FRONT DES LUTTES D’AVRIL 2009
Centrale thermique de la Snet (Gardanne), Wagon Automotive France (sous-traitant automobile), Barry Callebaut (ex-Nestlé, Dijon, Chocolaterie), Pamco (Orne, sous-traitance automobile), Radio France et RFI, Scapa France (imprimerie, Rhône), FCI Microconnections (ex-Areva, Yvelines), Amaris (agro-alimentaire, Seine-Saint-Denis), Carlson WagonlitTravel France (commerce-voyagiste), Tour Eiffel, Arcelor Mittal de Florange (sidérurgie, Moselle), Madrange (agroalimentaire, Limoges), Molex (industrie automobile, Haute-Garonne), Cargill (embouteillage, Mayenne), Valeo de La Suze (Sarthe, fabrication radiateurs automobiles), MPAP (équipementier automobile, groupe Trèves, Ploërmel), Pinault Printemps Redoute (commerce-distribution, France), Schweitzer-Mauduit (papeterie, Vaucluse), Group 4 Securicor (Transport, Haut-Rhin), Société générale, Toyota d'Onnaing (automobile, Nord), Inoplast Flers, Hôpital (Caen), Sans-papiers (Villeneuve-le-Roi).
Une nouvelle étape dans les luttes
Deux ans maintenant que les luttes qui se multiplient dans les entreprises attestent de la montée de la résistance ouvrière. 2007 et 2008 avaient connu des milliers de grèves notamment sur les salaires. En 2009, sauf à de rares exceptions près, les nombreuses luttes d’entreprise se concentrent sur le refus des licenciements et des fermetures d’entreprise. La crise révèle chaque jour davantage l’incapacité du capitalisme à répondre aux défis globaux de l’humanité : sociaux, démocratiques, écologiques. Des luttes courageuses sont menées, les souffrances sont énormes, la colère se transforme en luttes, et la détermination des travailleurs radicalise les luttes d’un prolétariat qui n’a que la vente de sa force de travail au Capital pour vivre et nourrir sa famille. La combativité est même remarquable, alors que n’existent plus ni parti ouvrier communiste révolutionnaire, ni centrale de lutte de classes. « La France est le pays classique de la lutte des classes », nous enseignent Marx et Engels. Ce mouvement largement spontané, répondant aux coups gravissimes portés par le pouvoir et les monopoles, revêt inévitablement un caractère hétérogène, reflet de situations diverses et de la division entretenue par le patronat, mais aussi par une stratégie de négociation des centrales syndicales sans rapport de force général sérieux. La radicalisation des luttes dans les entreprises est le signe d’une nouvelle étape dans le mouvement ouvrier : la population soutient les grévistes ; les négociations sont souvent courtes et, faute d’accord, débouchent immédiatement sur l’action ; le principe du paiement des jours de grève redevient un préalable à la reprise des négociations ; bien qu’insuffisamment (faute de riposte globale organisée), les blocages et les séquestrations font leur preuve : les indemnités sont revues à la hausse de 10000 avant à 40000 euros après en moyenne ; une fois sur deux, les licenciements sont revus à la baisse [1]. L’URCF salue toutes ces luttes auxquelles elle apporte son soutien, y compris dans ses formes radicales (séquestration, piquets de grève, occupation d’usine, réquisition du matériel, destruction de stocks…), formes éprouvées et vérifiées par des années de luttes ouvrières pour construire un rapport de force supérieur ; les séquestrations ont aussi le mérite de mettre un visage sur ceux qui décident et profitent ; elles rappellent aux masses que ceux qui travaillent et qui créent toutes les richesses sont les plus nombreux, elles font toucher du doigt la force du collectivisme et favorisent la haine de classe nécessaire à l’élimination du capitalisme. Toutefois la solidarité implique la franchise et la critique des insuffisances. Les communistes révolutionnaires doivent soutenir et développer les luttes et la solidarité de classe, les diriger contre les profits pour les emplois et les salaires. Les luttes, aussi radicales soient-elles, qui se résument à des augmentations d’indemnité de départ, s’éloignent des intérêts de classe des ouvriers. Nous ne nions pas la nécessité de cette douloureuse bataille, mais à l’issue seulement d’un combat général non victorieux pour le maintien des emplois et des sites qui nous font survivre aujourd’hui et ferons survivre nos enfants demain. L’absence organisée de véritable solidarité et de lutte à l’échelle nationale, conséquence du syndicalisme d’aménagement et d’accompagnement de la bureaucratie ouvrière, livre les travailleurs à leur propre sort. Les insuffisances, quand elles existent, ne sont pas dues aux travailleurs des entreprises concernées, mais bien à l’absence de revendications nationales unifiantes portées par les confédérations - et notamment par la CGT, dont ce fut la pratique dans sa période de classe et de masse - et au refus actuel des bureaucraties syndicales d’affronter politiquement et frontalement l’offensive réactionnaire anti-ouvrière et anti-grèves de Sarkozy. Offensive qui a pour objectif de détruire les conquêtes sociales arrachées par nos aînés et de faire payer la crise par ses victimes : le peuple-travailleur.
Au centre de ces luttes sont posées
- la question urgente de la défense de l’emploi
- l’urgence de contrecarrer la paupérisation en exigeant une hausse des salaires
- la lutte contre la précarité
- la défense des services publics contre les privatisations continues et la politique bourgeoise d’austérité de réduction drastique des moyens
- la solidarité avec les Sans-papiers.
Dans la réalité et à la lumière du léninisme, chacune de ces luttes de classes - véritable terreau du communisme - ne peut manquer d’être reliée à la stratégie communiste (programme maximal) de révolution socialiste. Notre campagne « Accusons le capitalisme », initiée en 2002, constitue une rupture avec des décennies d’opportunisme du mouvement communiste en France. Qu’est-ce qui différencie l’URCF et les véritables communistes des capitulards (ceux qui ont révisé le marxisme) ? Précisément l’établissement du lien entre chaque bataille revendicative, chaque lutte contre telle ou telle contre-réforme à la dénonciation générale du capitalisme et à la bataille stratégique pour renverser le capitalisme.
Luttes pour l’emploi
Centrale thermique de la Snet (Gardanne)
Les salariés de la centrale thermique de la Snet à Gardanne, filiale du groupe allemand EON, étaient en grève jeudi 2 avril pour défendre leur usine, menacée de fermeture, et appeler l'Etat à tenir ses engagements. La grève, suivie par 80% des 170 salariés, a débuté jeudi à 5 heures pour une durée de 24 heures reconductible, et se traduit par le blocage total du site. Les grévistes étaient réunis à l'appel de la CGT devant le site. "Nous demandons que l'Etat, actionnaire à 35% de l'entreprise, tienne ses engagements en maintenant l'outil existant et en construisant un groupe supplémentaire de production électrique pour pérenniser le site", a déclaré le délégué syndical CGT de la centrale. La Société nationale d'électricité et de thermique (Snet), rachetée en juin 2008 par EON à l'Espagnol Endesa, a annoncé vendredi 27 avril l'abandon d'un projet de construction d'une centrale à cycle combiné gaz à Gardanne, annoncé en 2005. La direction de la Snet a précisé mercredi en comité central d'entreprise à Rueil-Malmaison que l'une des deux tranches de la centrale serait stoppée dès 2012 et laissé entendre que la deuxième tranche pouvait l'être en 2020. Elle a annoncé des départs en pré-retraite et en retraite non remplacés, ainsi que la mobilité des salariés maintenus dans le groupe, ce qui a été qualifié par la CGT de "plan social déguisé. "C'est un fleuron de l'industrie française que l'on veut mettre à mal, mais on ne laissera pas faire", a-t-il dit. La CGT a souligné que la région Paca a subi plusieurs black-out électriques ces dernières années du fait du manque de sites de production énergétiques et des difficultés de transport de l'électricité, faute de lignes haute tension. retour haut de page
Wagon Automotive France (sous-traitant automobile)
Une centaine de salariés de l'équipementier automobile Wagon Automotive et des élus locaux de sites touchés par un plan de 392 suppressions d'emplois se sont rassemblés lundi 6 avril à Trappes (Yvelines), à l'occasion d'un comité central d'entreprise. "Nous tentons de faire valider des garanties pour les salariés. Le plan privilégie les départs volontaires et les mesures d'âge, mais cela ne suffit pas pour parvenir à 392 suppressions d'emplois, il y aura de la casse", selon le délégué CGT. En décembre dernier, Wagon Automotive France, qui emploie 2.100 personnes en France, a été placé en redressement judiciaire, avec une période d'observation de six mois. Sa maison-mère, le groupe anglais du même nom, a lui-même déposé le bilan. La direction de la filiale française avait alors assuré qu'il n'était "absolument pas question" de réduire les effectifs. Mais quelques semaines plus tard, un plan social a été annoncé, prévoyant quelque 90 suppressions d'emplois à Douai (Nord), 120 à Elancourt (Yvelines) au siège et à Trappes, 70 à Orbec (Calvados), 40 à Gérardmer (Vosges) et 80 à Essômes-sur-Marne (Aisne). Le sous-traitant de Renault et PSA notamment disposent d'une dizaine de sites dans l'Hexagone. L'usine de Douai a été bloquée pendant plusieurs jours fin mars par des travailleurs en grève, pour réclamer des primes supra-légales dans le cadre des départs et protester contre la prolongation d'une période de chômage partiel. retour haut de page
Barry Callebaut (ex-Nestlé, Dijon, Chocolaterie)
Les ouvriers de l'usine de chocolat de Barry Callebaut (ex-Nestlé) de Dijon ont bloqué, jeudi 9 avril, les accès de leur site où se tenait depuis la matinée un comité d'entreprise (CE) extraordinaire après l'annonce de 103 suppressions d'emploi. "Le CE est très tendu et des salariés ont fait irruption dans la salle à plusieurs reprises pour obtenir de vraies réponses d'une direction qui veut que les 103 licenciements soient effectifs en juin et octobre prochains", a déclaré la déléguée CGT. "La direction exige que la réunion du CE soit délocalisée dans un hôtel de Dijon cet après-midi (jeudi) pour éviter tout « incident »". L'usine de Dijon où travaillent 384 salariés est occupée et bloquée par le personnel en grève depuis la veille, et la direction a déjà fait venir les huissiers à deux reprises pour constater ces blocages. Le groupe suisse Barry Callebaut a acheté l'usine Nestlé de Dijon le 1er juillet 2007 avant d'annoncer, début 2009, la suppression d'une centaine de postes dans cette usine bourguignonne en arguant "la perte de deux contrats importants" et un marché du chocolat qui stagne depuis deux ans. Présent dans 26 pays, avec un chiffre d'affaires annuel de plus de 4,8 milliards de francs suisses pour l'exercice 2007/08, le groupe Barry Callebaut dont le siège est à Zurich, est le leader mondial des fabricants de produits à base de cacao et de chocolat. Il possède une quarantaine de sites de production et emploie environ 7 000 personnes.retour haut de page
Pamco (Orne, sous-traitance automobile)
Les salariés de la fonderie Pamco dans l'Orne ont débrayé lundi 6 et mardi 7avril, pour protester contre un projet de rachat de leur entreprise qui prévoit la suppression de 160 emplois sur les 230 que compte l'entreprise. L'usine était à l'arrêt alors que l'activité devait reprendre la veille après deux semaines de chômage partiel. 90% des salariés sont en grève. Mardi matin, le comité d'entreprise s'est prononcé contre un projet de reprise de Pamco, basée à Pontchardon à la limite de l'Orne et du Calvados, par la société Focast. Celle-ci emploie 500 personnes dans des fonderies en Mayenne, en Loire-Atlantique, dans l'Aisne et en Haute-Marne. Le tribunal de commerce d'Alençon doit examiner cette offre le 22 avril. L'entreprise Pamco, qui travaille notamment pour l'industrie automobile, avait été reprise en mars 2007 par une coopérative ouvrière. Elle a été placée en redressement judiciaire le 28 janvier. retour haut de page
Radio France et RFI
Plusieurs centaines de salariés de Radio France et de RFI, en grève, ont manifesté mardi 7 avril à Paris pour demander le maintien de la convention collective de l'audiovisuel public et le retrait du plan social qui touche Radio France Internationale. "Non aux licenciements, oui à la convention!", scandaient les manifestants, qui ont défilé entre la place de l'Opéra et la place Colette, dans le centre de Paris. Les salariés de RFI étaient en tête du cortège pour dénoncer le plan social de 206 suppressions d'emplois sur un millier que la direction de la station publique pour faire des « économies ». Les dirigeants de RFI sont pourtant bien payés avec plus de 300 000 euros par an. Outre la dénonciation du plan social, les salariés de RFI étaient appelés, comme leurs collègues de Radio France (France Inter, France Info, France Culture...), à la grève pour la défense de la convention collective de l'audiovisuel public. Cette convention collective, qui couvre l'ensemble des salariés de l'audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, RFI et l'Ina), est mise en cause par la dissolution de la chambre patronale de l'audiovisuel public, l'AESPA. Les salariés, toutes catégories confondues, craignent de perdre un certain nombre de garanties sociales qu'elle apportait. retour haut de page
Scapa France (imprimerie, Rhône)
Des cadres d'une entreprise de fabrication d'adhésifs industriels ont été retenus depuis mardi 8 avril pendant plusieurs jours par les travailleurs qui protestent contre un plan « social » (de suppressions d’emplois en fait). Les dirigeants séquestrés sont le directeur de Scapa Europe, le directeur de Scapa France, la directrice des ressources humaines et le directeur financier. L’usine est spécialisée dans la fabrication d'adhésifs, notamment pour l'industrie automobile. La soixantaine de salariés, affectés par l'annonce en février dernier de la fermeture prochaine du site, a décidé de séquestrer les quatre dirigeants de l'entreprise afin de protester contre le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), en cours de négociations. retour haut de page
FCI Microconnections (ex-Areva, Yvelines)
Les syndicats et la direction de FCI Microconnections (ex-Areva) à Mantes-la-Jolie (Yvelines), spécialisée dans les microcircuits pour cartes à puces, ont "entamé" des "négociations" mardi 7 avril, en présence du sous-préfet de Mantes-la-Jolie. En grève depuis six semaines, les salariés grévistes de FCI qui craignent un plan de licenciements dans les années à venir réclament un accord "pour fixer des indemnités minimales en cas de plan social d'entreprise". Cinq représentants de la direction dont le PDG du groupe FCI Pierre Vareille et le PDG de la division Jérôme Duhirel, cinq représentants de la CGT, cinq représentants de la CFDT, le sous-préfet Thierry Hegay, ainsi que l'inspection du travail, étaient assis à la table des négociations. Les syndicats ont "eu connaissance" d'un document interne de la direction "annonçant un plan social pour novembre 2009".
Dans ce document de stratégie qui confirme leurs craintes, il est notamment écrit "on déclenche le PSE en novembre 2009". "Avant Nov. 2009 : Arrêt du volontariat - Stock FG 3 mois sur produits uniques Mantes - Rendre Singapour autonome - Préparer la partie logistique de la grève - Prévenir nos clients du Max que Mantes peut réaliser après le PSE. Après Nov. 2009: Lancement du PSE - Gestion de la grève (business protégé)", ajoute encore ce document d'une page, qui soupèse avantages et inconvénients pour la société. D'autres pistes sont envisagées dont celle du chômage partiel qui aurait pour avantage "pas de licenciements", et "diminution de la masse salariale", et comme inconvénients "CE procédure de consultation, préalable de solder RTT/CP, coût l'état rembourse mal, perte de rémunération des employés, arrêt maladie". "Tous les sites en fin d'année dernière ont travaillé sur des hypothèses pour faire face à la crise, c'est une hypothèse de travail", a déclaré une porte-parole de FCI ! Le site de Mantes-la-Jolie emploie 400 personnes. Il est un des deux seuls sites avec celui de Singapour à fabriquer ce type de produits destiné aux cartes à puces. retour haut de page
Amaris (agro-alimentaire, Seine-Saint-Denis)
Le producteur de produits alimentaires de la mer Amaris va déposer son bilan, a annoncé mardi 31 mars la direction aux représentants du personnel d'une des usines du groupe, à Noisy le Sec, qui produit les pâtes à tartiner Tassos. Le dépôt de bilan a été annoncé aux salariés lors d'un comité d'entreprise extraordinaire. Le groupe effectuera jeudi sa déclaration de cessation de paiement devant le tribunal de commerce d'Alençon, dans l'Orne, où est situé le siège social. Alors que 38 salariés récemment licenciés dans cette usine (sur 88 personnes) de Seine-Saint-Denis sont en grève depuis le 10 mars et bloquent depuis quinze jours les sorties de produits, la menace d'un dépôt de bilan de l'ensemble du groupe (238 salariés) était agitée depuis plusieurs semaines par la direction de Tassos et tendait les relations entre grévistes et non-grévistes. Présent au CE, le délégué du personnel présent au CE a pris acte "du redressement judiciaire annoncé", "nous sommes victimes des fautes de gestion du groupe Amaris". Un employé non gréviste imputait la faute aux grévistes: "avec le blocus, les grévistes nous ont étranglé". Depuis le début du conflit, la CGT réclame des éléments comptables de "preuve" des difficultés financières alléguées par l'entreprise qui licencie selon elle pour préserver "la rentabilité" du groupe. "Nous ne les avons pas obtenus. On nous a simplement indiqué au CE que le groupe doit 3,2 millions d'euros aux fournisseurs", constate le délégué. Le président d'Amaris avait expliqué le 23 mars avoir "dû sacrifier 38 emplois pour sauver l'entreprise et les emplois restant du groupe" pour remédier à un "problème de rentabilité" de l'usine. Le groupe Amaris (tartinables, salades, terrines) dispose de trois sites de production en France, Flers (Orne), Frontignan (Hérault) et Noisy le Sec. retour haut de page
Carlson Wagonlit Travel France (commerce-voyagiste)
Plusieurs centaines de salariés de Carlson Wagonlit Travel France ont fait grève mardi 31 mars, lors d'une journée de mobilisation sur tous les sites du voyagiste pour exiger de meilleures conditions dans le cadre du plan social qui prévoit 446 suppressions de postes d'ici fin 2010. Près d'un tiers des 3 000 salariés en France était mobilisé. "Entre 900 et 1.000 salariés ont fait grève aujourd'hui, à chaque action, la mobilisation est plus forte", a dit le délégué CGT chez Carlson Wagonlit Travel France (CWTF). A Paris, entre 300 et 400 personnes s'étaient réunies devant le siège dans le XVe arrondissement. La direction a accepté de recevoir les salariés grévistes, du siège et d'autres sites en Ile-de-France. Des rassemblements ont eu lieu en province, notamment à Lyon, avec des agences fermées à Annecy et Grenoble. "La direction continue à dérouler son plan de licenciements malgré les négociations qui sont en cours dans le cadre du Plan de sauvegarde de l'emploi, et certains salariés commencent à se retrouver sans travail", a indiqué un délégué. Les sites d'Evry (Essonne) et de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), qui emploient au total 150 personnes, doivent fermer respectivement fin juin et fin septembre.
La direction de Carlson Wagonlit Travel France a annoncé le 9 mars son intention de supprimer 440 postes, avec une centaine des salariés reclassés en interne, en arguant d'un "contexte économique mondial difficile". retour haut de page
Tour Eiffel
La Tour Eiffel, l'un des monuments les plus visités au monde, était fermée mercredi 8 avril en raison d’une grève. La Tour Eiffel, qui ouvre en principe à 9 heures, est restée fermée et aucun visiteur n'a pu pénétrer à l'intérieur du monument. Des employés de la Tour Eiffel distribuaient aux touristes des tracts en trois langues, français, anglais, espagnol: "Tour Eiffel en grève pour une meilleure qualité d'accueil, la sécurité des visiteurs et des personnels, la garantie de l'emploi, qui ne connaît pas la crise avec plus de 6,9 millions de visiteurs en 2008". Le monument a accueilli 6,93 millions de visiteurs en 2008, dont 75% d'étrangers. Elle appartient à la Ville de Paris qui en a confié l'entretien et l'exploitation, fin 2005, à une société d'économie mixte, la Société d'Exploitation de la tour Eiffel (SETE), dans le cadre d'une délégation de service public d'une durée de dix ans. La SETE, dont la ville de Paris est actionnaire à 59,9%, a réalisé en 2008 un chiffre d'affaires de 64 millions d'euros. retour haut de page
ArcelorMittal de Florange (sidérurgie, Moselle)
Un millier des 2 600 ouvriers de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) seront mis au chômage partiel au moins jusqu'en septembre, soit pendant cinq mois. Le deuxième haut-fourneau de l'usine sera mis en veilleuse et l'aciérie sera arrêtée pendant cette période. Le premier haut-fourneau du site est arrêté depuis le début de l'année. Des arrêts programmés en avril, mai et juin toucheront par ailleurs les lignes de laminage à chaud et à froid qui servent à façonner l'acier. ArcelorMittal a annoncé dans la matinée à Luxembourg aux représentants du personnel une réduction de plus de 50% de sa production en Europe à partir de fin avril. Un comité d'établissement se tenait le 8 avril à l'usine de Florange. Des ouvriers du site ont bloqué une gare de triage par laquelle transitent les approvisionnements en acier. Avec les syndicats, ils réclament un calendrier de redémarrage, alors que du chômage partiel va toucher pendant plusieurs mois un millier des 2 600 travailleurs du site, ils réclament un calendrier de redémarrage.
Des ouvriers de France et de Belgique de ce géant mondial de l'acier ArcelorMittal, refusant les mesures de chômage partiel, ont tenté de pénétrer mardi 12 mai dans le siège du groupe, qui tenait son assemblée générale à Luxembourg. Environ 1 500 manifestants étaient rassemblés devant le siège du sidérurgiste au centre de la ville de Luxembourg. Au moment où l'assemblée générale des actionnaires touchait à sa fin, des travailleurs ont tenté de forcer la porte d'entrée du bâtiment et brisé des vitres du rez-de-chaussée. Des fumigènes et des boulons ont été lancés. Un militant du syndicat belge CSC a forcé les barricades et escaladé une fenêtre pour tenter de pénétrer dans le bâtiment. Il a été interpellé par la police. Les forces de l'ordre ont tiré des balles en caoutchouc contre les manifestants. Un caméraman de la télévision luxembourgeoise RTL a indiqué avoir été légèrement blessé par un projectile lancé par les forces de l'ordre, regroupées en nombre très important devant et à l'intérieur du bâtiment d'ArcelorMittal. Les manifestants n'ont pas été reçus par la direction comme ils le réclamaient. Les salariés, principalement belges et français, protestaient contre l'arrêt d'usines et les mesures de chômage partiel. Le PDG, Lakshmi Mittal, a indiqué devant les actionnaires que seuls neuf des 25 hauts fourneaux du groupe en Europe étaient en marche actuellement. Les usines du groupe ne fonctionnent qu'à la moitié de leurs capacités depuis plusieurs mois. Une grève frappait d'ailleurs mardi l'ensemble des usines ArcelorMittal du bassin liégeois. Ce mouvement fait suite à la rupture des négociations, lundi, entre la direction d'ArcelorMittal et les syndicats belges qui n'ont pas obtenu de garanties sur le maintien de l'activité à moyen terme. retour haut de page
Madrange (agroalimentaire, Limoges)
Cinq syndicalistes de Madrange observaient lundi 20 avril leur cinquième jour de grève de la faim, devant le siège du groupe agroalimentaire à Feytiat (Haute-Vienne), près de Limoges, pour "obtenir des réponses" sur la stratégie du groupe. Quatre délégués syndicaux de la CGT, FO et la CFDT, ainsi qu'un membre (CGT) du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) sont installés, nuit et jour, "dans une toile de tente, avec une télévision, une radio, une cafetière, de l'eau et du café", a expliqué un délégué CGT. "On est suivi médicalement tous les jours. On peut dire que tout va bien". Cette action a débuté à l'issue d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire. "Tout le monde est persuadé qu'il va y avoir une restructuration: on veut savoir combien de personnes cela va toucher, et simplement avoir des réponses sur les stratégies industrielle, commerciale et marketing de l'entreprise. On aurait pu appeler à la grève, mais on sait que l'entreprise a connu de grosses pertes l'an dernier, il était hors de question de mettre le groupe plus en danger qu'il n'est", a poursuivi le délégué…. La société Madrange a dénoncé dans un communiqué "une grève de la faim visant à mettre une pression aussi injustifiée que contre-productive sur la nouvelle direction". Le groupe, qui emploie 1 300 salariés dans six usines en France, a réalisé un chiffre d'affaires de 350 millions d’euros en 2008. Fin mars, la société, qui devait être cédée, avait annoncé qu'elle restait aux mains de l'entreprise familiale. retour haut de page
Molex (industrie automobile, Haute-Garonne)
La direction départementale du travail a entrepris mardi 21 avril une médiation pour tenter d'obtenir la libération de deux dirigeants de l'équipementier automobile américain Molex, séquestrés par des salariés depuis lundi soir à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne). Le directeur départemental et une inspectrice du travail ont successivement rencontré les deux personnes retenues dans l'usine, puis les organisations syndicales, avant de revenir vers la direction, pour tenter de renouer le dialogue entre les 283 salariés de l'usine vouée à la fermeture à la mi-2009 et la direction du groupe américain. Les va-et-vient des représentants de l'Etat se poursuivaient à la mi-journée d'un camp à l'autre, sous la surveillance d'une centaine de salariés de l'équipe du matin, avec en filigrane la perspective en cas d'échec d'une intervention des forces de l'ordre. Les ouvriers sont en grève depuis lundi après-midi à l'appel de l'intersyndicale (CGT-CFDT-FO-CFTC-CGC) et participent nombreux au mouvement qui a "retenu" les dirigeants. Il s'agit d'une "séquestration", ont estimé les deux personnes retenues, le cogérant de Molex SARL (la filiale française) et la directrice des ressources humaines. "Il n'est pas question de négocier dans cette situation de séquestration", a déclaré le cogérant, tandis que le secrétaire du Comité d'entreprise (CGT) affirmait: "Nous les laisserons sortir s'il y a une avancée, s'ils acceptent de discuter sur nos propositions". "Ils doivent rapatrier les stocks détournés et s'en aller, car plus personne ne veut travailler pour Molex, mais ils doivent nous laisser 100 millions d'euros d'indemnité, pour nous avoir menti et volé depuis le rachat à Snecma (groupe Safran) il y a cinq ans", affirme le délégué. "Nous trouverons un repreneur ou maintiendrons le site nous-mêmes", a-t-il ajouté. Six mois après l'annonce du projet de fermeture, au nom de la crise de l'automobile, les salariés ont eu "un coup de colère" lundi, en apprenant au CE que le groupe avait mis en place une double source de production pour contourner Villemur, avant même d'annoncer son plan de fermeture. retour haut de page
Cargill (embouteillage, Mayenne)
Les ouvriers de l'usine d'embouteillage d'huiles alimentaires du groupe américain Cargill à Château-Gontier (Mayenne), touchés par un plan social, ont mis fin mercredi 22 avril à une grève qui durait depuis deux semaines. "Nous avons signé un accord de principe mardi soir", a annoncé le délégué CFDT, portant notamment sur la prime de départ liée à l'ancienneté. Les salariés ont également obtenu "une prime pour (les) dédommager d'une partie des jours de grève", a-t-il ajouté. Le conflit portait essentiellement sur les conditions de départ de 47 salariés, sur les 75 que compte l'usine, qui doivent être licenciés. Mais les salariés estimaient en outre que la crise économique était un alibi permettant à la direction de délocaliser leur outil de travail, six lignes de production sur les sept, vers la Belgique. "Le problème auquel nous sommes confrontés n'est pas lié à la crise mais est structurel car nos concurrents installés en Europe de l'Est prennent des parts de marché à l'ouest", avait expliqué le porte-parole de Cargill France. retour haut de page
Valeo de La Suze (Sarthe, fabrication radiateurs)
L'usine Valeo de La Suze (Sarthe), où 290 emplois sur environ 630 doivent être supprimés dans le cadre d'un plan social annoncé en juin 2008, est bloquée depuis près d'une semaine par les ouvriers en grève. Les différents accès de l'usine sont filtrés ou bloqués jour et nuit, la production est arrêtée depuis jeudi.
Il y a désormais cinq à six jours de retard de production dans cette usine qui fabrique des radiateurs et des évaporateurs de climatisation. Les grévistes réclament une amélioration des conditions du plan de départs volontaires mis en place, qui pourrait intéresser une cinquantaine de personnes. Les propositions de la direction vont d'environ 25.000 à 40.000 euros pour les salariés en fonction de l'ancienneté, mais les salariés réclament 10.000 euros de plus, quelle que soit l'ancienneté. Par ailleurs, "on peut certainement revoir à la baisse" ce plan annoncé en 2008, parce qu'il y a "une reprise d'activité sur le marché automobile", a déclaré le secrétaire CGT, demandant l'intervention de l'Etat "qui est actionnaire de Valeo" et qui "a son mot à dire". "Ce que nous demandons n'est rien à côté de ce que perd Valeo en jours de grève", a-t-il regretté. Mercredi 22 avril en début d'après-midi, des grévistes avaient commencé à planter des croix symbolisant les emplois disparus sur une pelouse devant l’usine. retour haut de page
MPAP (équipementier automobile, groupe Trèves, Ploërmel)
Les travailleurs de l'équipementier automobile MPAP (groupe Trèves) de Ploërmel (Morbihan) ont repris le travail mardi 21 avril, après avoir bloqué le site pendant une semaine après l'annonce d'un nouveau plan de « départs volontaires ». "Nous avons obtenu l'application des mesures sociales pour une année supplémentaire, c'est-à-dire jusqu'à fin 2010", a indiqué le délégué CGT de la MPAP (Manufacture de produits automobiles de Ploërmel) où sont fabriqués notamment des sièges pour voitures. Les mesures sociales (indemnités de départ, primes de formation...) négociées en novembre 2008 pour un premier plan de départs volontaires de 53 personnes, vont s'appliquer pour les 73 nouveaux départs volontaires prévus d'ici fin 2010 et qui viennent d'être annoncés. "Nous avons aussi obtenu des améliorations pour faire avancer la GEPC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) et la formation", a-t-il ajouté. Une cellule psychologique sera également mise en place…. Le 14 avril, la direction avait annoncé le départ de la fabrication des sièges de la C3 Picasso en Slovaquie (alors que celui-ci n'était prévu qu'à la mi-2010) et un nouveau plan de 73 départs volontaires. L'équipementier automobile français Trèves a annoncé le 10 avril la fermeture de ses sites de Crépy-en-Valois (Oise) et Aÿ (Marne) ainsi que le doublement de son objectif de départs volontaires, à plus de 600. Trèves a été la première entreprise à bénéficier du soutien du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) annoncé récemment par le gouvernement. retour haut de page
Pinault Printemps Redoute (commerce-distribution, France)
Des salariés du groupe PPR se sont mobilisés mardi 28 avril pour la première fois ensemble pour réclamer l'abandon d'un plan de restructuration, une action "historique" selon les syndicats. Mardi, la CGT a recensé des débrayages dans de nombreux magasins Fnac (Paris, Aulnay, La Défense, Toulon, Toulouse, Lille...) et Conforama (Vitry-sur-Seine, Cherbourg, Caen, Rodez, Saint-Etienne...). Les syndicats du groupe ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation le 7 mai à l'occasion de l'assemblée générale des actionnaires, pour réclamer que les 418 millions d'euros de dividendes prévus soient réinvestis dans l'entreprise, a indiqué la CGT. Dans un communiqué, le groupe a rappelé sa "tradition socialement responsable" et s'est dit "très attentif à la situation des salariés" de la Fnac et de Conforama, dont une délégation a été reçue à Paris. A Paris, quelque 400 salariés, se sont rassemblés devant le siège du groupe de luxe et de distribution, avenue Hoche (VIIIe arrondissement), scandant "Pinault, sale escroc, la crise elle a bon dos" à l'attention du PDG François-Henri Pinault. Ils ont critiqué le faste des noces du milliardaire avec l'actrice Salma Hayek, samedi à Venise, alors que des plans d'économies ont été lancés à La Redoute (suppression de 672 emplois), la Fnac (400 emplois) et Conforama (800). Des employés de la filiale de services à domicile de la Fnac, où une grève a débuté le 22 avril pour dénoncer des licenciements abusifs étaient présents. A l'usine Yves Saint Laurent d'Angers, 60% des quelque 120 salariés ont cessé le travail durant 30 minutes en solidarité. Il y a "un ras-le-bol" et "on ne peut pas admettre que certains s'en mettent plein les poches pendant que d'autres triment", a déclaré la déléguée, ce qui est pourtant la loi sous le capitalisme rajoute l’URCF. Des délégués syndicaux de La Redoute ont pour leur part rejoint un rassemblement de salariés de Conforama à Seclin (Nord). retour haut de page
Schweitzer-Mauduit (papeterie, Vaucluse)
Entre 1500 et 2000 personnes, du jamais vu dans le village vauclusien de Malaucène, ont manifesté mercredi 29 avril contre la fermeture d'une papeterie en activité depuis le XVIe siècle par le groupe américain Schweitzer-Mauduit. Il n'y avait jamais eu autant de monde pour une manifestation à Malaucène. C'est historique, la population soutient les 210 travailleurs qui risquent de perdre leur emploi. Malaucène compte 2 750 habitants. Pour l'intersyndicale menée par la CGT, entre 1 500 et 2 000 personnes ont défilé du centre du village à la colline boisée où est installée la papeterie fondée en 1545 près de la source du Groseau, au pied du mont Ventoux. Le géant américain du papier à cigarettes Schweitzer-Mauduit a annoncé le 17 avril, qu'il fermerait l'usine, spécialisée dans le papier "manchette" qui entoure les filtres de cigarettes, en septembre, avec environ 210 licenciements à la clé. "C'est cinq siècles de sueur, de labeur et de savoir-faire qui disparaissent. L'annonce de la fermeture a duré trois minutes, trois minutes pour plonger des familles dans la désespérance", a souligné un délégué du personnel. « Que du mépris », « Trahis le 17 avril » (jour de l'annnonce de la fermeture, ndlr)" figuraient parmi les slogans. Un manifestant, employé depuis vingt ans à l'imprimerie avait confectionné un cercueil en carton portant l'inscription "Ici reposent cinq siècles d'industrie papetière". Beaucoup étaient venus en famille, les papeteries soutenant directement ou indirectement de nombreux habitants de Malaucène et des villages environnants. Le délégué a indiqué que des pistes commençaient à se dessiner pour des repreneurs qui pourraient sauver de "20 à 100 emplois", mais que tout demeurait très incertain. retour haut de page
Analyses et propositions communistes dans ces luttes pour l’emploi
La crise révèle à beaucoup que le capitalisme n’est pas réformable, qu’il signifiera toujours les mêmes maux pour la majorité laborieuse.
En effet, rien ne change, les fauteurs du chaos économique, les banques, les boursicoteurs, l’oligarchie, veulent profiter de la situation pour gagner toujours plus de profits, en faisant payer aux travailleurs leurs pertes et en tirant de nouveaux bénéfices !
Dans l’immédiat, le plus urgent est pour les travailleurs, la construction du rapport de forces, afin de réussir à faire payer la crise du capitalisme par ses fauteurs, augmenter les salaires, sauver et développer les emplois ! Le capitalisme veut se débarrasser des entreprises dont le profit n’est pas maximum, adapter son outil de production au besoin du marché : le résultat c’est, en France, 3 000 privés d’emplois de plus chaque jour.[2] Le patronat veut ainsi aggraver l’exploitation capitaliste, durcir les conditions de travail, accentuer la concurrence, volet de chômage oblige, entre travailleurs ayant un emploi et privés d’emploi.
Le programme de l’URCF est construit autour de cet axiome vérifié : les grands changements, les conquêtes sociales ont toujours leurs sources dans les luttes de classes !
Pour sauver nos emplois, nos axes de luttes sont :
- Plan national de lutte contre le chômage
- Interdiction des licenciements
- Suppression des CDD par la généralisation des emplois en CDI
- Les revenus des chômeurs devront être revalorisés, avant l’interdiction des licenciements, il est nécessaire que les indemnités en cas de licenciements se montent à 90 % du salaire
- Nationalisation sans indemnités des entreprises casseuses d’emploi avec contrôle ouvrier et création de vastes pôles de services publics (banques et crédit, logement, santé, énergie, transport, agro-alimentaire, éducation,-recherche-culture-communication-poste).
Les marxistes-léninistes savent que les nationalisations relèvent du capitalisme d’Etat (nous avons largement écrit sur le sujet) ; mais dans ces entreprises nationalisées, les travailleurs (aidés par les véritables communistes) devront poser la question d’une production qui réponde aux besoins de la population. Les nationalisés seront ainsi l’objet d’une âpre lutte de classes entre les monopolistes, leur Etat et les travailleurs cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les monopolistes et leurs agents préconiseront toujours la rentabilité financière, le pillage des entreprises des pays dominés. La bataille pour les nationalisations exacerbera toutes les contradictions du système capitaliste, si les communistes jouent pleinement leur rôle, et des millions de travailleurs se poseront la question du bris de l’Etat capitaliste, obstacle ultime à leur émancipation sociale.
La lutte pour la défense de l’emploi doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste.
Aucun licenciement !
Pas de suppression d’emploi !
Non aux fermetures d’usine !
Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer (mais pas abdiquer) le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts de son capitalisme. Pour l’heure, les ouvriers et les employés de ces entreprises, avec les populations locales, doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage dans la durée. Ces comités doivent parvenir à se coordonner pour se soutenir et unifier leurs forces. Face à la trahison des bureaucraties syndicales, les travailleurs doivent s’auto-organiser, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces !
Luttes pour les salaires
Group 4 Securicor (Transport, Haut-Rhin)
Le tunnel transvosgien de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin) a fermé du mardi 31 mars au 8 avril en raison d'une grève des agents de prévention incendie. La totalité des 24 agents du tunnel se sont mis en grève illimitée à la suite d'un désaccord avec leur employeur, Group 4 Securicor, en charge des activités de prévention incendie du tunnel. Employés comme agents de sécurité prévention incendie, ils demandent l'intitulé de « pompier de tunnel » et le règlement d'arriérés de salaire. Les discussions avec la direction sont rompues depuis le mardi soir. La Société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône (SAPRR) qui exploite le tunnel a confirmé la fermeture du tunnel appelé "tunnel Maurice Lemaire". "En raison de la grève des agents de première intervention, le dispositif (de sécurité) n'est plus opérationnel". Des déviations ont été mises en place en relation avec la préfecture des Vosges, a expliqué un responsable régional de la SAPRR. En raison de la poursuite du mouvement, le tunnel est resté fermé le jeudi 02 avril. Le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines, le plus long de France (6.950 m), a rouvert en octobre 2008 après quatre ans de travaux. Il est emprunté chaque jour par quelque 1.500 véhicules. "Nous voulons une reconnaissance de notre travail comme pompiers de tunnel et non comme simples agents de prévention. Nous exigeons également d'être payés 10,55 euros de l'heure, au lieu de 9,06 euros actuellement, comme cela nous avait été promis en avril 2008", a expliqué le délégué syndical CFDT. La totalité des 24 agents du tunnel a suivi le mouvement de grève. La société Groupe 4 Securicor, qui est en charge de la sécurité du tunnel "Maurice Lemaire", a refusé tout commentaire sur la grève. Des déviations ont été mises en place en relation avec la préfecture des Vosges pour pallier la fermeture.
En grève illimitée depuis le 31 mars, les agents ont cependant assuré leur travail pendant la tenue du sommet de l'Otan, vendredi et samedi à Strasbourg, "pour permettre aux véhicules de circuler", a précisé le délégué CFDT.
Le mercredi 8 avril, un accord de fin de conflit a été signé avec la CFDT après six jours de grève. La reconnaissance de leur travail comme pompiers du tunnel leur a été refusée. Mais les revendications sur les salaires ont abouti avec l'application de la mensualisation sur la base de 10,55 euros de l'heure au lieu de 9,06 euros actuellement soit plus de 10 % d’augmentation. retour haut de page
Société générale.
Des syndicats de la Société Générale ont dénoncé, mardi 31 mars, le montant de la retraite future du président de la banque Daniel Bouton, qui pourrait s'élever à près d'un million d'euros par an, alors que les salariés doivent "se serrer la ceinture". "Les cadres de la direction générale, qui sont plusieurs centaines, disposent d'un système de retraite hors du commun et totalement injustifié, ce que nous dénonçons depuis de nombreuses années", explique le délégué CGT. "Jusqu'à ce que la crise rende ça immoral, c'était considéré comme normal dans beaucoup de grandes entreprises qui disposent des mêmes dispositifs", a ajouté le délégué. "Nous pensons aux salariés dans les agences qui sont interrogés tous les jours par les clients sur la rémunération de nos dirigeants, ce qui les fait souffrir terriblement", a ajouté un délégué. Le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, devait rencontrer mardi 7 avril les syndicats qui vont mettre en parallèle les décisions du conseil d'administration sur les rémunérations des dirigeants et la demande du même conseil de réduire encore davantage les frais de personnel en supprimant des emplois. Cette rencontre précède un comité central d'entreprise, le 9 avril. "Faute de réponses satisfaisantes" de la Société Générale sur les questions de l'emploi et des salaires, une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-FO-SNB/CGC a averti récemment qu'elle appellerait "le personnel à agir pour obtenir de la direction générale le respect du pacte social", une pratique selon laquelle les évolutions dans la banque se font sans conséquences « lourdes » sur l'emploi. retour haut de page
Toyota d'Onnaing (automobile, Nord)
Les ouvriers de l'usine Toyota d'Onnaing (Nord), qui produit la Yaris, se sont mis en grève lundi 6 avril pour réclamer le paiement à 100% du chômage partiel et une prime de 1.000 euros. Ils ont voté la reconduction de la grève pour mardi matin. Le mouvement est le plus important depuis l'ouverture du site en 2001. Il a entraîné une perte de 80 véhicules sur les 290 prévus pour l'équipe du matin. La direction admet, sans les chiffrer, des "répercussions" du mouvement sur les cadences de production. Les grévistes réclament le maintien intégral de leur salaire pour les journées de chômage partiel (contre 60% du brut actuellement) imposées depuis septembre par la direction sous l'effet conjugué de l'effondrement du marché automobile et de la grève des salariés de l'équipementier Faurecia à Auchel (Nord) en mars. L'usine d'Onnaing emploie 3.200 permanents. Elle a sorti son premier véhicule le 31 janvier 2001 et en a produit plus d'1,5 million depuis.
Au deuxième jour de grève après avoir voté la reconduction près de 300 personnes -soit 15% environ des 2 700 ouvriers du site répartis en trois équipes, ont déserté les lignes d'assemblage, à l'appel de la CGT et de FO. Une rencontre a eu lieu mardi après-midi dans les ateliers entre les grévistes et le directeur de Toyota-France, sans résultat. "La porte est ouverte à la discussion sur la base des termes de l'accord sur l'aménagement du temps de travail débattu en janvier mais refusé par les organisations syndicales", répète une porte-parole de l'usine. Cet accord pluriannuel prévoyait la compensation des jours de fermeture de l'usine par l'utilisation de la cinquième semaine de congés payés. "L'accord a été refusé par toutes les organisations syndicales pour la bonne et simple raison que la loi en France prévoit toujours cinq semaines de congés payés, et pas quatre", a expliqué le délégué CGT.
L'usine restait paralysée lundi 16 avril en attendant l'issue de nouvelles négociations entre syndicats et direction. Des piquets de grève installés aux entrées de l'usine empêchent l'entrée des camions de matières premières depuis le vendredi 13. La grève, lancée il y a deux semaines a entraîné une perte de production de 3 300 véhicules. Ils réclament également le paiement des jours de grève. Les négociations, qui ont repris ce lundi 16 au matin, achoppent sur le paiement des jours de grève. La direction avait accepté vendredi soir de porter l'indemnisation des jours non-travaillés à 75% du salaire brut et proposé l'étalement des retenues sur salaire pour les grévistes à raison de deux jours en mai, deux jours en juin et le solde en juillet. Mais les grévistes ont refusé cette offre et maintenu le blocage. Ils demandent la prise en charge par leur employeur de "au minimum la moitié" des jours de grève et l'étalement des retenues à hauteur d'une journée par mois. La direction a engagé une procédure en référé pour obtenir le déblocage du site et assigné une dizaine de salariés pour entrave. Ces derniers devaient comparaître toujours lundi 16 à partir de 14H00 devant le tribunal correctionnel de Valenciennes.
Saluons cette grève, d'une ampleur et d’une durée inhabituelles pour Toyota.
Les ouvriers de Toyota et la population locale doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage.
Faisons grandir, en exprimant notre solidarité de classe, notre refus du chômage partiel (dit « technique ») et des licenciements. Le chômage partiel (ou chômage technique) est une arme très profitable au capital pour baisser les salaires (de moitié !) et adapter la production aux besoins du marché. Ainsi, en abaissant au maximum les stocks, les entreprises améliorent le ratio de rentabilité financière de fin d’année pour mieux payer les actionnaires demain. Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin, le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en flexibilisant l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, en ayant recours au chômage partiel, pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts. Les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise, ils créent cette situation, ils doivent payer !
L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces. Dans le secteur de l’automobile, sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs sous-traitants, afin de satisfaire les besoins, et d’assurer les emplois. retour haut de page
Inoplast Flers
Les syndicats jaunes de l’entreprise (CFDT, CFTC, CGC) ont signé avec le patron deux accords contre les intérêts des ouvriers : un premier prévoyant la suppression d’une prime pour le personnel du 2ème collège (même s’il est vrai que le combat pour l ‘intégration des primes dans le salaire doit être mené), un deuxième sur un plan de départs volontaires plus un plan social.
La majorité des salariés a rejeté ces accords avec les syndicats SUD, CGT, FO. 17 jours de lutte s’en sont suivis. Ni les menaces d’assignations au tribunal, ni les rondes de police, ni les allers-retours des pompiers pour éteindre le feu des pneus, ni les renseignements généraux, ni l’huissier de justice, ni les demandes de la direction pour la venue des CRS ne les ont fait abdiquer. Les acquis de la lutte sont : aucun plan social avant juin 2010, paiement d’une prime en deux fois, paiement des heures de chômage partiel à 68% avec un minimum de 8 euros au lieu de 7,22 euros, étalement des jours de grèves et/ou mise en RTT ou chômage partiel, aucune sanction ou mutation à l’encontre des grévistes.
Popularisons leur combat, la lutte continue ! retour haut de page
Hôpital (Caen)
Environ 800 travailleurs, pour la plupart en blouse blanche, ont formé mardi matin une chaîne humaine autour du CHU de Caen afin de "protéger l'hôpital public détruit" par le projet de loi Bachelot. "L'hôpital est malade", "Le projet de loi Bachelot nuit gravement à la santé", "La loi Bachelot tue l'hôpital", pouvait on lire sur les banderoles. Toutes les catégories étaient représentées du jardinier au médecin en passant par les infirmiers, à part la direction de l'hôpital. "Nous montons la garde, nous formons un rempart de protection symbolique de l'hôpital public. La loi Bachelot impose une logique d'entreprise qui détruit un service public édifié en plusieurs décennies", explique un docteur, anesthésiste au CHU et secrétaire général du SNPHAR. "Il y a des pans de médecine qui ne peuvent pas être rentables comme la néonatalité et la gériatrie", a ajouté un biologiste, grâce auquel l'établissement a été pionnier dans le dépistage néonatal de la mucoviscidose en France. Tous les syndicats appelaient à participer à cette action qui n'avait "rien à voir" avec "l'affaire Martinez", mise au jour par Le Point. L'ex directeur de l'hôpital a démissionné en mars après avoir effectué de coûteux travaux dans son logement de fonction aux frais de l'hôpital. Une centaine de salariés ont organisé parallèlement à la mi-journée un barbecue devant les logements de fonction des directeurs à qui "le projet de loi donne plus de pouvoir".
L’URCF soutient la lutte des personnels hospitaliers.
La direction argue du « besoin de rentabilité financière ». La santé n’a pas de prix, exigeons le maintien et le développement du service public de santé en taxant les profits des grands laboratoires et des sociétés pharmaceutiques.
Dans son programme de lutte, l’URCF se prononce pour la création d’un pôle de service public santé et pour des Etats généraux de la santé avec les professionnels, les usagers, les représentants des autres pôles de service public, les représentants des salariés, afin de définir l’état des lieux et les besoins à satisfaire.
La création importante d’emplois dans le secteur de santé doit viser à rattraper les 100 000 emplois supprimés tant par la droite que par les sociaux-libéraux, puis à créer de nouveaux emplois selon les besoins. L’existence d’établissements privés fondés sur le profit est incompatible avec la santé publique.
La priorité doit être donnée aux Etablissements publics de santé. Les aides publiques ne doivent pas aller aux établissements privés dont le financement doit rester totalement privé, sauf si ces derniers adhèrent au pôle de service public santé, pôle qui ne pourra voir le jour que dans un grand affrontement de classes où les luttes et les contradictions du système capitaliste seront exacerbées. L’heure est à la lutte dans tous nos hôpitaux, en lien avec la population, pour sauver et gagner notre droit à une santé de qualité pour tous. Lutte qui devra se hisser au niveau d’une lutte générale pour être victorieuse. retour haut de page
Sans-papiers (Villeneuve-le-Roi)
Une trentaine de sans-papiers occupent depuis mercredi 1er avril un site de la société de traitement de déchets Taïs, filiale de Veolia Propreté, à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), pour demander leur régularisation. Les sans-papiers, deux salariés de ce site de Taïs et 30 anciens salariés ou intérimaires dans différentes filiales de Veolia en région parisienne, se sont installés dans le centre de tri des déchets. Ils "resteront là jusqu'à l'obtention d'une réponse", a précisé le délégué CGT. C'est une "occupation pacifique" pour "essayer de trouver une issue", a quant à lui expliqué le secrétaire de la Fédération CGT Transports. Il s'agit de personnes licenciées en début d'année parce que sans-papiers, de personnes à qui on a fait signer une lettre de démission ou d'intérimaires qui ont travaillé plusieurs années pour Veolia. Une grève était programmée pour le lendemain sur le site de Villeneuve-le-Roi sur des revendications portant sur les salaires et les conditions de travail.
L’URCF, comme toutes les forces démocratiques, exige la régularisation sans délai de nos frères de classe de Taïs, comme celle des Potel, Man-BTP, Canal Toys ou KFC et de tous les sans-papiers, seul moyen de combattre les « négriers » modernes. retour haut de page
Commission ouvrière et entreprises de l'URCF, mai 2009.