliards en détournant les « excédents de collecte des livrets réglementaires d’épargne ». En clair, ce sont les économies des familles les plus modestes qui sont utilisées pour assurer la trésorerie des PME.

Sarkozy a annoncé aussi l’exonération des PME « immédiate et totale » de la taxe professionnelle. Mesure qui entraînera une perte des recettes d’un milliard pour les collectivités locales, compensée par l’Etat…  soit  l’argent public !

On prend dans les poches des travailleurs pour remplir celles des patrons des petites et moyennes entreprises (où les travailleurs sont souvent privés des droits syndicaux élémentaires), pour le profit aussi  des monopoles qui ne voulant plus assurer certaines tâches, non réalisatrices de profit maximal, ont ainsi besoin de PME pour la sous-traitance, sans  leur verser la moindre aide financière.

 

Le plan Sarkozy de relance

Ce plan se monte à 26 milliards (1,3  % du PIB). Présenté par Sarkozy, le 4 décembre, ce plan a pour objectif de « générer la création de 80 000 à 100 000 emplois ».

Rappelons que l’INSEE prévoit, outre la perte de 150 000 emplois fin 2008, le licenciement de 210 000 travailleurs d’ici à juillet 2009, soit un total de 360 000 chômeurs de plus.

Sarkozy reprenant le théorème du chancelier social-démocrate allemand Schmidt (claironné en 1979), affirme : « Les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain ».

Dans ce cadre, est mis en place un « fonds d’investissement stratégique » crédité par l’Etat.

Les accents protectionnistes de Sarkozy (dénoncés hypocritement par ses pairs de l’UE qui agissent de même dans leur pays) résonnent : « Plus d’investissement, c’est plus d’activités, de valeur ajoutée et d’emplois sur notre sol ».

Protectionnisme affiché, qui le conduit ainsi à refuser toute relance de la consommation par la hausse des salaires et pensions, sous prétexte que « cela aggraverait nos importations ! ».

En réalité, le plan Sarkozy vole au secours du capital, en pressurant toujours plus les travailleurs afin d’augmenter la profitabilité des capitaux.

Ce énième plan d’aide aux entreprises aura les mêmes résultats que les milliards précédents accordés au capital par les gouvernements de droite ou de gauche plurielle.

Les « aides » iront gonfler la masse des capitaux se fixant sur la rentabilité immédiate (spéculation) plutôt que sur la rentabilité à plus long terme (investissement industriel), comme le montre l’expérience de ces dernières années.

Cette donnée devient une loi tendancielle universelle du capitalisme monopoliste (impérialisme), d’autant plus marquée dans les pays capitalistes à traditions usuraires et  rentières comme la France.

Rappelons que le capitalisme n’a pas deux faces, comme le prétendait l’anarcho-réformiste Proudhon, adversaire de Marx : une « bonne » (le capitalisme industriel) et l’autre « négative »  (le capitalisme spéculatif).

Avec la fusion du capital industriel et bancaire en un capital financier, au stade impérialiste, il s’agit de transformer les gains obtenus par la plus-value extorquée à la classe ouvrière, en valeur ajoutée et immédiate par les placements boursiers ; la production industrielle demeure la condition matérielle, mais  n’est qu’une étape de la réalisation du profit maximal.

De plus, ces « aides » deviennent a fortiori scandaleuses quand on sait  que les entreprises du CAC 40 vont réaliser un profit de 90 milliards.

La politique de Sarkozy propose d’accélérer les investissements à coup d’argent public dans les grands projets : TGV Lyon-Turin, tramways en région parisienne, extension du métro, canal Seine-Nord, programmes d’armements. L’Etat va investir 4 milliards dans ces projets, les entreprises publiques verseront le même montant.

Les investissements de la SNCF risquent de conduire cette société à réaliser des économies sur la maintenance, la suppression de postes et de lignes régionales, aggravant la non satisfaction des besoins.

Sont également mises à contribution les collectivités locales pour 2,5 milliards, véritables vaches à lait du soutien financier au capital. Sarkozy a appelé les entreprises privées comme GDF-Suez  à se joindre à l’effort, mais sans obligation véritable. 

Les emplois créés vont l’être pour la plupart dans le BTP (bâtiments et travaux publics), et seront financés par l’argent des travailleurs. On sait que traditionnellement, ce secteur est pourvoyeur d’emplois en CDD, précaires et mal payés.  Souvent ce patronat a recours à la main d’œuvre sans-papiers, ce qui permet des licenciements facilités et sans rendre de comptes.

Le plan de « grands travaux » va donc généraliser et aggraver la précarité, et contribuer à la déqualification croissante de salariés, obligés de s’embaucher à bas prix pour vivre, alors qu’existe un chômage massif entraînant de fait la « concurrence » de la main d’oeuvre.

L’Etat propose également de rembourser « les dettes sur l’économie ». Le « crédit d’impôts recherche » (CIR) accorde 3,8 milliards aux monopoles.  Les PME et aussi quelques grandes sociétés vont bénéficier du report du déficit d’impôts des entreprises, ce qui leur rapportera 1,8 milliards.

Le gouvernement agira sur les délais de paiement du patronat pour la mensualisation de leur remboursement de la TVA,  ce qui va faire rapporter à 1 000 entreprises plus de 3 milliards dans les trésoreries de ces groupes (1er trimestre 2009).

Les récentes aides au secteur automobile (6 milliards) à Renault et PSA, et ce durant 12 mois, ont été accordées « pour protéger les emplois et empêcher les licenciements ».

Deux jours après, le groupe PSA annonçait la suppression de 11 000 postes, Renault pour sa part mène une politique de chômage partiel et de baisse drastique des salaires.

Preuve si besoin était que ces aides n’ont nullement pour finalité de sauver les emplois, mais d’engraisser encore plus le capital. Les profits ainsi engrangés concourront à l’exportation des capitaux pour conquérir de nouveaux marchés et placements financiers, illustration du pourrissement et du parasitisme croissants du capitalisme.

Concernant la question du logement, Sarkozy prône la construction de 70 000 logements (30 000 sociaux, 40 000 en PLI). De plus, l’Etat va acheter 30 000 logements que les propriétaires privés ne parviennent pas à vendre.

Une fois encore, l’argent public va enrichir le capital privé (même petit). Malgré la crise des « subprimes », Sarkozy en reste à son rêve d’une France de propriétaires qui assujettirait les travailleurs au crédit bancaire.

L’achat de maisons ou d’appartements neufs pour les primo accédants, sans conditions de ressources (mais aussi sans baisse des loyers ou hausse des salaires), illustre le fait que le capital n’a nullement renoncé à tirer des profits de la crise du logement dont il est à l’origine.

L’oligarchie bancaire mise sur le surendettement des familles pauvres, pour poursuivre une politique de « subprimes » à la française.

Autre volet du plan Sarkozy, « l’aide de l’Etat aux  embauches », pour les PME de moins de 100 salariés. L’intégralité des charges patronales sera assurée par l’Etat, soit 180 euros par employé payé à hauteur du SMIC, de manière dégressive jusqu’à 1,6 fois le salaire minimal.

Avec ce type de mesure, l’embauche n’est plus ainsi « à la charge » du capital, mais est permise par l’argent public.

C’est la socialisation des coûts et l’individualisation du profit.

Sarkozy présente ainsi sa philosophie : « Il faut encourager les entreprises à embaucher, alors que leurs débouchés se réduisent et que leurs marges diminuent, on ne peut y parvenir qu’en diminuant le coût du travail ».

Cela se traduit par l’exonération des cotisations patronales, sous une forme ou une autre qui vont être à la charge des revenus du travail !

Le capitaliste a ainsi intérêt à embaucher au prix le plus bas la force de travail, y compris en sous-employant ou en déqualifiant les travailleurs.

Les mesures Sarkozy vont donc favoriser l’embauche de smicards, augmentant sensiblement leur nombre qui se monte déjà à 28  % du total des ouvriers et employés.

Les aides sont donc tournées vers des secteurs qui utilisent les contrats précaires pour faire baisser le « coût » du travail.

 

Diviser les travailleurs, faire payer les pensions par les revenus du travail

Le gouvernement accorde une prime exceptionnelle de solidarité active de 200 euros pour 3 800 000 familles. Somme qui est très loin de satisfaire les besoins des plus exclus.

La substitution aux RMI et API, du revenu de solidarité active (RSA) va permettre d’exercer pression et chantage, afin que les chômeurs de longue durée soient obligés d’accepter n’importe quel emploi précaire et mal payé, sous peine de ne plus être assujettis au RSA.

Les augmentations des minima vieillesse et des allocations handicapés, en deçà aussi de la perte du pouvoir d’achat, ne coûteront rien aux détenteurs de capitaux, puisqu’elles sont entièrement financées par les prélèvements indirects sur les revenus du travail.

 

Le sommet social du 18 février

Nous dirons que ce sommet a accouché d’une souris. Aucun responsable de centrale n’a osé exprimer sa satisfaction ; même un Chérèque, que Sarkozy voulait rallier en acceptant la proposition d’un énième « fonds social », ne pouvait crier victoire, tant le mécontentement et la colère sont grands, sans risquer d’être désavoué brutalement par sa base.

La question du type de riposte et des formes de luttes nécessaires pour vaincre reste posée le 19 mars et au-delà. Il faudra sans doute  plus qu’une journée de grèves pour imposer les reculs afin d’obtenir satisfaction. Nous y reviendrons.

Parlons tout d’abord des grands oubliés de ce sommet : les smicards qui ne bénéficieront  d’aucune hausse, rien non plus pour les fonctionnaires (dont certains sont payés en dessous du SMIC) qui défendent leurs postes et leurs missions, les 30 000 suppressions d’emplois publics seront discutées en rencontre « bilatérale » avec le ministre, annonce Sarkozy.

Rien pour les chômeurs de longue durée, ni pour les chercheurs dont l’avenir professionnel est assombri par le projet de loi Pécresse.

Ces mesures, sans être totalement  négligeables, compte tenu de la paupérisation croissante et massive, relèvent cependant de la goutte d’eau (2,6 milliards), comparée aux 28 milliards d’exonération patronale de la taxe professionnelle et encore plus aux 360 milliards accordés aux banques.

Sarkozy a déclaré vouloir cibler « les plus modestes au sein de la classe moyenne ».

6 millions de foyers fiscaux vont bénéficier de l’exemption de paiement des  2ème et 3ème tiers provisionnels, c'est-à-dire les foyers fiscaux dont les revenus se montent à une somme comprise entre 5 583 et 11 673 euros ; mesure étendue aux foyers juste au-dessus de cette tranche. Cela rapportera en moyenne 200 euros pour l’année, tout en étant très variable selon la nature du foyer fiscal.

Pas de quoi rattraper  le pouvoir d’achat perdu du fait du blocage des salaires.

Les bénéficiaires de la prime pour l’emploi qui ne paient pas d’impôt, toucheront un chèque du trésor public (montant non précisé).

Les 3 millions de familles qui touchent l’allocation de rentrée scolaire bénéficieront d’une prime de 150 euros.

Une prime de 500 euros va être attribuée aux privés d’emploi qui auront travaillé, ces 28 derniers mois, au moins 2 à 4 mois. Cela concernera 234 000 travailleurs.

Pour le plus long terme, Sarkozy s’est engagé sur  l’ouverture de nouveaux chantiers :

- Négociation sur les retraites complémentaires (AGIRC-ARRCO), dont la convention expire le 1er avril.

- Sommet qui portera sur la médecine du travail et sur le « dialogue social » dans les PME de moins de 11 salariés (4 millions de personnes).

- Discussion sur l’égalité de rémunération Hommes/Femmes. Effectivement, au 21ème siècle, dans la France capitaliste, à travail égal, les femmes continuent de toucher 20 % de moins en moyenne que leurs collègues masculins !

- Enfin, négociations sur l’avenir des élections prud’homales et la « gouvernance » des entreprises.

Sur le « partage de la valeur ajoutée des sociétés », Sarkozy a promis des discussions entre « partenaires sociaux ». Partage présenté comme le fin du fin de la justice sociale par les théoriciens ou les dirigeants sociaux-réformistes, de Paul Boccara (PCF) qui proposait de substituer au concept marxiste de  plus-value (l’exploitation capitaliste) une nouvelle théorie fondée sur un nouveau calcul : la valeur ajoutée (dans le cadre du capitalisme !)… à Besancenot et son fameux « partage des richesses » dont le terme est repris sans vergogne par Sarkozy !

De temps à autre, dans les périodes de contestation massive, le pouvoir en place lance l’idée de « capitalisme populaire », souvent d’ailleurs sans lendemain.

Pour montrer la portée réelle d’une telle mesure, rappelons que Sarkozy s’est fait le chantre, y compris voici encore quelques jours, de la « baisse du coût  du travail ». Le partage de la valeur ajoutée ne devrait pas porter atteinte à ce principe.

De quoi, s’agit-il ? On prend les profits d’une entreprise que l’on divise à la fin de l’année en trois parties : une pour les dividendes des  actionnaires, une autre pour les investissements (sommes qui peuvent s’ajouter aux dividendes du conseil d’administration, grâce à la spéculation boursière), la dernière pour les salariés (sans préjuger de la répartition fondée sur la hiérarchie des salaires).

Sur le papier, pour un « naïf », cela peut sembler alléchant, il n’en est rien. Tout d’abord les 2/3 du montant des profits iraient dans les poches du capital et des actionnaires, le reste ira aux travailleurs,  beaucoup plus nombreux.

En réalité 2 à 3 % des  personnes toucheront les 2/3 du montant. Ce n’est pas la voie pour réduire les inégalités. L’expérience le montre, là où ce partage existe,  les sommes remises aux salariés varient en moyenne de 60 à  200 euros par an.

Les aspects négatifs et dangereux de cette mesure sont nombreux : le partage des bénéfices (parfois sous formes d’obligations d’actions) est l’alibi du patronat pour la non augmentation des salaires. Les travailleurs sont même incités à ne pas déclencher de grèves pour ne pas faire baisser le cours de l’action boursière. L’intéressement aux bénéfices devient le seul moyen de gagner plus sans garantie de pérennité.

L’ensemble des résultats du sommet social ne répond pas aux attentes du salariat et à la satisfaction des besoins publics : santé, école, postes, transports publics, énergie, recherche…

De plus pour financer les mesures de Sarkozy, l’Etat  va prendre dans les poches de certains travailleurs pour distribuer aux autres, le capital n’est jamais mis à contribution !

La colère (feinte) de Laurence Parisot au nom du MEDEF (une patronne venue en après-skis et bronzée) n’est là que pour placer Sarkozy et le gouvernement, en apparence au-dessus des classes.

Les capitalistes ne peuvent qu’être satisfaits des résultats du sommet : aucune taxation du capital, pas d’augmentation du SMIC.

Les travailleurs doivent poursuivre et amplifier leur mobilisation, bien sûr le 19 mars nous compter par millions dans la rue mais se préparer et préparer l’action continue jusqu’à ce que le pouvoir cède devant les grèves !

 

Le plan Sarkozy, réalisation de la stratégie des monopoles, n’a qu’un objectif : faire payer la crise par ses victimes, enrichir toujours plus les responsables et les fauteurs de crise !

Sans résistance populaire et combats de classe acharnés, ce plan va continuer d’engendrer licenciements massifs, paupérisation croissante, précarité.

La suppression maintenue de 30 000 emplois publics frappe durement les missions des fonctionnaires et apparentés, comme on le voit dans les hôpitaux (avec parfois des conséquences tragiques) et l’école. Les mesures d’austérité réduisent toujours plus la satisfaction des besoins les plus vitaux.

Une telle politique réactionnaire, destructrice des conquêtes sociales gagnées par nos aînés, au prix de dures luttes, s’accompagne de l’autoritarisme et de la répression en particulier contre la jeunesse des cités populaires, condamnée souvent au chômage et à qui on promet la prison dès l’âge de 12/13 ans si elle ne file pas droit. Répression judiciaire également de lycéens en lutte ou arrestation d’un groupe d’anarchistes accusés d’attentats contre les installations SNCF, enfermement de JM Rouillan,  pour de simples déclarations à  « L’express ».

Poursuite de la politique de guerre avec les troupes déployées en Afrique, Afghanistan, Kosovo, renforcement de l’engagement français dans l’OTAN.

Cette politique globale de la bourgeoisie monopoliste doit susciter une riposte globale et continue pour imposer des reculs et satisfaire l’objectif actuel de la lutte de classes : faire payer la crise du capitalisme aux capitalistes eux-mêmes !

  


Le contre-plan  du Parti socialiste

Les partis des monopoles offrent chacun leur solution pour gérer la crise, sans toucher aux fondamentaux du système d’exploitation.

Au-delà d’infléchissements et de concessions verbales à certaines revendications des travailleurs, le PS inscrit son action dans la défense du système impérialiste mondial que l’un de ses dirigeants, Strauss-Kahn, est chargé de mettre en œuvre partout, à la tête du Fonds monétaire international.

Le PS, par la voix de sa première secrétaire Martine Aubry, a annoncé la proposition d’un contre-plan dont le coût est évalué à 50 milliards : 25 pour les investissements, 25 pour la relance de la consommation.

M. Aubry déclare :

«  Il faut une certaine hausse du SMIC et des retraites, une prime pour les minima sociaux, une prime de 500 euros pour l’emploi ».  La dirigeante du PS ajoute, que son parti est favorable à un accord entre patronat et syndicats, « pour alléger les charges sociales patronales ».

Nous dirons que le PS en rêvait,  et que Sarkozy le fait ! 

Le PS, à l’instar du gouvernement, partage la même option sur la nécessaire baisse du « coût » du travail. Quant à ses propositions sociales, citons tout d’abord, la baisse générale de la TVA.  Mesure qui peut sembler de justice sociale, mais qui, intégrant les produits de luxe dans cette baisse, profiterait une fois de plus aux plus fortunés, renforçant les inégalités.

Le PS propose de supprimer le paquet fiscal de 15 milliards ; toutefois les sommes seraient affectées à une redistribution du capital, puisque 10 milliards économisés seraient transférés vers « l’aide  financière aux banques » !

Le PS prône le retour aux « emplois aidés » (ce que Sarkozy s’apprête à faire, dans le droit fil de Jospin), financés par les deniers publics, emplois temporaires, hautement précaires, le « gel » (en attendant la fin de la crise ?) des suppressions de postes publics.

Concernant les licenciements collectifs, le PS préconise leur examen par la direction départementale du travail sous l’autorité d’un juge, afin de demander au patronat l’obligation de reclassement, « à proportion des moyens de l’entreprise ».

Ces mesures, alors que le PS n’est pas aux affaires (l’expérience montre que le PS ne tient même pas ses minimes engagements)  et peut se livrer ainsi à une certaine démagogie, ne reflètent pas les aspirations et revendications fondamentales du mouvement gréviste et des travailleurs. Ces propositions s’inscrivent, moyennant des concessions très secondaires, dans la volonté et la stratégie capitaliste de paiement de la crise par le monde du travail.

Le PS démontre, si besoin était, que ce parti ne constitue pas une alternative sociale et populaire, mais une simple alternance dans le cadre de la domination des monopoles.

 

Le plan d’urgence du PCF

Alors qu’il apparaît clairement à un nombre croissant d’ouvriers et d’employés, que c’est bien le capitalisme qui est source et cause de la crise et qu’à ce titre il faut le combattre par une stratégie anticapitaliste, les partis sociaux-réformistes rêvent d’un « alter-capitalisme » et en dernière instance, volent au secours du régime d’exploitation.

Examinons les « propositions alternatives » du PCF.

- Première mesure : sécuriser l’emploi

Le PCF prône de « suspendre » les projets de licenciements, « de réunir une table-ronde quadripartite : Etat, syndicats, patronat, élus, afin d’examiner les solutions alternatives ».

Notons le terme « suspendre »… Le PCF, autrefois marxiste, en aurait-il quelques réminiscences, en n’ignorant pas que le chômage est inhérent au mode de production capitaliste, ou plus probablement est-ce, concession oblige à l’économie de marché, l’inscription dans  la lutte concurrentielle entre entreprises qui débouche sur les licenciements ?

La revendication d’une table-ronde est l’expression des illusions sur « l’Etat neutre » au service de tous, le refus de l’approche de classe tant prolétarienne que capitaliste, dans l’analyse des phénomènes sociaux.

Ainsi, si on en croit cette proposition, le plan Sarkozy et la politique du MEDEF ne découleraient pas de leurs intérêts de classe bien compris, mais d’un manque de connaissances (ou d’imagination) sur les propositions  alternatives. Dans ce schéma, disparaît (excusez du peu !) la lutte des classes au profit de la discussion entre gens de bonne compagnie, mus sans doute par l’intérêt national !

Il s’agit clairement d’une politique d’aménagement du capitalisme en crise  (consciente ou pas, comme disait Lénine, c’est secondaire), de vœux pieux sur l’entente capital/travail.

Vœux qui s’expriment dans la proposition « d’intervention des banques en faveur de l’emploi » (sic !).

Qu’est-ce qui les empêche d’agir ainsi avec les 360 milliards reçus ? Précisément la nature même du capitalisme qui, avec sa propriété privée des moyens de production, a pour finalité le profit maximal, nullement la défense de l’emploi et la satisfaction des besoins sociaux.

De même, « la proposition de taux zéro pour le crédit aux PME pour les non suppressions d’emplois », ce ne sont pas seulement les difficultés de trésorerie qui occasionnent les pertes d’emplois, mais bien la recherche de la rentabilité financière et du profit par les patrons y compris « petits ».

 

- Deuxième mesure d’urgence : la relance du pouvoir d’achat

Le PCF préconise la baisse de la TVA pour les produits de première nécessité, proposition plus juste socialement que celle du PS, et qui relancerait la consommation en permettant à des millions de familles d’accéder à des biens inaccessibles pour l’instant.

Le réformisme a toujours défendu le point de vue que la relance de la consommation  est dans l’intérêt du capital, qui pourrait vendre ses marchandises en plus grand nombre ; il s’agit d’un mythe s’appuyant sur la fausse idée que si on consomme plus, tout le monde y gagne, y compris le capital. Mais la réalité est plus contradictoire : dès que les salaires augmentent, ainsi que la consommation, les lois économiques du capitalisme entraînent une inflation pour contrecarrer la baisse tendancielle du taux de profit ; si tous les capitalistes vendent plus, le profit maximal n’est plus atteint ; l’inflation permet, dans l’intérêt du capital, la concurrence entre monopoles. De plus, la TVA permet la surexploitation collective des travailleurs par l’ensemble de la classe monopoliste, d’où le refus de la baisser et l’exigence juste de baisser la TVA des produits de consommation courante. Mais la relance pose une autre contradiction au capital, le risque de surproduction : les gens achètent plus, pour répondre à la demande, on produit plus, jusqu’au jour où les besoins sont satisfaits pour un produit donné, ce qui suscite la non vente de productions de biens ; la surproduction va alors relancer la crise économique. C’est pour cela que le capitalisme n’est pas réformable !

Le capital craint le processus inflationniste qui suit les relances de consommation et la surproduction qui peut en être la conséquence. Il opte donc pour la « rigueur » et la baisse du pouvoir d’achat.

Il faut donc mener de dures batailles de classe pour obliger le capital à des reculs significatifs, et ce dernier, dès que la pression se relâche, reprend l’offensive pour annuler les concessions, telle est la loi du capitalisme.

Le PCF, toujours dans le cadre des illusions sur l’entente capital/travail avance l’idée d’une « Conférence nationale tripartite : patronat, syndicats, Etat sur la revalorisation des salaires et du pouvoir d’achat ».

En tant que force réformiste, le PCF sous-estime la question centrale de l’établissement d’un rapport de forces, favorable aux travailleurs qui ne peut s’établir que dans les luttes extra-parlementaires.

Là où des journées d’action déconnectées les unes des autres ne suffisent pas à faire reculer le pouvoir et le capital, comment penser qu’une « table ronde », sans création préalable du rapport de forces,  puisse régler et faire avancer la question du pouvoir d’achat ?  

 

- Troisième mesure : relancer l’investissement

Le PCF donne priorité à l’investissement public avec recours au budget d’Etat pour développer l’infrastructure des transports, des services publics. Cette politique classique de CME, sur fond d’existence de la loi de rentabilité financière, aura pour conséquence que les investissements d’Etat (donc sur argent populaire) d’aujourd’hui profiteront à l’accumulation capitaliste de demain, comme l’ont montré les privatisations des services publics.

Les monopoles privés sont gagnants, puisque les investissements auront été effectués avec l’argent de ceux qu’ils spolieront plus tard !

Le PCF demande l’abandon du pacte de stabilité et l’ouverture d’une renégociation à l’échelle de l’UE « pour un pacte européen pour l’emploi et la croissance ».

Nous distinguons la première demande, qui peut être obtenue par le combat de classe (grèves, manifestations…), et la seconde, qui exige le préalable d’un accord à l’échelle de toute l’UE.

En effet, comment accréditer l’idée que, dans le cadre de la domination sans partage sur l’économie et sur  chaque Etat du capital financier, avec des pouvoirs aux mains de la réaction ou du social-libéralisme, on puisse transformer les instruments du système en outils de satisfaction des besoins ?

Cette même utopie apolitique, « a-classiste », développe l’idée que, dans le cadre du capitalisme et du bloc des Etats impérialistes d’Europe, d’autres  « choix » peuvent émerger sans changement politique, sur la base de l’entente avec le capital !

Où est d’ailleurs  « l’urgence » d’un  tel plan quand une telle négociation (en dehors même de l’impossibilité des résultats prônés par le PCF) prendrait des mois, voire des années, pour se tenir !

La direction du PCF dupe ainsi les travailleurs sur la nature de classe de la politique du capital et de l’UE.

Idem pour la proposition de taxer les placements financiers pour « développer l’économie réelle », elle s’inscrit bien dans « l’alter-capitalisme » que nous évoquions, avec le rêve impossible d’un fonctionnement capitaliste  autre que  celui généré par ses lois objectives.

 

- Quatrième proposition d’urgence : une politique nouvelle du crédit

Le PCF, sans même revendiquer une nationalisation sans indemnités expropriant le capital - ce qui pose la question du pouvoir d’Etat du capital (sinon on gère le CME) - défend le concept de « réorientation du soutien public aux banques ».

Réorientation du soutien de l’argent public qui passerait par un contrôle sur les choix, exercé par les syndicats et les élus. Précisons déjà que contrôler n’est pas choisir. L’essentiel n’est pas là, la gestion capitaliste n’est pas une affaire d’hommes, mais de classe.

Les choix opérés par Sarkozy sont fructueux et avantageux pour l’oligarchie financière, désastreux pour les travailleurs, il en est ainsi parce que l’Etat capitaliste s’appuie sur les lois économiques du système d’exploitation.

Pour que les banques opèrent d’autres missions que d’assurer les profits, il faut rompre avec le capitalisme par la révolution, se saisir du pouvoir politique en brisant le vieil appareil d’Etat bourgeois, socialiser les banques et confier le pouvoir aux comités ouvriers.

Sous le capitalisme, il ne peut y avoir de troisième voie, où les banques mèneraient une politique au service des besoins. Cela ne s’est vu dans aucun pays capitaliste et ne pourra se voir.

Ces nouveaux critères d’utilisation des crédits passeraient par la « refondation de la mission de la banque centrale européenne qui serait orientée vers la relance des emplois et de la croissance ».

La banque centrale européenne est l’instrument clé pour paupériser les travailleurs, déréglementer les conditions de travail, permettre la réalisation du maximum de profits en fixant le taux d’escompte de la monnaie, et pour surexploiter les classes ouvrières. L’ignorance ou le rejet de la théorie marxiste débouche sur des théories au crétinisme angélique, puisque le PCF propose que la BCE fonctionne « à l’envers ! ».

On ne peut substituer à une orientation de classe capitaliste, une autre orientation ouvrière et populaire, dans le cadre des institutions créées pour pérenniser le système d’exploitation : ni les propositions alternatives, ni les tables rondes, ni les négociations, ne viendront à bout du vieux monde ! Gageons que JC Trichet, le président de la BCE, doit bien rire !

Pour obtenir satisfaction immédiate (mais provisoire dès qu’on  relâche la pression), le primat doit aller aux luttes de classes pour faire reculer le capital, aux propositions sur les formes de combat nécessaires pour créer le rapport de forces et ainsi faire reculer le capital !

Faute de quoi, et c’est le cas des solutions préconisées par le PCF, on s’inscrit dans l’utopique aménagement social du capitalisme. En dernière instance, de telles positions, quelles que soient les intentions de leurs auteurs, en embellissant ce système (croyance qu’il puisse relayer l’intérêt des forces du travail),  le défendent et contribuent à sa pérennité !

Le PCF des années 60/80 avançait l’idée d’une « voie parlementaire au socialisme » en alliance avec la social-démocratie, ce qui constituait la source de son opportunisme. Le PCF des années 90/2000 préconise l’aménagement et l’accompagnement du mode de production capitaliste. Le PCF marche dans les pas de la social-démocratie.

Là où le PS, parti des monopoles, gère le capitalisme à partir de positions social-libérales (socialiste dans les mots, libéral en réalité), le PCF occupe le créneau du réformisme : appels incantatoires à des réformes pour lier les travailleurs à la défense du système. Le PCF a pour mission de faire « rêver » sans porter atteinte aux sacro-saints rapports de production bourgeois.

 Certains peuvent penser que, décidément, l’URCF est trop intransigeante, qu’un petit mieux vaut mieux que rien du tout.

Non, nous estimons que des pas en avant sont possibles dans le cadre du système par les luttes syndicales et politiques, par les grèves : meilleure arme de défense au quotidien. Nous sommes d’accord avec certaines revendications du PCF qui reflètent les aspirations du monde du travail, mais nous dénonçons sa tendance à travestir la réalité du capitalisme et de ses lois économiques, en trompant sur les moyens nécessaires pour satisfaire même les revendications d’urgence. La satisfaction de ces aspirations n’est pas octroyée, mais elle s’arrache !

La tromperie se situe quand on substitue à la nécessité de dures luttes, des propositions de gestion comme si d’autres « choix » étaient possibles dans le cadre de l’économie de marché capitaliste. Certes le PCF évoque, outre les tables rondes, les « journées de mobilisations », mais l’essentiel de sa politique s’inscrit dans une démarche de propositions/négociations.

Le rôle d’un parti qui se revendique véritablement du communisme est de tracer la voie des luttes, de tirer toute l’expérience des victoires mais aussi des défaites ; de forger une conscience anticapitaliste en détruisant toutes les illusions véhiculées par les adeptes réformistes de l’exploitation, afin de gagner la majorité du prolétariat à la conviction active qu’il faut une révolution anticapitaliste socialiste.

Actuellement, l’expérience de ces dernières années atteste que la classe ouvrière, les employés, les enseignants, ont été victimes des contre-réformes qu’ils ont combattues avec détermination mais isolément, en raison du choix des bureaucraties syndicales de ne pas politiser le mouvement social par la grève générale.

Les syndicats jaunes sont le précieux relais du pouvoir pour faire avaliser sa politique de destruction de toutes les conquêtes sociales du XXème siècle.

L’exemple et la lumière nous viennent de nos frères de classe de la Guadeloupe et de la Martinique. La grève générale continue est l’arme la plus efficace pour porter des coups au patronat et au gouvernement, en paralysant les activités économiques de manière durable, comme en mai 68, on change radicalement le rapport de forces, en exerçant une pression constante sur les profits patronaux. Ainsi, c’est la voie pour faire payer la crise par sa responsable : la bourgeoisie monopoliste. 

 

 


La politique de l’URCF

La bourgeoisie française s’inquiète des risques de « troubles sociaux » (cf les déclarations de C. Lagarde au forum de Davos et la grève depuis un mois à la Guadeloupe).

Les grèves locales sont nombreuses et parfois radicales renouant avec occupation et recherche de convergences de luttes dans la population. Ce sont là des batailles difficiles contre les suppressions d’emplois et les fermetures d’entreprises, qui restent isolées des autres luttes en cours : Guadeloupe, enseignants, chercheurs…

La crise révèle à beaucoup que le capitalisme n’est pas réformable, qu’il signifiera toujours les mêmes maux pour la majorité laborieuse.

En effet, rien ne change, les fauteurs du chaos économique (banques, boursicoteurs, oligarchie) veulent profiter de la situation pour gagner toujours plus de profits, en faisant payer aux travailleurs leurs pertes et en tirant de nouveaux bénéfices !

L’enjeu de classe immédiat est de battre les contre-réformes qui nous font payer la crise du capitalisme.

Nous avons vu que les programmes des partis bourgeois poursuivent un double objectif : transférer l’argent et les revenus du travail dans les poches des capitalistes, sauver et ainsi pérenniser ce système.

Dans l’immédiat, le plus urgent est, pour les travailleurs, la construction du rapport de forces, afin de réussir à faire payer la crise du capitalisme par ses fauteurs, à augmenter les salaires, à sauver et développer les emplois ! 

La journée d’action du 29 janvier a été un grand succès avec 2 500 000 manifestants, c’est là un premier appui pour imposer les reculs nécessaires au pouvoir, mais ce n’est pas suffisant, comme l’attestent les premières réponses de Sarkozy.

En effet, si le capital manifeste de l’inquiétude, il n’est pas dépourvu d’atouts. Sarkozy lance des appels réitérés à « l’union nationale ». Les appels de la gauche parlementaire à des « tables rondes » quadri ou tri-partites accréditent cette « union », comme si l’idée d’une entente capital/travail avait quelques fondements.

L’union nationale est impossible : ou bien les monopoles continuent de s’enrichir de l’appauvrissement des travailleurs, ou ces derniers vendront à un meilleur prix leur force de travail en arrachant la hausse de leurs salaires au capital.

En régime capitaliste, c’est la lutte (et elle seule)  qui, en dernière instance, détermine le prix de vente de la force de travail, nullement les discussions « à froid » sans création préalable du rapport de forces.

Sarkozy s’appuie sur le syndicalisme d’aménagement du système, dont l’ « apolitisme » ne profite qu’à la domination de classe des monopoles.

Le mécontentement des ouvriers, employés, enseignants, de toute la population laborieuse, est si grand que les directions des centrales ont dû manœuvrer et temporiser avec prudence, écartelées entre leur volonté de s’inscrire dans un syndicalisme muté, cogérant du système, et la nécessité de ne pas se couper d’une base en colère.

L’organisation d’une journée nationale de grève interprofessionnelle le 29 janvier, obéissait à ce double objectif des bureaucraties syndicales. L’idée était d’une « journée exutoire », et le dialogue avec Sarkozy reprendrait, moyennant quelques concessions visibles.

Pour ne pas se couper du pouvoir, il ne fallait pas organiser une grève trop proche du 29 janvier, susceptible, forte du succès, d’aller vers un mouvement gréviste continu.

D’où l’appel au 19 mars, qui montre à la fois qu’une certaine pression s’exerce sur les directions des centrales, et que ces mêmes directions font tout pour ne pas effrayer le gouvernement. Le peu de résultats, issu de l’allocution de Sarkozy puis du sommet social ( prétexte des directions syndicales pour ne pas déclencher un mouvement continu ou du moins rapproché du 29 janvier), met les centrales au pied du mur : la journée du 19 mars se profile (sauf trahison de dernière minute).

Les médias ont misé, via les divers sommets ou réunions, sur l’attentisme pour « refroidir » les retombées du 29 janvier.

La tactique du réformisme syndical a été de s’inscrire dans cet attentisme comme s’il y avait à attendre d’un pouvoir destructeur de toutes les conquêtes sociales, alors que nous ne sommes qu’au début de la construction du rapport de forces qui imposerait des reculs au patronat et à son pouvoir.

Prenons l’exemple de la Guadeloupe : les travailleurs vivent une situation de type colonial se traduisant par la paupérisation de la majorité de la population : prix deux à trois fois plus élevés, pour des salaires de 2/3 inférieurs à ceux pourtant bas de la métropole. Leur appel à entrer en grève générale, à partir du 20 janvier, a su unir la majorité laborieuse.

Lutte qui a même fait envisager par le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, une augmentation de 200 euros des salaires… avant que Sarkozy et Fillon ne le rappellent, cédant aux injonctions du patronat local, du MEDEF et d’un monopole comme Total, craignant la « contagion salariale » sur le continent.

A l’heure où nous écrivons, les négociations se poursuivent, mais la leçon de cette grève  repose sur ce fait essentiel : nos frères de classe guadeloupéens ont su créer un bon rapport de forces, en préalable aux discussions !

Pour préparer et réussir le 19 mars, il faut une plateforme revendicative de combat. Les centrales ont adopté une série d’axes, certes justes, mais vagues : « défense du pouvoir d’achat, défense de l’emploi… ».

Le mouvement gréviste, dans nombre de grèves locales comme PSA, s’est forgé autour  de revendications  qui doivent devenir le bien commun et l’exigence du mouvement social pour donner lignes forces  au combat en cours :

  •  Hausse générale des salaires et pensions de 300 euros mensuels ! SMIC à 1600 euros !
  •  Interdiction des licenciements !
  •  Défense et développement des services publics !
  •  Non à la privatisation de la Poste !
  •  Non à la précarité, des CDI pour tous !
  •  Régularisation de tous les Sans-Papiers !

 

Revendications enrichies par les récents mouvements de la fonction publique :

  •  Non aux 30 000 suppressions de postes dans la fonction publique !
  •  Non à la RGPP !
  •  Abrogation des réformes Darcos et Pécresse !
  •  De l’argent pour les hôpitaux, l’école et le logement social, pas pour les banques !

 

Ces revendications globales nécessitent la solidarité de classe entre les divers secteurs d’activités, c'est-à-dire l’action « Tous ensemble et en même temps », par la grève générale.

La journée de grève nationale interprofessionnelle du 19 mars (ou avant si les évènements se précipitaient) doit être massive, unissant travailleurs du privé et du public, privés d’emplois, précaires et salariés en CDI.

« Des millions dans la rue contre la politique de Sarkozy et du capital ! » doit être notre mot d’ordre !

Mais d’ores et déjà, pour rendre cette conviction irrésistible, nous (les révolutionnaires-communistes) devons travailler à ce que se pose massivement la nécessaire action continue au-delà du 19 mars, pour gagner la satisfaction de nos revendications urgentes et vitales.

Concernant les luttes locales, qui ne cesseront pas d’ici au 19 mars, l’URCF a appelé à lancer le mot d’ordre de collectifs de défense contre les fermetures d’usines, les délocalisations, les suppressions d’emplois ou de services publics de proximité.

Collectifs qui doivent regrouper la population unie autour de la défense de l’emploi. Ouvriers, petits paysans, commerçants, enseignants, d’ores et déjà manifestent coude à coude dans les villes concernées, s’auto-organisant en recherchant le soutien des élus et des partis progressistes et des syndicats.

C’est la bonne voie pour créer le rapport de forces local. Mais dans l’état actuel, à savoir avec un gouvernement réactionnaire oeuvrant à détruire le mouvement ouvrier, politique et syndical, il faut réfléchir aux moyens de créer une campagne et des actions de solidarité au-delà des villes concernées : Une marche nationale des licenciés, des victimes des fermetures d’entreprise, des chômeurs et précaires, avec le soutien des travailleurs du public et du privé,  constitue une proposition d’action que nous voulons populariser.

La crise a révélé à des millions de travailleurs que l’argent existe pour satisfaire les besoins immédiats : les 360 milliards accordés aux banques, les 8 milliards de l’exonération de la taxe professionnelle, les 90 milliards de profits du CAC 40, les 13 milliards du groupe Total, les 26 milliards de cadeaux au capital s’ajoutant aux 15 milliards de cadeaux fiscaux aux privilégiés de la fortune… Les 2,6 milliards accordés par le pouvoir de Sarkozy pèsent bien peu en échange, d’autant qu’ils mettent à contribution les revenus du travail.

La priorité de l’heure est bien de construire, tous ensemble, le rapport de forces qui va nous permettre de vaincre et d’imposer les reculs nécessaires du pouvoir et du MEDEF.

Au-delà de l’urgence et des victoires partielles possibles, de plus en plus de travailleurs considèrent  le capitalisme comme l’obstacle historique au progrès social, à la démocratie et à la paix.

L’apolitisme « trade-unioniste », prôné par le syndicalisme d’aménagement, doit être dénoncé fermement et combattu.

Œuvrer à la mobilisation et à la construction du rapport de forces, exige de cibler le contenu de classe de la politique des monopoles et de leur commis en chef Sarkozy.

Cette politique bourgeoise globale et brutalement antisociale ne peut être dénoncée et combattue que par une riposte des travailleurs, globale, sociale et politique.

La mobilisation exige que le mouvement social ne soit pas cantonné à la dénonciation de telle ou telle contre-réforme, mais s’oppose à l’ensemble de la politique de Sarkozy et Fillon, politique de ceux qui nous exploitent chaque jour dans les entreprises.

Il faut donc, contre les leaders « trade-unionistes » soi-disant apolitiques (leur apolitisme constitue en fait un soutien à la politique du capital !), intégrer la dimension politique, démocratique du combat aux luttes revendicatives.

Tout d’abord contre l’autoritarisme croissant du pouvoir, la politique de répression et de restriction des libertés démocratiques. Une société qui ne voit d’autre issue, pour les jeunes délinquants, que d’offrir pour seule perspective la prison dès l’âge de 13 ans, est une société décadente et moribonde.

Les monopoles engrangent de fabuleux profits avec la politique de guerre et de semi-colonisation, menée par l’impérialisme français en Afrique, au Proche-Orient, et même en Amérique Latine où les grandes entreprises hexagonales conquièrent des marchés.

Les communistes doivent lier le mouvement gréviste à la dénonciation de l’économie de guerre qui sévit dans tous les Etats capitalistes.

La lutte contre l’impérialisme français et pour l’émancipation des dernières colonies (Dom-Tom)  revêt une nouvelle étape qualitative.

Concernant les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Guyane) ou d’autres régions du monde (Nouvelle Calédonie, Réunion), la grève générale de la Guadeloupe a montré le lien entre la bataille revendicative et la dénonciation de la politique du capitalisme français avec sa dimension coloniale ou semi-coloniale. Les survivances de chauvinisme existent dans les rangs du mouvement social. Le fait que, durant plus d’un mois, les  directions des centrales syndicales n’aient pas jugé bon de relayer et de soutenir les revendications des Guadeloupéens par des actes de solidarité (comme des arrêts de travail), attestent de la sous-estimation de la portée de leur combat.

Cela reflète aussi les craintes de certains états-majors syndicaux d’une importation possible, sur le continent, de la grève générale continue pour satisfaire les revendications !

Ces mêmes centrales n’avaient-elles pas lancé un appel à l’arrêt général du travail de solidarité avec le syndicat clérical polonais Solidarnosc  en 1981 ?

Mais voilà, cet appel en 1981 bénéficiait du soutien des médias et de la bourgeoisie anticommuniste ! Etre solidaire des ouvriers et travailleurs guadeloupéens, c’est s’opposer à l’impérialisme français, aux médias, à la classe monopoliste !

Certaines organisations progressistes évoquent leurs « compatriotes » de la Guadeloupe. Pour être compatriotes, encore faut-il le ressentir, encore faut-il avoir l’égalité de traitement.

En Guadeloupe, ce qui est posé au stade actuel, c’est la solidarité avec le mouvement gréviste afin d’appuyer la justesse de ses revendications. Cependant les marxistes-léninistes, dans le combat anticapitaliste, doivent analyser les sources politiques, économiques, historiques, qui sont à l’origine de la misère des peuples des Antilles.

Nul ne peut nier que la structure de la Guadeloupe est marquée par le colonialisme, par le pillage des matières premières, par la propriété de la terre aux mains de quelques grandes familles de latifundiaires, par le rançonnement orchestré autour du prix de l’essence par Total (via sa filiale).

L’URCF, en tant qu’organisation léniniste, reconnaît pleinement la revendication démocratique du droit à l’autodétermination pour les peuples opprimés par le colonialisme.

Cette autodétermination concerne les habitants de ces îles, et c’est eux seuls qui doivent décider librement de leur avenir, y compris le droit à la séparation, si elle a l’assentiment populaire.

 

 

Les tâches des communistes

La construction du rapport de forces implique le lien indissoluble entre les luttes immédiates et les perspectives stratégiques révolutionnaires.

La crise révèle chaque jour l’incapacité du capitalisme à répondre aux défis sociaux, démocratiques, écologiques de l’humanité.

Notre campagne « Accusons le capitalisme », initiée en 2002, constitue une rupture avec des décennies d’opportunisme du mouvement communiste en France.

Après-guerre, les tâches démocratiques ont souvent été premières : contre la fascisation pour l’indépendance nationale dans une France « Marshallisée ». Des déviations sont apparues, prenant ensuite plein appui, sur la ligne générale révisionniste du XXème congrès du PCUS (1956).

Ligne qui s’appuyait sur une dissociation de fait entre les luttes démocratiques partielles et le but final, à savoir la lutte révolutionnaire pour le socialisme. L’objectif socialiste était posé comme lointain, « le moment venu »,  après la résolution des tâches intermédiaires.

Nous ne nions pas la nécessité de ces luttes partielles et intermédiaires, mais à la condition importante que les revendications immédiates à résoudre soient reliées, par les communistes, à la stratégie anticapitaliste, à la dénonciation de la nature de ce système, à la diffusion de la conviction de la nécessité de la rupture avec le système de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Une stratégie marxiste doit concevoir les luttes partielles comme un moment du processus révolutionnaire continu (mais avançant en zig-zags) qui doit conduire à la révolution socialiste.

«  Continu » ne signifie pas processus accumulatif et graduel : Lénine a parlé des inévitables flux et reflux, des victoires et défaites partielles dans le processus révolutionnaire qui a conduit à octobre 17.

Or la stratégie gradualiste, accumulative, sous forme d’étapes obligatoires, sévit encore dans le mouvement communiste de France, ayant tendance à reléguer le socialisme comme objectif lointain. C’est un héritage de la domination du réformisme.

Qu’est-ce qui différencie la ligne de l’URCF et ce point de vue ? Précisément l’établissement du lien entre chaque bataille revendicative, chaque lutte contre telle ou telle contre-réforme, et la dénonciation générale du capitalisme, s’inscrivant dans la bataille stratégique pour renverser le capitalisme.

Les survivances opportunistes du mouvement communiste de France (notamment la focalisation sur les tâches intermédiaires déconnectées du but final) font que beaucoup de communistes sont enclins à penser qu’il faut d’abord défendre ou conquérir la démocratie, l’indépendance nationale, ou faire payer la crise par le capital, avant de pouvoir  revendiquer la lutte pour le socialisme, et donc d’une certaine façon en dissociant les tâches.

Dans la réalité et à la lumière du léninisme, chacune de ces  luttes de classes ne peut manquer d’être reliée à la stratégie communiste (programme maximal) de révolution socialiste...

La révolution sera le résultat d’un travail permanent de longue haleine, épousant les formes syndicales, politiques, sociales, idéologiques, électorales, extra-parlementaires, qui relient chaque bataille à la bataille finale.

Lénine et Staline ont montré les similitudes entre guerre et processus révolutionnaire.

A la guerre, chaque bataille locale peut être assimilée à la tactique : gagner des positions, éloigner l’adversaire d’un site stratégique, détruire tel ou tel armement. Chacun de ses combats est pourtant un moment de la guerre générale, et les diverses batailles tactiques qui la composent vont décider de l’issue finale de cette guerre.

De plus, ces batailles tactiques vont conditionner précisément cette issue, c'est-à-dire la rupture qualitative qui fait que l’adversaire est vaincu !

De même que les batailles ne sont pas séparées de l’ensemble de la guerre, les luttes immédiates et revendicatives, syndicales et politiques, sont des éléments de la lutte générale révolutionnaire contre le capitalisme.

Il en est ainsi pour le processus révolutionnaire. Prenons quelques exemples.

La théorie préalable de la conquête de la démocratie (cf la démocratie avancée du PCF des années 60/70) n’opérait pas le lien dialectique entre objectifs minimaux/immédiats et le but final. Ce dernier est pourtant présent dans les luttes partielles, même sous forme embryonnaire.

L’URCF estime que c’est la révolution et le socialisme qui apporteront la démocratie à la majorité des travailleurs.

Devons-nous le taire sous prétexte que ce n’est pas encore l’avis des travailleurs ? Précisons : les batailles importantes mais partielles contre l’autoritarisme, la vidéosurveillance, la dictature ouverte à l’usine, le fichage des militants, la défense des sans-papiers, peuvent permettre d’abroger telles ou telles mesures liberticides, voire de conquérir de nouveaux droits. Mais logique du pouvoir capitaliste oblige, ces avancées seront  vite remises en question.

Les communistes doivent expliquer et démontrer, dans ces luttes, que la démocratie véritablement populaire, la conquête de nouveaux droits et pouvoirs, l’élargissement des libertés, le droit d’expression et d’impression (sans loi de l’argent), alors que précisément c’est le capitalisme qui les restreint sans cesse, ne peuvent se conquérir durablement sans rupture intégrale avec le capitalisme et sans construction d’une société dirigée par la classe ouvrière, une société socialiste !

 

Idem pour l’éducation. La lutte juste des enseignants et usagers contre les suppressions de postes, contre les contre-réformes Darcos, qui subordonnent et livrent l’école à la loi de la rentabilité financière, ne peut manquer d’être reliée à la nature capitaliste de l’école en France !

Reconnaître ce fait, ce n’est pas accuser ses maîtres d’être des rouages passifs du capitalisme, mais reconnaître que l’Ecole, comme les usines, est aux mains de la classe capitaliste.

Au contraire, les enseignants ont su forger des acquis démocratiques qui tempèrent mais n’infirment pas la domination du pouvoir du capital (dictature de classe) sur les institutions scolaires.

Filières, type de diplômes, sélection scolaire (qui cristallise la sélection et les strates sociales), disciplines hiérarchisées, font que l’école reproduit, aux exceptions près, la division capitaliste et sociale du travail.

Une école véritablement démocratique, populaire, aurait ses programmes, ses moyens financiers, ses missions, définis par les personnels, les usagers, les syndicats et la classe ouvrière.

Cela ne sera possible que sous le socialisme, quand l’école, selon le mot de Marx, assurera une qualification polytechnique et la même formation de qualité à tous les enfants de la République du travail.

 

Certains camarades du MCF surdéterminent la question nationale comme condition préalable, voire impérative, pour poser la question du socialisme en France.

Reconquérir l’indépendance nationale, tel est leur mot d’ordre…, puis, une fois l’indépendance conquise, engageons la bataille pour le socialisme, proposent-ils.

Mais ce schéma a une implication théorique, d’autant que ces camarades font souvent référence aux années 40. Qui va diriger cette lutte ? Quelle classe sociale ? Si c’est la classe ouvrière, pourquoi ne pas lutter alors directement pour le socialisme ?

Ces camarades pensent-ils  que, comme dans les années 40, des secteurs de la bourgeoisie peuvent être gagnés à la lutte patriotique ?

Cette implication supposerait que la bourgeoisie soit intéressée à la relance de l’industrie française, à quitter l’UE, l’OTAN. La bourgeoisie (ou du moins certains de ses secteurs) serait intéressée à une France indépendante (et toujours capitaliste) en alliance avec la classe ouvrière et les autres couches populaires. Nous ne le pensons pas !

Les conditions objectives sont totalement différentes, puisque la France de 1940 était occupée par l’impérialisme allemand, et avait, d’une certaine façon, disparu comme Etat indépendant. Dans ce cadre, et avec une très grande prudence, la bourgeoisie ne s’engagea contre l’occupant que tardivement. La Résistance armée fut l’apanage des communistes et des FTP jusqu’en 44.

Certains secteurs monopolistes se rallièrent à la lutte pour l’indépendance nationale, mais  rappelons que, si De Gaulle était opposé aux vichystes kollabos, il soutint en 40-41 le plan de Jean Monnet visant à une fédération anglo-française ! Déjà le capital monopoliste cherchait les voies d’une intégration en Europe !

Aujourd’hui, la bourgeoisie monopoliste française a choisi stratégiquement la voie de l’intégration dans l’UE pour conquérir de nouveaux marchés, élargir sa sphère d’influence, elle n’est pas « victime » d’un autre impérialisme. L’intérêt national, pour la bourgeoisie, signifie renforcer les monopoles et l’impérialisme français, tout en utilisant si nécessaire (et profitable) le cadre communautaire. 

Les contradictions inter-impérialistes dans l’UE, peu étudiées au sein du mouvement communiste français (MCF), découlent d’ailleurs des aspirations de chaque Etat bourgeois à se renforcer au détriment de ses rivaux.

La désindustrialisation (relative) de la France a été voulue par le capital financier, qui se débarrassait ainsi  des secteurs à rentabilité financière moyenne ou longue dans le temps, pour des secteurs assurant profit maximal et rentabilité immédiate (tourisme, banques, assurances, aviation, armement), selon leurs intérêts à eux, les monopoles.

Bien sûr que cette politique à courte vue tourne le dos aux intérêts des travailleurs, aux intérêts actuels et futurs du pays.

Mais penser que le capital puisse opter pour autre chose que la rentabilité maximale, au nom de son prétendu intérêt national est une naïveté  réformiste.

C’est précisément la tâche des communistes, par leur combat pour la révolution anticapitaliste et le socialisme de résoudre, par leurs luttes immédiates contre l’UE et l’OTAN, et  stratégiques pour la révolution socialiste, la question de la souveraineté, de l’indépendance nationale, de l’industrialisation (en priorité l’industrie lourde), en mettant au pouvoir les forces qui y ont un  intérêt de classe, à savoir le prolétariat et ses alliés.

Parce que le socialisme vise à satisfaire les besoins matériels et culturels croissants, et non les intérêts étroits d’une caste de possédants !

C’est en effet la mission de la classe ouvrière et des couches populaires que de construire une France nouvelle, indépendante,  internationaliste, socialiste, rejetant les traités inégaux avec la Françafrique, l’UE, l’OTAN, rompant avec l’héritage chauvin et impérialiste. Une France qui s’appuiera sur les traditions démocratiques et révolutionnaires de notre peuple, et bannira et combattra les tendances bonapartistes, fascistes et réactionnaires.

Cette mission (plaçant la classe ouvrière à la tête de la nation) ne peut s’accomplir au-delà des reculs partiels, possibles du  capital, que par la révolution anticapitaliste brisant l’Etat des monopoles, et ouvrant l’édification du socialisme.

Nous ne pourrons donner un contenu socialiste (au sens marxiste-léniniste) aux luttes partielles que si nous lions les aspirations fondamentales des masses populaires à la démonstration que leur aboutissement ne peut se produire dans le cadre du capitalisme !

 

Construire le parti communiste

Pour promouvoir une stratégie révolutionnaire, il faut une force d’avant-garde, le Parti communiste.

En France, la transformation du PCF en parti de type social-démocrate s’est traduite de manière anarchique par l’apparition de multiples organisations se réclamant du marxisme-léninisme.

Cette division est l’obstacle majeur à la renaissance d’un parti véritablement ouvrier et communiste, sur le modèle des partis fondés par l’Internationale communiste.

L’URCF ne se résout pas à cette division et à cette fragmentation du travail militant communiste, parfois renforcées par les tenants néo-kautskistes contemporains, qui estiment que pour faire naître le parti, il faut se battre principalement dans le PCF, autour de la bataille d’orientation.

L’axe principiel de la construction du parti se situe, pour l’URCF, dans les luttes dans les usines et dans le travail en direction de la classe ouvrière, dans une politique communiste  indépendante des autres formations comme le PCF ou le NPA, parce que nous sommes les défenseurs du socialisme comme seule alternative au capitalisme.

En 2009, l’URCF tiendra son IIIème Congrès. Ne se résignant pas à cette division du MCF, ce sera l’occasion de propositions pour l’unité d’action de tous les détachements communistes, contre le régime réactionnaire de Sarkozy, la vérification du degré de rapprochement des organisations du CNU et d’autres, afin d’aller vers l’unification d’un certain nombre d’organisations marxistes-léninistes au congrès ou après.

Pour l’heure, la tâche des communistes est de contribuer à la mobilisation générale afin de construire le rapport de forces qui imposera des reculs aux monopoles et permettra de faire payer la crise par ses fauteurs, les capitalistes.

Dans le même temps, les communistes doivent relier cette tâche immédiate à la dénonciation du système d’exploitation capitaliste, ils doivent faire grandir la conviction qu’il n’y aura pas de solutions durables à tous les maux quotidiens, sans rupture dans tous les domaines avec le capitalisme. C’est notre combat « Accusons le capitalisme ! ».

Tâches qui s’inscrivent, dès maintenant, dans le processus de luttes qui conduira, quand la majorité de la classe ouvrière en aura acquis la conviction, à la révolution anticapitaliste donnant le pouvoir aux travailleurs sous la direction du prolétariat, et oeuvrant à l’édification d’une société nouvelle : le socialisme !

 

Le 24 février 2009

 
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