LUTTES DE JUIN 2009

 Luttes pour l’emploi

 Analyses et propositions communistes dans ces luttes pour l’emploi

 La crise révèle à beaucoup que le capitalisme n’est pas réformable, qu’il signifiera toujours les mêmes maux pour la majorité laborieuse.

En effet, rien ne change, les fauteurs du chaos économique, les banques, les boursicoteurs, l’oligarchie, veulent profiter de la situation pour gagner toujours plus de profits, en faisant payer aux travailleurs leurs pertes et en tirant de nouveaux bénéfices !

Dans l’immédiat, le plus urgent est, pour les travailleurs, la construction du rapport de forces, afin de réussir à faire payer la crise du capitalisme par ses fauteurs, augmenter les salaires, sauver et développer les emplois ! Le capitalisme veut se débarrasser des entreprises dont le profit n’est pas maximum, adapter son outil de production aux besoins du marché : le résultat c’est en France 3000 privés d’emplois de plus chaque jour.[1] Le patronat veut ainsi aggraver l’exploitation capitaliste, durcir les conditions de travail, accentuer la concurrence, volet de chômage oblige, entre travailleurs ayant un emploi et privés d’emploi.

Le programme de l’URCF est construit autour de cet axiome vérifié : les grands changements, les  conquêtes sociales ont toujours leurs sources dans les luttes de classes ! Pour sauver nos emplois, nos axes de luttes sont :

 -  Plan national de luttes contre le chômage.

-  Interdiction des licenciements.

-  Suppression des CDD par la généralisation des emplois en CDI.

- Les revenus des chômeurs devront être revalorisés, avant l’interdiction des licenciements, il est nécessaire que les  indemnités en cas de licenciements se montent à 90 % du salaire.

- Nationalisation sans indemnités des entreprises casseuses d’emploi avec contrôle ouvrier et création de vastes pôles de services publics (banques et crédit, logement, santé, Energie, transport, agro-alimentaire, Education,-Recherche-Culture-Communication-Poste).

 

Les marxistes-léninistes savent que les nationalisations relèvent du capitalisme d’Etat (nous avons largement écrit sur le sujet) ; mais dans ces entreprises nationalisées, les travailleurs (aidés par les véritables communistes) devront poser la question d’une production qui réponde aux besoins de la population. Les nationalisés seront ainsi l’objet d’une âpre lutte de classes entre les monopolistes, leur Etat et les travailleurs cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les monopolistes et leurs agents préconiseront toujours  la rentabilité financière, le pillage des entreprises des pays dominés. La bataille pour les nationalisations exacerbera toutes les contradictions du système capitaliste, si les communistes jouent pleinement leur rôle, et des millions de travailleurs se poseront la question du bris de l’Etat capitaliste, obstacle ultime à leur émancipation sociale. Pour une analyse plus complète de la tactique des pôles de service public, consultez notre programme en ligne

Si L’URCF salue toutes ces luttes auxquelles elle apporte son soutien, y compris dans ses formes radicales, la solidarité implique aussi la franchise et la critique des insuffisances. Les  communistes révolutionnaires doivent soutenir et déve-lopper les luttes et la solidarité de classe, les diriger contre les profits pour les emplois et les salaires. Les luttes, aussi radicales soient-elles, qui se résument à des augmentations d’indemnités de départ, s’éloignent des intérêts de classe des ouvriers. Nous ne nions pas la nécessité de cette douloureuse bataille, mais à l’issue seulement d’un combat général non victorieux pour le maintien des emplois et des sites qui nous font survivre aujourd’hui et ferons survivre nos enfants demain. L’absence organisée de véritable solidarité et de lutte à l’échelle nationale, conséquence du syndicalisme d’aménagement et d’accompagnement de la bureaucratie ouvrière, livre les travailleurs à leur propre sort. Les insuffisances, quand elles existent, ne sont pas dues aux travailleurs des entreprises concernées mais bien à l’absence de revendications nationales unifiantes portées par les confédérations - et notamment par la CGT dont ce fut la pratique dans sa période de classe et de masse - et au refus actuel des bureaucraties syndicales d’affronter politiquement et frontalement l’offensive réactionnaire anti-ouvrière et anti-grèves de Sarkozy. Offensive qui a pour objectif de détruire les conquêtes sociales arrachées par nos aînés et de faire payer la crise par ses victimes : le peuple-travailleur. Au centre de ces luttes sont posées la question urgente de la défense de l’emploi, l’urgence de contrecarrer la paupérisation en exigeant une hausse des salaires, la lutte contre la précarité, la défense des services publics contre les privatisations continues et la politique bourgeoise d’austérité de réduction drastique des moyens, la solidarité avec les Sans-papiers.

La lutte pour la défense de l’emploi doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Aucun licenciement ! Pas de suppression d’emploi ! Non aux fermetures d’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer (mais pas abdiquer) le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts de son capitalisme. Pour l’heure, les ouvriers et les employés de ces entreprises, avec les populations locales, doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage dans la durée. Ces comités doivent parvenir à se coordonner pour se soutenir et unifier leurs forces. Face à la trahison des bureaucraties syndicales, les travailleurs doivent s’auto-organiser, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces !

 

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Goodyear (Pneumatiques, Amiens)

Mardi 2 juin, 400 à 500 ouvriers grévistes de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord bloquaient leur établissement, pour protester contre le licenciement de 820 des 1400 employés du site. Réunis devant leur usine, les salariés de Goodyear ont enflammé des palettes et des pneus. 1500 salariés Goodyear Dunlop d'Amiens-Nord et Continental de Clairoix (Oise) ont manifesté ensemble pour dénoncer la prochaine fermeture de leurs usines. "Nous avons beaucoup de leçons à tirer du combat de 2 mois et demi des salariés de Continental", a estimé le secrétaire CGT (majoritaire) du site, évoquant un "exemple à suivre", et ajoutant que la priorité des salariés de Goodyear était d’abord de sauver leurs emplois. La direction du groupe, qui emploie 3 500 personnes en France, a notamment mis en avant le refus de la CGT, syndicat majoritaire, d'accepter en juillet 2008 une nouvelle organisation du travail en "4x8" ! Les manifestants ont forcé les grilles de l'usine voisine Goodyear Dunlop d'Amiens-Sud et brièvement envahi les ateliers avant de reprendre leur marche vers le centre-ville d'Amiens. Les salariés de l'usine d'Amiens-Sud avaient majoritairement accepté la nouvelle organisation du travail. "Les 4x8, comme les 40 heures (signées en 2007 chez Continental), c'est de la poudre aux yeux", ont fustigé les travailleurs en lutte. "Aujourd'hui, j'ai la haine envers la direction, la haine pour les licenciements qu'il va y avoir", a déclaré un opérateur de 36 ans. 

En plus de leur soutien, les véritables communistes apporteront à ces ouvriers la conscience anticapitaliste, par la démonstration que la propriété privée (patrons, actionnaires…) des moyens de production est la source de tous les maux dont souffrent les prolétaires.

 

 

SBFM (Société bretonne de fonderie et mécanique)

Après des mois de luttes, depuis l’annonce de la liquidation en novembre 2008 et notamment les 10 jours derniers en grève avec la totalité des salariés de l’usine, Renault a rappelé vendredi "son engagement de trouver une solution permettant d’assurer la continuité de la SBFM" et s’est engagé à reprendre les actifs et tous les salariés de la SBFM avec préservation de leurs acquis. Jusqu’à présent, aucune offre de reprise sérieuse n’avait été présentée. Vendue corps et bien à Fiat en 1998 pour faire entrer du cash chez Renault, puis ensuite à un sous-traitant peu scrupuleux sur les investissements et le maintien de l’outil de production, la SBFM revient avec tous ses salariés dans le groupe Renault.

C’est une victoire historique pour les salariés de la SBFM, qui dans le contexte actuel doit servir d’exemple à tous les salariés ainsi qu’aux organisations syndicales. Depuis plusieurs semaines l’usine tournait sans direction générale, sans direction des ressources humaines, sans direction commerciale, sous la responsabilité directe des salariés toutes catégories confondues, montrant ainsi leur attachement, leurs compétences et leurs savoir-faire pour la poursuite de cette activité. Pour la fédération CGT de la Métallurgie, « après la réintégration des fonderies de Cléon, celle de Caudan en appelle une nouvelle : celle des fonderies du Poitou site spécialisées dans les culasses et les blocs moteurs de Renault, elle aussi vendue à Fiat puis Bavaria. »

 

ABB (Ingénierie, Montluel, Ain)

Sept dirigeants du groupe d'ingénierie helvético-suédois ABB, ont été "retenus" par des salariés pendant deux heures mardi, sur le site de Montluel (Ain) lors d'un comité d'entreprise portant sur 540 licenciements. "Quelque 300 salariés excédés, venus des sites de Montluel (Ain), Mâcon et Chassieu (Rhône), ont forcé les portes et envahi la réunion du comité central d'entreprise et ils ont retenu la direction", a expliqué le délégué CFDT. "On a demandé à la direction d'écouter la détresse du personnel, puis on a essayé de raisonner les salariés et ils ont accepté de partir", a-t-il ajouté, brisant ainsi le rapport de force unique créé par l’envahissement et la retenue de 7 dirigeants du groupe ! La réunion du CCE, suspendue, devait reprendre le mercredi matin. La direction d'ABB a assuré que "personne" n'avait été "retenu" par les salariés. "Il y a eu quelques interruptions de séances, mais ils sont totalement libres de leurs mouvements. Le CCE suit son cours de la façon la plus normale", a affirmé le service communication. Selon M. Tavitian, l'intersyndicale CGT-FO-CFDT a "demandé à la direction de suspendre son plan de licenciements afin de lui laisser le temps de préparer un projet alternatif". La direction n'a rien dit et veut continuer à discuter du projet, le CCE devait se prolonger sur quatre à cinq jours. Le 19 mai, la direction d'ABB France avait annoncé un projet de restructuration prévoyant 540 suppressions d'emplois, soit 20% de ses effectifs français, dans ses divisions de robotique et produits d'automation sur sept de ses sites en France. Le projet prévoit en outre la fermeture de deux sites, celui de Mâcon spécialisé dans les micro-disjoncteurs pour le ferroviaire (27 salariés) et celui d'Aunay-sur-Odon (Calvados) spécialisé dans les blocs de jonction et qui emploie 53 salariés.

 

Steelcase (mobilier de bureau, Bas-Rhin)

Les salariés de l'usine de mobilier de bureau Steelcase à Marlenheim (Bas-Rhin) se sont mis en grève mercredi 3 juin, pour protester contre le blocage des négociations du plan social qui prévoit 106 suppressions d'emplois dans les quatre sites alsaciens du groupe américain. Les sections CGT et CFDT ont déclaré s'attendre à une extension du mouvement aux deux autres usines de Wisches et Rosheim (Bas-Rhin), en raison du refus persistant de la direction d'abonder le plan social et d'envisager une alternative aux licenciements. A Marlenheim, le débrayage spontané d'une vingtaine de salariés s'est transformé mercredi en une grève à durée illimitée qu'ont suivie 70 des 80 employés de l'équipe de production du matin. L'usine emploie 230 salariés. Selon la CGT, « le comportement" de la direction de Steelcase a provoqué cette hausse du mécontentement ». Les dirigeants ont quitté mercredi au bout d'un quart d'heure la réunion du comité central d'entreprise qui devait débattre des mesures d'accompagnement du plan social. Steelcase avait annoncé début mars la suppression dans l'année de 106 emplois sur 850 dans ses sites du Bas-Rhin (Marlenheim, Wisches, Rosheim et le siège européen de Schiltigheim), un plan bien sûr présenté comme "vital pour la pérennité" (sous entendu la « pérennité » des profits pour quelques-uns) compte tenu de la baisse du marché du mobilier de bureau.  La grève a gagné jeudi 4 juin deux autres sites alsaciens. Les ouvriers de Marlenheim (220 travailleurs) bloquent totalement leur site depuis 06h00 pour protester contre le blocage des négociations. Une douzaine de non-grévistes ont cependant pu entrer dans l'usine. L'usine de Rosheim (50 salariés) est bloquée depuis 10H30, et sur le site de Wisches (180 salariés), une trentaine de salariés ont débrayé. "Nous poursuivrons la grève au moins jusqu'à lundi, date à laquelle nous aurons une nouvelle réunion du CCE avec la direction", a indiqué le délégué central CFDT. La direction au contraire souligne sa volonté de négocier et de limiter au maximum la casse sociale, par le biais notamment de « mesures de reclassements »…

 

Exide Technologies SAS (ex-Fulmen, batteries poids-lourds et automobiles)

Une centaine de salariés de l'usine Exide Technologies SAS (ex-Fulmen), promise à la fermeture, ont bloqué mercredi 3 juin, la RN6, à la sortie d'Auxerre, alors que se tenait un comité central d'entreprise (CCE). Le blocage a débuté vers 08H30 avant d'être levé aux environs de 18H00. Cette action avait pour but "de peser sur les discussions du CCE" qui s'est tenu mercredi à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), siège social d'Exide Technologie SAS, "où la direction devait faire des propositions sur les mesures d'accompagnement du plan social", a déclaré le délégué syndical central CGT.  Un accord de méthode, fixant le calendrier des discussions, avec de nouvelles réunions et une date butoir au 9 juillet, a été signé par quatre syndicats (CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC), mais pas par la CGT du site. L'annonce de la fermeture de l'usine Fulmen d'Auxerre a été faite le 22 janvier lors d'un précédent CCE au siège d'Exide Technologie SAS, leader mondial de la batterie automobile de démarrage.

L'usine bourguignonne, spécialisée dans la batterie poids-lourd et automobile, devrait être transférée à Poznan (Pologne), Romano (Italie) et Manzanares et Azuqueca (Espagne). La procédure de consultation sur ce projet de fermeture a débuté le 19 février et doit se poursuivre avec une nouvelle réunion du CCE le 9 juin.

 

Elysée Cosmétiques (filiale du groupe allemand Maxim, Chimie, Moselle)

Environ 150 travailleurs d'Elysée Cosmétiques, filiale du groupe allemand Maxim, se sont mis en grève jeudi 4 juin sur le site de Forbach (Moselle) contre un plan social qui menace la moitié des 179 emplois. La grève a été déclenchée à l'occasion de la visite du PDG allemand Rolf Giesen sur le site. Ce dernier avait dénoncé une prime de vacances et annoncé la reprise d'un plan social prévoyant 91 suppressions d'emplois, suscitant la colère des salariés. Selon un responsable syndical, la maison-mère du groupe familial Maxim prétexte la perte de clients et l'augmentation du coût des matières premières pour justifier le recours à un plan social et le maintien de ses profits maximaux.

 

Lear (équipementier automobile, Lagny-le-Sec, Oise)

Trois salariés de l'équipementier automobile Lear à Lagny-le-Sec (Oise), dont les travailleurs sont en grève depuis neuf semaines pour protester contre la fermeture de l'usine, ont débuté une grève de la faim vendredi 5 juin. "A la fin de cette neuvième semaine de conflit, trois camarades se sont mis en grève de la faim, l'inspection et la médecine du travail ont été mises au courant", a déclaré un membre du comité de grève de l'usine. L'équipementier américain Lear a annoncé en février la fermeture prochaine de l'usine de Lagny-le-Sec (316 salariés), dont le seul client est le site PSA d'Aulnay, et le transfert de la production vers Cergy (Val-d'Oise). En grève depuis le 6 avril, les salariés de Lear réclament notamment une augmentation des primes de licenciement et de meilleures propositions de reclassement pour ceux qui refuseraient leur mutation vers Cergy.

 

La grève de la faim est une forme de lutte individuelle mettant en danger la santé du travailleur. Si l’URCF comprend la détresse et la souffrance des travailleurs qui s’y engagent, elle lui préfère des luttes collectives de masse dont l’efficacité gagnante est prouvée. Le facteur principal de ce désespoir réside dans l’isolement et l’absence de stratégie de convergences des luttes, de solidarité financière et politique à l’échelle nationale. Nous devons faire grandir les mots d’ordre : « Tous pour un, Un pour tous ! ». L’URCF soutient la lutte pour sauver chaque emploi ! La douloureuse bataille pour des primes de licenciements ne peut venir qu’après l’échec du combat pour les emplois. Tapons dans les caisses des entreprises pour sauver l’emploi, et nationalisation sans indemnité de celles qui cassent l’emploi ! Quant à l’appropriation par quelques-uns des profits réalisés dans les entreprises, seule une révolution permettra ce bond qualitatif qui donnera tout le pouvoir de décision aux travailleurs, producteurs de toutes les richesses dans l’entreprise.

 

Nufarm (usine agrochimique, Gaillon)

Le travail a repris lundi 8 juin à l'usine agrochimique de Gaillon (Eure) du groupe australien Nufarm après douze jours de grève pour une amélioration du plan social qui accompagne la suppression d'une centaine d'emplois sur 162. Les ouvriers ont voté la reprise à une forte majorité après d'ultimes négociations entre les syndicats et la direction au cours du week-end. "Nous avons obtenu des indemnités complémentaires de licenciement allant de 20 000 à 60000 euros selon l'ancienneté", a précisé le délégué FO. De plus, ces indemnités sont "transactionnelles" c'est-à-dire que le salarié qui les touchera devra s'abstenir d'engager des recours contre la direction devant les prud'hommes. "C'est une condition qui est évidemment difficile à accepter pour un syndicaliste", reconnaît le délégué FO. Par ailleurs, le nombre d'emplois supprimés pourrait être réduit de 104 à 98 après des ajustements, les jours de grève seront payés et deux primes d'un montant de 600 euros chacune devraient être versées en juillet et septembre à chaque salarié. 

 

Papeterie de Malaucène (Vaucluse)

Les dirigeants de la papeterie de Malaucène ont passé la nuit de mardi 9 juin à mercredi sur place, retenus par des ouvriers en grève, alors que les négociations sur la fermeture du site sont dans l'impasse. L'usine est bloquée, il y a une barricade de palettes devant les portes du bâtiment administratif où ont lieu les négociations. << Hier soir vers 11 heures, on a apporté nos dernières propositions à la direction, ils n'en ont pas voulu, on leur a dit: «Vous ne sortez pas», a précisé le secrétaire du comité d'entreprise. Le directeur du site et le directeur financier Europe du groupe américain propriétaire de la papeterie Schweitzer-Mauduit sont retenus dans les locaux. « C'est le numéro deux du groupe en Europe. On ne veut pas qu'il s'en aille car lui, il est capable de nous donner des réponses ». Il n'a pas été possible de confirmer la séquestration des dirigeants auprès d'eux. Le géant américain du papier à cigarettes Schweitzer-Mauduit a annoncé le 17 avril, à la surprise générale, qu'il fermerait l'usine, spécialisée dans le papier "manchette" qui entoure les filtres de cigarettes, en septembre, avec 210 licenciements à la clé. Les salariés s'opposent à la fermeture, estimant que l'activité peut être pérennisée dans la papeterie, fondée au 16ème siècle. "Les négociations ont duré jusqu'à minuit, il n'y a eu aucune avancée significative", a souligné le délégué du syndicat CGT. Elles devaient reprendre dans la matinée.

 

ST-Ericsson (téléphonie mobile, Colombelles)

Les ouvriers de l'usine ST-Ericsson de Colombelles (114 au total) près de Caen sont en grève depuis mardi 9 juin pour protester contre la fermeture annoncée de leur site malgré les profits dégagés. Rappelons que la loi, sous le capitalisme à son stade monopoliste (impérialisme) est celle du profit maximum. « Nous dénonçons la destruction de compétences qui partent pour l'Inde et les Etats-Unis alors qu'elles ont été subventionnées par l'Etat », a indiqué un membre du comité d'établissement du site. Selon la CFDT, 90% des salariés sont en grève. Une soixantaine de salariés ont manifesté jeudi matin contre la fermeture. Le gouvernement a annoncé début avril la signature d'une convention qui prévoit le versement de 340 millions d'euros d'argent public (grâce à l’impôt prélevé sur les travailleurs) au fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, actionnaire à un peu plus de 50% de ST Ericsson, pour le programme "Nano 2012" du site de Crolles (Isère). L'Etat français détient 13,75% du capital du franco-italien STMicro. ST Ericsson met en avant la crise, mais des documents internes montrent que les suppressions d'emplois étaient programmées avant. « Nous sommes victimes de la stratégie de vente à la coupe. NXP qui nous avait rachetés à Philips en 2006 a vendu les activités téléphonie mobile à d'autres pour qu'ils licencient à sa place. La société commune ST Ericsson a été créée en février. La fermeture du site a été annoncée le 4 juin », ajoute un syndicaliste. ST-Ericsson a alors annoncé un plan de restructuration qui affecte principalement l'Europe, notamment la France (146 emplois touchés) et la Suède (430). A Colombelles, la direction a prévu 96 licenciements secs et 18 reclassements.

 

Groupe Tests (magazines et sites sur les nouvelles technologies)

Les salariés du groupe Tests (magazines et sites sur les nouvelles technologies) ont voté une grève illimitée à compter de lundi 15 juin pour protester contre un projet de réorganisation de la direction. Le groupe de médias NextRadioTV (BFM, RMC...) avait annoncé en février son intention de rapprocher les rédactions papier et web de cette filiale, en supprimant 38 postes sur 200. Groupe Tests édite notamment les magazines L'Ordinateur Individuel, Micro Hebdo et 01 Informatique, ainsi que les sites internet 01net et 01men. La direction a présenté jeudi 18 juin en comité d'entreprise un "schéma organisationnel" qui "témoigne d'une volonté de nier les contraintes inhérentes aux différents métiers de l'entreprise, de nier les conditions nécessaires à la production des titres papier ou sites et chaînes internet". Les salariés refusent de voir se poursuivre les discussions avec le directeur général adjoint de Groupe Tests, et exigent que les syndicats aient pour interlocuteurs les PDG et directeur général de NextRadioTV. Ils souhaitent une solution qui "assure, d'une part, un fonctionnement réellement cohérent avec les différentes contraintes des magazines et sites internet, que ce soit en termes d'organisation ou de charge de travail, et, d'autre part, qu'aucun départ d'un salarié de l'entreprise ne sera contraint". Lundi 22 juin, les salariés ont décidé de mettre fin à leur mouvement de grève, à la suite d'un accord entre la direction et les syndicats. Mercredi 24 juin lors d'une réunion, la direction et les syndicats sont parvenus à un accord prévoyant notamment le maintien de sept postes sur les 38 suppressions envisagées, le reclassement d'un poste au sein de NextRadioTV. L'accord prévoit également un volant de piges pour les rédactions du groupe Tests et une amélioration des conditions de départs. A l'issue de cette réunion, les salariés ont voté à une majorité la fin du mouvement dès mercredi soir, plusieurs titres étant en phase de bouclage.

 

Altis Semiconductor (composants électroniques, Corbeil-Essonnes)

Les salariés de l'usine de composants électroniques Altis Semiconductor à Corbeil-Essonnes (Essonne) ont entamé lundi 16 juin une grève illimitée pour dénoncer les conditions financières du projet de plan social, qui prévoit la suppression de 400 emplois. Les accès au site sont bloqués depuis 5H30, selon le délégué CFTC, qui demande "un plan social acceptable". Selon lui, les propositions de la direction ne sont pas à la hauteur de ce qui avait été proposé lors du dernier plan social, qui avait abouti à la suppression en 2006 de quelque 320 emplois et au non renouvellement de 101 CDD. "On veut un socle minimum de 100.000 euros". La quasi-totalité des salariés prenant leur service le matin et en début d'après-midi sont en grève. L'entreprise, qui compte quelque 1 500 salariés, doit être reprise rapidement pour éviter la fermeture, ses deux actionnaires IBM et Infineon se retirant à la fin de l'année. Les syndicats craignent que la piste d'un investisseur français, dont le nom n'a pas été dévoilé, ne s'éloigne, en raison de l'annulation des municipales et de l'inéligibilité du futur ex-maire Serge Dassault UMP, qui semblait impliqué dans ce projet. Chez les ouvriers, l'inquiétude concernant l'avenir du site est grandissante. CFDT et CFTC dénoncent un "chantage politique", car M. Dassault aurait affirmé à plusieurs reprises que le mystérieux repreneur évoqué depuis plusieurs semaines, dont il est proche, se retirerait si le candidat qu'il soutiendra n'est pas élu.

 

Michelin (Pneumatiques)

En mai déjà, des ouvriers de Michelin ont manifesté pour des hausses de salaire, une meilleure indemnisation du chômage partiel, et pour alerter des risques sur l'emploi, à Clermont-Ferrand devant l'assemblée générale des actionnaires. Repoussant les barrières, des manifestants, à l'appel des syndicats CGT et SUD, ont pénétré brièvement dans le hall du Polydôme où se réunissait l'Assemblée générale, avant d'être évacués par les forces de l'ordre, qui ont ensuite fait barrage devant l'entrée du bâtimentLes manifestants scandaient "Du pognon pour nos salaires, pas pour les actionnaires !" ou "Emplois, salaires, prenons sur les profits des actionnaires !". "Ce n'est pas aux salariés de payer une crise dont ils ne sont pas responsables", a dit le délégué national de SUD. Le groupe monopoliste Michelin met les salariés au chômage partiel et revoit à la baisse les salaires alors que le groupe se porte bien avec 3 milliards d'euros de bénéfices en 5 ans. 

La direction répond dans un premier temps que les réductions d'activité en France n'ont "pratiquement pas eu d'impact sur les revenus des salariés" au premier trimestre, avec notamment la mise en oeuvre de deux semaines de formation. 

 

Une analyse de classe montre que ces propos sont mensongers. La formation des ouvriers est toujours payée majoritairement par les finances de l’Etat capitaliste qui ponctionne l’impôt sur le peuple-travailleur. Ce sont donc tous les travailleurs qui payent ! C’est la même musique pour le chômage partiel !

Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en « flexibilisant » l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, en ayant recours au chômage partiel, pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts. Les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise. Elle est seule responsable de cette situation, le patronat  doit payer !

C’est finalement en juin, quelques jours après l’avoir nié, que la direction de Michelin annonce sa charrette de licenciements et de suppressions d’emplois : « un plan de réorganisation » prévoyant 1093 suppressions de postes dès 2010 et la fermeture d'une usine près de Lille. Les salariés de trois sites sont concernés par ces suppressions de postes : Tours (340 postes sur 1300), Montceau-les-Mines (477 postes sur 1400) et Noyelles-les-Seclin (Nord, 276 postes), près de Lille, que Michelin veut fermer. Chaque fois qu'il y a eu des plans sociaux chez Michelin, il y a toujours eu des licenciements à la clé.

 

Pour empêcher ces suppressions d’emplois et les licenciements, les ouvriers de Michelin devront organiser la lutte de toutes les usines du groupe, par la grève en bloquant les profits et en gagnant la solidarité de toute la population dans des comités locaux et nationaux. L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces. Dans le secteur de l’automobile, sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs sous-traitants, afin de satisfaire les besoins, et d’assurer les emplois.

 

Coliposte (Issy-les-Moulineaux)

Environ deux cents salariés de Coliposte, en grève depuis trois jours, se sont rassemblés mercredi 17 juin devant le siège de la société à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) pour s'opposer à un plan de réorganisation. Mercredi, le taux de grévistes s'élevait à 30%. "La direction nous demande de travailler trois samedis sur quatre au lieu d'un sur deux jusqu'ici. Nous sommes environ deux cents manifestants et une délégation vient d'être reçue", a déclaré le secrétaire départemental de la CGT-Poste. Le plan de réorganisation déjà appliqué en province, qui doit être étendu à l'Ile-de-France, en deux vagues, en juillet et septembre, va mener à une charge de 150 à 200 colis par jour et par agent contre 120 aujourd'hui. Ce seront des heures supplémentaires non payées, une accélération des cadences. "Le personnel est très remonté, car il va perdre des samedis alors que c'est un jour où les enfants n'auront plus d'école", explique le délégué. Coliposte est une division du groupe La Poste qui a traité en 2007 environ 274 millions de colis, pour un chiffre d'affaires de 1 330 milliards d'euros, grâce à un effectif de 7 300 travailleurs sur une quinzaine de plates-formes.

 

Motor Presse (publications)

Les salariés du groupe de presse Motor Presse (Moto journal, L'Automobile Magazine, Golf Magazine...) ont décidé de se mettre en grève à compter de jeudi 17 juin pour protester contre le blocage des négociations sur un plan social. La direction a annoncé en avril un plan social prévoyant la suppression de 34 postes. "Nous sommes en négociations depuis, mais la direction ne veut absolument rien céder sur les contre-propositions faites par le CE, à part un poste", a déploré le secrétaire du CE. Le CE affirme également que la direction n'a pas tenu compte de recommandations qui lui ont été faites pas l'inspection du travail sur le plan social. Le comité d'entreprise craint des reventes de titres et des fermetures, jugeant que certains magazines "ne pourront pas fonctionner" à l'issue du plan social. Motor Presse France édite une vingtaine de titres spécialisés dans l'automobile, la moto, le tourisme et les loisirs.

 

SKF (Fontenay-Le-Comte, roulement à billes)

Les ouvriers de l'usine de roulements à billes SKF (groupe suédois) de Fontenay-le-Comte (Vendée) se sont mis en grève mercredi 17 juin après avoir appris le projet de la direction suédoise de fermer le site où travaillent 340 personnes. La fermeture du site est programmée pour le 4ème trimestre 2009. Le suédois SKF est le leader mondial des roulements à billes. Le site vendéen, qui comptait il y a plus d'un an quelque 470 salariés et 600 il y a trois ans, avait commencé à réduire ses effectifs pour atteindre début juin les 340 salariés avec un plan prévoyant de descendre à 250 salariés. En décembre 2008, SKF avait annoncé qu'il allait supprimer 2 500 emplois dont 1 300 intérimaires.

Deux mille personnes, dont de nombreux élus, se sont rassemblées samedi 27 juin devant l'usine à Fontenay-le-Comte pour protester contre la fermeture du. Devant une grande banderole sur laquelle on pouvait lire "600 000 Vendéens, 600 000 SKF !", étaient notamment présents le maire de la Roche-sur-Yon, Pierre Régnault (PS), et le président du conseil général de Vendée Philippe de Villiers (MPF). M. de Villiers a annoncé son intention de « polluer l'image de SKF » en achetant des pages dans les journaux économiques suédois, américains et français pour y dénoncer la politique du groupe suédois qui l'amène à fermer un site alors qu'il réalise "des millions de bénéfice". "Les dirigeants de SKF lisent les journaux comme une prière du matin", a-t-il expliqué. "Ce que craint le plus SKF, c'est son image. Du coup, on lui pollue son image jusqu'à ce qu'il renonce à fermer le site", a-t-il ajouté.

 

La classe ouvrière lui répondra que les entreprises qui ferment ou licencient alors que des profits sont réalisés, c’est la loi du capitalisme-impérialisme, loi qui n’exige pas seulement des profits, mais le maximum de profits ! Et le capitalisme, M. De Villiers, politicien de la bourgeoisie, ne le remet jamais en cause. Coup politicien donc d’un professionnel de la politique qui ne rêve que d’un capitalisme français qui domine l’Europe et le monde au seul profit d’une oligarchie française ! Les ouvriers et les employés de toutes les entreprises ne touchent pas le fruit de leur travail accaparé par les propriétaires capitalistes (dont M. De Villiers fait partie), ceux qui travaillent et produisent toutes les richesses ne décident de rien dans l’entreprise, c’est ce système que M. De Villiers défend, c’est de ce système dont il se nourrit ! Ce manieur de phrases (phrases parfois justes si l’on oublie les actes) ne récupérera pas la lutte de classe des SKF et de la population laborieuse à ses côtés, il n’appartient pas à la même classe, il en est même un ennemi !

 

Rhodia (chimie, Rhône)

Des salariés du groupe de chimie Rhodia ont cessé le travail lundi 22 juin sur plusieurs sites de production en France pour dire "non" aux quelque 200 suppressions de postes programmées (sur 4 700 salariés). La direction a souligné de son côté que ces suppressions de postes, dont 91 devaient initialement se dérouler dans un plan social, se feront dans le cadre d'une gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC), "sur un temps long". "Nous savons reclasser les gens, il n'y aura pas de licenciements secs", a ajouté une porte-parole mais ce sont aussi des suppressions d’emplois dont ne veulent pas les travailleurs de Rhodia. Quelque 150 salariés se sont rassemblés devant le site de Saint-Fons (Rhône), dans la banlieue de Lyon, pour un pique-nique sous des affiches "Non aux suppressions d'emplois". Trois ateliers doivent y fermer dans les 12 à 18 mois, entraînant la suppression de 74 postes sur 350. Les grévistes de Saint-Fons ont été rejoints lundi par des salariés du site tout proche de Belle-Etoile et des sites de Roussillon et Valence. A Paris, une réunion syndicats-direction s'est tenue dans l'après-midi au sujet des modalités de départ des salariés. La CGT continue à "se battre pour que les gens qui partent soient remplacés", a assuré un délégué. "Si une grosse entreprise comme Rhodia n'embauche pas, qui embauchera?", a-t-il encore dit.

 

Nationalisation sous contrôle ouvrier et sans indemnités des monopoles casseurs d’emploi, pour sauver l’emploi et assurer les besoins !

 

 

La Chaîne Marseille (média, Marseille)

Les 40 salariés de La Chaîne Marseille (LCM) seront en grève mardi 23 juin, pour la première fois depuis la création voilà quatre ans de cette télévision locale, pour protester contre les menaces qui pèsent sur leur avenir. La chaîne, présidée par Jean-Pierre Foucault et qui s'affirme la troisième télévision locale. "La Chaîne Marseille est-elle à vendre? (...) la chaîne va-t-elle fermer en septembre ?", s'interroge le communiqué en dénonçant le "silence" de la direction. Aucune grille n'est prête pour septembre et pour la première fois l'antenne sera fermée durant quatre semaines en août, tandis que tous les CDD ont été supprimés à partir du 1er juillet.  "Il y a beaucoup de négociations, mais nous ne sommes pas du tout associés. Tout va se passer au coeur de l'été. Le flou total avec le service minimum, ça fait un peu peur ! Pourtant, on a gagné le pari des téléspectateurs, on est bien installés", dit le délégué CFDT.  M. Foucault a indiqué aux salariés la semaine dernière que des négociations étaient en cours avec un groupe de médias, sans autre précision. "Les actionnaires qui portent la télévision depuis son début s'inquiètent (!) de la persistance du déséquilibre financier, et vu le contexte de crise économique, ne retrouvent pas la visibilité dont ils auraient besoin", dit le directeur. L'actionnariat de LCM regroupe, autour du groupe Caisse d'Epargne (49%), le quotidien La Provence (16%), la Safim (Foire de Marseille, 16%), le groupe audiovisuel AB Group (11%), le groupe de restauration Sodexo Alliance (4%) et le groupe Dassault (4%).

 

Areva (Nucléaire, Mâcon)

Les salariés de l'usine Areva de Mâcon ont manifesté mardi dans les rues de la préfecture de Saône-et-Loire pour protester contre toute cession de ce site du leader mondial du nucléaire. Tout est parti d'une information du Financial Times selon laquelle l'Etat français s'apprête à vendre 15% du groupe à des "partenaires stratégiques en Asie, au Moyen-Orient et ailleurs". En réaction, l'intersyndicale CGT-CFDT-CGC-CFTC a appelé à la grève sur les sites de Mâcon, Villeurbanne (Rhône), Petit Quevilly (Seine-Maritime) et Fabrègues (Hérault) mardi, jour du conseil de surveillance d'Areva. A Mâcon, massés derrière une banderole unitaire (CGT, SUD et CFE-CGC), proclamant "non à la casse de l'emploi, pour une vraie politique industrielle", une centaine des 700 salariés ont défilé, de leur usine jusqu'à la préfecture, où une délégation a été reçue. Pour Laurent Roussel, délégué CGT, une éventuelle cession du site T et D (Transmission et distribution) "ne correspond pas à une logique industrielle mais à une logique financière avec des risques importants de restructurations". De son côté, Francis Clément (SUD) a rappelé qu'"en 2004, après la cession d'Alstom à Areva, il y avait eu des restructurations malgré les promesses". Enfin, Gilles Dumont (CFE-CGC) a souligné le risque de voir cette cession "effectuée par appartements", la transmission et la distribution séparément. Selon lui, "cela serait la pire solution car même si le gouvernement s'est engagé à vendre en bloc (les activités de transmission et de distribution), rien n'empêchera le futur acquéreur d'effectuer ce découpage par la suite".

 

 

Crédit Agricole (services informatiques)

Les informaticiens du Crédit Agricole ont entamé jeudi 2 juillet des grèves pour obtenir des garanties sur l'emploi lors de la fusion des cinq sociétés informatiques de la banque d'ici 2014, qui pourrait entraîner un millier de suppressions d'emplois. L'intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, FO, SNECA, SNIACAM, SUD, UNSA réclame "des engagements sociaux" et d'être "partie prenante de l'étude de faisabilité", lancée fin avril et qui doit s'achever en octobre. "Sur une soixantaine de sites informatiques, seule une dizaine subsisteraient" et "un millier d'emplois seraient supprimés" sur 2 500, affirme un tract de l'intersyndicale. Environ 90% des 680 salariés du GIE Amt suivaient la grève jeudi matin. Chez Atlantica et Synergie, les arrêts de travail auront lieu de 14 heures à 16 heures. La future structure sera un GIE employeur, "sous convention collective Crédit Agricole", a précisé la banque. "La direction a fini par accepter que les informaticiens des GIE soient invités aux réunions de négociation. C'est nécessaire, car l'informatique doit rester un outil souple et adaptable", a déclaré la délégué CFDT.

Voir notre programme de luttes sur la création d’un vaste pôle public bancaire. .

 

Météo-France

A la veille d'un des premiers week-ends de l'été, les travailleurs de Météo-France ont fait une grève qui a obligé la direction à publier des prévisions limitées à 60% des départements, la fermeture prévue de 53 centres départementaux d'ici 2017 étant justement au coeur du conflit. "Les bulletins météo ont été produits dans tous les départements, mais pour 57% d'entre eux leur qualité est dégradée", a déclaré la direction de Météo France, chiffrant à 21,2% le taux de grévistes au niveau national et à 37% dans les centres départementaux. La mobilisation est réelle "dans les régions et dans les centres qui sont directement menacés", selon un syndicaliste CGT à Toulouse, où une grève avait duré 11 jours à l'automne 2008. Les météorologues s'inquiètent et sont révoltés de voir disparaître d'ici huit ans un demi-millier de postes sur 3 700, avec la fermeture de 53 des 100 centres départementaux, qui publient trois fois par jour un bulletin météo détaillé, permettant un "zoomage" très fin des prévisions. "Les clients les plus pénalisés seront les agriculteurs, les professionnels de l'aviation et du tourisme voire la population dans son ensemble. Ils ont besoin de prévisions fiables, bien déclinées le long de la carte de France", a déclaré un élu FO au conseil d'administration. Parmi ces clients, la grande distribution est gourmande en météo, pour gérer au plus près ses stocks de boissons fraîches, a-t-il précisé. "Avec le réchauffement climatique, ces clients ont besoin de Météo-France, qui a recueilli depuis des années des masses de données, permettant une plus grande fiabilité des prévisions, et qu'il serait dommage de ne pas analyser faute de personnel", a t-il estimé. Pour prévenir les feux de forêt, "il faut une connaissance très fine du vent et de son interaction avec le climat, je ne comprends pas pourquoi on programme la fermeture du centre de Toulon si ce n'est pour vendre les locaux", a déclaré un syndiqué CGT. 

 

 

Luttes pour les salaires

 

 

La revendication centrale et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à 1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et des pensions de 300 euros nets mensuels. A chaque militant et travailleur de faire grandir cette double exigence dans sa section syndicale et dans sa confédération. La question des salaires est un des axes centraux des luttes dans lesquelles s’impliquent les militants de l’URCF. La revendication d’une augmentation de 300 euros pour tous, est popularisée par le mouvement ouvrier et repris par de nombreux ouvriers en lutte, en particulier dans le secteur privé.

Alors que les grands PDG s’octroient des salaires et des indemnités de départ inimaginables, s’élevant à plusieurs millions d’euros, que les profits des entreprises atteignent 98 milliards en 2008, les salaires sont loin de rattraper les hausses du coût de la vie liées précisément à l’augmentation des profits et aux conséquences du passage à la monnaie unique. Les prix de l’énergie s’envolent avec des augmentations de 8%, la privatisation d’EDF-GDF devant induire des hausses beaucoup plus élevées afin de rémunérer les actionnaires ; ceux des loyers, pour lesquels les familles consacrent souvent la moitié de leurs revenus, ont augmenté d’environ 4% par an.
Un salarié sur six est payé au smic, tandis que de nombreux travailleurs jeunes, stagiaires, à temps partiel, vivent avec à peine 600 euros par mois. La baisse du pouvoir d’achat depuis 2000 est estimée à 10%.
Bien entendu, la faiblesse des salaires entraîne une insuffisance des prestations sociales (salaires indirects), une baisse du pouvoir d’achat des retraités et des privés d’emploi, toujours plus nombreux, au rythme de 3000 de plus par jour !
Les travailleurs doivent unifier les luttes pour augmenter la part des salaires dans la richesse qu’ils créent.

L’URCF revendique le SMIC à 1600 euros net, l’augmentation de 300 euros pour tous, tout en liant la lutte pour les revendications immédiates, indispensable et incontournable, à la dénonciation générale des fondements du capitalisme. Sous le socialisme, la plus-value produite servira directement à satisfaire les besoins sociaux (y compris par la hausse des rémunérations) et à développer l’économie planifiée démocratiquement au service des travailleurs.

 

Salaires contre profits ! Travail contre Capital !

Tapons dans les coffres-forts des entreprises et des autres monopoles, des banques et de l’Etat ! Pour cela, auto-organisons-nous en comité de grèves pour faire reculer les patrons, leur gouvernement et leur Etat !

 

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Westin (Hôtellerie de luxe, Paris, 1er arrondissement)

150 salariés de l'hôtel de luxe Westin à Paris (1er arrondissement), se sont mis en grève mercredi 3 juin, pour réclamer des augmentations de salaires alors que selon eux, leur établissement "ne connaît pas la crise". "Nous essayons de maintenir le service au maximum", a déclaré à l'AFP la directrice générale du Westin Paris, Marie-Paule Vande Velde. Le restaurant fonctionne a minima de même que le portage des bagages et l'organisation de réunions et banquets. Les grévistes, qui ont manifesté bruyamment au jardin d'hiver de l'hôtel dans la matinée, ont saisi l'occasion d'un séjour dans les prochains jours d'une délégation officielle américaine accompagnant le président Barack Obama, pour lancer leur action. Quelque 430 salariés sont employés par l'hôtel, situé rue de Castiglione près de la place Vendôme, et 150 devaient travailler dans la matinée. L'établissement compte 440 chambres et suites 4 étoiles. Ce mouvement reconductible, à l'appel de FO, CFE-CGC, CFDT et CFTC, vise à dire "stop à l'endoctrinement, la répression et l'exploitation des salariés", selon un tract. Ils réclament 2% d'augmentation générale, en plus des 1,24% déjà attribués pour 2009, de l'intéressement et de la participation, la "prise en charge par l'hôtel des collants, chaussettes et chaussures pour les salariés en uniforme", une "prime de nettoyage" pour ceux utilisant leurs effets personnels, des embauches et le "retour aux 11 jours fériés par an". En outre, ils veulent le "respect des deux jours de repos consécutifs" et de la "vie privée des salariés en respectant les horaires et jours de repos", l'"arrêt de la polyvalence systématique entre les services" et encore l'"achat du matériel nécessaire" pour travailler. La directrice générale a indiqué que « Le dialogue a toujours été ouvert » a-t-elle ajouté, précisant que cette grève était "une première". Le Westin Paris, ancien InterContinental, est possédé par une filiale de GIC Real Estate, la branche d'investissement dans l'immobilier du gouvernement de Singapour.

 

Cremonini (restauration TGV, France)

La quasi-totalité des assemblées générales de salariés de Cremonini assurant la restauration des TGV ont voté la reprise du travail jeudi 4 juin, mettant fin, au niveau national, à une grève de 24 jours, après un accord mercredi avec la direction. Les salariés ont gagné partiellement, après un total de 29 jours de grève depuis l'automne. Selon la CFDT, "les salariés attendent maintenant que Cremonini dénonce le contrat impossible" passé avec la SNCF après un appel d'offres à l'automne à l'issue duquel Cremonini a remporté le marché de la restauration des TGV (hors TGV Est) aux dépens de Wagon-Lits. Le changement est effectif depuis le 1er mars. Mais d'après la direction, "aucune dénonciation n'est à l'ordre du jour, au contraire la SNCF nous a renouvelé sa confiance et nous attendons sereinement le résultat de l'appel d'offres pour les Teoz (trains régionaux) que nous assurons déjà". Dans le protocole de fin de grève figure l'engagement de la direction d'augmenter l'intéressement de chaque commercial au chiffre d'affaires (de 0,5% en deçà des objectifs, 1% au-delà), d'ouvrir des négociations sur les plannings -les modifications intervenues depuis le 1er mars étant suspendues- et sur un troisième comité d'établissement. De plus, une clause sur les objectifs qui était imposée aux nouveaux embauchés ne doit plus l'être.

 

L’octroi de primes ou de « parts d’intéressement » ne peut satisfaire la revendication de hausse des salaires : l’individualisation de la rémunération est un piège pour les travailleurs, car elle aboutit à la mise en concurrence entre salariés et paralyse les luttes menées contre l’exploitation patronale.

 

Caisse régionale d'assurance maladie (Ile-de-France)

Le 9 juin, une grève pour le maintien de l'emploi et une hausse de salaires perturbe le paiement des pensions d'invalidité en Ile-de-France. Des dizaines de salariés, en grève depuis le 26 mai, se sont rassemblés mardi devant le siège de la Cramif, avec une banderole indiquant "Invalidité en grève", aux cris de "On ne lâchera pas !" ou "Ça va déborder, la coupe est pleine !". Selon l'intersyndicale FO-CGT-CFDT de la Cramif, qui a tenu une conférence de presse, "devant l'absence de négociations, le personnel n'a pu avoir comme recours que la grève". "Dans un souci de responsabilité, nous avons assuré le paiement précédent des pensions. Mais (...) la situation est bloquée. 72 000 pensions d'invalidité sont gérées par la Cramif. Une telle attitude de blocage de la direction entraînera le non paiement et le non traitement de 3 000 à 4 000 dossiers de pensionnés", d'après l’intersyndicale. En outre, "je ne peux pas m'engager sur des domaines qui ne sont pas de ma compétence", a ajouté le directeur général de la Cramif. Alors que les syndicats réclament notamment pour ces plus de 200 salariés une hausse salariale d'une centaine d'euros (les salaires nets des débutants se situant autour de 1.100 euros) et l'arrêt de la réduction du nombre de postes.

 

Société de gestion du tunnel du Mont Blanc

Les automobilistes avaient une heure et demie d'attente jeudi 11 juin à l'entrée française du tunnel du Mont-Blanc, où les syndicats de la SGTMB (société de gestion du tunnel du Mont Blanc) ont appelé à une "grève de la gratuité". "Tous les usagers sont dirigés vers l'unique péagiste italien", qui n'est pas en grève, a précisé une porte-parole des grévistes. Selon la préfecture de Haute-Savoie, qui reconnaît "un ralentissement de la circulation", 60% des personnels se seraient déclarés grévistes. A 11H00, la gendarmerie faisait état de deux heures d'attentes à l'entrée du tunnel, côté français. Cette grève, entamée jeudi à 6H00 et prévue pour 24 heures, vise à obtenir une augmentation des salaires de 2,1%, l'octroi d'une prime de 1.000 euros (dite "prime Sarkozy") à tous les salariés, en sus de l'intéressement, la mise en place du PERCO (plan d'épargne pour la retraite collectif) et le respect des engagements de la direction visant à répartir à parts égales les embauches entre la SGTMB et sa société homologue italienne en charge du tunnel.

 

Eurodif (Commerce-distribution, France)

Un mouvement de grève a touché mercredi 24 juin des magasins d'habillement et de décoration Eurodif lors du premier jour des soldes en raison de débrayages à l'appel d'une intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFTC pour de meilleurs salaires. Un tiers des quelque 80 magasins ont été touchés par des débrayages de plusieurs heures, comme à Rennes où 11 CDI sur 13 sont sortis à l'extérieur entre 12H00 et 14H00 pour distribuer des tracts et faire signer une pétition. L'intersyndicale avait appelé à un mouvement de grève nationale inédit dans l'histoire d'Eurodif. La direction propose une augmentation de 4 centimes du taux horaire pour 734 (catégorie D) des 1 343 salariés ayant le statut d'employés et une enveloppe pour des augmentations individuelles. "Cela ferait passer le taux horaire à 8,96 euros alors que le Smic va être de 8,83, ce n'est donc pas une avancée pour nous", a commenté une déléguée CFDT. "Nous n'avons aucune garantie, ni aucun critère d'attribution de l'enveloppe pour les primes individuelles, donc nous avons demandé une augmentation générale de 2%", a précisé la syndicaliste. "Les salariés ne comprennent pas; en 2008 nous avons été bénéficiaires pour la première fois depuis six ans, avec 3 millions d'euros de bénéfices, et les 2% représentent seulement 10% de ce bénéfice", a indiqué la déléguée CFDT. La chaîne de magasins Eurodif emploie au total 1 660 salariés pour un chiffre d'affaire de près de 180 millions d'euros.

 

LyondellBasell (raffinerie de Berre L'Etang, Bouches-du-Rhône)

Quelque 150 salariés de la raffinerie de Berre L'Etang (Bouches-du-Rhône) ont manifesté mercredi 3 juin devant le siège français des Hauts-de-Seine de leur ex-employeur Shell pour lui demander de garantir leurs acquis sociaux, notamment les retraites. Les représentants de l'intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, FO, CFE/CGC) du site ont été reçus dans l'après-midi par la direction au siège, situé à Colombes (Hauts-de-Seine). "Tout ce qu'on a obtenu aujourd'hui, c'est une nouvelle réunion demain (jeudi) mais en présence de notre avocat et des juristes de Shell", a indiqué le porte-parole de l'intersyndicale. Le site pétrochimique de Berre L'Etang, qui emploie quelque 1 500 travailleurs, avait été vendu en avril 2008 par Shell au groupe néerlandais LyondellBasell, aujourd'hui en difficulté. LyondellBasell, issu du rachat de Basell par Lyondell, a déposé en janvier dernier le bilan de ses activités aux Etats-Unis et a récemment annoncé son intention de réduire de 15% ses effectifs dans le monde. "Quand Shell nous a vendus, nous avions obtenu des garanties pour maintenir nos acquis sociaux jusqu'au 31 décembre 2010 dans le cadre de toutes les activités", notamment la possibilité de partir en retraite anticipée, a expliqué le porte-parole CGT. "Aujourd'hui, nous voulons que Shell se porte garant si LyondellBasell se casse la figure", a-t-il ajouté, précisant que "la cession du passif social faisait partie du deal entre les deux groupes".  "Nous n'avons jamais garanti que nous nous substituerions au repreneur en cas de difficulté. Et au moment de la vente, personne ne pouvait prévoir la crise économique actuelle et son ampleur", répond un responsable de la direction patronale. Dans un communiqué du 19 mai, Shell s'était pourtant dit "disposé à explorer des pistes de travail avec la direction" de LyondellBasell au vu du "caractère exceptionnel du moment".

 

 

Luttes pour les conditions de travail

et les services publics

 

 

Pôle emploi (La Ferté-Alais, Essonne)

La prochaine fermeture de l'antenne Pôle-emploi de la Ferté-Alais, petite commune francilienne en zone rurale, a suscité une manifestation du personnel à Corbeil-Essonnes jeudi 18 juin, jour d'un appel national à la grève. Une quinzaine d'agents Pôle emploi du département, dont les syndicats ont reçu le soutien d'élus « de tous bords », se sont rassemblés pour protester. Selon la secrétaire départementale SNU-FSU, la fermeture prévue à la fin du mois de ce point relais de La Ferté-Alais va entraîner des difficultés de transports pour les demandeurs d'emploi des 27 communes situées en zone rurale qui y sont suivis. Ils devront en effet se tourner vers les agences de Corbeil-Essonnes et Etampes, "en moyenne à plus de 30 km de la Ferté-Alais" et cela va créer une "zone désertée par le service public de l'emploi". Les gens qui n'ont pas les moyens de se déplacer seront radiés. Une demi-douzaine de conseillers travaillent au Pôle emploi de la Ferté-Alais. Ils suivent jusqu'à 1 500 demandeurs d'emploi. Il est prévu de fermer le site qui compte moins de 15 agents. 1 600 entreprises se trouvent dans le secteur. La fusion ANPE-Assedic est censée améliorer les démarches des chômeurs, en leur évitant notamment de multiplier les déplacements… Le réseau pourrait comporter de 1000 à 1200 lieux ouverts au public (contre 1 500 avant la fusion).

Le même jour, 400 salariés franciliens de Pôle emploi ont manifesté à Paris à l'appel de 6 syndicats pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et du service aux chômeurs, liée à une fusion "à marche forcée" et à la crise. "Pôle emploi en colère, les chômeurs dans la galère", scandaient notamment les travailleurs manifestants qui ont défilé de la place de la Bastille à la République à l'appel des syndicats CFDT, FO, CFTC, CGT, SNU et SUD.  "C'est un vrai bin's, ça craque. Nos conditions de travail se dégradent beaucoup du fait d'une fusion à marche forcée. On nous demande de fusionner deux métiers totalement différents. Et nous ne sommes pas assez nombreux face au nombre de plus en plus important d'inscrits dus à la crise: il y a 120 à 130 demandeurs d'emplois pour un conseiller, parfois beaucoup plus", a dit Serge, 55 ans, ex-ANPE travaillant à Paris. Pour Annette, une ex-ANPE, "le gouvernement a voulu fusionner très vite pour donner une image dynamique, mais n'y a pas mis assez de moyens". "Les demandeurs d'emploi arrivent dans un état d'angoisse épouvantable et ne nous trouvent pas à la hauteur. Vu la crise, il faudrait un apport très fort d'effectifs (...) et plus d'argent pour les former", a-t-elle jugé, en critiquant "la sous-traitance accrue à des officines privées". Siham (CGT), ex-ANPE travaillant dans l'Essonne, a évoqué des "collègues désemparés, qui doivent tout faire à la va-vite et qui sont beaucoup plus nombreux en arrêt maladie" car "on n'arrive plus à faire face". "Pôle emploi n'a pas assez d'effectifs pour verser les indemnités, placer les chômeurs et accueillir les bénéficiaires du RSA: il y a 90 personnes en renfort sur 250 sites franciliens, or il manque 8-10 personnes sur la plupart des sites", selon un syndiqué du SNU.

 Voir Pôle emploi (mois de janvier).

 

Bon Marché (commerce-distribution, Paris).

150 travailleurs du Bon Marché ont manifesté jeudi 11 juin à Paris devant leur magasin (VIIe arrondissement) pour protester contre le projet de la direction patronale d'étendre les horaires d'ouverture à partir du 1er septembre. Selon ce projet, la fermeture habituelle à 19H30 devrait être repoussée à 20H00 et l'ouverture nocturne -jusqu'à 21H00 -, qui a lieu actuellement le jeudi, devrait également être étendue au vendredi. Les salariés, essentiellement des femmes, s'étaient rassemblés dans la matinée à l'appel de la CFDT, de la CGT et de FO. Ils voulaient alerter la direction sur les conséquences de ces changements d'horaires sur leurs conditions de vie et exiger des garanties. La déléguée CGT, refuse "de travailler plus tard, même avec des compensations, sinon le personnel aura la vie cassée". Pour la déléguée FO, "on ne peut pas compenser des moments de vie qui n'existeront plus entre les familles par de l'argent". "Nous n'accepterons pas de brader la vie des gens, nous voulons des compensations significatives", a-t-elle ajouté. La déléguée CFDT, déplore qu'il n'y ait "aucun dialogue social, aucune embauche, aucune augmentation dans cette entreprise", et craint également "de devoir travailler le dimanche".

 

Nous soutenons le combat des travailleurs des grands magasins et des commerces, qui devront faire le lien avec tout le peuple-travailleur et opposer au gouvernement l’intérêt commun de tous les travailleurs et leurs familles à ne travailler ni le dimanche ni le soir, à revendiquer de véritables 35 heures avec une demi-journée de repos dans la semaine (pour faire ses courses par exemple !), en plus du week-end et sans diminution de salaires. Les compromis ou les « compensations significatives » ne peuvent venir que lorsqu’on a perdu cette bataille.

Pour cela et les augmentations de salaires (300 euros nets, 1600 euros nets pour le Smic), tapons dans les coffres forts des entreprises, des banques et de l’Etat ! Pour cela, ensemble, tout le peuple-travailleur, organisons-nous pour faire reculer les patrons, leur gouvernement et leur Etat !

 

 

Lagardère Active (pôles presse et publicité, Hauts-de-Seine)

Les salariés des pôles presse et publicité de Lagardère Active (JDD, Elle, Télé 7 Jours...) ont voté jeudi 4 juin une grève pour le 8 juin contre la volonté de la direction de "remettre en cause des accords d'entreprise"La grève a été votée à l'unanimité lors d'une assemblée générale ayant réuni quelque 1 000 salariés, sur 1 200 travaillant sur le site de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Il n'y a eu aucun vote contre, ni aucune abstention. Les salariés s'opposent à ce que la direction du groupe remette en cause les accords concernant notamment le temps de travail, la baisse du nombre de congés ou de RTT. "La direction prépare de nouvelles suppressions d'emplois et une attaque sans précédent contre nos congés et nos conditions de travail", dénoncent les salariés, qui ne veulent pas « faire les frais des erreurs stratégiques et organisationnelles du président du directoire du groupe, Didier Quillot ». La direction a récemment annoncé aux syndicats "de façon informelle" son intention de renégocier des accords d'entreprise, portant notamment sur le temps de travail. "Il est au contraire urgent de répondre à nos revendications : non aux suppressions de postes, titularisation immédiate de tous les CDD et pigistes permanents, embauche des personnels nécessaires dans les services et rédactions surchargés, non à la remise en cause de nos accords d'entreprise, augmentation des salaires, non aux externalisations", ajoute le texte de la résolution des salariés. Une nouvelle assemblée générale se tenait lundi 8 juin pour décider des suites du mouvement. Le groupe de médias Lagardère Active, qui a annoncé deux plans d'économies et de suppressions de postes dans le monde depuis 2007, est le premier éditeur de presse magazine en France, avec des titres comme Elle, le Journal du Dimanche ou Télé 7 Jours, et appartient au monopole militaro-industriel Lagardère. Le lundi, un communiqué de l'intersyndicale informe que les salariés ont décidé qu'ils reprendraient le travail mardi, après avoir reçu des assurances de la direction. Réunis en assemblée générale, les salariés ont "pris acte" d'une "déclaration de la direction générale qui ne souhaite pas remettre en cause les accords d'entreprise, « mais n’évoque pas les autres revendications avancées par les travailleurs du groupe ». Salariés et syndicats demandent toutefois que les discussions avec la direction "répondent clairement et positivement en priorité" à trois revendications : arrêt des licenciements et des suppressions de postes, engagement formel au maintien des accords d'entreprise et titularisation des CDD et pigistes permanents.

 

 

Pour conclure sur les luttes de juin

 

Alors que la classe ouvrière intensifie localement les luttes pour sauver ses emplois ou pour des augmentations de salaires, la guerre impérialiste s’intensifie en Afghanistan en même temps que son coût financier. La France, qui a sa propre flotte d'avions-radars, refusait de participer à la totalité des frais de gestion de cinq des Awacs appartenant à l'Otan. Sur les 100 millions d'euros par an que devait coûter leur emploi en Afghanistan, Paris paiera finalement deux à trois millions d'euros annuels, sans compter les dépenses liées à l'intervention d'avions ravitailleurs. L'Allemagne, responsable de 51% des rotations aériennes en Afghanistan, réclamait depuis des mois des Awacs "pour assurer la sécurité du trafic aérien militaire et civil" dans le pays envahi. Rappelons que l’envoi supplémentaire de 700 soldats français en Afghanistan a coûté 300 millions d’euros annuels et que plus de 3000 soldats français sont déployés en Afghanistan !! Une paille pour un budget militaire français qui est le 3ème du monde !! 

Troupes françaises impérialistes, hors d’Afghanistan et hors d’Afrique !     

 

Nous saluons aussi toutes les luttes de classe dans les entreprises et ailleurs dont notre organisation révolutionnaire n’a pas eu connaissance. Salut de lutte, en particulier, aux travailleurs des centrales nucléaires, ainsi qu'aux étudiants et personnels-travailleurs de l'université Toulouse II Le Mirail qui, le 8 juin, ont  à nouveau bloqué leur fac contre les projets bourgeois de démantèlement de l’enseignement supérieur public : ce n’est qu’un début, continuons le combat, sur tout le territoire, auto-organisons nous en comités de lutte !

 

Retrouvez notre programme sous le thème : « Le socialisme : seule alternative au capitalisme » ici

Commission ouvrière et d’entreprises de l'URCF, 24 juillet 2009

 

 

N.B : Rappel des annonces de suppressions d'emplois qui se sont succédé ces derniers mois en France, dans un contexte de crise :

 

 Dans l’ INDUSTRIE ELECTRONIQUE 

 ? Composants:

        - NXP: 360 postes supprimés, notamment sur le site Caen-Côte de Nacre

        - Atmel: mise en vente de l'usine de Rousset, près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), 1.300 emplois en jeu

        - Texas Instruments: 305 emplois supprimés à Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes)

        - Freescale: 1.100 emplois menacés à Toulouse

        - Soitec: une centaine de postes supprimés

        - Altis: 400 suppressions à Corbeil-Essonnes (Essonne)

        - ST-Ericsson: 146 emplois touchés, dont 96 dans l'usine de Colombelles, près de Caen

        - Molex: projet de fermeture de l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), 283 emplois

        - FCI: grève de six semaines (de fin février à début avril) par crainte d'un plan social

        

? Vidéo:

        - Sony: fermeture mi-avril du site de Pontonx-sur-l'Adour (Landes) employant 311 salariés et spécialisé dans la production de bandes magnétiques vidéo

       

Informatique:

        - Fujitsu: 112 postes supprimés, principalement à Roissy

        - Packard-Bell: 240 emplois touchés à Angers (Maine-et-Loire)

        - Nec Computers: 387 dont 334 à Angers

 - Hewlett-Packard (HP): 540 postes

        - Alcatel-Lucent: 1.000 suppressions de postes et transfert de 205 postes chez HP d'après les syndicats

        - Nortel: 467 postes à Châteaufort (Yvelines)

        - Oracle: 250 postes

        - ST-Ericsson: 146 postes dont 96 à Caen

 - LST Electronique: 140 licenciements

 

Dans le secteur AUTOMOBILE

 

- Michelin: 1.093 suppressions de postes, à Tours, Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) et Noyelles-lès-Seclin (Nord), et plan de 1.800 départs volontaires entre 2010 et 2012

          - Heuliez: 400 licenciements à Cerizay (Deux-Sèvres)

          - SKF: 380 licenciements à l'usine de Fontenay-le-Comte (Vendée) qui ferme

          - Mecacorp: 368 postes principalement à Izernore (Ain) et Valreas (Vaucluse)

          - New Fabris: 366 postes à Châtellerault (Vienne)

          - Bosal: 298 licenciements à Annezin (Pas-de-Calais)

          - MBF Technologies: 166 licenciements à Saint-Claude (Jura)

          - Sudrad Roues: 147 postes à Soultzmatt (Haut-Rhin)

          - Rioglass: 95 licenciements à Bagneaux-sur-Loing (Seine-et-Marne)

          - Raguet: 73 licenciements à Monthermé (Ardennes)

 

Dans la branche PHARMACIE     

 

          - Sanofi-Aventis: plan de départs volontaires ouvert à 850 chercheurs et 450 salariés des fonctions administratives

 

En INTERIM

 

          - Adia: fermeture d'une centaine d'agences, 350 postes supprimés

 

Dans la branche CHIMIE

 

           - Arkema: 239 postes, à Carling (Moselle) et Bernouville (Eure)

           - Dow Chemical: 200 suppressions d'emplois et fermeture du site de production de Semoy (Loiret)

           - Legré-Mante: 48 licenciements à Marseille

 

LOISIRS, HOTELLERIE, AERONAUTIQUE

 

           - Air France: 4.480 suppressions de postes d'ici 2011

           - Accor: 230 postes supprimés à Paris et Evry

           - Club Méditerranée: 169 postes à Paris et Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)

           - Union française des centres de vacances: 149 postes supprimés

        

DIVERS

 

        Néo Sécurité (gardiennage, 798 postes supprimés)

        Marionnaud (parfums, 700)

        Manitowoc (grues, 560)

        Altran (plan pour 500 départs volontaires)

        DHL (messagerie, 435)

        Capdevielle (meubles, 280)

        Fujifilm (278)

        Manuest (cuisines, 248)

        Chaffoteaux et Maury (chaudières, 207)

        La Poste (200 à 300 départs volontaires)

        Manufacture Française de sièges (194)

        Thales Avionics (180)

        Kraft Foods France et LU France (170)

        Frigeline (transports, 159)

        Teleperformance (centres d'appels, 157)

        Unilever (153)

        Etienne (papeteries, 115)

        Wolters Kluwer France (médias, 111)

        Osram (ampoules, 108)

        Aubade (lingerie, 104)

        Staples (matériel de bureaux, 93)

        Albany International (papeterie, 91)

        Cesa (cuisines, 76)

        Avelana (habillement, 59)

        Bernardaud (porcelaine, 51)

        H2X (entreprise navale, 45)



[1]              Chômeurs de catégorie 1, alors qu’il y a au total huit catégories de chômeurs.

 
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