Sommaire IC92 Mai juin 2009

ÉDITO ,
L’héritage opportuniste dans la pratique,    
Face aux licenciements , que faire? le programme d'urgence de l'URCF, 
 
Les luttes des travailleurs EDF et GDF modèle de combativité,  
Montée de la colère ouvrière, radicalisation des luttes,
L’État liberticide au service du capital,
Refusons la casse de la santé publique, abrogation de la loi BACHELOT,
Le chômage une loi objective du capitalisme,
 La  CGT ou l'identité dévoyée,
La question du logement,
 
l'héritage de l'Internationale Communiste,
La Corée populaire sur la voie de nouveaux progrès,
Depuis 1789, la réaction en rêvait… En 2009, SARKOZY et KOUCHNER l’ont fait..., 
 
Echos des luttes dans les fédérations,
Contre le capitalisme , pour défendre le progrès social et les droits démocratiques,
 
Un monument pour les combattants de l'ombre. 


ÉDITO

Pandémie : épidémie qui s’étend sur un ou plusieurs continents…

À en croire l’affolement médiatique de ces dernières semaines, les ravages de la crise économique actuelle passeraient au second plan face aux menaces de pandémie née en terre mexicaine. L’écran de fumée se déchire pourtant sous l’effet de constats tels que le nombre heureusement faible de décès dus à la grippe porcine, le lien entre ces décès et la pauvreté des victimes, l’explosion des profits des laboratoires pharmaceutiques produisant le vaccin anti-grippal, la responsabilité écrasante de la ferme industrielle américaine installée à Veracruz…

CONTAGION DE COLÈRE OUVRIÈRE ET POPULAIRE

Cette campagne vise à diffuser la peur, alliée objective de la résignation et de la soumission aux puissances d’argent. C’est aussi une réponse aux luttes des derniers mois, aussi bien dans les entreprises que dans les manifestations de rue, qui montrent le potentiel de révolte ouvrière et populaire grandissant au fil des mois : Fulmen, Sony, Caterpillar, Molex, 3M, Continental…, longue liste de boîtes où s’exprime, par des formes de lutte radicales, cette révolte de travailleurs contre les fermetures et les licenciements ; sans oublier les trois mois de grève dans les universités, les nombreuses mobilisations dans les services publics (hôpitaux, écoles, EDF, postes, notamment), et les millions de grévistes et de manifestants lors des journées interprofessionnelles.

LES RACINES DU MAL: L'AXE CAPITALISTE MONOPOLES/POUVOIR POLITIQUE

Si la colère est aussi forte, c’est qu’elle se nourrit non seulement de souffrances effectives sur le lieu de travail et dans la vie quotidienne, mais aussi de la conscience plus aiguë d’avoir à payer doublement la crise capitaliste : à travers l’exploitation patronale qui se renforce dans la recherche effrénée du profit maximum ; à travers une politique gouvernementale qui renforce cette exploitation par la casse des acquis sociaux et des services publics. Après deux ans de politique sarkozyste réactionnaire, dont la poursuite aggrave les effets de la crise, les masques du système capitaliste tombent les uns après les autres : l’État active tous ses leviers répressifs et aliénants (police, justice, armée, medias, églises, éducation, etc.) pour affermir sa dictature de classe au service des monopoles.

LE "SYNDICALISME RASSEMBLÉ" ANESTHÉSIANT DES LUTTES?

Face à cet axe État-Monopoles, les travailleurs et les jeunes ont, eux, des leviers autrement plus puissants à opposer : leur nombre et leur capacité à bloquer la production pour la construction d’un rapport de forces dont la puissance de masse et la durée, seules, pourront faire reculer le Capital. À cet égard, on ne peut que dénoncer la stratégie des directions syndicales nationales qui se retranchent derrière une sacro-sainte unité de façade pour espacer démesurément les «journées d’action», appeler à des mobilisations hors temps de travail, attendre la réponse prochaine du «divin SARKOZY», supplier le patronat de relancer le «dialogue social», et programmer des «groupes de travail» faute de plate-forme revendicative. Non vraiment, ce n’est pas sur ce syndicalisme-là, relais des intérêts de la classe capitaliste, que les travailleurs peuvent compter.

LE SEUL REMÈDE: LA LUTTE MULTIFORME ET CONTINUE JUSQU'À LA VICTOIRE!

Sur les lieux de luttes, nombreuses sont les réactions de rejet contre ces pratiques d’aménagement (rappelons-nous les dirigeants syndicalistes de Caterpillar conspués par les grévistes, le 20 avril, après avoir signé avec la direction un «pré-accord» de renoncement). Elles trouvent leur prolongement dans la constitution de collectifs défendant un syndicalisme de lutte de classes.

Aujourd’hui, l’urgence est à l’émergence d’un front de lutte continue, fondé sur des revendications concrètes pour l’emploi et les salaires, organisé à travers tout le pays ; ce qui nécessite la multiplication des échanges, des actes de solidarité et la coordination des actions, selon des formes variées et originales. L’URCF a proposé dès mars de travailler à concrétiser le mot d’ordre de marche nationale des victimes du capitalisme, pour l’emploi, la formation et les salaires.

PAS DE GUÉRISON DURABLE SANS RENVERSEMENT DU CAPITALISME!

Mais ce front ne pourra pas rester sur le seul terrain syndical, s’il veut gagner vraiment et durablement. La bataille est aussi politique, parce que le Capital se subordonne le pouvoir politique, à travers «son» État et «son» Union européenne : Sarko : Deux ans, ça suffit ! Retrait de l’UE ! Mots d’ordre à faire vivre dans une lutte résolue contre le capitalisme ; avec la seule perspective d’émancipation valable pour tous les opprimés : celle du socialisme !

retour au sommaire


L’héritage opportuniste dans la pratique

L’absence de stratégie révolutionnaire du PCF, ces dernières décennies, a conduit à la dissociation entre les tâches intermédiaires quotidiennes, et le combat multiforme pour le renversement du capitalisme. De là ont découlé des déviations opportunistes n’appréhendant qu’un aspect de la réalité objective. L’économisme qui se cantonne aux luttes sociales et au «mieux vivre sous le capitalisme» et le doctrinarisme stérile qui disserte sur la forme de la révolution sans analyser le contenu qui permet précisément à la forme de vaincre.

Sous l’influence de l’héritage de Jules GUESDE, s’est développé un attentisme autour d’une «révolution qui viendra le moment venu», d’autant plus chimérique si on ne travaille pas à créer ses conditions subjectives (les forces politiques). Attentisme qui constituait un alibi de «gauche» à l’opportunisme au quotidien.

La longue domination du révisionnisme sur le mouvement ouvrier (pas encore éliminée) s’est accompagnée de son corollaire : l’opportunisme dans la pratique. Les luttes de classes ont été volontairement limitées à «réformer» les rapports de production capitalistes, à combattre telle ou telle mesure réactionnaire en se déconnectant du processus de luttes qui qualitativement peut conduire à la révolution socialiste. De grands combats étaient menés, mais la direction du PCF nous expliquait que pour gagner tel ou tel droit ou ajourner telle ou telle mesure, il ne fallait pas poser la question du socialisme… «pour ne pas effrayer nos alliés» ! MARX et LÉNINE, au contraire, ont toujours souligné que dans le mouvement démocratique, les communistes ne cachent pas leur but final : le socialisme ! Devant l’échec et la perte d’identité d’un PCF voué aux seules luttes intermédiaires, après le 22ème congrès (1977), congrès révisionniste, ce parti appela à introduire le «socialisme à la française dans chaque lutte», sous prétexte que le socialisme se construirait «pas à pas» par accumulation de réformes, sans rupture révolutionnaire ! Aujourd’hui, cet héritage négatif subsiste, puisque des groupes communistes prônent un stade intermédiaire démocratique : la «république sociale» pour «ensuite», ce «stade atteint», poser la question du socialisme. Les marxistes-léninistes doivent résoudre dialectiquement cette question : comment transformer les luttes revendicatives et démocratiques en partie intégrante du processus conduisant à la révolution socialiste ? Les citations répétées des classiques (à connaître impérativement) ne suffisent pas à l’élaboration d’une stratégie communiste, les marxistes doivent aider les masses avec leurs aspirations, préjugés, illusions, à faire leur propre expérience en la confrontant aux analyses matérialistes.

De plus, le révisionnisme a favorisé le développement de l’influence du trotskisme, prompt à marier l’économisme réformiste le plus plat et la phrase de gauche sur la «grève générale».

LA RÉPONSE STRATÉGIQUE DE L'URCF

Tirant les leçons de décennies d’opportunisme, l’URCF, en 2002, a initié une campagne permanente «Accusons le capitalisme». L’idée dominante du mouvement populaire était alors de combattre le seul néolibéralisme («l’ultra-libéralisme» pour le PCF), c'est-à-dire de ne dénoncer que certaines conséquences du système capitaliste. L’URCF jugea comme rupture indispensable de montrer que l’ensemble des maux qui frappent les travailleurs (chômage de masse, précarité, vie chère, privatisations, inégalités sociales…) découlent non seulement «d’excès» ou de la politique des gouvernants de droite ou de «gauche», mais de la nature même du mode de production capitaliste avec en son cœur, l’exploitation du travail salarié, la propriété privée des moyens de production et d’échange, le pouvoir (dictature) de la classe capitaliste sur l’État.

«ACCUSONS LE CAPITALISME» AU CŒUR DE LA STRATÉGIE DE L’URCF

La campagne «Accusons le capitalisme» a pour objectif de démontrer que dans la France capitaliste parvenue au stade impérialiste, la seule solution

progressiste à tous les maux, consiste dans le renversement du système d’exploitation, dans la victoire du socialisme. Pour diffuser et renforcer la conscience révolutionnaire, nous lions chaque lutte partielle aux conditions objectives qui les engendrent : par exemple, les licenciements chez Continental ne sont pas seulement causés par une mauvaise gestion patronale, mais par l’application des lois internes du capitalisme.

Pour conquérir l’hégémonie de la classe ouvrière dans le mouvement démocratique (un principe léniniste bien oublié), le combat ne saurait être réduit aux seules luttes sociales ; les communistes sont les combattants les plus hardis des droits démocratiques, contre toutes les injustices, contre toutes les violations des libertés. MARX et LÉNINE ont souligné le lien primordial entre lutte pour la démocratie et lutte pour la révolution socialiste. La dénonciation théorique du révisionnisme est impuissante sans dénonciation de sa pratique quotidienne. La bolchevisation a pour exigence de cibler, en toutes circonstances, le mode de production capitaliste, cible historique du prolétariat, pour forger une conscience et une pratique véritablement anticapitalistes. Pas de renaissance du parti communiste sans stratégie révolutionnaire, liant les luttes revendicatives et démocratiques au combat pour la révolution socialiste !

retour au sommaire


Les luttes des travailleurs EDF et GDF modèle de combativité


Fin mars, des grèves reconductibles sur les salaires, touchant les sites de stockage de gaz et les terminaux méthaniers de GDF Suez, se sont amplifiées après l’annonce de l’octroi de stock-options à des dirigeants du groupe, MESTRALLET et CIRELLI.

Après 3,5 jours de grève reconductible à Sorengy (filialisé depuis peu), les agents ont obtenu 1 300 € de prime pour tous, payables en avril, 2 niveaux de rémunération pour les exécutions et maîtrises payables en mai avec rétroactivité en janvier 2009 (soit 5% d’augmentation), et le renoncement des dirigeants à leurs stock-options estimées respectivement à 7,7 et 2,8 millions €. En 2007, selon Challenge, MESTRALLET a touché 15,5 millions € (soit 900 SMIC), rémunération le plaçant au 2ème rang des patrons les plus payés. GADONNEIX, le Pdg d’Edf, avec son million €, veut rattraper son retard en s’octroyant des augmentations de 45% en 2006 et 30% en 2007, alors que les salaires sont bloqués depuis des années, que les emplois sont supprimés par milliers et que les activités sont externalisées progressivement. Les négociations se sont poursuivies pour l’obtention d’emplois statutaires et la non externalisation des tâches.

On peut se féliciter de ces résultats, démontrant que la grève reconductible paye en ce moment où les bureaucrates syndicaux refusent l’extension du mouvement.

L’arme de la classe ouvrière : bloquer la production.

Les terminaux méthaniers de Fos-sur-Mer ou de Montoir-de-Bretagne ont continué leur grève reconductible ainsi que d’importantes stations de compression bloquant le transport du gaz sur le réseau.

S’appuyant sur l’efficacité de ces grèves et montrant qu’il est possible de gagner, d’autres secteurs à ERDF ou GRDF ont rejoint ce mouvement comme dans les centrales nucléaires de Penly, du Bugey, de Dampierre, St-Laurent, où, malgré les pressions énormes que leur font subir les directions et les forces de l’ordre, les agents ont arrêté ou baissé la production d’électricité.

Mesures populaires : Basculement en heures creuses ; coupures des entreprises.

En Ile-de-France comme en province, des assemblées générales regroupant plusieurs organisations syndicales décident jour après jour d’amplifier et de durcir le mouvement. De nombreuses agences d’exploitation EDF ou GDF et clientèles de Paris sont en grève, et des sites sont totalement bloqués. Pour construire ce puissant rapport de forces, une communication s’établit entre les grévistes de la région parisienne et ceux de la province.

Devant l’autisme des directions refusant toujours de négocier, pour se faire entendre, les grévistes recourent aux coupures d’électricité qui touchent surtout des bâtiments administratifs et des grandes surfaces (comme dans le Nord) ou encore des centres EDF comme à la Roche-sur-Yon. Les grévistes prennent des mesures populaires en basculant les tarifs de jour en heures creuses (moindre coût) ou en rétablissant l’électricité ou le gaz aux victimes de coupures pour dettes.

État, directions, bureaucraties réformistes, main dans la main contre les travailleurs

Bien que ce soient les agents EDF/GDF qui produisent les richesses avec leur force de travail, on constate que ces entreprises capitalistes ont de l’argent pour les actionnaires, pour les dirigeants, mais pas pour les travailleurs. Alors que la destruction du service public et les atteintes au statut sont sans précédent, les grévistes qui défendent leur outil de travail et qui revendiquent des augmentations de salaires et le maintien de leurs activités, subissent des répressions de la part des directions qui les convoquent pour «entretien préalable à sanction», envoient les huissiers pour filmer les grévistes, portent plainte sur plainte pour faire pourrir le mouvement ou encore brident des boîtes de messagerie électronique de responsables syndicaux, comme à Sud-Energie Paris IDF, pour les empêcher de communiquer. Après 5 semaines de grève, les luttes se sont étendues dans la distribution sur toute la France, avec blocage des sites dans la Manche, l’Ile-de-France, à Caen, Rennes, Lille, Toulouse, et dans le Jura où les agences sont fermées pour cause de grève.

L’arrestation et la garde à vue récentes de 85 militants syndicaux traités comme des voyous et humiliés, attestent que le gouvernement et direction passent à la phase de répression ouverte pour casser le mouvement.

Sans stratégie syndicale de classe et d’ensemble, pas de victoire finale.

Fin avril, des assemblées intersyndicales, comme à Caen, ont voté une résolution, et ont lancé, en direction de tous les agents qui ne sont pas encore rentrés dans la lutte, un appel solennel à les rejoindre. À Chinon, l’AG adresse une lettre ouverte à l’ensemble du personnel d’EDF SA, appelant à la lutte qui n’est pas terminée mais doit s’organiser, se coordonner, s’amplifier pour gagner. Idem pour la CGT Mines-Energie qui estime que de premiers résultats sont obtenus, mais la lutte doit s’amplifier et continuer pour l’obtention d’augmentations salariales pour tous.

L’URCF avance l’idée de faire grandir l’exigence de grèves générales interprofessionnelles régionales tournantes, assurant une mobilisation continue ; avec, à terme l’organisation d’une marche nationale à Paris. Soyons des millions dans les rues de la capitale à crier : «Non, les travailleurs ne paieront pas la crise du capitalisme !». retour au sommaire


MONTÉE DE LA COLÈRE OUVRIÈRE RADICALISATION DES LUTTES

Deux ans maintenant que les luttes, qui se multiplient dans les entreprises, attestent de la montée de la résistance ouvrière. 2007 et 2008 avaient connu des milliers de grèves notamment sur les salaires. En 2009, sauf à de rares exceptions près, les nombreuses luttes d’entreprise se centrent sur le refus des licenciements et des fermetures d’entreprise. La crise révèle chaque jour davantage l’incapacité du capitalisme à répondre aux défis globaux de l’humanité : sociaux, démocratiques, écologiques. Les souffrances sont énormes, la colère se transforme en luttes radicales de la classe ouvrière. Combativité d’autant plus remarquable, que n’existent plus, en France, ni véritable parti communiste, ni centrale de lutte de classes. «La France est le pays classique de la lutte des classes», nous enseignent MARX et ENGELS. Ce mouvement largement spontané, répondant aux coups gravissimes portés par le pouvoir et les monopoles, revêt inévitablement un caractère limité par la volonté exclusive des directions syndicales de négocier sans construire le rapport de forces préalable. La radicalisation des luttes dans les entreprises est la réponse locale à ces insuffisances.

Quand la classe ouvrière retrouve ses formes dures de combat..

C’est le signe d’une nouvelle étape dans le mouvement ouvrier : la population soutient les grévistes ; les négociations sont souvent courtes et faute d’accord débouchent immédiatement sur l’action ; le principe du paiement des jours de grève redevient un préalable à la reprise des négociations. Bien qu’insuffisamment relayés, faute de riposte globale organisée, les blocages et les séquestrations font leur preuve : les indemnités sont revues à la hausse de 10 000 avant à 40 000 € après en moyenne ; une fois sur deux les licenciements sont revus à la baisse.

L’URCF salue toutes ces luttes auxquelles elle apporte son soutien, y compris dans ses formes radicales (séquestration, piquets de grève, occupation d’usine, réquisition du matériel, destruction de stocks…), formes éprouvées et vérifiées par des années de luttes ouvrières pour construire un rapport de force supérieur.

Les séquestrations ont aussi le mérite de mettre un visage sur les décideurs et les profiteurs. Elles rappellent aux masses que ceux qui travaillent et qui créent toutes les richesses sont les plus nombreux ; elles font toucher du doigt la force du collectivisme et favorisent la révolte de classe nécessaire à l’élimination du capitalisme.

Toutefois la solidarité implique la franchise et la critique des insuffisances. Les communistes révolutionnaires doivent soutenir et développer les luttes et la solidarité de classe, les diriger contre les profits, pour les emplois et les salaires. Les luttes, aussi radicales soient-elles, qui se résument à des augmentations d’indemnité de départ, s’éloignent des intérêts de classe des ouvriers.

Nous ne nions pas la nécessité de cette douloureuse bataille, mais à l’issue seulement d’un combat général qui n’a pas réussi à maintenir les emplois et les sites de production.

L’absence organisée de véritable solidarité et de lutte à l’échelle nationale, conséquence du syndicalisme «d’accompagnement» de la bureaucratie ouvrière, livre les travailleurs à leur propre sort. Les insuffisances, quand elles existent, ne sont pas dues aux travailleurs des entreprises concernées, mais bien à l’absence de toute plate-forme nationale revendicative et unifiante. C’était le cas lorsque la CGT avait une direction de lutte de lutte de classe.

Au centre de ces luttes est posée la question urgente de la défense de

l’emploi, mais aussi celle de l’urgence de contrecarrer la paupérisation en exigeant une hausse des salaires, la lutte contre la précarité, la défense des services publics contre les privatisations et la politique bourgeoise d’austérité de réduction drastique des moyens, la solidarité avec les Sans-papiers.

Dans l’immédiat, nous appelons les comités de grève à se rencontrer, échanger et construire, à partir de la base, la plate-forme revendicative fondée sur la défense collective des intérêts de la classe ouvrière et des travailleurs. retour au sommaire





FACE AUX LICENCIEMENTS, QUE FAIRE? LE PROGRAMME D'URGENCE DE L'URCF

La crise révèle à beaucoup que le capitalisme n’est pas réformable, qu’il signifiera toujours les mêmes maux pour la majorité laborieuse.

En effet, rien ne change, les fauteurs du chaos économique, les banques, les boursicoteurs, l’oligarchie, veulent profiter de la situation pour gagner toujours plus de profits, en faisant payer aux travailleurs leurs pertes et en tirant de nouveaux bénéfices !

Dans l’immédiat, le plus urgent est pour les travailleurs, la construction du rapport de forces, afin de faire payer la crise du capitalisme aux véritables responsables, augmenter les salaires, sauver et développer les emplois ! Le capitalisme veut se débarrasser des entreprises dont le profit n’est pas maximum, adapter son outil de production au besoin du marché : le résultat, c’est en France 3 000 privés d’emplois de plus chaque jour. Le patronat veut ainsi aggraver l’exploitation capitaliste, durcir les conditions de travail, accentuer la concurrence entre travailleurs ayant un emploi et travailleurs privés d’emploi.

Le programme de l’URCF est construit autour de cet axiome vérifié : les grands changements, les conquêtes sociales ont toujours leurs sources dans les luttes de classes ! Pour sauver nos emplois, nos axes de luttes sont :

- Plan national de luttes contre le chômage.

- Interdiction des licenciements.

- Suppression des CDD par la généralisation des emplois en CDI

- Pour les services publics, nous exigeons la suppression de la précarité et la création d’emplois publics statutaires

- Nationalisation sans indemnités des entreprises casseuses d’emploi avec contrôle ouvrier.

Les marxistes-léninistes savent que les nationalisations relèvent du capitalisme d’État (nous avons largement écrit sur le sujet) ; mais dans ces entreprises nationalisées, les travailleurs (aidés par les véritables communistes) devront poser la question d’une production qui réponde aux besoins de la population. Les nationalisés seront ainsi l’objet d’une âpre lutte de classes entre les monopolistes, leur État et les travailleurs cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les monopolistes et leurs agents préconiseront toujours la rentabilité financière, le pillage des entreprises des pays dominés. La bataille pour les nationalisations exacerbera toutes les contradictions du système

capitaliste, si les communistes jouent pleinement leur rôle, et, dès lors, des millions de travailleurs se poseront la question du bris de l’État capitaliste, obstacle ultime à leur émancipation sociale. retour au sommaire




L’ÉTAT LIBERTICIDE AU SERVICE DU CAPITAL

La récente interpellation, pendant seize heures, d’un travailleur sous le prétexte de la réception d’un message, plaisanterie où il est question de déraillement de train, a choqué une partie de l’opinion publique, qui prend la mesure du degré de surveillance dont la population est l’objet et de l’arbitraire qui prévaut en matière de justice. Les partis des monopoles s’attaquent aux libertés démocratiques afin d’ôter aux travailleurs les moyens légaux de lutter. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, des mesures de restriction des libertés sont mises en place. La justice est dépouillée des quelques éléments qui permettaient aux gens de pouvoir défendre leurs droits et poursuivre les grands criminels en col blanc : tribunaux d’instance, juges d’instruction... Elle voit son fonctionnement modifié au profit du tout répressif : inversion de la charge de la preuve, chaque citoyen étant dorénavant un coupable en puissance, emprisonnement des mineurs, procédures expéditives... Le fichage de la population continue malgré les mises en garde de la CNIL qui n’a, de toute façon, pas beaucoup d’autres prérogatives, et le recours aux tests ADN se banalise.

SARKOZY applique jusqu’au bout la politique initiée par le PS : les critiques de celui-ci contre l’emprisonnement des mineurs ne peuvent faire oublier que, sous JOSPIN, étaient créés les “centres de retenue” pour enfermer les jeunes que CHEVÈNEMENT qualifiait de «sauvageons».

Il en est de même au sujet de la répression des travailleurs immigrés, victimes des lois successives édictées par tous les gouvernements. Les partis du Capital ne sauraient mener une politique autre que la fascisation, nécessaire à la bourgeoisie pour contrôler et réprimer la classe qu’elle exploite.

La Constitution de 1958 contient les éléments suffisants pour suspendre les libertés (art.16) et instaurer une dictature ouverte. Les dispositions liberticides se complètent des lois et traités de l’Union Européenne, appliqués communément avec les structures policières, militaires appropriées. Ce n’est pas un hasard si les projets de lois interdisant les partis communistes ne sont plus uniquement portés par l’extrême-droite, et trouvent un écho favorable jusque dans les partis de la «gauche» européenne.

LÉNINE enseignait que la défense des libertés démocratiques est une condition de la lutte pour le socialisme. La classe ouvrière peut y nouer des alliances avec des couches progressistes victimes de la répression, ou dont la vie quotidienne est perturbée par les mesures de restriction des droits. De plus, l’organisation et la lutte sont infiniment plus faciles quand existe un minimum de droits et de garanties. La lutte pour une justice démocratique, gratuite, indépendante du pouvoir, contrecarre dans une certaine mesure la dictature de classe de l’État.

L’URCF, dès maintenant, porte les revendications démocratiques qui seront satisfaites entièrement une fois la révolution socialiste accomplie.retour au sommaire




REFUSONS LA CASSE DE LA SANTÉ PUBLIQUE À L'ACTION POUR L'ABROGATION DE LA LOI BACHELOT

LA CASSE DE LA SANTÉ PUBLIQUE

La loi BACHELOT s’inscrit dans le droit fil des directives de l’Union Européenne qui mettent en œuvre la stratégie de Lisbonne (2001, approuvée par CHIRAC et JOSPIN). L’objectif central des monopoles est d’installer la concurrence entre établissements hospitaliers, de promouvoir les cliniques privées, et d’installer partout la rentabilité financière comme critère unique de gestion. La santé devient une marchandise comme les autres et doit dégager le profit maximum, tant pour les monopoles privés que pour ceux de l’État. En toile de fond, il s’agit pour SARKOZY de privatiser la santé sur le modèle néolibéral nord-américain. L’alibi est la réduction des dépenses hospitalières, jugées «trop onéreuses» (52% des dépenses d’Assurance-maladie).

À cette fin, le gouvernement veut fermer les hôpitaux de proximité jugés non rentables car «mal équipés». C’est le voleur qui crie «Au vol !».

Ce sont effectivement les politiques conduites par les gouvernants de droite ou de «gauche» (100 000 lits supprimés sous JOSPIN-KOUCHNER !) qui ont affaibli les moyens humains et techniques dans les hôpitaux publics, n’assurant plus pleinement les besoins de santé notamment pour les familles les plus modestes. Alors que professionnels de santé et usagers constatent et dénoncent le manque d’effectifs, le gouvernement veut supprimer 700 emplois publics, au nom de la rentabilité financière. De plus, la loi BACHELOT prévoit le regroupement des 1 050 sites actuels en 200 «communautés hospitalières», ce qui d’ores et déjà menace 650 emplois à Nancy, 400 au Mans, 200 à Pontoise, idem à Roubaix…

Depuis 2008, la privatisation de la santé publique se structure autour de la «mise en place du fonctionnement à l’activité», qui organise une division du travail entre cliniques privées assurant les interventions les plus coûteuses (donc qui rapportent davantage de profits) et les Établissements publics voués aux petites interventions. De même, l’introduction de quotas confine à l’absurde, ainsi à Decazeville (Aveyron), l’État fixe à 500 naissances par an, le seuil pour maintenir les activités de la maternité (environ 350 naissances par an), la population depuis des années mène un combat de toute une ville pour sauver son hôpital, les personnels et les besoins !

COMBATTRE POUR L'ABROGATION DE LA LOI BACHELOT!

Cette loi ne peut pas être «aménagée», il faut combattre pour son abrogation. En raison de son caractère antidémocratique et anti-santé : les personnels sont dessaisis de toute intervention, le «gestionnaire» commis de l’État capitaliste devient le «gauleiter» dans son établissement, fixant la politique de soins selon la seule rentabilité. Les «Agences régionales de santé», sous la direction des préfets, vont coordonner la politique de casse et de fermeture des hôpitaux publics. Par cet intermédiaire de l’appareil d’État capitaliste, les monopoles vont s’assurer la mainmise sur la politique de santé et l’assujettir à la recherche du profit pour quelques intérêts privés au détriment des besoins publics. Le malthusianisme (1) propre au système capitaliste est appliqué avec brutalité : moins de soins, c’est la mort prématurée et… moins de retraités «à entretenir» selon la rentabilité capitaliste !

SOUTENONS LA RÉSISTANCE DES PERSONNELS DE SANTÉ!

D’un bout à l’autre du pays, la colère gronde contre la loi BACHELOT,

mettant en mouvement y compris des grands professeurs. Cette colère, qui s’est traduite par des grèves et journées d’action massives unissant tous les personnels, a obligé le pouvoir, après l’adoption de la loi à l’assemblée nationale, à temporiser pour la seconde lecture au sénat. Il s’agit d’une manœuvre pour gagner du temps et faire passer la loi durant les congés. Le combat continue.

L’URCF salue et soutient les collectifs de défense de la santé publique qui agissent dans de nombreuses communes. Avec ces collectifs, avec le mouvement gréviste, revendiquons l’accès aux soins pour tous, la défense de la sécurité sociale dans ses principes fondateurs.

La politique de SARKOZY vise à introduire le modèle anglo-saxon de néolibéralisme, qui n’assure la santé qu’à ceux qui ont de l’argent. L’échec de ce système est patent, mais le gouvernement s’en fiche, car il ne veut servir que les intérêts capitalistes.

Sans attendre le socialisme, qui seul peut garantir la santé gratuite et de qualité comme dans l’URSS de LÉNINE et STALINE, l’URCF avance l’idée d’une bataille pour la nationalisation sans indemnités des laboratoires et cliniques privés, la taxation du Capital pour doter le service de santé publique des moyens nécessaires qui assureront davantage la satisfaction des besoins et aggraveront les contradictions du système capitaliste qui ne peut survivre sans installer la rentabilité capitaliste dans tous les domaines.


LA LOI BACHELOT, C'EST LA PRIVATISATION ET LA SANTÉ

SOUMISES À LA RENTABILITÉ FINANCIÈRE!

(1) Théorie réactionnaire fondée par MALTHUS (1766/1834) qui vise à réduire par tous les moyens la population laborieuse, pour régler les problèmes de surproduction capitaliste dans le sens des intérêts du Capital.
retour au sommaire



LE CHÔMAGE, UNE LOI OBJECTIVE DU CAPITALISME


Il ne s’écoule pas une journée sans que les dirigeants bourgeois, leurs plumitifs ou leurs simples partisans prétendent tout mettre en œuvre pour la lutte contre le chômage, lequel, disent-ils, ne relève d’aucune fatalité. Cependant, la fréquence de ces promesses n’a d’égal que leur fausseté, car la véracité de ces déclarations quotidiennes ne résiste pas à l’examen même superficiel de l’histoire du capitalisme montrant immédiatement le contraire : loin d’être combattu, ce fléau a toujours été constitutif de son organisation sociale, le capitalisme impliquant ipso facto le chômage. Et s’il est impossible de le concevoir sans chômage, dans la mesure où sa définition même entraîne celui-ci, ce n’est pas parce que les capitalistes seraient en eux-mêmes mal intentionnés et pourraient très bien, s’ils le voulaient, mettre fin à ce funeste phénomène, mais parce qu’il s’agit là d’une loi objective du capitalisme. Certes, du point de vue de la lutte des classes, les oligarques savent utiliser la loi du chômage tout en le combattant en paroles, pour diminuer les salaires des ouvriers employés, selon un fonctionnement bien connu : provoquer la concurrence permet en effet à la classe bourgeoise une pression accrue sur la classe ouvrière, maintient les salaires relativement bas et augmente les profits. Mais les hommes n’engendrent pas leurs conditions de vie selon leur bon vouloir ; l’humanité passée leur lègue des conditions déterminées auxquelles ils sont soumis et contre lesquelles ils doivent lutter pour transformer la société. Aucune politique bourgeoise, pas même celle du « pôle emploi », dernière innovation hypocrite pour donner l’illusion d’une lutte pour l’emploi (ainsi que l’occasion de radier des travailleurs du chômage), ne combat efficacement et durablement ce malheur social.

Mais, et c’est le non-dit de tous les «débats» télévisés et autres, où donc le chômage a-t-il été éradiqué ? Si le capitalisme ne se conçoit pas sans chômage, il faudrait s’en accommoder, car il serait «le prix nécessaire d’une société ouverte et démocratique», concluent d’aucuns ! Pourtant et précisément, il ne s’agit que d’une fatalité déterminée, d’un malheur capitaliste, lequel n’est lui-même pas une fatalité, comme le prouve la glorieuse histoire du mouvement ouvrier : les pays socialistes, à l’avant-garde desquels se trouvait l’URSS, supprimèrent entièrement ce système homicide en même temps que le totalitarisme capitaliste qui l’entraînait, et l’entraîne aujourd’hui massivement. Seul le socialisme, grâce à la planification économique, présente la solution définitive aux totalitarismes capitalistes et à leurs fléaux, comme la privation d’emploi.

En avant vers la construction du Parti communiste, la satisfaction des besoins !

1. Selon MARX, le travail est l’unique moyen par lequel les hommes s’élèvent à la dignité d’homme, le moyen par lequel ils obtiennent ce qui fait d’eux des hommes : la reconnaissance par leurs semblables. Par conséquent, tout homme normalement constitué aspire au travail, et présenter les chômeurs comme des fainéants relève de la propagande capitaliste (individualiste). C’est pourquoi on préférera au terme de chômage, le syntagme de privation d’emploi qui indique le caractère imposé de l’état du travailleur désœuvré.

retour au sommaire



LA CGT OU L'IDENTITÉ DÉVOYÉE

«Ce qui manque le plus au travailleur, c’est la science de son malheur», écrivait PELLOUTIER dans les années 1900. Il ne croyait pas si bien dire, car l’histoire centenaire du doyen des syndicats français n’a pas été un long fleuve tranquille. En effet, depuis sa fondation en septembre 1895 à Limoges jusqu’à nos jours, la CGT a toujours été traversée par des luttes reflétant la lutte permanente entre réformisme et révolution.


De tout temps, ses militants révolutionnaires ont intégré le fait que la revendication quotidienne n’est qu’un aspect de l’action syndicale. Le syndicalisme contribuera, avec le parti communiste, à l’émancipation des travailleurs par l’expropriation du Capital. La grève générale reste le moyen d’action le plus approprié et au final le plus efficace, sans oublier la grève générale politique de masse. Les syndicalistes de collaboration de classe s’investissent dans l’union sacrée avec le Capital et son État. Aussi, malgré l’ampleur des grandes luttes sociales qui ont jalonné l’histoire du mouvement ouvrier, la bureaucratie réformiste a toujours agi pour dévoyer les luttes et les actions. En parfaits aristocrates ouvriers, ils excellent dans la pratique de la «politique de présence» dans les organismes officiels et de contacts permanents avec les pouvoirs publics. En France, la cogestion existe dans les faits.

La direction confédérale CGT en soutien aux réformes du gouvernement

En effet, dans le contexte délétère de la grave crise du capitalisme pourrissant, loin de combattre ce système social basé sur l’exploitation du travail des hommes et des femmes, loin de s’opposer de façon radicale aux contre-réformes gouvernementales (retraites, sécurité sociale, pouvoir d’achat, Code du travail, formation, libertés, droit de grève, etc.) aujourd’hui, les dirigeants de la CGT ont opté pour l’accompagnement de ces réformes par le biais d’un syndicalisme de «négociation» si cher au MEDEF et à ses soutiens politiques, de droite comme de gauche.

Cette orientation a été validée par le 45ème Congrès confédéral et confirmée par les Congrès suivants. La suppression, en 1995, de l’article 1 des statuts qui stipule que «la CGT s’assigne pour but la suppression de l’exploitation capitaliste, notamment par la socialisation des moyens de production et d’échange», a liquidé l’identité anti-capitaliste de l’organisation. Cette orientation tourne le dos au syndicalisme de lutte de classes qui a façonné l’histoire glorieuse de la CGT et a permis toutes les grandes conquêtes de l’après-guerre.

Depuis, plutôt rassuré par la direction mutante de la CGT, aujourd’hui, le patronat profite de la crise du capitalisme pour exercer une pression sans précédent sur les travailleurs pour détruire tous les acquis de l’après-guerre. De plus, la Commission de Bruxelles, instance dirigeante non élue de l’UE, coordonne les politiques des gouvernements des pays adhérents, dont la France, qui réduisent les budgets de l’Éducation nationale, la santé, la recherche, les transports, etc., et à liquider le patrimoine public national (EDF, GDF, la Poste, Renault, Air France, les aéroports, la Caisse de dépôt et de consignation…). Tout cela est remis en cause, malgré le développement des luttes dans tous les secteurs d’activités, malgré l’engagement de toutes les catégories sociales, du chômeur au chercheur.

Diviser pour mieux trahir...

Ces luttes se déroulent, hélas, de façon sectorielle. Les stratégies mises en place par les grandes centrales syndicales dont la CGT, ne répondent pas aux besoins des travailleurs de fédérer leurs actions pour en faire un mouvement social, large et puissant, capable de remettre en cause le bulldozer gouvernemental et l’euphorie destructrice du MEDEF. Pire encore, quand la pression de la base et des salariés en lutte se fait forte, la direction de la CGT organise des grèves partielles et sectorielles dont les conséquences sont de faire battre chaque profession, et elle reste sourde aux militants les plus combatifs, voire procède à leur exclusion.

Les attentes et les actions parfois dures et désespérées de millions de travailleurs guidés par des militants combatifs et souvent isolés, sont converties en journées de manifestations exutoires, toujours très espacées et souvent les week-ends. Pour mieux canaliser le mécontentement, ces mêmes directions syndicales imposent par le biais de leurs relais régionaux ou départementaux des mots d’ordre autour du principe de la négociation des réformes, alors que les manifestants, les militants de base et les salariés exigent souvent leur retrait ou leur rejet pur et simple. Le bilan de cette stratégie syndicale est très lourd pour les travailleurs et leurs familles qui devront, hélas, supporter très durement le coût social de la crise actuelle.

S’unir contre la trahison

Aussi, l’analyse des faits, des comportements et des déclarations publiques de tous les dirigeants syndicaux, principalement de Bernard THIBAULT pour la CGT, sur les grèves et les mobilisations des travailleurs, confirme que leurs attitudes pour le moins logiques, au vu de leurs orientations, encouragent ouvertement le gouvernement à accélérer la mise en place de ses contre-réformes et à s’attaquer à d’autres dossiers importants, comme l’exigent encore les directives de l’UE du Capital.

Ainsi, force est de constater le décalage entre les discours des dirigeants syndicaux de la CGT et la réalité sociale : chômage galopant, précarité, incertitude du lendemain, humiliations, dégradation des conditions de travail, pertes de pouvoir d’achat… et vol du fruit de leur travail par une minorité d’exploiteurs. La lutte tenace mais isolée des centaines de milliers de travailleurs contre la fermeture de leurs entreprises, des électriciens et gaziers, des chercheurs, des enseignants, des étudiants,… nous éclaire sur ce décalage qui n’est ni fortuit, ni une erreur d’analyse, mais le résultat d’une orientation. Il atteste de la trahison des dirigeants actuels, qui s’inscrit à l’encre indélébile sur le livre d’histoire de la CGT et du mouvement ouvrier français et international.

L’URCF réitère son soutien indéfectible aux luttes courageuses des travailleurs, quels que soient leurs secteurs d’activité et les formes qu’ils leur donnent. L’URCF appelle les militants de la CGT, les collectifs de défense et pour la renaissance du syndicalisme de lutte des classes, ainsi que les travailleurs en lutte, à dénoncer et combattre la stratégie d’échec du «syndicalisme rassemblé» si chère à Bernard THIBAULT et à ses équipes. L’URCF les invite à créer les conditions pour unifier leurs efforts, afin de faire obstacle à l’offensive du Capital.

retour au sommaire


LA QUESTION DU LOGEMENT

Le logement, droit fondamental de l’homme, est, dans les pays capitalistes, transformé en instrument d’exploitation supplémentaire des travailleurs. La cherté des loyers et les crédits, qui absorbent parfois plus de la moitié de leurs revenus, les lient à la classe bourgeoise qui leur impose, sous la menace du chômage, des conditions d’exploitation maximale. En même temps, la spéculation immobilière engendre des profits énormes, et chasse les gens aux revenus modestes des villes. La lutte pour des habitations à bon marché doit donc être menée contre la classe possédante dans une perspective révolutionnaire. La crise aggrave la situation de ceux qui doivent se priver du nécessaire pour payer des logements insalubres et des charges en hausse constante, particulièrement quand l’eau, l’électricité, le gaz sont confiés à des monopoles privés. L’absence d’un parti communiste a aussi pour conséquence l’isolement, l’inorganisation des habitants, la domination du réformisme dans les associations de locataires, alors que des luttes sont nécessaires pour s’opposer aux ventes de logements HLM, et qu’il faudrait faire vivre le mot d’ordre de réquisition pour les sans-logis. L’URCF appelle les habitants à lutter pour la baisse des loyers, l’interdiction des expulsions et des saisies, l’annulation des dettes-logement. Quand le gouvernement amnistie des patrons et des commis de l’État qui ont volé des millions €, il n’est pas concevable que des travailleurs victimes de leur politique soient poursuivis pour des dettes de loyers et de charges.

Pour s’opposer à la spéculation immobilière, il faut imposer la nationalisation du sol, afin que l’État soit seul habilité à décider de son utilisation selon les besoins. Nationalisation qui n’est concevable que sous le socialisme.
retour au sommaire



L'HÉRITAGE DE L'INTERNATIONALE COMMUNISTE


AU CENTRE DU IIIème CONGRÈS (1921) DE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE :

«ALLER AUX MASSES !»


À la période d’offensive révolutionnaire qui posait l’imminence de la prise du pouvoir par le prolétariat, va succéder une période de relative stabilisation du capitalisme, qui nécessitait une tactique modifiée tenant compte du passage de la guerre de mouvement à la guerre de position. Les révolutions italienne et allemande défaites obligent à ce changement tactique. En Italie en 1920, l’occupation des usines, la formation de conseils ouvriers qui dirigent la production (FIAT à Turin), l’occupation par les petits paysans des domaines de grands latifundiaires, l’organisation de défense des militants révolutionnaires en Gardes Rouges, montraient l’acuité de la situation révolutionnaire. Ce mouvement de masse va être trahi par les chefs de la social-démocratie et des syndicats. Rappelons que le parti socialiste italien avait entièrement adhéré au Komintern, malgré les réticences de LÉNINE. Evidemment, cette «adhésion» visait à camoufler le travail de sape des réformistes et autres sociaux-traîtres. Au nom de la «démocratie», les chefs réformistes avaient brisé le mouvement révolutionnaire et … affaibli les droits démocratiques en servant de fourrier aux bandes armées du Capital, les chemises noires fascistes. Cela prouvait qu’au sein des jeunes partis communistes, il fallait épurer l’aile social-démocrate «ripolinée» en «communistes».

En Allemagne, l’insurrection héroïque de mars 1921 fut brisée par le SPD, ce qui suscita une double déviation au sein du KPD - de droite, avec LÉVY qui ne jurait que par le front unique au sommet avec la social-démocratie, et de «gauche», avec THALHEIMER et sa théorie douteuse de «l’offensive permanente» condamnée par l’Internationale, et qui ignorait les conditions objectives de luttes avec leurs flux et reflux -. On assista à un début d’offensive du Capital qui reprit la main et put s’appuyer sur les sociaux-réformistes, devenus instruments de la contre-révolution dans les masses populaires.

Cette offensive avait pour but de désagréger les PC, loin d’avoir entamé leur bolchevisation avec les nombreuses survivances sociales-démocrates. LÉNINE dresse ce constat implacable : «Nos partis sont encore bien loin d’être de véritables partis communistes, de véritables avant-gardes de l’unique classe révolutionnaire, des partis dont tous les membres participent à la lutte, au mouvement de la vie quotidienne des masses». Le 3ème Congrès de l’Internationale, réuni dans ces conditions, lutta sur deux fronts contre le défaitisme, source de capitulation réformiste et contre le sectarisme de type blanquiste qui confondait mouvement révolutionnaire et complot d’une «minorité éclairée». La tâche fixée aux PC fut de consolider leurs rangs afin de reprendre leur marche en avant le moment venu, en allant, selon le mot d’ordre du Congrès, «vers les masses», pour, à partir du travail quotidien opiniâtre en lien avec la stratégie révolutionnaire, arracher à la social-démocratie la majorité de la classe ouvrière. «Assainissez vos rangs des éléments qui sont capables de détruire l’esprit de lutte et la discipline de lutte des troupes de choc du prolétariat» (résolution de Congrès). Ce Congrès vit l’éloignement de militants venus à la révolution persuadés de son imminence, mais peu solides et la consolidation des partis autour des militants véritablement révolutionnaires.

«Celui qui, en Europe où presque tous les prolétaires sont organisés, ne comprend pas qu’il nous faut conquérir la majorité de la classe ouvrière, celui-là est perdu pour le mouvement révolutionnaire. Il n’apprendra jamais rien s’il n’a pas encore appris des trois grandes années de la révolution» (LÉNINE). Le 3ème Congrès, âprement disputé en raison du refus initial de certains partis d’opérer un travail de masse, eut aussi une grande signification organisationnelle, fixant le parti communiste comme structuré autour des cellules d’usine à la place des cellules de quartiers qui régissaient les partis sociaux-démocrates. C’est là un héritage vivant de ce 3ème Congrès qui a nécessité une intense lutte interne, l’opportunisme se greffant souvent sur les questions d’organisation qui furent à l’origine de la scission menchevique en 1903. Le 3ème Congrès eut un autre mérite : montrer qu’il ne saurait y avoir de tactique immuable valable en tous lieux et temps. L’examen du rapport de forces international et national présuppose la capacité des communistes à l’analyse concrète d’une situation concrète.
retour au sommaire




LA CORÉE POPULAIRE SUR LA VOIE DE NOUVEAUX PROGRÈS


Le 1er janvier, selon la tradition, la presse de la République Populaire De Corée a publié un éditorial commun, traçant les perspectives à venir. L’éditorial se félicitait des progrès réalisés en 2008 à l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire de la République. Mais surtout, il était l’occasion de lancer une grande campagne idéologique, et une mobilisation politique de grande ampleur, puisqu’il s’agit d’une mobilisation des masses populaires du même type que le mouvement Cholima (1), qui, après la victoire contre l’agression militaire américaine sous couvert de l’ONU, a permis la reconstruction du pays et l’édification d’une base économique nouvelle. L’objectif affirmé par l’éditorial est de faire qu’en 2010, année du centenaire de la naissance du Président Kim Il Sung, le pays ait surmonté les conséquences découlant de la victoire de la contre-révolution en URSS et en Europe de l’Est. Il s’agit donc de se doter d’une base énergétique, industrielle, scientifique et agricole, mais aussi militaire, permettant de satisfaire les besoins sociaux des masses populaires. Cette bataille, qui promet d’être historique, est intimement liée à celle de la réunification pacifique de la Corée.

Le lancement de cette campagne a lieu au moment où la Corée du Sud est frappée par la crise du capitalisme avec violence, et où le gouvernement sud-coréen remet en cause les accords inter-coréens découlant des rencontres directes entre le camarade Kim Jong Il et les présidents de la Corée du Sud des 15 juin 2000 et 4 octobre 2007. En même temps, la politique servile de Séoul vis-à-vis de l’impérialisme américain a eu pour effet de grands mouvements populaires et une répression d’une intensité qui peut augurer le retour pur et simple de la dictature fasciste. Dans la tradition de cette époque, de grandes manœuvres militaires États-Unis/Corée du Sud - les plus importantes de l’histoire - se sont tenues de manière provocatrice. De son côté, l’impérialisme japonais a lancé une campagne hystérique contre la RPDC.

Visiblement, l’administration OBAMA n’a pas renoncé, pas plus qu’à l’égard de Cuba, à la politique de blocus et de tension militaire qui est celle de l’impérialisme américain, vis-à-vis de la Corée Populaire. C’est pourquoi la RPDC souligne l’importance stratégique de la politique dite de Songun qui donne la priorité à l’armée et à la défense nationale. Non seulement l’armée populaire participe aux tâches de l’économie nationale, mais elle est le garant de la sécurité du peuple et écarte les menaces d’agression militaire.

Le 4 avril une première étape de l’ambitieux programme tracé pour 2012 était atteinte par le lancement victorieux du second satellite de télécommunication nord-coréen. L’évènement met en relief deux éléments importants : la RPDC est capable aujourd’hui de mettre en œuvre un programme scientifique lui ouvrant les portes de la haute technologie spatiale ; mais en même temps, elle maîtrise la fabrication des fusées balistiques, ce qui lui donne un statut de grande puissance militaire. À tel point que les menaces nippo-yankee avant le lancement sont apparues comme des rodomontades : ils n’ont pas osé tenter d’intercepter la fusée et le satellite.

Toujours est-il que, malgré les tentatives de nier la réussite du lancement (mais alors pourquoi toute cette effervescence ?), la RPDC se trouve dans une position politique et diplomatique plus forte et que des pourparlers pourraient s’ouvrir directement avec Washington. Le refus de Paris, d’établir des relations diplomatiques normales, (seul État de l’UE dans ce cas avec la RPDC), est d’autant plus scandaleux.

L’URCF, fidèle à sa politique constante de solidarité basée sur l’internationalisme prolétarien, exprime son soutien politique et anti-impérialiste à la RPDC, et souhaite que les objectifs fixés pour le 100ème anniversaire du Président Kim Il Sung deviennent des réalités concrètes pour l’avenir de la paix et de l’édification du socialisme dans le monde.

(1) Campagne de propagande qui s’est fixé, en 1953, l’objectif de la reconstruction du pays après l’agression impérialiste.
retour au sommaire




Depuis 1789, la réaction en rêvait… En 2009, SARKOZY et KOUCHNER l’ont fait...


Le 18 décembre 2008, le petit télégraphiste de l’Elysée au quai d’Orsay, Bernard KOUCHNER, se trouvait au Vatican. Il y a signé des accords avec la Congrégation vaticane chargée des problèmes d'éducation. Il s’agit ni plus ni moins que de «l’abolition du monopole de la collation des grades par l’Université depuis le bac jusqu’aux thèses», c'est-à-dire du fait que seuls les diplômes décernés par les Universités publiques sont reconnus comme diplômes nationaux. Ce n’est pas seulement remettre en cause les lois de 1905, ni même les lois laïques des années 1880, c’est rayer d’un trait de plume les décrets napoléoniens sur l’organisation de l’Université et son rôle. Au Latran, en 2007, où il n’avait pas craint le ridicule en venant chercher son titre de chanoine, SARKOZY regrettait que la République ne reconnaisse pas la "valeur des diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholique".

Eh bien, c’est chose faite. Et dans un silence assourdissant de la part de nos hommes politiques. Où sont les parlementaires spécialistes es laïcité ? Ils sont aux abonnés absents. Ils sont complices. Rien d’étonnant d’ailleurs, puisque le maire de Paris, DELANOË, quand il termine de recevoir des dirigeants religieux sionistes, est toujours prêt à s’occuper de la postérité parisienne de Jean-Paul II (en donnant son nom à une place), d’organiser la solidarité avec le clérico-féodal Dalaï lama, et de participer à une messe à Notre Dame. Il est vrai que toute la valetaille des monopoles, depuis l’UMP jusqu’aux socialistes et aux Verts, avait appelé à voter OUI au Traité constitutionnel européen, qui faisait de l’héritage du christianisme une valeur fondatrice exclusive de l’Europe. Et que l’accord entre la soutane et KOUCHNER/SARKOZY est censé s’inscrire dans le processus de Bologne, base programmatique de l’UE dans le domaine de l’éducation.

L’URCF appelle les démocrates à réagir en demandant l’annulation des décrets. Dans l’unité la plus large, les communistes doivent défendre la laïcité et montrer le caractère réactionnaire de cette Union Européenne, qui est une machine de guerre aussi contre la laïcité.

POUR LA DÉFENSE DE LA LAÏCITÉ AUSSI, IL FAUT CLAQUER LA PORTE DE L’UNION EUROPÉENNE !
retour au sommaire



ÉCHOS DES LUTTES DANS LES FÉDÉRATIONS

L’URCF SUR LE PONT


Dans le NORD Manifestation du 1er mai à Lille

Contrairement aux journées du 29 janvier et du 19 mars (manifestations régionales), la manifestation du 1er mai à l’appel de toutes les organisations syndicales, fut disséminée sur Lille et ses environs. Il y avait et il y a une volonté franche de la part des responsables syndicaux de ne pas faire de cette journée un point fort dans la mobilisation et surtout de ne pas élargir le mouvement dans le temps. Toujours le mot d’ordre, surtout celui de la CGT «Tous ensemble !», mais en oubliant ou en feignant d’oublier d’accoler les mots : «en même temps». Autre leivmotiv :

«La crise ce sont eux». Terme vague et équivoque, si on ne dénonce pas le vrai responsable de cette longue crise, qui n’est rien d’autre que le système capitaliste. La classe ouvrière et l’ensemble des salariés n’ont rien à attendre de ces directions syndicales qui freinent des quatre fers, afin que les masses ne les débordent pas. Malgré tout cela, et selon les organisateurs, 5 000 manifestants ont répondu présents à l’appel. Dans la mesure de nos possibilités, nous avons distribué des centaines de tracts et vendu Intervention Communiste. Des discussions sur l’Europe, sur la crise, sur le Front de Gauche ou sur le NPA ont été engagées avec des membres du Front de Gauche. On doit être très attentifs à la tactique des organisations réformistes. Elles appliquent une méthode de frein de la mise en route vers la grève générale, et si malgré tout elle éclatait, elles tenteraient de la désamorcer de mille et une manières.

Dans le PUY-DE-DÔME

La fédération du Puy-de-Dôme s’est lancée dans une campagne d’informations par une distribution de tracts et de son journal «l’Etincelle». Ces distributions ont lieu aux sorties des usines Michelin, et d’autres entreprises, et sur les marchés de Clermont-Ferrand, Riom, Gerzat et Cébazat où il nous arrive fréquemment d’avoir de fructueux échanges avec des travailleurs qui manifestent leur colère face à la politique actuelle.

Dans le RHÔNE 1er mai à Lyon

Les militants du Rhône de l’URCF ont diffusé, à plus de 1 000 exemplaires, le tract national du 1er mai, qui a été très bien accueilli par les militants syndicaux et politiques présents à cette grande manifestation, l’une des plus importantes pour un 1er mai depuis longtemps, quoi qu’en disent les médias bourgeois. Avec plus de 15 000 personnes à Lyon, et comme la tradition le veut dans le Rhône, il ne faut pas oublier le défilé de Villefranche-sur-Saône qui a eu lieu simultanément ; rappelons que dans notre département, il n’y a aucun transport en commun le 1er mai, ce qui rend bien sûr toujours un peu plus dure la mobilisation, comparée à Paris. Les militants du Rhône de l’URCF ont également accueilli dans leurs locaux, en avril, une réunion commune avec les JCML dans le cadre du processus de rapprochement de ces organisations avec l’URCF.

Dans l’Aude Dans le VAR

Après plus de 25 ans d’interruption, la petite ville de Brignoles, sous-préfecture de la Provence verte, a renoué avec la tradition du défilé du 1er mai. Tradition de luttes perpétuée par les mineurs de bauxite, «les gueules rouges», pendant des années, jusque dans les années 70, pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail d’abord, puis contre les fermetures inexorables des puits (l’extraction de la bauxite était alors le fer de lance de l’économie de Centre Var). Pour une reprise, c’est un succès incontestable et incontesté. 500 manifestants place Caramy, (autant qu’à

Saint Raphaël, ville dont la population est 3 fois supérieure, c’est dire…). Participant activement au collectif de l’Union Locale CGT de Brignoles, les militants de l’URCF ont pris toute leur place, tant dans l’organisation, la préparation, que dans le déroulement de cette initiative. Sur le plan politique, plus de 1 200 tracts ont été distribués dans plusieurs localités du département dans les jours précédant la manifestation, ainsi qu’au cours de la manif, tant à Toulon qu’à Brignoles. Cette période de luttes nous a permis de réaliser des abonnements à notre journal «Intervention Communiste» ainsi que plusieurs contacts très positifs.

Nouvelles de l’UL de Douai :La signification sociale de la scission de l'Union locale CGT de Douai.

«La CGT est à feu et à sang dans le Douaisis», c'est ainsi que le quotidien régional, La Voix du Nord du 17 avril 2009, qualifie le conflit qui a opposé de part et d'autre l’Union locale CGT de Douai et les instances départementales et nationales. Le journal ne dit pas que les bureaucrates réformistes ont exclu les syndicalistes de lutte de classe. Le véritable enjeu de cette scission, qui ne dit pas son nom, porte sur la finalité du syndicalisme et non sur un quelconque conflit de personnes.

L'UD du Nord et la Confédération n'ont pas accepté que cette Union locale reste sur les positions historiques de la CGT de FRACHON. En octobre 2008, le tribunal de Lille avait rejeté le référé déposé par l’UD pour interdire le Congrès de l’UL de Douai les 30 et 31 octobre 2008.

Le congrès élit la direction de l'UL, des axes revendicatifs et une Commission Exécutive. Le secrétaire général était le regretté Jacques LECLERCQ, décédé d'une crise cardiaque le 14 mars 2009 ; le camarade Philippe NALEWAJEK est son successeur. La Confédération et l’UD refusèrent de reconnaître la direction légitime de l'Union locale. La direction légitime déposa un référé en justice pour contrecarrer l’entreprise de division, référé qui fut rejeté. Le 16 avril dernier, 35 syndicats sur 120 de l'arrondissement de Douai répondent à l'appel de l'UD et de la Confédération pour créer une Union locale bis. Aujourd'hui deux Unions locales CGT cohabitent dans la même localité. Les patrons doivent bien rigoler ! À l’origine de cette scission on trouve certains dirigeants de l'Union départementale et le secrétaire général. Ce dernier, en 1997-98 à l’occasion du mouvement des chômeurs qui occupaient l'Assedic de Lille avait tenté de renverser la direction légitime des chômeurs. Les «putschistes» subirent une cuisante défaite, puisque les syndiqués renouvelèrent leur confiance à la direction légitime. Ce syndicalisme bureaucratique tourne le dos à la lutte contre le capitalisme, à la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme, le patronat et le salariat.

Voilà, placée sur le terrain de la réalité, la signification "politique" de la scission de l'Union locale de Douai.

Les diviseurs du mouvement syndical, les réformistes, cachent toujours leurs véritables intentions derrière le respect des statuts, de la «démocratie syndicale», de la neutralité politique ; mais dès qu’ils perdent le contrôle de la situation, ils n'hésitent pas à employer les pires méthodes pour arriver à leurs fins !

L'affaire de Douai est l'illustration parfaite d’un syndicalisme qui risque d’éloigner les travailleurs de l’organisation syndicale. C’est a fortiori la tâche des militants de base de défendre l’existence d’une CGT de classe et de masse.
retour au sommaire



CONTRE LE CAPITALISME,POUR DÉFENDRE LE PROGRÈS SOCIAL ET LES DROITS DÉMOCRATIQUES


RETRAIT DE LA FRANCE DE L'UNION EUROPÉENNE!


Les élections européennes sont en vue. On nous dit que c’est important, utile, d’élire des députés. Le suffrage universel est une conquête démocratique des peuples contre l’aristocratie et la bourgeoisie ; c’est vrai, et il faut la défendre contre les SARKOZY, PARISOT, et autres (dont les dirigeants du PS).

Mais concernant le Parlement européen, il y a de quoi s’interroger !

Qu’on se souvienne de ce que sont devenus les votes des peuples français et néerlandais contre le projet de Traité «constitutionnel» : les gouvernements européens ont annulé ces votes en signant un Traité en tous points semblable, et en le faisant avaliser par le Parlement avec les voix de l’UMP, des centristes, du PS et des Verts ; seul le peuple irlandais a pu rejeter ce Traité de Lisbonne : eh bien, il a été décidé qu’il revoterait, car il n’avait pas voté «OUI» et… qu’il devrait modifier sa Constitution pour que cela ne se reproduise pas !

Alors pourquoi faire voter maintenant pour le Parlement ?

Parce qu’il ne sert pas à grand-chose ! Ou plus exactement parce que cette assemblée donne un semblant de légitimité au système tout entier, un système qui repose sur l’absence totale de démocratie, de contrôle du point de vue populaire, et dont l’objectif est justement d’évacuer toute possibilité, pour les peuples d’Europe, de mettre en œuvre une politique contraire à celle des monopoles capitalistes. Il suffit de considérer quelles sont les prérogatives de cette assemblée, en lien avec les autres instances (Conseils des chefs d’État et de l’UE, Commission, Cour européenne de Justice et Banque européenne) pour y découvrir son statut de chambre fantoche, qui ne sert qu’à finaliser des décisions prises ailleurs par les lobbys monopolistes.

Et la longue liste de ces décisions prouve que l’UE a été édifiée pour tout autre chose que le bonheur des peuples : cette machine bureaucratique et coûteuse sert à imposer la politique anti-sociale et économique dictée par le Capital financier. La Table Ronde des Industriels Européens (les cinquante plus grosses entreprises du continent) et la Banque Centrale Européenne sont les véritables dirigeants de la machine : la BCE, en dictant la politique monétaire et financière, et la Table Ronde en rédigeant les textes qui deviendront les directives européennes. Ce sont ces textes qui remettent en cause nos retraites dans toute l’Europe, repoussent toujours plus les limites au temps de travail hebdomadaire, qui entraînent la privatisation des systèmes d’enseignement et les services publics ; qui s’attaquent au droit à la santé ; qui recommandent chaudement le renforcement des mesures policières pour réprimer les résistances ; et qui développent ses dispositifs militaires communs pour servir de force intégrée à l’OTAN.

Notons qu’à cela vient s’ajouter l’intégration du mouvement syndical au système, avec la Confédération Européenne des Syndicats (CES), qui n’est pas une organisation syndicale internationale, mais un organisme intégré dont les organisations participantes (en France CGT, CFDT, FO) sont subventionnées, reçoivent l’aval de l’UE et doivent se montrer raisonnables. Ainsi le secrétaire général de la CES, John MONKS (GB), déclarait en septembre dernier que le syndicalisme devait «sauver le capitalisme de lui-même» !

Ainsi les dirigeants de la CFDT ont cautionné les attaques contre la sécurité sociale et contre le droit à la retraite ! Et ainsi aujourd’hui, au lieu de préparer l’action de tous les travailleurs contre la politique de SARKOZY, du MEDEF, de l’UE (et que les Verts et le PS ne renieraient pas sur le fond, s’ils étaient au gouvernement), les Confédérations nous promènent de mois en mois, en se gardant bien de faire converger, d’organiser et de coordonner les secteurs en lutte et la solidarité à leur égard, refusant de préparer une grève générale pourtant ressentie comme une nécessité par la masse de ceux qui souffrent de la crise globale qui affecte le système capitaliste.

Pour s’attaquer à la crise, il faut s’attaquer au capitalisme dont l’UE est l’un des instruments.

Pour affronter les questions environnementales, il faut en finir avec la recherche du profit maximum. La «philosophie» écologique de l’UE ne vise en fait qu’à augmenter les profits.

Pour défendre nos droits démocratiques, pour retrouver la souveraineté populaire nationale et permettre que s’affirment des alternatives réelles aux politiques imposées par le capitalisme aux peuples d’Europe et du reste du monde, il faut combattre l’Union Européenne du Capital, véritable Sainte Alliance destinée à défendre les coffres-forts, à exploiter les travailleurs et à maintenir les dominations héritées de la période coloniale.


OUI à l’unité de combat des travailleurs pour le progrès social, la démocratie et la paix en Europe ! Un seul mot d’ordre contre l’Europe du Capital : retrait de l’UE !

Avec l’URCF, le 7 juin, Abstention démocratique et populaire


retour au sommaire



UN MONUMENT POUR LES COMBATTANTS DE L’OMBRE.

Il y a bien des mois, j’ai écrit à nombre de ministres, à un premier ministre et à un Président de la République, pour demander que, paraphrasant Victor HUGO, s’élève «au-dessus de Paris, la reine de nos Tyr et de nos Babylone», un monument à la mémoire des soixante quatorze mille Résistants morts aux combats contre les armées nazies occupant la France de 1940 à 1944, monument que «le soleil levant» redorerait «chaque jour».

Pourquoi cette idée ? Pourquoi cette bataille épistolaire ?

Parce que mon père est mort en déportation à Neuengamme, que mon frère aîné est mort étouffé dans un wagon plombé entre Compiègne et Dachau, parce que, arrêté par la Gestapo avec eux, j’ai eu «la chance» de lui échapper, parce que l’Auvergne, mon Auvergne, a été une terre de résistance, des combats du Mont-Mouchet, menés par les M.U.R., à ceux menés par les F.T.P.F. du camp Gabriel PÉRI, et qu’ils m’en ont fait le devoir à l’automne de ma vie. Des personnalités locales ont appuyé mes démarches ; Ministres, Premier ministre et Président de la République m’ont félicité de cette initiative, mais…

Mais les choses en sont restées là…

Un comité national a alors été constitué. Sa réunion, son unique réunion s’est terminée, elle aussi, par des points de suspension...

Devais-je jeter l’éponge ?

Certainement pas, et ce serait mal me connaître que de le croire ou l’espérer.

J’ai donc fait part de ce combat à l’Union des Révolutionnaires Communistes de France à laquelle j’appartiens et sa direction a dit : «Ce combat solitaire pour commémorer la mémoire des combattants de la résistance, communistes et patriotes, va devenir le nôtre ainsi que celui de tous ceux qui refusent la réécriture de l’Histoire et la criminalisation du communisme».

Cet article dans «Intervention Communiste» est donc le point de départ d’une nouvelle bataille au service de la mémoire des Français et étrangers qui ont, comme VERCINGÉTORIX - passez-moi la grandiloquence du propos - «pris les armes pour la liberté de tous».

Gageons que cette bataille sera gagnée avec l’aide des femmes et des hommes pour lesquels les combattants de la Résistance méritent de passer à la postérité ; des femmes et des hommes qui voudront se joindre à nous pour qu’il en soit ainsi un jour prochain.


retour au sommaire

 
[ Journal ]
Site créé avec ThunderSite