SUR LE FRONT DES LUTTES
Les luttes de janvier 2009
Transport (NICE) , ANPE-ASSEDIC, Hôpitaux (STRASBOURG), Hôpital Edouard Herriot (LYON) , Sans-papiers (BOBIGNY), Centrales nucléaires , Métallurgie (Morbihan) , La Poste (Hauts-de-Seine) , emploi (Calvados), Transport (LILLE) , Aérospatiale (Toulouse) , Transport (Essonne) , ArcelorMittal (Fos-sur- Mer), Métallurgie (automobile, LE HAVRE), Métallurgie (automobile, LE MANS) , Livre (TOULOUSE).
Transport (NICE)
Les agents de conduite des TER à Nice décident tous les jours, depuis le 9 décembre, de reconduire durant 24 heures leur grève entamée ce jour-là pour des créations de poste. La grève est reconduite en assemblée générale à l'unanimité.
Les conducteurs niçois, qui ont cessé le travail à l'appel de la CGT, réclament du personnel supplémentaire face à la mise en place du cadencement en Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui entraîne une hausse de 20% du nombre de TER, sans agent supplémentaire.
Après plusieurs semaines d'absence de réponse, une proposition de la direction de 12 nouveaux conducteurs a été formulée au cours d'une rencontre de plusieurs heures, à Marseille, avec une délégation de grévistes, mardi 13 janvier. Des mesures améliorant les conditions de repos des conducteurs ont également été soumises aux grévistes. « C'est notre ultime proposition. Nous n'irons pas plus loin. Nous ne pouvons pas faire n'importe quoi avec l'argent public », a déclaré le directeur de l'établissement traction de la région PACA. Cette proposition, gagnée par la grève, s'ajoute à la promesse lâchée mi-décembre de détacher 17 agents supplémentaires à partir de janvier en région PACA, dont 8 à Nice. Cette nouvelle proposition est jugée "insuffisante" par les grévistes niçois, a déclaré le délégué du personnel CGT des agents de conduite de Nice. Les besoins de l'établissement niçois se montent à une vingtaine d'agents supplémentaires pour la seule application du cadencement. « La négociation, hier, s'est terminée sur une avancée très insuffisante », notamment en ce qui concerne les conditions de travail, a indiqué le représentant syndical. Aucune nouvelle réunion n'est prévue pour le moment. « Pour l'instant, c'est l'impasse », a-t-il ajouté.
Jeudi 5 février, les syndicats des conducteurs TER et la direction de la SNCF concluent un accord qui doit encore être soumis vendredi au vote des salariés. Cet accord prévoit la mise en formation de 24 conducteurs issus du "bassin d'emploi niçois" et une journée de roulement "à la fois moins pénible et plus sécuritaire", avec une limitation des kilomètres effectués par les agents en fonction de leurs capacités physiologiques. La direction régionale Paca de la SNCF a confirmé la formation de 24 candidats au métier de conducteur "pour couvrir l'ensemble des besoins en emplois et le renouvellement des effectifs", et la création de six emplois supplémentaires. Ceux-ci "permettront notamment de réduire (le) kilométrage (parcouru) pour les journées de travail ressenties comme les plus pénibles par les conducteurs", a-t-elle souligné. « Le résultat (des négociations) est un grand pas au niveau de nos revendications. Ça s'apparente à une victoire. Ensuite, c'est aux conducteurs de valider l'accord en assemblée générale », a déclaré le représentant du personnel CGT. Il a estimé que la direction était responsable de la durée du conflit : « On aurait pu aboutir plus tôt mais en face de nous, nous avions une direction autiste qui a essayé par tous les moyens de discréditer notre lutte. C'est elle qui porte la responsabilité d'un conflit aussi long.» La direction reprochait aux grévistes d'utiliser une forme de grève tournante, alternant "temps forts" et "temps faibles" de mobilisation, qui pénalisait les usagers, mais avec un minimum de coût salarial pour les grévistes. Les syndicats ont fait valoir qu'ils étaient toujours restés dans la légalité. Le conflit qui portait sur la mise en oeuvre du cadencement dans la région, synonyme d'une hausse de 20% du nombre des TER, s'est débloqué après que le tribunal de grande instance de Marseille eut débouté mercredi la direction de la SNCF qui avait assigné 13 conducteurs et trois syndicats (CGT, CFDT et Fgaac) devant la justice pour "exercice abusif du droit de grève". A Monaco, le chef du gouvernement Jean-Paul Proust avait adressé une lettre de protestation à Guillaume Pepy, président de la SNCF, au nom des milliers de salariés qui empruntent chaque jour les TER pour se rendre dans la principauté ! (sic). En fait le gouvernement monégasque est intervenu pour assurer les profits des entreprises monégasques, profits produits tous les jours par les salariés empruntant les TER ! Nuance !
Les conducteurs des TER niçois ont approuvé, vendredi 6 février par 68 voix contre 2, après 59 jours de grève, l'accord de fin de conflit qui avait été conclu la veille entre la direction de la SNCF et les syndicats. "La direction de la SNCF a perdu la bataille de l'opinion publique, elle a perdu la bataille judiciaire. Ils ne reviendront pas de sitôt se frotter au cactus", a estimé le représentant CGT lors de l'assemblée générale. Dans un communiqué, le syndicat Sud-Rail, félicitant les agents niçois pour leur ténacité, estime que leur victoire, après celle des cheminots de Paris Saint-Lazare, est "un camouflet pour Sarkozy qui affirmait qu'en France quand il y avait grève, plus personne ne s'en apercevait".
L’URCF salue la détermination et la lutte organisée dans la durée par les conducteurs niçois.
Contre la volonté du syndicalisme d’aménagement, l’URCF appelle à l’élargissement de la lutte à toutes les composantes du rail pour l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble de ses travailleurs et de la qualité de ce service de transport majeur, contre la loi des profits et de la rentabilité financière. L’URCF, dans son programme, avance comme axe de lutte la création d’un pôle service public transport. Ce pôle devra redéfinir ses missions afin de combattre la dégradation des services liée à la rentabilité financière. La SNCF doit récupérer la gestion du réseau ferroviaire de France dans un service unique intégrant également tous les sous-traitants ou filiales, composantes quotidiennes de la bonne marche ferroviaire (nettoyage, restauration-ravitaillement, entretien, sécurité…). Les lignes régionales jugées « non rentables » doivent être maintenues en service, car elles assurent la satisfaction des besoins des usagers. Les lignes TGV doivent être étendues aux régions qui n‘en bénéficient pas. Marxistes-léninistes, nous savons que les nationalisations relèvent du capitalisme d’Etat. Mais la dialectique est la suivante : ces nationalisations que nous préconisons comme axes de luttes visent bien à satisfaire les besoins urgents de l’immense majorité, l’extension des droits des salariés, la création de comités d’usagers/personnels, le droit de véto des syndicats aux décisions patronales. Les entreprises nationalisées seront l’objet d’une âpre lutte de classes entre les monopolistes, leur Etat et les travailleurs cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les masses verront alors (si les communistes jouent leur rôle) que la seule loi de la bourgeoisie monopoliste, en classe parasite est la satisfaction de son intérêt étroit de caste. Ou bien les capitalistes, une fois de plus, reprennent ce qu’ils ont dû concéder sous la pression des luttes du mouvement populaire, ou le mouvement ouvrier et populaire se débarrasse du capitalisme.
ANPE-ASSEDIC
Quelque 18,9% du personnel de Pôle emploi, regroupant désormais l'ANPE et les Assedic, étaient en grève lundi 05 janvier. Le mouvement a été suivi à 15% chez les anciens employés Assedic et à 30% chez les ex-ANPE. La dernière grève commune ANPE-Assedic contre cette fusion avait eu lieu le 27 novembre 2007, et avait mobilisé 60% des 14 000 salariés des Assedic et 25% des 30 000 de l'ANPE. Le 1er décembre 2008, 48% des agents de l'ANPE avaient fait grève à l'appel de leurs huit syndicats, selon la direction. "Il y a 134 ex-ANPE et 36 ex-Assedic fermées", déclare le syndicat SNU, jugeant que le niveau de mobilisation était "significatif et contredit la campagne de communication de la direction et du gouvernement affirmant que la fusion apporte un plus". Cinq syndicats de Pôle emploi appelaient à la grève lundi pour dénoncer les conditions de mise en place de ce nouveau service public. Des salariés franciliens de l'ANPE et des Assedic ont manifesté lundi en fin de matinée devant le siège national provisoire de Pôle emploi rue Blanche à Paris IXème, à l'appel des cinq principaux syndicats (CGT, SNU, FO, Snap et Sud). "Le problème, ce n'est pas la fusion elle-même, mais on nous impose de regrouper des métiers dans des délais complètement délirants", a expliqué un ex-conseiller ANPE, Stéphane, 50 ans. "Mon métier, c'est l'inscription, l'indemnisation, l'application de la réglementation. Demain, ils veulent qu'on fasse du reclassement...mais avec rien. Il n'y a pas d'offres avec la crise, que des contrats aidés. On va devenir des flics de chômeurs et faire baisser le chômage avec des sanctions", a critiqué une salariée de 36 ans avec 13 ans de service dans une Assedic de l'ouest francilien. Les cinq syndicats ont renoncé à appeler à une nouvelle grève nationale le jeudi 8 janvier, à laquelle appelaient initialement tous les syndicats "après avoir constaté que les quatre autres organisations (CFDT, CFTC, Unsa, CFE-CGC) avaient levé leur mot d'ordre", a précisé M. Daucé. En outre, selon le Snap (nouveau syndicat, issu d'une scission avec la CFTC), "des avancées positives" ont été enregistrées mardi lors d'une réunion avec la direction. Résultat d'une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, Pôle emploi est chargé du placement, de l'indemnisation et du contrôle des chômeurs. Les syndicats, qui négocient actuellement avec la direction, dénoncent les conditions de la fusion, alors que les chômeurs affluent avec la crise et que le personnel n'est pas encore formé à ses nouvelles tâches. La lutte s’est traduite par le versement d'une prime unique de 500 euros net aux 45 000 agents de Pôle emploi. Ont aussi été concédés des avantages en nature comme le paiement de l'assurance automobile des agents prospectant en entreprise, pas de mobilité géographique forcée, et un avancement accéléré de 24 mois aux ex-ANPE. Le directeur général est également prêt à discuter du nombre de demandeurs d'emploi suivis par conseiller et de son adaptation, car suivre 60 RMistes est plus difficile que de reclasser 60 intérimaires. Une nouvelle réunion avec la direction est prévue mardi 13 janvier. Le personnel attend une nouvelle convention collective, au plus tard en juillet 2010. D'ici là, la question des rémunérations reste forte, car les agents ex-ANPE sont par exemple beaucoup moins bien payés que ceux issus des Assedic (42% de plus en moyenne). Le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, aurait bénéficié d'une augmentation de 20% de sa rémunération, portée de 230 000 à 275 000 euros bruts par an. Le 29 janvier, les syndicats ont mobilisé à nouveau le personnel pour la journée d'action nationale intersyndicale de grèves et manifestations.
La fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC correspond à la nécessité, pour le patronat, de supprimer toutes les garanties héritées du principe de la Sécurité sociale conçue par Ambroize Croizat, en matière d’indemnisation des travailleurs privés d’emploi. L’instauration d’un guichet unique à la fois payeur et censé remettre les gens au travail servira à diminuer le nombre de chômeurs indemnisés (déjà à peine un sur deux!). Le but de la bourgeoisie est de disposer d’une main d’oeuvre privée de tous droits, prête à accepter n’importe quelle condition de travail et de rémunération, afin de tirer le profit maximum de l’exploitation de la force de travail. Instrument dans le dispositif, le Dossier Unique du Demandeur d’Emploi sera un fichier regroupant des informations sur plus de dix millions de travailleurs, et accessible à toutes sortes d’organismes et d’institutions en rapport avec l’emploi. Il facilitera donc la traque des chômeurs par le patronat.
L’URCF se prononce pour le maintien de l’ANPE et de l’UNEDIC comme organismes séparés, et leur gestion exclusive par les travailleurs, contre toute suppression d’emploi. Le chômage est inhérent au capitalisme ; il est lié à la propriété privée et à l’anarchie de la production, et permet au capital de diminuer les salaires. Seule une économie socialiste planifiée selon les besoins de la population travailleuse pourra le faire disparaître.
En matière de salaires, la revendication centrale et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à 1600 euros, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. A chaque militant et travailleur de faire grandir cette double exigence dans sa section syndicale et dans sa confédération. Salaires contre profits !
L’Etat au service de l’oligarchie financière est par exemple assez riche pour avoir augmenté le salaire d’une personne (le directeur), de 20%, soit près de 4000 euros en plus par mois !
Tapons dans les coffres-forts des monopoles, des banques et de l’Etat !
Hôpitaux (STRASBOURG)
Les syndicats des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont annoncé, mardi 6 janvier, un préavis de grève pour le 9 janvier à l'occasion de l'inauguration par le président Nicolas Sarkozy du nouvel hôpital de la ville. Dans un tract commun (CFDT-CFTC-CGT-FO-Sud Santé et Unsa), les syndicats ont demandé aux personnels à se rassembler vendredi près du Nouvel Hôpital Civil (NHC) que le président doit inaugurer en matinée avant de présenter ses voeux aux personnels de santé et évoquer la situation de l'hôpital en France. "Nous voulons présenter à Monsieur Sarkozy le vrai malade : l'hôpital public" annonce le tract qui dénonce l'obligation de "rentabilité" de la santé. La CGT, deuxième syndicat aux HUS, dénonce les "astreintes à domicile sans indemnisation", "les temps partiels avec des horaires de temps plein", "le manque de personnel le week-end" et les "horaires décalés". Le syndicat s'est aussi dit inquiet pour l'emploi à la veille d'une série de réunions, en janvier, où pourraient être annoncées par la direction des compressions d'effectifs. Un récent décret fixe à la baisse le nombre de personnels employés de nuit dans les unités de soins intensifs cardiologiques. Les services d'urgence et les moyens accordés au secteur hospitalier ont nourri une vive polémique fin 2008 en France avec la survenue de plusieurs incidents graves au cours des dernières semaines: décès d'un bébé de 6 mois et d'un garçon de trois ans à la suite d'erreurs humaines, décès d'un patient de 57 ans, après une longue recherche d'un lit en réanimation. Les HUS emploient 8 500 agents et 2 000 médecins. Le NHC, en service depuis un an, a une capacité de 715 lits et emploie 2 700 personnes, dont un demi-millier de médecins.
Hôpital Edouard Herriot (LYON)
Des infirmiers et aides-soignants des urgences de l'hôpital Edouard Herriot, à Lyon, sont en grève depuis le 8 décembre, afin de réclamer des effectifs supplémentaires, pour assurer l'accueil des patients dans leur service. Les grévistes revendiquent l'embauche de cinq brancardiers et le remplacement des personnels paramédicaux en congé maternité ou longue maladie. "Les infirmiers sont occupés à faire les soins urgents, les aides-soignants passent leur temps à accompagner les patients en brancard vers les salles d'examen, et personne ne peut s'occuper des malades qui patientent aux urgences,", a souligné un infirmier gréviste non syndiqué. "On est à la limite de la maltraitance", a-t-il déploré, expliquant que des patients à qui personne n'avait le temps de proposer le bassin se souillaient, et restaient sales plusieurs heures, et que personne ne pouvait renseigner les malades. La direction a proposé la création de deux postes de brancardiers, et refusé le remplacement des membres du personnel malades, "elle a pour objectif de réduire la masse salariale de 2%". Les grévistes étant réquisitionnés, les urgences de l'hôpital Edouard Herriot, continuent à fonctionner cependant comme d'habitude.
L’URCF soutient la lutte des personnels hospitaliers.
La direction argue du « besoin de rentabilité financière ». La santé n’a pas de prix, exigeons le maintien et le développement du service public de santé en taxant les profits des grands laboratoires et des sociétés pharmaceutiques.
Dans son programme (de lutte), l’URCF se prononce pour la création d’un pôle de service public santé et pour des Etats généraux de la santé avec les professionnels, les usagers, les représentants des autres pôles de service public, les représentants des salariés, afin de définir l’état des lieux et les besoins à satisfaire.
La création importante d’emplois dans le secteur de santé doit viser à rattraper les 100 000 emplois supprimés tant par la droite que par les sociaux-libéraux, puis à créer de nouveaux emplois selon les besoins. L’existence d’établissements privés fondés sur le profit est incompatible avec la santé publique.
La priorité doit être donnée aux Etablissements publics de santé. Les aides publiques ne doivent pas aller aux établissements privés dont le financement doit rester totalement privé, sauf si ces derniers adhèrent au pôle de service public santé, pôle qui ne pourra voir le jour que dans un grand affrontement de classes où les luttes et les contradictions du système capitaliste seront exacerbées. L’heure est à la lutte dans tous nos hôpitaux, en lien avec la population, pour sauver et gagner notre droit à une santé de qualité pour tous. Lutte qui devra se hisser au niveau d’une lutte générale pour être victorieuse.
Sans-papiers (BOBIGNY)
Le tribunal de Bobigny a ordonné, mercredi 07 janvier, l'expulsion des locaux de l'entreprise de nettoyage du bâtiment Alfa Services, au Bourget (Seine-Saint-Denis), des 30 sans-papiers en grève depuis juin pour leur régularisation. "Très déçus" mais "déterminés", les immigrants, Maliens et Sénégalais, ont décidé "de s'installer à l'extérieur des locaux", "sur le trottoir", lorsque le jugement leur aura été signifié. Le juge des référés du tribunal de grande instance avait été saisi par Arlindo Carvalho, le gérant de la PME, qui invoquait une entrave à la liberté du travail d'autres salariés en raison de l'occupation jour et nuit des locaux. Le tribunal "a donné droit aux demandes de l'employeur et ordonné l'expulsion de tous les grévistes avec une astreinte de 50 euros par jour de retard et par personne. Le gérant pourra faire exécuter l'expulsion 24 heures après l'avoir fait signifier aux intéressés. Les sans-papiers s'étaient mis en grève le 16 juin pour réclamer leur régularisation et des conditions de travail conformes au droit, dans le cadre du mouvement enclenché en avril en région parisienne. Depuis, ils vivent entassés dans la cour sous une tente et dans une partie du pavillon servant de siège à l'entreprise dans des conditions sanitaires très difficiles, aggravées par le froid.
Avant le conflit, Alfa Services employait une quarantaine de salariés, dont 36 sans-papiers. Devant le tribunal, l'employeur a déclaré avoir "une soixantaine de salariés". Selon la CGT, "il a continué à recruter des sans-papiers dans les foyers".
Beaucoup de patrons refusent de s’acquitter de la taxe ANAEN (agence nationale d’accueil des étrangers et de la migration), au montant de 893 euros par salarié. Ils ont donc recours au travail au noir et à la main d’œuvre sans-papiers, licenciable à tout moment et source de profits juteux.
L’URCF, comme toutes les forces démocratiques, exige la régularisation sans délai des travailleurs d’Alfa, comme celle de tous les sans-papiers, seul moyen de combattre les « négriers » modernes.
Centrales nucléaires
La grève du jeudi 15 janvier des personnels de conduite des centrales nucléaires d'EDF, à l'initiative de la CGT, a causé une baisse de 10% de la production électrique. "La continuité du service public a été assurée pour nos clients, il n'y a eu aucune coupure d'électricité jeudi?, a indiqué un porte-parole d'EDF sans donner de chiffre sur une éventuelle baisse de production. Sur 19 centrales nucléaires concernées par le mouvement de grève de 24 heures lancé mercredi soir, 17 étaient "fortement mobilisées" et des baisses de la production étaient enregistrées dans 14 d'entre elles. "9 500 mégawatts ont été baissés au niveau national depuis, ça signifie qu'on a 10% de la production qui n'est pas sur le réseau", a confirmé un délégué CGT. "On a eu 80% des grévistes dans les équipes", a-t-il ajouté. De son côté, la direction n'a pas donné de chiffres de grévistes.
19 000 personnes travaillent au sein de la direction de la production nucléaire à EDF dans 19 centrales (58 réacteurs). La fédération CGT-Energie avait appelé lundi les personnels des centrales nucléaires à se "mobiliser" pendant 24 heures jeudi pour réclamer la reprise du "dialogue" social qu'elle juge "en panne" au sein des centrales nucléaires. Une rencontre entre syndicats et direction est prévue vendredi 16 janvier, a indiqué la CGT, qui appelait les personnels à se joindre à la journée interprofessionnelle intersyndicale prévue le 29 janvier. Le syndicat demande une "reconnaissance de la pénibilité au travail, des embauches pour anticiper les départs en mise en inactivité et les mouvements de personnel et une intégration des primes dans l'assiette des retraites".
L’URCF renouvelle l’exigence qui doit être celle de tous les travailleurs, d’intégration complète des primes dans le salaire. Quant aux appels incantatoires au dialogue social, ce sont des leurres. Ce qui peut être gagné ne peut l’être que par une lutte préalable assez forte pour faire céder les directions sur les revendications.
Parmi les mesures minimales et urgentes que nous préconisons, nous revendiquons aussi la création par nationalisation d’un pôle de service public de l’Energie.
Comme marxistes, nous savons que les nationalisations déboucheront sur un capitalisme d’Etat, dont nous connaissons les limites puisqu’il ne supprime pas l’exploitation salariale, qu’il situe encore son cadre d’intervention dans les rapports bourgeois d’exploitation.
La revendication de pôle de service public est une partie de notre programme d’urgence qui part de l’analyse du système impérialiste mondial, de l’actuelle stratégie politique générale des monopoles : le néo-libéralisme.
Aujourd’hui le néo-libéralisme « mondialisé » signifie notamment : liquidation des secteurs et activités « non rentables », leur transfert dans des Etats (délocalisations) où la main d’œuvre vend sa force de travail à plus bas prix, la privatisation de services publics susceptibles maintenant de permettre la réalisation de surprofits par le capital financier.
Les entreprises publiques restantes s’inscrivent dans la lutte concurrentielle impérialiste des monopoles pour s’emparer de pans entiers de l’économie de pays, notamment du « tiers-monde ».
Nous n’ignorons pas qu’ils s‘agit de mesures relevant du capitalisme d’Etat, nullement d’îlots de « socialisme » comme les révisionnistes l’ont prétendu dans le passé.
Comment les marxistes voient-ils les avantages et limites des nationalisations sous le capitalisme ?
Les nationalisations sont l’objet d’une âpre lutte de classe politique, économique, sociale. Rentabilité privée ou satisfaction des besoins ? Nouveaux droits ou formation d’une bureaucratie « ouvrière » encadrant les travailleurs ? Transition à une opération de vol de la collectivité en privatisant ce qui a été financé avec l’argent public ou pas en avant en mesurant que le dernier obstacle à l’émancipation réside bien dans l’Etat capitaliste qu’il faut briser par une Révolution ?
Nous connaissons les risques des nationalisations sous le capitalisme, qui ont renforcé l’aristocratie et la bureaucratie réformiste pro impérialiste.
Mais dans le même temps, dans la situation actuelle (à l’heure où l’intérêt des monopoles passe par les privatisations) mesurons leurs bienfaits pour les luttes : apprentissage de la gestion par la classe ouvrière, coopérations entre entreprises qui aideront à tisser les alliances de classes, démonstration de la qualité supérieure des « nationalisés » pour assurer les missions de service public.
La classe ouvrière d’aujourd’hui montrera ainsi qu’elle est bien la future classe apte à diriger le pays après la révolution (ce que l’histoire nous a déjà montré : rappelons-nous 1917… ). A partir des limites du capitalisme d’Etat, des besoins sociaux et démocratiques ne pouvant être satisfaits dans le cadre capitaliste, les marxistes-léninistes prendront appui sur cette expérience pour démontrer que l’ultime obstacle, l’Etat bourgeois, doit être renversé au moyen de la révolution socialiste, pour satisfaire tous les besoins croissants. Le progrès social exige bien la propriété socialiste des moyens de production et d’échange.
La création de pôles de services publics vise à introduire la satisfaction des besoins individuels et collectifs (dans une lutte de classes permanente contre la rentabilité financière), définis par les intéressés eux-mêmes.
Les pôles de services publics regroupent des entreprises nationalisées anciennes et nouvelles, des PME passant contrat avec le pôle et l’Etat, des institutions publiques et parapubliques, des partenaires de la municipalité à l’Etat. Ce serait un pas en avant dans la conscience collectiviste à développer qui se heurterait dans un deuxième temps au capitalisme d’Etat.
Marxistes-léninistes, nous savons que ces pôles relèvent du capitalisme d’Etat.
Toutefois, en s’attaquant au cœur du dispositif néo-libéral de rentabilité financière, en visant à obtenir la satisfaction des besoins, c’est-à-dire au service des usagers et salariés, la riposte du capital monopoliste sera terrible.
Les travailleurs devront opposer leur unité de combat dans la lutte de classes contre la bourgeoisie monopoliste et son Etat.
La mobilisation permanente, les comités usagers/salariés, les forces syndicales et politiques progressistes devront résister puis combattre l’Etat des monopoles, ses campagnes médiatiques, ses agents et le MEDEF.
Les nationalisations ne sont pas un but en soi : fondées principalement sur la satisfaction des besoins, elles se heurteront tôt ou tard à l’Etat capitaliste (organisation de la classe dominante), d’où l’aggravation dans tous les domaines de la contradiction antagonique capital/travail.
Nous visons aussi à une lutte pour la démocratisation de la gestion et des investissements grâce au rôle des comités de travailleurs de l’atelier (unité de production) jusqu’au comité central d’entreprises du pôle dirigé de façon tripartite : représentants de l’Etat, dirigeants, représentants des salariés (50 % des sièges). C’est là l’instance de décision stratégique du pôle.
Pour une analyse plus complète de la tactique des pôles de service public, consultez notre programme en ligne (en page d’accueil de notre site).
Le pôle public Energie garantira par la lutte le maintien et l’extension d’un grand service public, EDF-GDF, avec intégration par la nationalisation de Suez-Energie.
Le pôle doit regrouper, outre cette entreprise, les filiales et sous-traitance.
La mission de service public assurera l’égalité des citoyens devant la loi, par la péréquation des tarifs entreprises/usagers.
Le service public d’énergie intègrera les groupes pétroliers qui doivent être nationalisés.
Un service public de l’eau doit être créé par la nationalisation des sociétés privées.
Les taxes de l’Etat sur l’essence doivent être remises aux pôles de services publics.
Les énergies alternatives se substituant au pétrole doivent permettre, afin de diminuer la dépendance énergétique, de faire baisser les coûts pour les usagers de l’automobile.
Le recours à l’énergie nucléaire pacifique doit être maintenu et développé comme garantie de l’indépendance énergétique, ainsi qu’aux énergies nouvelles.
La totale transparence sur les questions de sécurité, de santé publique est une exigence démocratique.
Un moratoire sur les coupures de courant doit être mis en place pour les jeunes étudiants, les chômeurs, les smicards.
Métallurgie (Morbihan)
Environ 5 000 personnes ont manifesté dimanche 18 janvier à Hennebont (Morbihan) pour la défense de l'emploi à la fonderie SBFM, en redressement judiciaire depuis la fin novembre. Les salariés de cette fonderie attendent l'examen, mardi, par le tribunal de commerce de Lyon, des propositions de continuation du groupe italien Zen, propriétaire de la SBFM. "Nous sommes satisfaits de la mobilisation et nous restons dans un état d'esprit combatif", a commenté le secrétaire CGT du comité d'entreprise. Un rassemblement a lieu mardi 20 janvier sur le site de la SBFM à Caudan, près de Lorient, où sont fabriqués des collecteurs d'échappement pour l'industrie automobile, notamment pour Renault. La SBFM, qui emploie 560 salariés, a été placée le 26 novembre en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois par le tribunal de commerce de Lyon. Fin octobre, l'établissement avait été bloqué une semaine par une grande partie des salariés qui protestaient après l'annonce de chômage partiel, et s'inquiétaient d'un possible plan social.
Les ouvriers de SBFM et la population locale doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage.
Faisons grandir, en exprimant notre solidarité de classe, notre refus du chômage partiel (dit « technique ») et des licenciements. Le chômage partiel (ou chômage technique) est une arme très profitable au capital pour baisser les salaires (de moitié !) et adapter la production aux besoins du marché. Ainsi, en abaissant au maximum les stocks, les entreprises améliorent le ratio de rentabilité financière de fin d’année pour mieux payer les actionnaires demain. Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin, le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en flexibilisant l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, en ayant recours au chômage partiel, pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts. Les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise, ils créent cette situation, ils doivent payer !
L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces. Dans le secteur de l’automobile, sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs sous-traitants, afin de satisfaire les besoins, et d’assurer les emplois.
La Poste (Hauts-de-Seine)
Les postiers de Boulogne-Billancourt ont voté, jeudi 15 janvier, la poursuite de leur grève pour dénoncer un projet de réorganisation du travail, et manifesté au siège de La Poste à Paris contre le projet d'ouverture du capital. Les manifestants ont placardé des affiches "soldes" un peu partout au siège de La Poste. A une trentaine, ils ont aussi "déposé des arbres de Noël pour dire qu'ils ne croient pas au Père Noël". La grève, qui touche Boulogne-Billancourt, Levallois, Nanterre, Rueil, Colombes, Neuilly et la Défense, est reconduite selon Sud-PTT. La mise en place du projet national appelé "Facteur d'avenir" aboutira à "une valse incessante de facteurs sur les quartiers" de Boulogne-Billancourt, avec comme "conséquence immédiate pour les usagers la perte de leur facteur titulaire, donc une dégradation de la qualité sur les délais et la distribution du courrier".
Les postiers , en grève depuis dix jours à l'appel de Sud-PTT, la CGT et la CFTC, ont finalement été reçus jeudi 22 janvier par la direction. A l'issue de cette rencontre, l'ensemble des participants a convenu de se retrouver le lendemain matin pour « poursuivre les discussions », indique un communiqué de la Direction Courrier des Hauts-de-Seine. « Des propositions ont été faites, nous verrons demain ce qu'en disent les participants à la grève », a pour sa part indiqué un responsable de Sud-PTT du département. Depuis le début de la grève, 60% d'agents sont en grève. La Poste a réaffirmé jeudi que la distribution du courrier aux entreprises était assurée à 100%, en évoquant des "perturbations" sur la distribution aux particuliers. Mardi, le député-maire UMP de la ville, la plus peuplée d'Ile-de-France après Paris (110 000 habitants), Pierre-Christophe Baguet avait fait part de son mécontentement à l'égard de la direction. "Le courrier est délivré très aléatoirement et la remise de l'ensemble des recommandés n'est plus assurée, ce dont se plaignent de nombreux usagers", a-t-il indiqué. Les postiers protestent à juste titre contre un projet de réorganisation du travail, appelé "Facteur d'Avenir", qui aboutira, par le biais d'un système d'auto-remplacement, à une "valse incessante de facteurs sur les quartiers" et à des charges de travail très aléatoires.
Quelques rappels sur le démantèlement organisé de la Poste.
En 2005, alors que le gouvernement de droite a connaissance des sondages plaçant le NON à la constitution européenne à 55% des Français, le gouvernement fait voter en catimini le 20 mai 2005 (9 jours avant le référendum) une loi de « régularisation » des activités postales qui transpose en France deux directives européennes de 1997 et 2002 en vue de l’ouverture totale à la concurrence de l’activité postale pour 2009.
En fait, cette loi ne se contente pas seulement d’ouvrir à la concurrence au 1er janvier 2006 les plis de 50 grammes et plus au privé, elle vise à terme à rendre caduque la péréquation tarifaire sur tout le territoire et à encore baisser les tarifs pour les entreprises qui bénéficient déjà de tarifs préférentiels sur ceux des usagers (prolétaires en majorité).
Elle crée aussi la Banque postale, rompant ainsi l’unicité de l’activité postale restante.
Les facteurs et les activités de tri ayant été regroupés déjà depuis plusieurs années en entités indépendantes des bureaux de poste, on assiste présentement à des regroupements géographiques sur des territoires de plus en plus importants, notamment dans des secteurs de moindre densité de population ; rationalisation selon des critères de rentabilité qui conduisent à des fermetures de centre de tri et à la suppression d’effectifs accélérant une perte de qualité des services rendus aux usagers (retards de courrier, perte ou envoi au rebus de lettres identifiables).
La Direction de la poste norme l’accès au réseau, pour la clientèle, de la façon suivante : 90% de la population doit se trouver à moins de 5 kilomètres et à moins de 20 minutes en voiture du point de contact le plus proche.
Ce qui sous-entend d’entrée que 10% de la population ne seront pas couverts, soit 6 millions de personnes dans l’Hexagone ! Ne parlons pas de ceux qui se trouveront dans les limites définies ci-dessus et qui seront donc souvent dans l’impossibilité d’utiliser la Poste ! (personnes âgées, malades, personnes très éloignées sans voiture, etc.).
Par contre le nouveau maillage, issu du projet « TERRAIN », est organisé de telle façon que seul le bureau principal sera en capacité de fonctionner normalement ; même s’il faut prévoir des files d’attente inévitables. Le bureau principal comme les bureaux rattachés sont constitués avec des effectifs minimum, les absences pour maladie ou congés des agents pèsent fortement sur l’amplitude d’ouverture des guichets. Sachant que le bureau principal fonctionne normalement, ce sont les bureaux rattachés qui pâtissent de cette situation ! A de nombreux moments de l’année, ils sont partiellement ou totalement fermés !
Ce qui conduit inévitablement les usagers à déserter à termes ces structures ! On peut aussi penser que c’est le but recherché par la Direction de la Poste dans sa recherche de profits maximum !
Quant à la Banque Postale, qui puise dans les mêmes effectifs, ses bureaux privilégient l’activité bancaire au détriment d’autres bureaux dont la population est plus démunie. On est loin des principes qui régissent le service public de la Poste !
C’est dans ce cadre qu’entre le projet "Facteurs d'avenir", lancé en 2008 par La Poste, pour réduire ses coûts avant la libéralisation totale du marché du courrier en France en 2011. Le traitement des lettres de moins de 50 grammes sera alors ouvert à d'autres opérateurs.
"Facteurs d'avenir" essaie de supprimer les intérimaires ou les CDD qui assuraient les remplacements.
Jusqu'ici, un facteur effectuait sa tournée du lundi au samedi et disposait d'une semaine de repos au bout de quelques semaines de travail. Il était alors remplacé par un temporaire.
Maintenant, les "préposés" - un tiers des 300.000 salariés de La Poste - sont organisés en équipe, à charge pour eux, chaque lundi et mardi, de se répartir une "tournée sécable", la tournée de celui qui est au repos.
Des facteurs témoignent : "Ça a chargé et rallongé les tournées".
En outre, "l'amplitude horaire est beaucoup plus grande. Avant je prenais mon service à 07h55 jusqu'à 13h55, maintenant c'est de 08h05 à 14h23, mais je ne suis jamais rentré avant 15h30", raconte Laurent, 38 ans.
"C'est une usine à gaz, on n'y comprend rien, personne n'y comprend rien", se plaint Pascal, 42 ans, dont une vingtaine comme facteur à Paris.
Des zones rurales aux secteurs urbains, se sont multipliées, ces dernières semaines, des luttes locales soutenues par la majorité des syndicats du groupe public.
Selon les salariés, ces heures supplémentaires ne sont pas toujours rémunérées..
"J'ai fait 14 heures supplémentaires en décembre, et je n'ai été payé qu'une heure", confie un facteur.
"Si on dépasse les horaires, le management dit que c'est de notre faute parce qu'on n'est pas assez rapides", rapporte un autre de Dijon.
"Même le travail d'équipe qu'on nous a vendus au départ ne marche pas. On trouve que l'autre a toujours moins de boulot, ça entretient des haines, ce n'est pas très joli, on en veut à celui qui s'absente pour un arrêt maladie", confie une factrice.
"Ça génère des colères entre nous, l'ambiance est mauvaise", ajoute un autre de Créteil. Un des buts inavoués du projet de la direction sans aucun doute : « diviser pour mieux régner ».
Un certain nombre de localités sont entrées en lutte pour conserver leurs bureaux de Poste. L’URCF soutient la création de comités locaux de défense de la Poste. Certains ont déjà vu le jour et mènent la lutte. Rien n’est réglé ; cette politique bien avancée peut être combattue si rapidement les salariés de la Poste et les usagers entrent en lutte pour défendre leur service Public.
Dans ces comités larges, les communistes révolutionnaires relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que la révolution socialiste est la seule alternative populaire au capitalisme.
L’URCF propose aussi dans son programme d’urgence, de lutter pour la création d’un vaste Pôle de services publics : Education, recherche, culture, communication, poste.
Avec la santé, cela doit être la priorité budgétaire du pays.
Le pôle résultant d’une lutte âpre et continue devra couvrir et assurer des missions de service public, dans des domaines étroitement liés.
La poste doit rester publique ; ses missions permettront le maintien des services et des missions de qualité. Les services postaux privés seront nationalisés, des emplois doivent être chiffrés et créés afin de couvrir les besoins.
Emploi (Calvados)
400 travailleurs de la sous-traitance automobile pour la plupart, ont manifesté, samedi 17 janvier à Lisieux pour défendre l'emploi industriel menacé dans cette sous-préfecture du Calvados. "Wagon Automotive : 310 emplois menacés, 1 000 emplois induits supprimés", pouvait-on lire sur une banderole en tête de ce cortège composé avant tout de salariés de cette usine de sous-traitance d'Orbec, ville située à 20 km de Lisieux, qui a déposé son bilan en novembre comme sa maison mère britannique, et risque de fermer. "Nous demandons en outre le paiement à 100% des jours de chômage partiel", a ajouté le délégué CFDT de l'usine Knorr Bremse (400 salariés) à Lisieux, en chômage partiel un jour par semaine en janvier, deux à partir de février. Knorr Bremse est une firme allemande de pièces pour poids-lourds. Les travailleurs sont d'autant plus inquiets que « les possibilités de retrouver un emploi sont encore plus minces ici qu'ailleurs. Les seules entreprises créées dans le coin n'emploient que 10 à 20 salariés depuis des décennies », a ajouté un salarié de Plysorol, un fabricant de contreplaqué qui a une usine à Lisieux et dont les 470 employés risquent de perdre leur emploi en février, si personne ne rachète leur entreprise à sa maison-mère portugaise Sonea Industrie. "Au total, avec les emplois induits, 1 800 emplois sont menacés dans la sous-préfecture", précise un élu CGT de Wagon- automotive.
« Pour nous Wagon est, avec les camemberts Lanquetot (180 emplois), le pilier de notre économie ». Si Wagon ferme, le nombre de chômeurs double. Une vingtaine d'élus locaux étaient présents dont le député NC du Calvados, Claude Leteurtre.
Les ouvriers du Calvados et les populations locales doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Pas une seule suppression d’emploi ! Zéro licenciement ! Zéro suppression d’emploi ! Zéro fermeture d’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. Avançons le mot d’ordre de nationalisation sans indemnité des entreprises monopolistes de l’automobile et de leur sous-traitants casseurs d’emploi dans un vaste pôle de service public. Dans ces comités, les communistes de l’URCF relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que la révolution socialiste est la seule alternative populaire au capitalisme.
Transport (LILLE)
La grève des transports en commun, à Valenciennes, a paralysé pendant 2 jours, mardi 20 et 21 janvier, tout le trafic des bus et tramways de l'agglomération. Les salariés ont voté mardi soir la fin de cette grève concernant l'avenir de la société gestionnaire Transvilles. Le syndicat CGT indique se mettre en lutte jusqu'au mois de septembre, mois lors duquel le syndicat des transports de la région de Valenciennes (Siturv) doit choisir un opérateur privé, en lieu et place de la société d'économie mixte Transvilles, à partir de janvier 2010. La CGT a déposé mercredi un préavis de grève pour la journée du 29 janvier et prévoit de mener une grève du zèle les prochains jours, avec "des délégués sur le terrain pour vérifier le matériel roulant", selon le secrétaire général de la CGT Transvilles. Il y a plus de 40 bus qui n'ont pas lieu de partir sur les routes pour des problèmes de sécurité. Le syndicat de transports urbains de Valenciennes ne souhaite plus réinjecter de l'argent dans le transport urbain valenciennois déficitaire, et la CGT craint les incidences que l'arrivée d'un opérateur privé aurait sur la masse salariale des 507 employés dont 333 personnels roulants. Transvilles gère le transport urbain à Valenciennes et dans son agglomération depuis 27 ans.
Transport (Essonne)
Un mouvement de grève déclenché par une partie des conducteurs du principal réseau de bus de l'Essonne, pendant 5 jours depuis le lundi 19 janvier, a été déclaré illégal par l'Inspection du travail, car le préavis n'a pas été déposé dans les délais légaux (!), ce que contestent les grévistes, dont les revendications portent sur les conditions de sécurité et de travail. Le trafic était quasi-nul, mardi 20 et mercredi 21 janvier sur le réseau TICE (Transports intercommunaux du centre Essonne) : 100% de grévistes mardi matin, et 40 grévistes sur les 55 qui devaient normalement prendre leur service mardi après-midi. Dans une lettre commune aux usagers, Stéphane Beaudet, président de TICE et maire UMP de Courcouronnes, et le député-maire socialiste d'Evry Manuel Valls, dénoncent une "grève illégale, initiée par une minorité de conducteurs" qui bloquent le dépôt. "Ce mouvement surprise paralyse l'ensemble des chauffeurs de TICE et pénalise près de 75 000 usagers", ont-ils dénoncé. Tout en se disant "pleinement solidaires" des machinistes, "victimes d'agressions et d'incivilités", les deux élus ne peuvent "que condamner fermement ces méthodes", qui témoignent "d'une volonté délibérée de créer du conflit, sans souci de l'intérêt général". La direction a déposé mardi un référé afin d'obtenir le déblocage du dépôt de Bondoufle, d'où partent la quasi-totalité des bus. Les grévistes, dont les revendications portent sur les conditions de sécurité et de travail, ont mis fin à leur mouvement. Les négociations avec la direction devaient reprendre le jeudi matin.
L’URCF est solidaire des travailleurs du transport, qui doivent s’organiser aussi dans des comités larges usagers/travailleurs de défense d’un transport de qualité dans l’agglomération. Bas les pattes aux droits sociaux conquis ! Dans le domaine des transports, l’URCF avance comme axe de lutte la création d’un Pôle de service public Transport. Ce pôle devra redéfinir ses missions afin de combattre la dégradation des services liée à la rentabilité financière. Le pôle public de transport permettra la coordination et la complémentarité des lignes de divers transports et de leurs horaires afin d’améliorer la qualité des déplacements urbains.
Ces luttes dans le transport, secteur hautement stratégique pour la machine économique, révèle une autre tactique du capitalisme : la criminalisation de la grève et du mouvement ouvrier. Les directions ne cessent d’attaquer en justice le droit de grève. Sarkozy condamnent publiquement les leaders syndicaux. Quand le capitalisme est malade, la puissance de son appareil d’Etat est décuplée. La criminalisation de la jeunesse est multiforme : peine de prisons pour les mineurs dès 12 ou 13 ans, réveillon sur fond de mobilisation policière de 40 000 hommes contre les incendiaires de voitures, répression et renvoi de manifestants lycéens. La restriction des libertés démocratiques s’aggrave avec le recours à l’arbitraire. Des jeunes anarchistes sont jetés en prison sur fichage et dénonciation du FBI, accusés sans preuves véritables « d’attentats contre le matériel SNCF ». La télévision devient celle du « prince » qui nommera désormais ses dirigeants, sur fond, nul doute, de concours d’allégeance. La guerre est l’autre réponse barbare à la crise du monde impérialiste. L’impérialisme français continue de jouer la course aux armements en vendant pour 6 milliards d’armes lourdes au Brésil. L’intervention de l’armée se poursuit en Afghanistan comme le pillage en Afrique sous bonne garde militaire.
Déjà, la loi passée en 2008 dans les transports, restreignait le droit de grève : « négociations préalables » rendant de fait illégales les grèves sur le tas, répondant à un problème donné dans l’urgence ; obligation de se déclarer gréviste, 48 heures à l’avance, ce qui constitue une sape du travail syndical pour élargir la grève jusqu’au dernier moment, etc. Il s’agissait (et il s’agit encore aujourd’hui) pour le pouvoir de combattre avec toute la force des lois coercitives, la seule arme qui reste à la classe ouvrière et aux travailleurs pour se faire entendre et faire reculer les projets anti-sociaux des directions. En France, toutes les avancées sociales se sont faites par la lutte et les grèves ! Le capital et son Etat le savent bien ! Le droit de grève ne peut plus être reconnu par la bourgeoisie monopoliste. Avec la crise, les capitalistes veulent accentuer l’exploitation pour faire payer les travailleurs, et récupérer les pertes avec plus-value !
Les travailleurs qui se battent pour leur pain et qui n’ont que leurs chaînes à perdre, savent contourner les lois pour lutter, comme nous l’ont montré par exemple les conducteurs de la SNCF Paris Saint-Lazare, ou Nice TER.
Producteurs des richesses, les ouvriers et les travailleurs, en cessant le travail, exercent une pression maximale sur le patronat et l’Etat.
Sarkozy essaye donc de cadenasser le mouvement ouvrier ; mais les contradictions entre le Travail et le Capital, qui s’aiguisent en raison de la crise (structurelle) et de la politique gouvernementale de classe favorable aux privilégiés, ne manquent pas de susciter luttes et résistances croissantes.
Rappelons qu’aucune loi répressive n’a pu venir à bout de la colère légitime des travailleurs. Des héroïques canuts de Lyon à mai 68, les travailleurs ont su déclencher des grèves massives qui débordaient largement le « cadre réglementaire ». Pendant l'occupation où la grève était punie de mort par les Nazis, des grèves ont bloqué des régions entières et en 1944 la grève générale est devenue insurrectionnelle !
Aérospatiale (Toulouse)
Environ 400 salariés du fabricant de satellites Thales Alenia Space (TAS), ont manifesté jeudi 22 janvier matin pour les salaires et contre l'emploi précaire devant l'usine toulousaine qui emploie 2 400 personnes. Les manifestants ont établi des barrages filtrants de 07h30 à 10h00, empêchant les véhicules de pénétrer sur le site, mais sans bloquer l'accès aux salariés, dans le cadre d'un mouvement de grève appelé par une intersyndicale FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC et CGT, qui s'est achevé à 10 heures. Les salariés protestent "contre la politique salariale et le recours abusif à l'emploi précaire". "L'augmentation de masse salariale proposée en 2009 est de 2,7% à 2,8% contre près de 4,5% l'an dernier, cela peut paraître énorme en période de crise, mais justement TAS n'est pas en crise, le résultat opérationnel est en hausse de 40%, le carnet de commandes est plein pour 18 mois", a indiqué le délégué CFDT. Les syndicats contestent également un recours excessif aux intérimaires et "la suspension des embauches des non-cadres. Une assemblée générale du personnel devait avoir lieu à l'établissement de Cannes (2 000 salariés) et l'intersyndicale devait se réunir à Toulouse pour décider d'autres actions.
D’abord une mise au point sur les revendications. Si l’augmentation revendiquée (4,5%) est intéressante, elle est loin d’être « énorme », comme la qualifie le délégué CFDT. Les ouvriers et les travailleurs créent toutes les richesses dans l’entreprise, mais ne sont bons qu’à être exploités, comme c’est la loi sous le capitalisme. En France, quand un ouvrier produit des richesses pendant 8 heures, il n’est payé que 3 heures, les autres 5 heures de production de richesses engraissent uniquement les propriétaires capitalistes, patron et sous-fifres (cadres supérieurs), actionnaires et rentiers contemporains, sans même parler de l’impôt (TVA, taxes, impôt sur le revenu…), qui ponctionne le travailleur une fois qu’il a touché son salaire (partiel comme on l’a vu) et tombe encore dans les caisses de leur Etat bourgeois. Nous voyons bien que si le prolétariat ouvre les coffres–forts de ces parasites (ceci dépend du rapport de force que les travailleurs parviennent à construire), ce qui lui revient de son travail est colossal. Ne tombons pas non plus dans le piège des méthodes comptables inventées par les bourgeois. Le bénéfice affiché par une entreprise n’est jamais le bénéfice réel. Avant d’en arriver à ce résultat, capital (immobilisations en tout genre), PDG et autres directeurs se sont sucrés au passage, et n’oublions pas aussi les tripatouillages autorisés (légaux) pour créer artificiellement du déficit (amortissements, provisions, sociétés mères, etc). Même une entreprise déficitaire, selon les méthodes comptables et bourgeoises, vole les travailleurs et engraisse le capital ! Les ouvriers ne doivent pas réclamer leur dû en salaire uniquement quand les entreprises affichent des bénéfices, comme le laisse sous-entendre le délégué CFDT. C’est un leurre et un piège grotesque !
La revendication centrale urgente et unifiante, soutenue par l’URCF, est d’exiger le SMIC à 1 600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels.
Transformation de tous les CDD en CDI !
Amplifions le 29 janvier sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits ! Emplois contre profits !
Rappelons quelques-un des axes de luttes de l’URCF en matière d’emploi : Interdiction des licenciements ; suppression des CDD, période d’essai ramenée à trois mois avec contrat à durée indéterminé à la clé (voir programme et axes de luttes de l’URCF sur ce site en page d’accueil).
Métallurgie (LYON)
Les salariés de la fonderie Saint-Jean Industries-Lyon, dans le Rhône, entamaient mercredi 21 janvier leur troisième semaine de grève, craignant une fermeture du site, frappé de plein fouet par l'arrêt programmé des commandes du constructeur de camions Renault Trucks. "Nous sommes en arrêt total de la production et en grève depuis le 5 janvier. Aucune pièce ne sortira de l'entreprise tant qu'une solution ne sera pas trouvée", a déclaré la représentante de la CGT de cette fonderie de Vénissieux, placée en redressement judiciaire, qui emploie 107 personnes. "Notre principal client, Renault Trucks, qui représentait près de 60% de notre chiffre d'affaires, nous lâche pour acheter ses pièces en Inde. Et la direction n'a rien fait pour compenser ce manque à gagner", a ajouté la syndicaliste qui espère "une table ronde avec la direction". "L'arrêt de la fourniture des pièces par Saint-Jean Industrie, depuis novembre, n'est pas de notre fait", s'est défendu le porte-parole de Renault-Trucks. Il a expliqué cet arrêt par "plusieurs grèves" à la fonderie et justifié la fin des commandes à la fonderie, prévue pour décembre 2009, par "un désaccord sur les prix des pièces". Il a aussi confirmé qu'"une partie" des pièces fournies par Saint-Jean Industries-Lyon étaient remplacées par celles d'une entreprise indienne. Fondée en 1886, Saint-Jean Industries-Lyon, qui fabrique des pièces automobiles en aluminium, est en redressement judiciaire depuis le 15 janvier. Elle fait partie du groupe, Saint-Jean Industries, dont le siège est situé à Belleville-sur-Saône (Rhône), et qui emploie environ 1 200 personnes dans le monde, aux Etats-Unis, en Chine, en Corée, en Allemagne, au Japon et en Croatie.
Les ouvriers de Saint-Jean Industries et la population locale doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Pas une seule suppression d’emploi ! Dans l’immédiat, avançons le mot d’ordre de nationalisation sans indemnité des entreprises monopolistes casseuses d’emploi (comme Saint-Jean Industries ou Renault Trucks qui vient de recevoir des milliards de l’Etat français subordonné aux monopoles). Dans ces comités larges, les communistes révolutionnaires relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que le socialisme est la seule alternative populaire au capitalisme.
ArcelorMittal (Fos-sur- Mer)
Les accès à l'usine sidérurgique ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) ont été bloqués quelques heures par des militants de la CGT, vendredi 23 janvier, journée de chômage partiel sur le site, avant qu'ils soient reçus par la direction. Le but de l'action, entamée à 4 heures, et interrompue vers 9 heures, était de "démontrer que le chômage technique n'est pas justifié", a déclaré le délégué syndical central CGT à Fos . "Il y a des gens qu'on oblige à rester à la maison alors qu'il y a une activité dans l'usine", a-t-il poursuivi, "s'ils veulent faire des économies, ils n'ont qu'à pomper dans les dividendes au lieu de faire des économies sur le dos des salariés". Il a souligné que même si les portes étaient bloquées, la production se poursuivait dans l'usine où seul l'un des deux hauts fourneaux est en activité. "On a été reçus par la direction, on a pu faire valoir nos arguments. L'activité n'a jamais été arrêtée, on voulait au contraire démontrer qu'elle est bien réelle et que rien ne justifie la mise au chômage partiel, si ce n'est l'adaptation de la masse salariale en temps de crise financière", a-t-il dit. "On n'est pas d'accord avec cette action", a protesté pour sa part Michel Tosi, secrétaire de la section CFDT majoritaire sur le site. "Il y avait d'autres initiatives à prendre, on était en train d'y réfléchir", a-t-il poursuivi, "là, on met notre outil de travail en danger et les commandes vont partir ailleurs : se prendre soi-même en otage, ce n'est pas la solution". Le secrétaire CFDT du comité central d'entreprise d'ArcelorMittal Méditerranée a accusé la CGT d'avoir fait éclater l'intersyndicale. A Fos, le haut fourneau numéro deux est à l'arrêt depuis le 16 novembre 2008 et le site a mis en place du chômage partiel.
Dans cette lutte, le rôle d’un syndicat « pompier » (ici la CFDT) est édifiant.
Le contexte économique est particulièrement difficile, et les conditions objectives accentuent l’émergence de courants de résignation, voire de capitulation et d’union sacrée autour de son patron, encouragés par les bureaucraties syndicales.
Encore une fois c’est dans la lutte que les masques des bureaucrates syndicaux tombent aux yeux des travailleurs.
Oui, refusons toute forme de chômage partiel (dit « technique ») ! Le chômage partiel (ou chômage technique) est une arme très profitable au capital pour baisser les salaires (de moitié !) et adapter la production aux besoins du marché. Ainsi en abaissant au maximum les stocks, les entreprises améliorent le ratio de rentabilité financière pour mieux payer les actionnaires demain. Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en flexibilisant l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, en ayant recours au chômage partiel, pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts. Les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise, les capitalistes créent cette situation, ils doivent payer ! Pas un seul travailleur ne doit payer la crise de leur système !
Métallurgie (automobile, LE HAVRE)
Les ouvriers de l'usine Renault de Sandouville, près du Havre, ont débrayé mercredi 21 janvier, après l'annonce, par la direction, de nouvelles journées de chômage partiel en février et mars. La principale chaîne de l'usine, qui fabrique la nouvelle Laguna et travaillait déjà seulement à mi-temps ne fonctionnera que quatre jours en février et six en mars. "En résumé, nous allons travailler une semaine sur quatre au lieu d'une semaine sur deux", a précisé le délégué CGT. Dès l'annonce, des salariés ont débrayé et tenté d'envahir la salle où la direction présentait la nouvelle organisation du travail au Comité d'entreprise (CE). Après une bousculade entre le directeur et des grévistes, la réunion a été suspendue sine die. La direction et la CGT se renvoient la responsabilité de l'incident, la première évoquant "un comportement inacceptable" et la seconde "une provocation". Les grévistes sont partis ensuite faire le tour des ateliers pour inciter les autres salariés à débrayer à leur tour. « Un peu avant midi, on était entre 200 et 300 grévistes ». Ces journées de chômage devraient entraîner des pertes de salaires allant de 25 à 50% par mois. Un plan de mille départs "volontaires" est à l'oeuvre dans cette usine de 3 500 salariés. A la mi-janvier, selon la direction, 401 salariés avaient souscrit à la proposition en acceptant un congé de reclassement, une mutation vers un autre site ou une retraite anticipée. Le syndicats estiment que la direction aura du mal à atteindre son objectif sans avoir recours à un plan social. "Les départs volontaires, c'est comme les tickets de tombola, c'est plus facile à vendre au début qu'à la fin", ironise le secrétaire FO du CE.
Jeudi après-midi, les ouvriers ont à nouveau débrayé contre les nouvelles mesures de chômage partiel annoncées mercredi par la direction patronale. Quelque 400 salariés, selon la CGT et FO à l'initiative de cette action, ont cessé le travail durant deux heures et se sont rassemblés devant les portes de l'usine. La CGT et FO de l'usine ont prévu par ailleurs de tenter de rencontrer vendredi la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui doit se rendre au Havre notamment pour la signature d'un crédit de la Banque européenne d'investissement au profit d'une PME locale.
La direction sait bien que c’est la grève et les blocages, mais massifs et dans la durée, qui peuvent la contraindre à reculer.
L’URCF voit confirmer ses analyses sur les conséquences de la privatisation de ce groupe, qui a entraîné la casse de l’emploi, la fermeture de sites de production.
Faisons grandir, en exprimant notre solidarité avec les Renault, notre refus des licenciements. L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ce monopole rapace. Dans le secteur de l’automobile, sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de services publics par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs filiales, afin de satisfaire les besoins, d’assurer les emplois dans une lutte de classe continue jusqu’au bris de l’Etat capitaliste.
Métallurgie (automobile, LE MANS)
Plusieurs centaines de salariés ont bloqué, pendant une heure, vendredi matin 23 janvier, l'accès principal de l'usine Renault au Mans pour réclamer une indemnisation à 100 % des périodes de chômage partiel. Les 500 manifestants ont mis fin, vers 10h30, au blocage entamé une heure plus tôt. Ils avaient déployé une banderole réclamant une "indemnisation du chômage partiel à 100%, ce n'est pas aux salariés de payer la crise". Après un blocage de quelques minutes de la rocade, ils devaient se rendre en cortège à la préfecture de la Sarthe. L'usine Renault au Mans, qui emploie quelque 1 300 ouvriers de production sur un effectif de 2 600 employés, doit subir plusieurs journées de chômage partiel jusqu'à la fin janvier après être restée fermée du 10 décembre au 5 janvier. Ce chômage partiel entraîne 350 à 400 euros de perte de salaire par mois pour un ouvrier et jusqu'à 700 euros pour ceux qui travaillent de nuit. La CGT réclame une prise en charge à 100% du chômage partiel, comme c'est le cas, selon elle, dans une usine Renault du Brésil pour des milliers d'ouvriers. L'usine Renault du Mans fabrique notamment des trains avant et arrière pour les automobiles.
Refusons le chômage partiel (dit « technique ») et les licenciements. Le chômage partiel (ou chômage technique) est une autre arme très profitable au capital pour baisser les salaires (de moitié !) et adapter la production aux besoins du marché. Ainsi en abaissant au maximum les stocks, les entreprises améliorent le ratio de rentabilité pour mieux payer les actionnaires demain. Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en flexibilisant l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, en ayant recours au chômage partiel, pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts. Oui, les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise, les capitalistes créent cette situation, ils doivent payer !
En février, Renault vient à nouveau de recevoir des milliards d’euros de la main de Sarkozy !
L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces. Dans le secteur de l’automobile sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs sous-traitants, afin de satisfaire les besoins, et d’assurer les emplois.
Livre (TOULOUSE)
La grève votée jeudi 22 janvier par les personnels du groupe de presse et d'édition pour la jeunesse Milan (groupe Bayard), deux mois après un premier mouvement contre un plan de suppression d'emplois, a été reconduite le vendredi en assemblée générale. Une centaine des 362 salariés se sont déclarés grévistes. Les grévistes ont organisé un repas chaud devant l'entreprise et récolté des fonds pour aider les bas salaires. Une rencontre entre direction et syndicats, sur les modalités d'application du plan de suppression d'emplois (PSE), était prévue vendredi après-midi. Le 13 novembre, la direction avait annoncé un plan de suppression de 32 postes (45 avec les CDD) sur 362 dans sa branche presse et l'arrêt de plusieurs titres, dont l'hebdomadaire "Les clés de l'actualité". Depuis, la direction a réduit à 26 le nombre de suppressions en indiquant qu'il lui était impossible "d'aller au-delà" et de garantir que ces départs pourraient tous être volontaires. Selon les syndicats (SNJ, CFDT, CGT, CFTC), "la direction ne respecte pas son engagement de créer toutes les conditions afin d'aboutir à zéro départ contraint". "Il est important de conserver un effectif permettant la pérennité de notre entreprise", a dit une déléguée SNJ. Le comité d'entreprise devait donner, le 27 janvier, son avis officiel sur le plan de sauvegarde de l'emploi et sur les conditions de départ au sein du groupe Milan. Il devrait alors être appliqué dès le 30 janvier quel que soit l'avis. Le groupe publie notamment Toboggan, Picoti, Toupie, Wakou, J'apprends à lire, Wapiti, Julie, Géo Ado, ainsi qu'Alpes Magazine, Bretagne Magazine, Méditerranée Magazine, Pays basque Magazine, Pyrénées Magazine et Terre Sauvage.
Les travailleurs de Jeunesse-Milan doivent continuer la lutte et s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Pas une seule suppression d’emploi ! Zéro licenciement ! Zéro suppression d’emploi ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe.
Dans tous les combats, les communistes de l’URCF relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que la révolution socialiste est la seule alternative populaire au capitalisme.