Front des luttes - décembre 2009
Lutte RATP (Paris)
Musées et monuments nationaux (Ministère de la culture)
Pôle emploi (Créteil)
Aéroport de Brest-Bretagne.
Total (Petrochemicals de Gonfreville l'Orcher, Seine-Maritime)
Lutte RATP (Paris)
Six syndicats (CGT, FO, CFDT, Sud, Indépendants, UNSA) ont lancé une grève illimitée le 10 décembre sur la partie du RER A gérée par la RATP. Cette ligne est l'une des plus chargées au monde avec plus d'un million de passagers par jour. Le RER A est la plus grosse ligne de transport en commun urbain en France. Il traverse d'ouest en est l'agglomération parisienne. La RATP gère le tronçon de Saint-Germain-en-Laye et Nanterre vers Boissy-Saint-Léger et Marne-La-Vallée. La SNCF gère de Poissy et Cergy-Le-Haut vers Nanterre-Préfecture. Les travailleurs de la ligne demandent une prime pérenne de 120 euros mensuels et une prime variable de 30 euros : c’est "un dû" au vu des efforts supplémentaires demandés aux 550 conducteurs de la ligne A depuis une augmentation de l'offre de RER en 2008, qui a entraîné une dégradation des conditions de travail. Dans un communiqué commun, les syndicats dénoncent que la direction ait "fermé la porte à toute discussion". Ils expliquent que ces préavis "font suite à un ensemble de problématiques, dénoncées depuis plusieurs mois" et "concernant notamment la dégradation des conditions d'exploitation de la ligne A du RER et l'absence de reconnaissance du professionnalisme et du savoir-faire des agents de conduite". Après 6 jours de grève et à l'orée du 7ème jour de conflit, la direction de la RATP a ouvert les négociations. Mais les syndicats relèvent tout de suite que "si l'ouverture des négociations a été appréciée positivement, le contenu, après plusieurs heures de débat, n'a pas abouti au bon niveau concernant la mesure liée à la reconnaissance des spécificités du personnel de conduite de la ligne A". La direction a notamment avancé la mise en place de nouveaux tableaux de service pour assurer la régularité du trafic et la création d'une "prime variable pouvant atteindre 80 euros en fonction des objectifs de régularité dans le cadre du contrat avec le Stif" (Syndicat des transports d'Ile-de-France). En clair, elle propose de gérer les trafics surchargés sans emplois ou rames supplémentaires et une prime en fonction d’une régularité que les salariés ne peuvent pas maîtriser eux-mêmes et qu’ils subissent avec les usagers faute d’entretien des voies, des machines et de personnels !
Les syndicats soulignent bien que ces objectifs, dont celui de faire circuler 27 trains en une heure à certains moments de la journée, ne peuvent être atteints sans une augmentation des investissements et des effectifs. "Il y a quelques années, on passait effectivement 27 trains aux heures de pointe, mais l'affluence n'était pas la même et il n'y avait pas d'incidents techniques à répétition…. Avoir plus d'effectifs permet aux conducteurs de souffler, mais aussi de rattraper des retards. Un train peut arriver en retard, mais si quelqu'un d'autre est là pour le reprendre, le conducteur n'a pas à remonter le train pour repartir et le train repart plus vite. C'est pourquoi, a-t-il dit, "le combat mené par les salariés va dans le sens des usagers (l’URCF parle des intérêts communs usagers/travailleurs) qui n'arrêtent pas de se plaindre du trafic, souvent de mauvaise qualité sur la ligne A. Ce qu'on demande, des effectifs et de la fluidité, c'est dans le cadre de l'amélioration du trafic", explique un délégué CGT.
De l’aveu même du porte-parole de la FUT-SP (usagers des transports), grève ou pas, les voyageurs du RER A ont "une grande chance d'arriver en retard", cette ligne étant "mal entretenue » …Quand on pense qu'il y a une dizaine de jours, la direction de la RATP avait proposé aux conducteurs de leur donner un prime si les trains arrivaient à l'heure. Comme si c'étaient les conducteurs qui ralentissaient exprès les trains...il est évident que, si les trains ont des retards, c'est parce qu'ils sont mal entretenus, ils ne sont pas assez renouvelés, etc… L'essentiel reste maintenant à faire : donner aux usagers quotidiens du RER A tous les jours des conditions de transport normales, on est très loin du compte. Il n'y a qu'une seule chose dont on est sûr quand on prend le RER A, c'est qu'on a une grande chance d'arriver en retard. Pour le syndicat Sud, la RATP "est en pleine restructuration, comme France Télécom ou La Poste". « On va être restructuré pour être privatisé, pour en tirer un maximum de rentabilité. Sur le terrain, ça se traduit par des conditions de travail dégradées. On ne baisse pas les salaires, (on les bloque) on augmente juste la productivité. C'est travailler plus pour gagner moins ». Dans la foulée, les conducteurs du RER A se sont réunis en assemblées générales mercredi, ont voté "à l'unanimité" la poursuite du mouvement. La direction a alors rompu les contacts avec les organisations syndicales.
"On reste toujours ouvert à la négociation, on est dans l'attente d'une nouvelle rencontre", déclare le délégué CGT. Au 9ème jour de grève, le 18 décembre, les syndicats vont à nouveau consulter leur base après une nuit de négociations qui n'a pas abouti à un accord mais de nouvelles « propositions » de la direction. En fait la direction RATP propose "l'ouverture, dès janvier 2010, de discussions" sur les grilles salariales, les carrières et les parcours professionnels des conducteurs et "une amélioration des tableaux de service existants". Ainsi, sans faire aucune proposition chiffrée, la direction de la RATP tente de reprendre l’initiative en repoussant à plus tard la réponse et ainsi mettre fin à la lutte en cours, tout en ne s’engageant sur rien ! La tactique de la direction a été claire : ignorer totalement les revendications des travailleurs, les besoins en transport des usagers, jouer le pourrissement et passer en force. Plus grave encore, la RATP n’a pas hésité à débaucher ses cadres briseurs de grève, pour conduire des trains, modes d’emploi à la main, au détriment de la sécurité des usagers.
Le 26 décembre, les conducteurs grévistes mettent fin au mouvement après deux semaines de conflit, le plus long qu'ait connu la RATP depuis 1995. Selon l'Unsa, les pertes de salaire dues à la grève ont fini par amener les salariés à reprendre le travail. La CGT Ratp précise que les syndicats se réuniront en janvier pour "continuer l'action sous d'autres formes". Du point de vue des intérêts de la classe, on ne peut pas reprocher à des travailleurs en lutte de stopper une grève s’il s’agit, compte-tenu du rapport de force obtenu par la grève, de reprendre des forces pour entrer à nouveau en grève dès que les réserves de lutte seront suffisantes. Devant une telle lutte courageuse de longue durée (jusqu’au 26 décembre), les organisations communistes, syndicales, démocratiques ont le devoir de solidarité en se tournant vers les usagers et en montrant que la lutte revendicative des conducteurs aboutirait, en cas de victoire, à une meilleure satisfaction de leurs besoins.
L’URCF salue la détermination et la lutte organisée dans la durée par les conducteurs de la ligne A. Cette juste lutte a souffert de l’absence d’élargissement à toutes les composantes du rail (ce qui permet aussi d’augmenter les réserves de jours de grève grâce aux grèves tournantes par exemple). Contre la volonté du syndicalisme d’aménagement, l’URCF appelle à l’élargissement de la lutte à toutes les composantes du rail pour l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble de ses travailleurs et de la qualité de ce service de transport majeur, contre la loi des profits et de la rentabilité financière y compris des monopoles déjà publics. L’URCF, dans son programme, avance comme axe de lutte la création d’un pôle service public transport. Ce pôle devra redéfinir ses missions afin de combattre la dégradation des services liée à la rentabilité financière. Marxistes-léninistes, nous savons que les nationalisations relèvent du capitalisme d’Etat. Mais la dialectique est la suivante : les nationalisations que nous préconisons comme axes de luttes visent bien à satisfaire les besoins urgents de l’immense majorité, l’extension des droits des salariés, la création de comités d’usagers/personnels, le droit de véto des syndicats aux décisions patronales. Les entreprises nationalisées seront l’objet d’une âpre lutte de classes entre les monopolistes, leur Etat, et les travailleurs cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les masses, radicalisées à la fois par le travail des communistes et par leur propre expérience, verront alors (si les communistes jouent leur rôle) que la seule loi de la bourgeoisie monopoliste, en classe parasite est la satisfaction de son intérêt étroit de caste. Ou bien les capitalistes, une fois de plus, reprennent ce qu’ils auront dû concéder sous la pression des luttes du mouvement populaire, ou le mouvement ouvrier et populaire se débarrasse du capitalisme.
Musées et monuments nationaux (Ministère de la culture)
Une grève reconductible a été lancée le mercredi 2 décembre par l'intersyndicale CGT, CFDT, SUD, FO, CFTC, FSU, UNSA, du ministère de la Culture contre les suppressions d’emplois. Le 3 décembre, la lutte est montée d'un cran après la rencontre des organisations syndicales avec Frédéric Mitterrand. A Paris et en Ile-de-France, outre le Centre Pompidou, en grève depuis le 23 novembre, le musée du Louvre, le château de Versailles, le musée d'Orsay étaient fermés en raison de la grève. La grève dans les musées et monuments nationaux s'est étendue le jeudi, le château de Versailles et le musée du Louvre étant eux aussi fermés au public face à l’aveuglement du gouvernement et de l’Etat sur les baisses d'effectifs prévues. Les tours de Notre-Dame, l'Arc de Triomphe et la Sainte-Chapelle étaient également fermés pour cause de grève, a indiqué le Centre des Monuments nationaux. Le vendredi, des assemblées générales du personnel sont organisées dans les différents musées pour décider de la suite éventuelle à donner au mouvement. A l'issue de plus de deux heures d'entretien avec le ministre de la Culture, l'intersyndicale a dénoncé "une fin de non recevoir absolue" de M. Mitterrand sur les suppressions d'emplois. Les syndicats et les travailleurs de la Culture refusent les réductions d'effectifs à venir chez les opérateurs culturels publics, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui prévoit le non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux.
"Cette réforme devra s'appliquer", a déclaré jeudi matin sur France 2 Frédéric Mitterrand, se montrant totalement solidaire (surprise !) de la politique menée par le gouvernement au service des monopoles.
L'étincelle est partie du Centre Pompidou il y a dix jours (le 23 novembre). L'application de la règle du non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux provoquera la suppression de 26 emplois en 2010 et de 23 emplois en 2011. Le président du Centre Pompidou a estimé qu'il fallait "sortir au plus vite de la grève", et a annoncé que la baisse d'effectifs pourrait être ramenée à 18 en 2010, mais les syndicats ont rejeté cette fausse proposition sans avenir dont le but est de casser la dynamique de la lutte.
L'entrée du musée du Louvre est bloquée par des piquets de grève ou l’insuffisance de personnel compte-tenu de la grève suivie massivement. Des piquets de grève étaient en place aux deux entrées, Est et Ouest, de la BNF. Les grévistes devaient être reçus par la direction de la BNF en fin de matinée. L'intersyndicale (FSU, CGT, CFDT, SUD, FO) conditionne à juste titre le fait d'être reçue, à la fermeture administrative du site. A défaut, les piquets de grève n’ont pas été levés et l'établissement est resté bloqué jusqu'à nouvel ordre. Des charges policières ont eu lieu le vendredi 4 décembre. Le ministre dit "rester évidemment très attentif à l'inquiétude des agents" et estime que "l'invocation de brutalités policières" lors de l'évacuation de grévistes qui occupaient le ministère de la Culture, est une "affabulation romanesque"… de leur côté, ceux qui ont reçu les coups trouvent cela peu romanesque !
Devant un rapport de forces qui ne parvient pas à faire céder un gouvernement qui ne lâche pas, les grévistes et l’intersyndicale décident d’arrêter le mouvement et de suspendre la lutte, alors que de nouvelles négociations sont annoncées.
Le 15 décembre, le Centre Pompidou continue la grève commencée il y a 3 semaines. Premier musée à entrer en grève, le Centre Pompidou est aussi le seul à la continuer montrant ainsi toute sa détermination à défendre l’emploi, les conditions de travail et la culture publique.
L’URCF salue la lutte et la détermination des employés des musées et monuments nationaux, Ministère de la culture. Ce n’est qu’un début, la lutte continue et devra sans doute se hisser au niveau d’une lutte générale pour espérer atteindre un rapport de force victorieux.
Dans son programme de lutte « Le socialisme : seule alternative au capitalisme », l’URCF avance la création d’un pôle public Education, Recherche, Culture, Communication, Poste.
La culture doit être démocratisée pour être accessible à tous. Les théâtres, opéras, art cinématographiques doivent bénéficier de subventions et d’aides publiques à la création des jeunes artistes. La loi sur les intermittents du spectacle doit être abrogée. Un revenu revalorisé doit être assuré en cas de période de chômage. Une société publique de production cinématographique nationalisée doit être créée afin d’aider le cinéma de qualité et l’accès à la réalisation de nouveaux et jeunes cinéastes. L’orchestre national de France, les opéras et théâtres publics doivent être dotés des moyens financiers permettant leur rayonnement. La nouvelle télévision publique, en lien avec les établissements scolaires devrait permettre aussi et favoriser la création culturelle.
Pôle emploi (Créteil)
Les agents des sites de Pôle emploi de Créteil (Val-de-Marne) se sont mis en grève lundi 7 décembre, à l'appel de cinq syndicats (CGT, FO, SNU, SUD et CNT), pour protester contre "l'accueil unique" mis en place dans les antennes de l'agence. La grève a entraîné la fermeture des deux sites de Pôle emploi de Créteil. Il devait être reconduit le lendemain, alors que trois autres agences du Val-de-Marne (L'Haÿ-les-Roses, Arcueil et Cachan) entameront à leur tour un mouvement de grève.
Les personnels en grève dénoncent la politique "d'accueil unique" mise en place dans le cadre de la fusion entre l'ANPE et l'Assedic, et ses conséquences sur les conditions de travail des agents de Pôle emploi comme sur l'accompagnement des chômeurs. "On nous demande de renseigner les chômeurs sur leur recherche d'emploi mais aussi sur leur rémunération. Or la direction n'a pas mis en place de formation digne de ce nom pour nous permettre de le faire, nous avons été lâchés dans la nature", a précisé le délégué syndical SNU. "En centralisant l'accueil sur des sites uniques, on a créé plus de problèmes qu'on en a résolu", renchérit le secrétaire départemental FO, en dénonçant les graves "dysfonctionnements" engendrés par "la fermeture de certains sites". Le syndicat SNU explique aussi que la politique d'accueil unique a entraîné la fermeture au grand public, voilà un mois, de l'une des deux agences de Créteil, suivie le 30 novembre par celle de l'agence de Cachan : "Ces deux sites, à présent, ne reçoivent plus que sur rendez-vous. Pour leurs démarches quotidiennes, les chômeurs doivent se rendre dans les autres agences".
Depuis avril 2009, l'Etat bourgeois met en œuvre une diminution d’un tiers des lieux ouverts au public !
Ailleurs, le collectif AC! de Champagne-Ardenne a dénoncé mercredi 30 décembre la « déshumanisation » des services de Pôle emploi à travers une enquête menée auprès des demandeurs d'emploi de Reims.
"Que l'agent d'accueil vous demande d'utiliser la cabine téléphonique située dans l'agence pour prendre un rendez-vous avec un conseiller, c'est aberrant", a dit la porte-parole de l'antenne régionale du collectif "Agir ensemble contre le chômage" (AC!). Pour le premier anniversaire de la fusion ANPE-Assedic à Reims, le collectif a décrypté les premiers résultats d'un questionnaire rempli par plusieurs centaines de chômeurs depuis octobre. C'est le numéro de téléphone 3949 qui recueille le plus de critiques. "C'est non seulement peu efficace mais surtout totalement impersonnel, on a affaire à une machine et non à un être humain", souligne la porte-parole. Pour lui, ce "manque d'humanité" participe des "tensions regrettables mais compréhensibles qu'on observe de plus en plus dans les agences entre les usagers et le personnel". De même, le suivi mensuel est ressenti plus comme un contrôle que comme un véritable accompagnement. "Le demandeur d'emploi est tout le temps en train de se justifier, il vit dans un climat systématique de présomption de fraude avec la peur de la sanction et de la radiation" rajoute la collectif AC. Selon la direction régionale de Pôle-emploi, il y avait 18 300 demandeurs d'emploi le 1er octobre dans le bassin rémois.
Le nombre de privés d’emplois dépassent désormais officiellement les 4 millions (+18,5% et 407 200 en plus rien que pour la « catégorie A » des chômeurs!). Le nombre de radiation (+ 11% encore en décembre) ou d’arrêt de recherche ne cessent d’augmenter, sans parler des privés d’emplois en fin de droit estimés à 1 Million…Pas une famille populaire n’est épargnée par le chômage. « Du travail pour tous » devient d’autant plus une revendication d’urgence, une revendication vitale !
La fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC en Pôle Emploi correspond à la nécessité pour le patronat de supprimer toutes les garanties héritées du principe de la Sécurité sociale conçue par Ambroise Croizat en matière d’indemnisation des travailleurs privés d’emploi. L’instauration d’un guichet unique à la fois payeur et censé remettre les gens au travail sert à diminuer le nombre de chômeurs indemnisés (déjà à peine un sur deux !). Le but de la bourgeoisie est de disposer d’une main d’œuvre privée de tous droits, prête à accepter n’importe quelle condition de travail et de rémunération, afin de tirer le profit maximum de l’exploitation de la force de travail. Instrument dans le dispositif, le Dossier Unique du Demandeur d’Emploi est un fichier regroupant des informations sur plus de dix millions de travailleurs, et accessible à toutes sortes d’organismes et d’institutions en rapport avec l’emploi. Il facilite donc la traque des chômeurs par le patronat.
L’URCF se prononce pour le retour à l’ANPE et à l’UNEDIC comme organismes séparés et leur gestion exclusive par les travailleurs, contre toute suppression d’emploi. Le chômage est inhérent au capitalisme ; il est lié à la propriété privée et à l’anarchie de la production, et permet au capital de diminuer les salaires. Alors que les besoins matériels et culturels de l’humanité sont énormes et non satisfaits, l’aberration capitaliste laisse 4 millions d’hommes et de femmes sans travail en France et 1 milliard dans le monde ! Seule une économie socialiste planifiée selon les besoins de la population travailleuse pourra le faire disparaître.
Aéroport de Brest-Bretagne
Une grève du personnel de l'aéroport de Brest-Bretagne a paralysé depuis le mardi 8 décembre le trafic aérien. Le mouvement de grève, déclenché à l'appel de FO, la CGT et la CFDT, dénonce une modification de l'organisation du travail et la suppression de plusieurs postes. "18 postes, soit 10% des 180 employés, sont sur le point d'être supprimés", a expliqué le délégué départemental FO. Les manifestants luttent également contre la suppression d'horaires de nuit qui représentent 120 euros de primes pour certains employés payés au smic. Ils réclament aussi la création d'un comité d'entreprise.
« Si une négociation rapide et sérieuse" n'était pas engagée avec la direction, deux autres préavis ont également été déposés pour décembre.
La lutte doit être centrée sur le refus des licenciements et des suppressions de postes en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Pas un licenciement ! Pas une suppression d’emploi ! Pas une fermeture d’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer le capital sur nos revendications immédiates, urgentes ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts de son capitalisme. Pour l’heure, les ouvriers et les employés de l’aéroport et la population locale doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la lutte.
L’URCF avance le mot d’ordre politique de nationalisation sans indemnité des monopoles casseurs d’emploi et de création d’un Pôle de service public Transport. Ce pôle devra redéfinir ses missions afin de combattre la dégradation des services, liée à la rentabilité financière. L’aviation civile, les compagnies aériennes, les aéroports doivent être nationalisés, et nous appelons à la formation d’une société unique des transports aériens civils ! Non aux suppressions de postes ! Emplois contre profits ! Augmentation générale des salaires de 300 euros nets par mois ! Salaires contre profits !
Total (Petrochemicals de Gonfreville l'Orcher, Seine-Maritime)
L'usine pétrochimique Total Petrochemicals de Gonfreville l'Orcher, près du Havre, est entrée en grève, vendredi 11 décembre à l’appel de la CGT, la CFDT et la CFE/CGC, qui réclament une augmentation des salaires.
Les salariés du quart du matin ont reconduit la grève et ont ralenti les entrées sur le site qui emploie 900 personnes, en distribuant des tracts. La grève est suivie par 75% du personnel travaillant par quart.
Les syndicats revendiquent une hausse générale des salaires de 3,5% ainsi qu'une prime de 1 500 euros, tandis que la direction propose 1,1% d’augmentation. "Cette proposition est une provocation, car nous appartenons au groupe Total qui va réaliser plus de 8 milliards d'euros de bénéfices en 2009 malgré la crise", a déclaré le délégué CGT. Une nouvelle réunion est attendue entre les syndicats et la direction.
La raffinerie Total voisine, qui alimente l'usine pétrochimique en produits de base, a également été touchée par une grève relative aux salaires vendredi 11 décembre et lundi 14. En grève depuis six jours, les travailleurs qui étaient soutenus par la CGT, la CFDT et la CFE/CGC, ont voté la reprise du travail, quart par quart. La direction a accepté mercredi de porter l'augmentation générale des salaires à 1,3%, alors qu'elle s'en tenait à 1,1% dans sa proposition initiale. Cette hausse sera complétée par des augmentations individuelles qui représenteront 1,1% de la masse salariale. "Le résultat est modeste, même si nous avons obtenu que l'augmentation générale des salaires soit supérieure à l'augmentation individualisée", a commenté le délégué CGT.
L’URCF soutient la lutte pour la hausse des salaires des ouvriers de Total ; concernant la prime de 1500 euros, l’URCF rappelle son mot d’ordre général d’intégration des primes dans le salaire. La revendication centrale et unifiante, soutenue par l’URCF, est d’exiger le SMIC à 1600 euros, l’augmentation générale des salaires et des pensions de 300 euros nets mensuels. A chaque militant et travailleur de faire grandir cette double exigence dans sa section syndicale et dans sa confédération.
Salaires contre profits !
Tapons dans les coffres-forts de Total et des autres monopoles, des banques et de l’Etat !
L’URCF salue aussi toutes les luttes de classe dans les entreprises et ailleurs. Salut de lutte, en particulier, aux travailleurs des musées et monuments nationaux, des Pôle emploi du Val de Marne, de la Documentation française, du Crédit agricole, du port du Havre, des usines d’incinération Géval (filiale de Véolia), de Sanofi Aventis, de Total à Lacq, de Pimkie (famille Mulliez), de Tisséo, des transports en commun de Montpellier, de la ligne L du Transilien, du Samu centre 15, aux cheminots, aux travailleurs de la Bibliothèque nationale de France, aux convoyeurs de la Brink’s Bordeaux, aux éboueurs d’Albi… : ce n’est qu’un début, continuons le combat, sur tout le territoire, auto-organisons-nous en comités de lutte !
Retrouvez sur notre site internet, notre programme de lutte et de Révolution sous le thème : « Le socialisme : seule alternative au capitalisme ».
30 janvier 2010
Commission ouvrière et d’entreprises de l'URCF