Darcos recule sur le lycée : première victoire !

Avançons avec le front des luttes

pour la défense de l’école publique, contre le capital !

 

L’annonce est tombée ce lundi 15 décembre : le ministre de l’Education Darcos ajourne son projet de réforme des lycées.

« Le climat n’était pas serein », dit-il. Aveu à peine voilé des fortes inquiétudes suscitées, au sein du pouvoir sarkozyste, par la montée des mobilisations chez les enseignants, les parents, et, ces derniers jours, par l’entrée en scène croissante de la jeunesse lycéenne et étudiante.

 

Ce recul, c’est une victoire importante, résultat des grèves du premier trimestre et de l’ampleur des manifestations.

C’est aussi le témoignage de la peur qui hante le gouvernement et le grand capital : voir éclater des conflits majeurs contre leur politique globale qui aggrave la misère et l’insécurité pour le plus grand nombre, pour accroître l’enrichissement d’une minorité de profiteurs et de spéculateurs, sur fond de crise économique du système capitaliste.

 

Mais ce recul ne saurait nous conduire à la sérénité voulue par le ministre. La réforme des lycées est reportée, et non pas retirée. Pour l’instant, aucun de ses aspects les plus dangereux n’est abandonné, à commencer par celui des 13 500 suppressions de postes, pour la rentrée prochaine. Pour tenir son plan triennal de dizaines de milliers d’emplois à supprimer, commandé par la stratégie de Lisbonne (diktat de l’oligarchie européenne, signé en 2001 par Chirac et Jospin), l’ Etat capitaliste français ne renoncera pas à sa politique de casse des enseignements, des cadres nationaux et du baccalauréat dans le second degré.

 

De même, s’il cède provisoirement sur le lycée, il a bien d’autres chantiers en cours, pour mettre en œuvre sa politique de privatisation rampante de l’école publique : la loi Pécresse, qui impose aux universités le recours aux financements privés ; la loi Fillon, qui organise au collège l’éviction d’un nombre croissant de jeunes vers l’apprentissage patronal ; la suppression programmée du BEP dans les lycées professionnels (et la relance du CAP moins qualifiant) ; et dernière contre-réforme, celle de l’école primaire, qui réduit le temps scolaire et démantèle les Rased (« réseaux d’aide et de soutien ») ; autant de coups portés contre le système éducatif et les jeunes en difficultés scolaires, qui révèlent le contenu de classe de cette politique gouvernementale, fondée sur la loi de la rentabilité financière, et répondant exclusivement aux besoins des monopoles.

 

Les lycéens et les travailleurs de l’Education ont donc toute légitimité à poursuivre leurs mobilisations dès demain : l’URCF soutient pleinement les appels à manifester massivement mardi et jeudi prochain, et contribuera à l’élargissement de ce front de luttes contre les suppressions de postes et les contre-réformes de Darcos.

 

Le gouvernement vient de montrer qu’il est faible, et qu’il  n’y a pas de fatalité : pour refuser de payer la crise du capitalisme, dans l’Education comme dans tous les secteurs économiques,  les travailleurs et la jeunesse sauront se mobiliser pour leurs revendications fondamentales : défense des emplois, hausse des salaires ! Ils sauront s’unir pour mettre en échec les politiques mises en œuvre par le patronat tant en France que dans l’Union Européenne.

 

Par leurs luttes, les travailleurs et la jeunesse traceront des perspectives politiques populaires nouvelles, qui devront remettre en cause la domination du capital monopoliste, et préparer les conditions de la révolution socialiste,  car le socialisme est la seule véritable alternative à cette société capitaliste  pourrissante.

 

L’URCF, Commission Ecole.  Le 15 décembre 2008
 
[ Luttes ]
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