SOLIDARITE DE CLASSE AVEC LA GREVE GENERALE DE GUADELOUPE !
Une situation sociale explosive
Les travailleurs de Guadeloupe connaissent paupérisation, chômage massif (près de 50 % de la population), logements insalubres, loyers aux prix exorbitants, jeunes diplômés qui ne trouvent aucun emploi. Le niveau de vie général de la Guadeloupe et de la Martinique est proche de celui d’un Etat du « Tiers-Monde » : salaires qui représentent un tiers de ceux de la métropole, pour des prix 2 à 3 fois plus élevés. L’antagonisme fondamental de la société guadeloupéenne oppose les descendants d’esclaves et les autres travailleurs aux descendants des négriers (qui tiennent toujours l’économie locale) et aux monopoles comme Total.
Rappelons que l’île voisine, le Cuba de Fidel et du Che, cible des campagnes anticommunistes, offre à ses citoyens, malgré les difficultés engendrées par le blocus, de meilleures conditions d’accès au logement, à l’éducation et à la santé.
Une formidable et massive grève générale
Depuis le 20 janvier, la grève générale n’a cessé de s’élargir et a rencontré la solidarité massive et active de la majorité de la population. Ecoles, grands magasins, ports, transports routiers, stations services, ont cessé leurs activités. Le LKP (en créole « collectif contre l’exploitation outrancière ») a forgé une plateforme revendicative de combat qui traduit les aspirations de tout un peuple :
- Hausse générale des bas salaires, pensions, minima sociaux, de 200 euros
- Baisse de 30 % du prix des produits de première nécessité
- SMIC guadeloupéen calculé sur le coût de la vie dans l’île
Le gouvernement, sourd aux revendications, mise sur le pourrissement et la répression
Le pouvoir de Sarkozy n’entend pas la colère de tout un peuple. Yves Jégo ou M. Alliot-Marie, au bout de 5 jours de grève, annonçaient déjà « l’amorce de la reprise ».
Elie Domota, le dirigeant du LKP fait remarquer à juste titre : « La Guadeloupe est une colonie, parce que jamais dans un département français, on n’aurait laissé pourrir la situation aussi longtemps ». En effet, ceux qui n’ont à la bouche que le terme de « départements d’outre-mer » n’ont assuré ni l’équité ni l’égalité de traitement avec la métropole. Le pouvoir a hésité, lors des négociations, mais devant le refus du patronat et la crainte de la « contagion » sur le continent, de la hausse des salaires, il a choisi la voie du pourrissement et du déploiement toujours plus nombreux des corps de gendarmerie.
La mort tragique du syndicaliste CGTG, Jacques Bino, quelles qu’en soient les circonstances exactes, est la conséquence du refus de Paris de satisfaire les revendications et les besoins urgents des Guadeloupéens, en misant sur le pourrissement.
Travailleurs de métropole, nous n’avons pas pu encore, du fait de l’inertie des directions syndicales nationales, exprimer notre solidarité par des arrêts de travail ou des grèves qui auraient constitué un sérieux appui à la grève générale et à nos frères de classe de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane. Agissons dans nos syndicats et entreprises, pour que notre union avec les travailleurs des Antilles s’exprime par des actions et arrêts de travail : solidarité de classe avec la Guadeloupe !
Marxistes-Léninistes, nous sommes solidaires des peuples opprimés par l’impérialisme français, le droit à l’autodétermination est un principe intangible de la politique communiste, y compris jusqu’à la séparation. Ces peuples doivent décider en toute liberté de leur avenir.
L’urgence, c’est de populariser les revendications et le combat des travailleurs de la Guadeloupe, d’exiger du pouvoir un OUI aux aspirations exprimées par la majorité du peuple guadeloupéen, et le retour des troupes dans leurs casernes !
URCF le 19 février 2008