Front des luttes de mars (2ème partie)

 

Continental (pneumatiques, Clairoix, Oise

 

Classe contre classe : QUAND LE CAPITAL CASSE LES EMPLOIS…

Vive les « Conti » !

 

Les salariés ont cessé le travail jeudi 12 mars, se mobilisant contre le projet de fermeture du site.

Quelques centaines des 1120 salariés se sont réunis à l'appel d'une intersyndicale devant le site, menacé de fermeture d’ici un an. Ils ont assisté à une séance de questions-réponses avec le DRH de l'usine, remplaçant au pied levé le directeur, fuyant la colère des travailleurs après avoir été copieusement sifflé et avoir reçu sur le crâne des oeufs.

En assemblée générale, les salariés ont adopté quelques grands principes, parmi lesquels l'arrêt du travail jusqu'à nouvel ordre, l'exigence de paiement intégral des salaires y compris les jours de grève, et le refus de tout licenciement. La CFTC (majoritaire) et la CGC ayant signé l’accord du retour aux quarante heures pour « sauver les emplois», les travailleurs ont fait l’expérience qu’il n’en était rien. En réalité, cela n’était que pour assurer les profits capitalistes. La preuve, l'usine Continental de Sarreguemines (Moselle), retournée également à 40 heures en 2007, va repasser aux 35 heures, parce que cela va dans le sens des profits. Continental est le premier employeur privé de l'Oise. Conduits par la CGT plutôt que par la CFTC, les salariés ont mené plusieurs actions symboliques et massivement cessé le travail le jeudi 19 mars au milieu d’une haie d’honneur de la population locale. Mais pour être trahis, encore faut-il faire partie du même camp. Il n’y a qu’un seul curseur dans l’entreprise et la société : du côté du  travail ou du côté du capital ! Encore une fois, la fermeture de cette usine « malgré les 40 heures » montre que les promesses de la bourgeoisie – du propriétaire d’entreprise au président de la République (cf. Gandrange)- ne doivent pas nous faire oublier la loi fondamentale du capitalisme : le profit maximum.

L’URCF salue la lutte courageuse et déterminée des ouvriers et des employés de Continental. L’intérêt de la classe ouvrière est de rejeter la moindre suppression d’emplois. Aucun licenciement ! Aucune suppression d’emploi ! Pas de fermeture d’usine ! Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. Pour l’heure, les ouvriers de Continental et la population locale doivent s’organiser en comités de défense de l’emploi pour construire un rapport de force lui permettant de sauver Continental, y compris par la nationalisation sans indemnité de ce monopole.

 

 

Port de Marseille

 

Les ouvriers du port luttent depuis un an contre la « réforme » portuaire qui met en danger l’emploi et dégrade les conditions de travail sur le port : voir le front des luttes de janvier et de février.

Le 9 mars, le patronat marseillais et la mairie de Marseille se sont plaints de la lenteur de la mise en place de cette réforme … (contre-réforme en fait puisqu’elle dégrade la situation du point de vue des travailleurs).

"Nous allons demander à être reçus par le président Nicolas Sarkozy pour redire haut et clair que la réforme s'appliquera à tous les ports y compris Marseille-Fos", a déclaré le président de l'Union pour les entreprises (UPE-13, Medef local) lors d'une conférence de presse. Ce qu’il ne dit pas, c’est que la lutte contre cette réforme touche tous les principaux ports… Il a même souhaité que le préfet lance des poursuites après "les exactions de voyous encagoulés" et d'"un petit nombre de représentants qui se disent de la CGT", syndicat majoritaire sur le port. Ceux dont parle le président du Medef, ce sont des « voyous » qui défendent avec détermination l’emploi, l’industrie et leur camp, celui du travail, oui c’est vrai contre ses profits et ceux de ses acolytes patrons, ce qui les rend à n’en pas douter si nerveux ! 

Samedi 7 mars, des agents du port (cagoulés par peur des représailles) ont empêché l'accostage à Marseille du navire géant de croisières MSC Fantasia. Trois jours auparavant, un commando cagoulé avait ôté des pièces pour empêcher la mise à l'eau d'un car-ferry en réparation sur le chantier de l'UNM, elle-même en instance de liquidation judiciaire. "Marseille, c'est la République, la réforme portuaire s'y appliquera aussi", a déclaré M. Blum, 1er adjoint au maire UMP de Marseille. "Il faut que l'Etat remplisse son rôle, il y a un préfet, une police...", a-t-il insisté. Jacques Truau, président du club de la croisière Marseille-Provence (!) et vice-président du conseil de surveillance du port, a jugé "très regrettable de n'avoir pas eu d'action préventive" de la police samedi sur le port : "Il y avait une volonté manifeste d'engager un climat de guerre civile sur le port", a-t-il révélé, soulignant de son point de vue que la CGT s'attaquait ainsi "pour la première fois au trafic passagers", comme si les travailleurs menaient la lutte contre les usagers, cherchant ainsi à les opposer aux usagers et à toute la population.

Le représentant à Marseille de l'armateur Borchard, a dénoncé les grèves perlées qui paralysent les bassins Est du port expliquant : "Nous avons 730 conteneurs pris en otages à Marseille".

Le secrétaire général de la CGT du port a expliqué que la CGT ne revendique pas les actions cagoulées "mais ne condamne pas l'attitude des salariés qui sont dans une situation de détresse". Il a accusé "le patronat d'avoir voulu cette situation conflictuelle" et averti que "ces réactions risquent de s'amplifier" alors que "la situation est explosive". La CGT a fait, selon lui, « des propositions de moratoire avec l'ouverture de négociations sur la base de l'accord-cadre sur la réforme portuaire signé nationalement » et, a-t-il ajouté, "on est en capacité de tenir dans le temps des mouvements extrêmement forts et pénalisants, on l'a montré il y a un an".

Une centaine de salariés de l'Union Navale Marseille, placée en liquidation judiciaire, ont envahi vers 10 heures, le 17 mars, le siège du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Ils ont demandé des comptes au directeur général adjoint, alors que le patronat marseillais multiplie les provocations contre les grévistes. M. Bussereau « condamne avec la plus grande fermeté l'agression inacceptable dont a été victime le directeur général adjoint du GPMM et les dégradations du siège du Port », a indiqué le communiqué du secrétariat d'Etat. Il "demande la plus grande fermeté dans l'instruction de cette affaire", a ajouté le texte.  "Le président du directoire du GPMM en déplacement à Paris au moment des faits, s'est fortement élevé contre ces pratiques violentes et a décidé de poursuivre les agresseurs en justice", poursuit le communiqué. Le secrétaire général de la CGT de la réparation navale a confirmé que des bousculades s'étaient produites. "Il y a eu un mouvement de colère, les gens voient dans la presse qu'on les qualifie d'anarcho-syndicalistes des années 20, en même temps, ils apprennent que les procédures de licenciement sont en route, il y a eu une accumulation des choses". "Nous voulions simplement aller voir la direction du grand port pour lui demander ce que devenaient les salariés de l'UNM", a expliqué le secrétaire général CGT de l'UNM.

        "Ça ne s'est pas passé comme ça devait se passer. Que voulez-vous ? Cela fait plus d'un mois qu'on essaie de retenir les gars. Maintenant ils savent que l'entreprise est liquidée, qu'un repreneur est déjà dans les lieux et que les licenciements vont tomber. A un moment donné, la colère déborde". Interrogé sur l'intention de la direction du GPMM de poursuivre les participants à cette action, il a assuré: "Ils continuent à vouloir nous enterrer complètement. Ça n'arrangera certainement pas les choses". Alors que le port de Marseille est perturbé depuis plusieurs semaines par des grèves sur les bassins Est, liées à la réforme des ports, la liquidation de l'UNM a aggravé les tensions.  Mardi 17 mars, dans la matinée, une délégation d'élus, de représentants du port et du patronat ont rencontré le directeur de cabinet du président de la République. L'UPE 13 (patronat), et la présidence de la République ont "réaffirmé leur détermination à faire appliquer rapidement et en l'état la réforme des ports votée fin 2008", sans recourir à un compromis avec des filialisations d'activité sous contrôle majoritairement public, comme le souhaite par exemple  la CGT.

Encore une fois, le capital s’agace quand ses profits sont menacés, ralentis ou bloqués. Il montre alors son vrai visage : celui de la dictature et de la répression contre les travailleurs. Pour gagner sur nos revendications économiques générales contre le patronat et son Etat, la voie est bien d’exercer une pression sur leurs profits. L’action bloquante des travailleurs unis et déterminés peut pousser le capitalisme à préférer céder (provisoirement) sur des revendications pour sauver l’essentiel, perdre une bataille sociale pour sauver son pouvoir sur les profits et l’Etat.

 

Pour l’analyse communiste de cette lutte voir aussi les luttes de février .

 

Total (Seine-Maritime)

 

Les restructurations annoncées mardi 10 mars par Total, dans ses activités de raffinage et de pétrochimie, auront un impact principalement concentré dans la région du Havre où sont localisés 383 des 555 postes supprimés. Le projet comprend la suppression de 199 postes à la raffinerie de Gonfreville l'Orcher, 130 au complexe pétrochimique qui lui est associé et 54 à l'usine de butanol de Notre-Dame de Gravenchon qui sera fermée. Le groupe pétrolier parle d'un "ajustement des effectifs" d'ici 2013 sans licenciement grâce à des reclassements internes, des départs à la retraite, des pré-retraites maison et un dispositif de dispense d'activité. Ces plans sont annoncés alors que les deux autres piliers de l'économie havraise, l'automobile et le port, sont également touchés par des suppressions d’emploi. Renault achèvera dans les prochaines semaines un plan de suppression de mille emplois dans son usine de Sandouville...

 

La lutte doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les superprofits de cette multinationale. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Pas de licenciement ! Pas de suppression d’emploi ! Non aux fermetures d’usines ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en pré-retraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer (mais pas abdiquer) le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts du capitalisme. En exerçant une pression constante sur les profits patronaux on change radicalement le rapport de force. Lâcher du lest pour sauver l’essentiel, tel est le credo du Capital quand il est acculé.

Pour l’heure, les ouvriers de Total, ceux du bassin du Havre et les populations locales doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Dans ces comités, les communistes de l’URCF relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que la révolution socialiste est la seule alternative populaire au capitalisme.

Nationalisation sans indemnité des monopoles casseurs d’emploi ! Emplois contre profits ! Tapons dans les coffres-forts des multinationales !

 

Pour les axes de luttes proposées dans le secteur de l’énergie voir notre programme   

 

 

Sans-papiers (Paris)

 

Un groupe de 17 pâtissiers et aides-cuisiniers sans-papiers du traiteur de luxe Potel et Chabot, basé rue de Chaillot à Paris, ont lancé lundi 9 mars un mouvement de grève pour obtenir leur régularisation.

Ces 17 salariés se sont mis en grève pour réclamer leurs papiers. Ils se sont rassemblés devant le siège de l'entreprise et ont reçu le soutien d'une cinquantaine de salariés de la société d'intérim MAN-BTP, aussi en grève depuis neuf mois.

Les sans-papiers de Potel et Chabot, qui compte environ 250 salariés, demandent à être reçus et ont décidé de poursuivre la grève. C'est une entreprise qui compte par ailleurs des CDD présents depuis de nombreuses années. Vendredi 6 mars, une vingtaine des 63 dossiers des intérimaires de MAN-BTP déposés à la préfecture de Police de Paris, avaient fait l'objet d'un accord en vue de la délivrance d'un titre salarié et d'une admission exceptionnelle au séjour, avec un accord de l'administration du travail.

 

Trente-trois salariés sans-papiers de l'enseigne de restauration rapide Kentucky Fried Chicken (KFC) occupent depuis lundi 23 mars en fin de matinée un restaurant du centre de Paris pour demander leur régularisation. Des salariés de différentes franchises de la région parisienne ont pénétré vers 11 heures dans le restaurant, situé à proximité du Forum des Halles (Ier arrond.). "KFC refuse de reconnaître qu'ils ont des salariés sans-papiers et pour botter en touche ; ils ont même commencé à en licencier certains ; la direction de KFC a refusé d'accompagner les gars dans leurs demandes de régularisation, alors que le ministère (de l'Intérieur) privilégie aujourd'hui les régularisations portées par les patrons …", a expliqué Raymond Chauveau (CGT). Fin février, la CGT faisait état d'au moins 1 270 régularisations de salariés sans-papiers en un an, suite aux grèves qu'elle a coordonnées avec l'association Droits Devant dans des entreprises (nettoyage, restauration, interim, services à la personne...) d'Ile-de-France.

 

L’URCF, comme toutes les forces démocratiques, exige la régularisation sans délai de nos frères de classe de Potel, de Man-BTP ou de KFC, comme celle de tous les sans-papiers, seul moyen de combattre les « négriers » modernes.

 

 

Goss Systèmes Graphiques (Nantes)

 

Les salariés de Goss Systèmes Graphiques de Nantes (rotatives pour la presse), qui bloquaient depuis vendredi 6 mars leur usine pour protester contre l'éviction de leur patron, ont eu confirmation lundi des menaces de fermeture pesant sur leur usine.

Lundi, des responsables de la direction de Goss sont venus annoncer à l'usine "un transfert de la production du site nantais vers l'autre site français de Goss, à Montataire dans l'Oise", a expliqué le secrétaire CFDT du CE. "Ils ne nous l'ont pas annoncé officiellement, mais ça signifie la fermeture, ils ont aussi annoncé un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi)". La direction a aussi confirmé que l'actionnaire américain, le fonds de pension Matlin Patterson, souhaite revendre Goss mais qu’ils ne trouvent pas d'acquéreur à l'heure actuelle.

« On ne comprend pas très bien, le site est profitable et on va se battre pour qu'il le reste », dit le secrétaire CFDT, alors qu'une centaine de salariés bloquaient toujours l'accès au site.

Une réunion doit avoir lieu lundi 9 mars entre les pouvoirs publics, les élus nantais et les syndicats « pour faire le point » sur la situation de l'usine qui emploie 291 salariés.

 

Soyons clair ! Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt est de refuser la moindre suppression de poste. Pas de licenciement ! Pas de suppression d’emploi ! Non aux fermetures d’usines ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en pré-retraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe.

Nationalisation sans indemnité des entreprises casseuses d’emploi ! Emplois contre profits ! Tapons dans les coffres-forts des fonds de pension !

 

 

FCI Microconnections (ex-Areva ; Yvelines)

 

Les employés de la société FCI Microconnections (ex-Areva) à Mantes-la-Jolie (Yvelines), spécialisée dans la confection de microcircuits pour cartes à puces, ont entamé mardi 10 mars leur troisième semaine de grève par crainte de délocalisation. Après avoir rencontré la direction du site mardi après-midi, les grévistes ont décidé de reconduire leur grève.

Plus aucun produit ne sort du site, la quasi totalité des gens de la production sont en grève.  "Les grévistes doutent de la capacité d'assurer les volumes, il préfèrent une garantie comme une prime en cas de plan social", a expliqué le délégué CFDT, qui demande une intervention de l'inspection du travail et pour qui "un plan social est quasi certain d'ici un ou deux ans".

        Le site de Mantes-la-Jolie emploie 400 personnes. Il est un des deux seuls sites avec celui de Singapour à fabriquer ce type de produits destiné aux cartes à puces. Les grévistes craignent une délocalisation totale de leur production vers Singapour qui fabrique déjà les deux tiers de la production. Le volume de production est passé à deux tiers pour Singapour et un tiers pour Mantes.

 

Nous sommes solidaires de ces salariés, mais nous nous devons de dire franchement notre opinion. Une lutte qui se résume à la négociation du plan social est en dessous des intérêts des travailleurs. Ici certes la lutte est menée en prévision d’un possible plan social « au cas où » en quelque sorte.

Mais pas question pour le peuple-travailleur de porter comme revendication des mesures compensatoires à des licenciements ou des conditions de reclassement acceptables ! Cette négociation des compensations ou du plan social peut venir au terme d’un rapport de force défavorable. L’URCF pense qu’il est vital, pour la classe ouvrière, d’avancer d’autres axes pour son combat. 

La lutte devra d’abord être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Soyons clairs ! Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Pas un licenciement ! Pas une suppression d’emploi ! Non à la fermeture de l’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts de son capitalisme. Pour l’heure, les employés de FCI et les populations locales doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage.

Nationalisation sans indemnité des entreprises casseuses d’emploi pour assurer les besoins ! Emplois contre profits ! Tapons dans les coffres-forts des entreprises et des banques !

 

 

Pfizer (industrie pharmaceutique)

 

500 salariés de la filiale française du laboratoire pharmaceutique américain Pfizer, se sont rassemblés mardi 10 mars devant le siège parisien du groupe, pour demander un plan social "à la hauteur des moyens du groupe". 

        Les syndicats dénoncent un total de 1061 postes supprimés, dont "743 salariés qui seront directement impactés et licenciables". La direction a précisé que cela se ferait notamment par des "départs volontaires", des "formations de reconversion", des "cessations anticipées d'activité pour des raisons d'âge", des "aides financières à la création d'entreprise, à la mobilité géographique et à l'embauche dans une autre entreprise".

        Les salariés de l'entreprise étaient venus de toute la France, devant le siège, dans le XIVème arrondissement, à l'appel de sept organisations syndicales, à deux jours d'une réunion de négociations sur le plan de sauvegarde de l'emploi. Les syndicats dénoncent "une vague injustifiée de licenciements", alors que Pfizer a réalisé 17 milliards de dollars de bénéfices en 2008, et a annoncé en janvier le rachat du 9ème  laboratoire mondial, Wyeth, pour 68 milliards de dollars. Devant le siège, deux banderoles proclamaient : "17 milliards de dollars engrangés, ça vaut bien une petite saignée", et "17 milliards de dollars, beau bénéfice qui vaut bien un sacrifice". 

Démonstration est encore faite : c'est un plan social pour maintenir le profit maximum pour les propriétaires (patrons, actionnaires…), comme c’est la loi sous le capitalisme.

Selon l’Unsa, les mesures d'aides au départ proposées par la direction sont "insuffisantes". Les syndicats demandent des congés de reclassement plus longs, des durées de formation sans limite avec maintien du salaire, des indemnités de licenciements plus importantes, et des préretraites possibles jusqu'en 2012. Des salariés des groupes pharmaceutiques Sanofi et AstraZeneca, également touchés par des projets de restructuration, étaient présents dans le rassemblement.

 

Nous sommes solidaires de ces salariés, mais nous nous devons à nouveau de dire franchement notre opinion sur les revendications. Une lutte qui se résume à la négociation du plan social est en dessous des intérêts des travailleurs. L’argent et les besoins en médicaments existent pour maintenir tous les emplois du groupe Pfizer. Pas question pour le peuple-travailleur de porter comme revendication des mesures compensatoires à des licenciements ou des conditions de reclassement acceptables ! Cette négociation des compensations ou du plan social peut venir au terme d’un rapport de force défavorable qui n’aurait pas permis de sauver les emplois. L’URCF pense qu’il est vital, pour la classe ouvrière, d’avancer d’autres axes pour son combat. 

La lutte doit d’abord être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Soyons clair ! Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Pas un licenciement ! Pas une suppression d’emploi ! Non à la fermeture de l’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe.

 

Nationalisation sans indemnité des multinationales casseuses d’emploi pour assurer les besoins ! Emplois contre profits ! Tapons dans les coffres-forts des monopoles et des banques !

 

(Pour les axes de luttes dans le domaine de la santé : voir le programme de l’URCF dans la rubrique « Théorie » puis « nos publications ».ou cliquez ici) 

 

Transports collectifs ajacciens (TCA)

 

Les employés des Transports collectifs ajacciens (TCA) ont fait grève le mardi 11 mars pour protester contre la vétusté des bus, qui menace la sécurité du personnel et des usagers. "Aucun des bus ne circule", a précisé la CGT en dénonçant des conditions de travail "déplorables" et "les pneus lisses de certains véhicules". Les grévistes réclamaient le remplacement d'une partie des véhicules et l'embauche à plein temps de deux mécaniciens. Le 12, ils ont voté à l'unanimité la fin du mouvement.  Ils ont obtenu que trois nouveaux véhicules soient affectés au réseau, que les deux mécaniciens soient embauchés et qu'il n'y ait pas de retenue salariale pour les deux jours de grève.  La TCA exploite une vingtaine d'autobus sur huit lignes.

 

Par la lutte et le blocage des profits, unis et déterminés, les travailleurs peuvent gagner. Construisons le rapport de force pour vaincre sur nos revendications dès le 2 mai !

 

 

En mars, l’URCF salue aussi la lutte des travailleurs de Cremonini et Carlson Wagonlit Travel France (restauration TGV), d'Amora-Maille (groupe Unilever), de la DGCCRF, du casino d'Enghien-les-Bains, de l'entreprise Ouest injection de Dreux, du terminal méthanier GDF-Suez de Fos-sur-Mer, de l'usine de Celanese à Pardies (Pyrénées-Atlantiques), d'ERDF et de GRDF, du tunnel transvosgien de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), d’Amaris, de Caterpillar, les étudiants et chercheurs et les autres.

Ne comptons que sur nous-mêmes pour faire reculer nos patrons, unissons nos forces pour faire reculer l’Etat capitaliste et l’ensemble de la classe patronale, ces exploiteurs et bandits des temps modernes. Défendons notre travail et notre pain !

La classe ouvrière n’a pas son parti : rejoignons les rangs de l’URCF pour lutter contre le capitalisme, prendre le pouvoir, décider de tout de l’usine à l’Etat et briser définitivement nos chaînes !

 

Commission ouvrière et d’entreprises de l’URCF, 1er mai 2009.

 
[ Luttes ]
Site créé avec ThunderSite