SUR LE FRONT DES LUTTES (dossier)

 sommaire du dossier:
Edito
Le 29 janvier
les luttes de novembre:   Altadis (Metz), Afpa (Formation), Aéroport de Roissy, Monaco (industrie), Perrier (Nîmes), Véolia (Bordeaux), Education (Créteil), Printemps (commerce-distribution), Amora Maille (Unilever, Dijon), Toyota (Nord), Audiovisuel public, Caisse d'Epargne, C&A (commerce-distribution)..... lire
les luttes de Décembre:   Arkema (Chimie), Ikea (distribution-commerce), Faurecia (équipementier automobile), Terminal pétrolier de Fos (Port, Bouches du Rhone), IUT (Midi-Pyrénnées), Mecaplast (Monaco), Molex (Villemur-sur-Tarn), Eboueurs d’Orléans .......lire

 EDITO

En novembre et décembre, le front des luttes économiques est marqué par plusieurs facteurs nouveaux : le Capital et son gouvernement font payer aux forces du travail et les souffrances de la crise, frappant la classe ouvrière et les couches moyennes ; la colère monte, les luttes se radicalisent et obligent les syndicats à appeler (à reculons) à une journée de grève interprofessionnelle. Conditions objectives qui favorisent des avancées dans l’unification des communistes marxistes-léninistes dans une seule organisation.

 2009 : la France de Zola est de retour !

La tâche centrale de l’heure est de faire payer la crise par ses fauteurs : banquiers et monopolistes. Le constat doit être franc, malgré les luttes nombreuses, la riposte globale est insuffisante. Les capitalistes ont commencé à nous faire payer, s’attaquant massivement à l’emploi et aux salaires. La récession prévue par Intervention Communiste, en février 2008, est là pour de longs mois. Les plus exclus sont déjà les premières victimes. Au 21ème  siècle, en France, on meurt de froid, des malades sont victimes de la loi de rentabilité financière qui détruit la santé publique. L’Etat capitaliste et son gouvernement pillent les revenus du travail pour le sauvetage des banques avides de fonds de pension, de spéculations. L’école, les hôpitaux, la poste sont voués à fonctionner, non au service des besoins populaires, mais pour dégager des profits aux usuriers contemporains.

 Forger la riposte populaire à la hauteur

Les « réformes », qui continuent, montrent que la crise ne ralentit pas la mise en œuvre de la stratégie monopoliste : détruire les conquêtes sociales du 20ème siècle, dégager le maximum de profits en surexploitant la classe ouvrière et les autres travailleurs dans l’hexagone et dans le monde. Quand on prend des coups, le premier réflexe est parfois de baisser la tête. Puis la colère peut se transformer en grogne et en lutte, si les organisations ouvrières jouent leur rôle. La question de la hauteur de la riposte est donc centrale. La forte mobilisation gréviste des enseignants et l’entrée massive des lycéens avec leurs actions de rue ont réussi à « suspendre » le projet de loi Darcos. La bourgeoisie craint une révolte de la jeunesse comme en 68 ou en Grèce aujourd’hui.  Prenons l’exemple de la lutte pour défendre l’école publique. Il faut travailler à fédérer les générations et les catégories professionnelles pour construire la riposte globale à la hauteur. Ce qui alimente la colère, c’est la mise à nu du mensonge du capital et du pouvoir. « Les caisses sont vides », « il faut résorber les déficits publics » constituaient les phrases des gouvernants pour rejeter les revendications populaires. Le capital se sent soutenu pour mieux dégager ses profits en cassant les emplois, en aggravant le chômage (plus 300 000 au dernier trimestre 2008). Les résistances existent avec des formes  radicales de luttes : séquestration de patrons, occupations d’usine, blocage des routes, appels à la solidarité. Cependant l’expérience montre que pour faire reculer le pouvoir et le patronat, il faut un large mouvement gréviste interprofessionnel autour des revendications fondamentales : défense de l’emploi et hausse générale des salaires.

Le 29 janvier, « journée interprofessionnelle de mobilisation » peut être le chant du cygne (si les bureaucraties syndicales limitent l’action) ou le point de départ de la riposte globale nécessaire, y compris la grève générale, pour imposer des reculs au pouvoir et satisfaire les revendications urgentes, les travailleurs et les syndicalistes de classe et de masse ont une tâche d’ampleur.

S’agissant du mot d’ordre « grève générale » ou « journée de grève interprofessionnelle », le choix des mots n’est jamais neutre, il sert toujours telle ou telle position de classe. Depuis quelques années, FO devant le refus de la CGT et autres d’organiser une riposte unie par une stratégie de convergence des luttes, a popularisé (sans passer aux actes) le mot d’ordre de grève nationale interprofessionnelle. Ce terme désigne un mouvement distinct de la grève générale, puisqu’il évoque le caractère corporatif (interprofessionnel) et fut employé par les tenants de « l’indépendance des syndicats », c’est-à-dire de « l’indépendance » vis-à-vis des partis ouvriers, avec le culte de l’apolitisme.  Dans les conditions actuelles, après des années de grèves isolées les unes des autres par la volonté des directions du syndicalisme d’aménagement, la journée du 29 janvier, « journée d’actions et de grèves interprofessionnelles » peut constituer une transition, une étape vers une mobilisation supérieure ciblant la politique du pouvoir et du capital, par l’appel à la grève générale y compris politique. 

Dans plusieurs Etats de l’union européenne, des grèves générales ont été organisées : Portugal, Italie, Belgique, Grèce, qui ont vu des millions de travailleurs, cesser le travail. La Grèce est le spectre qui hante l’UE. Les dirigeants de cette entente impérialiste ont même donné la directive aux médias, de ne pas trop évoquer la dernière grève générale de décembre en Grèce, sur fond de révolte de la jeunesse lycéenne et estudiantine et d’existence d’un parti communiste de masse. Ce qui est mauvais pour eux, est bon pour nous, travaillons patiemment, sur la base de la dénonciation de la politique du capital et de ses agents et de la solidarité de classe avec toutes les revendications et luttes, à forger les conditions de la grève générale.

 

Le socialisme au 21ème siècle, seule réponse populaire au capitalisme

Quand les conditions objectives de luttes progressent, c’est un moment où les formes de luttes et les mots d’ordres avancés sont décisifs. L’URCF, en lien avec son travail bolchévique en direction des entreprises et de ceux qui luttent, appelle à agir partout dans les comités populaires de lutte ou à en créer de nouveaux. Ces comités locaux larges défendront, à partir de cas concret, chaque emploi d’un bassin, chaque entreprise ou service public menacés et feront le lien avec l’intérêt de toute la population locale. Le point d’ancrage des communistes y sera la défense des intérêts et des positions de la classe ouvrière, avec l’objectif permanent de favoriser tout ce qui va dans le sens de l’intervention des masses. Le travail dans ces comités, déjà commencé et qui donne des résultats, a aussi des motifs stratégiques. Ils préfigurent l’unité populaire sous direction ouvrière nécessaire à la victoire de la Révolution. Ces comités pourront constituer un lieu de double pouvoir (après étapes) et favoriser la démocratie directe (début de rupture objective avec les fortes traditions parlementaires et délégataires du mouvement ouvrier français)[1]. Le léninisme nous enseigne qu’il faut agir là où les masses proposent et agissent[2]. Les mots d’ordres ne sont valables que s’ils sont compris par les masses (« compris » au sens marxiste-léniniste de repris par les masses). L’heure est à relier la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontrer patiemment que le socialisme est la seule alternative populaire au capitalisme. Dans les comités locaux de défense de l’emploi, nous avancerons par exemple notre mot d’ordre d’interdiction des licenciements ou de nationalisation sans indemnité des entreprises et monopoles casseurs d’emploi ! Ces nationalisations que nous préconisons comme axes de luttes visent bien à satisfaire les besoins urgents de l’immense majorité, l’extension des droits des salariés, la création de comités d’usagers/personnels, le droit de véto des syndicats aux décisions patronales. Les entreprises nationalisées seront l’objet d’une âpre lutte de classe entre les monopolistes, leur Etat et les travailleurs cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les masses verront  alors (si les communistes jouent leur rôle) que la seule loi de la bourgeoisie monopoliste, en classe parasite est la satisfaction de son intérêt étroit de caste. Ou bien, les capitalistes, une fois de plus reprennent ce qu’ils ont dû concéder sous la pression des luttes du mouvement populaire, ou le mouvement ouvrier et populaire se débarrasse du capitalisme.   

Les communistes  doivent opérer leur travail d’avant-garde. Il faut transformer la colère en conscience anticapitaliste, forger un front anticapitaliste avec pour objectif stratégique, la révolution et le socialisme. Cette lutte nécessite un outil révolutionnaire : le parti communiste, marxiste-léniniste. Les rencontres de l’URCF avec d’autres organisations communistes et  la volonté des organisations du CNU de se fédérer montrent que 2009 peut voir des pas significatifs vers l’unité d’action, avec pour visée stratégique la fondation du parti communiste, authentiquement révolutionnaire qui, sur la base des principes léninistes de l’Internationale Communiste, doit guider la mission historique de la classe ouvrière et des forces du travail : abolir le salariat et l’exploitation de l’homme par l’homme, conduire l’édification du socialisme.

 


Sur la journée du 29 janvier : TOUS ENSEMBLE ET EN MEME TEMPS !

La journée d’action du 29 janvier, à l’appel de la CGT, la CFDT, FO, SUD, la FSU, la CGC, et la CFTC, revêt une grande importance, en raison de son caractère interprofessionnel touchant les travailleurs du privé, du public, les actifs, les privés d’emploi, les retraités. Cet appel présente aussi des aspects contradictoires. Tout d’abord, la toile de fond se situe dans la colère et l’inquiétude du monde du travail. L’enjeu de classe immédiat de la période concerne cette question clé : qui va payer les frais de la crise ? Alors que plus de 25 000 milliards de $ ont été dilapidés dans les spéculations, le capital financier veut récupérer les pertes et gagner des profits en amputant toujours plus les revenus du travail. Dans ce but, toute l’action combinée du patronat et du gouvernement est de s’attaquer aux salaires, d’allonger le temps de travail, de casser la fonction publique et les emplois. « Les victimes de la crise doivent être les payeurs ! », tel est le credo du capital. La colère du salariat n’a pas manqué d’exercer une pression constante sur les directions syndicales d’aménagement du système, refusant jusqu’ici toute riposte globale. Comme les tenants de la collaboration de classes n’ont pas été touchés par la « grâce », il s’agit pour les bureaucrates syndicaux d’une manœuvre en recul. Le 29 janvier peut être une « journée exutoire » canalisant le mécontentement… sans lendemain. Les bureaucraties syndicales ne travaillent pas à préparer la grève du 29 janvier entreprises par entreprises. Si la lutte se radicalise et continue, certaines bureaucraties syndicales seront sans doute rapidement perdues en route ou trouveront vite de mauvais sujets de négociations pour dévoyer le mécontentement.

Pour l’heure, la première bataille porte sur l’appel à faire grève effectivement le 29 janvier, grève qui doit être interprofessionnelle et massive pour paralyser les activités économiques du pays, en déployant face au capital, toute la puissance de la classe ouvrière et des travailleurs. Grève qui doit s’appuyer sur les revendications globales, à partir des intérêts communs, notamment  l’exigence offensive d’une hausse générale des salaires et pensions de 300 euros mensuels, du SMIC à 1600 euros !

Le second front essentiel porte sur l’emploi. Sa « défense » n’est pas suffisante, à l’heure où le patronat envisage la suppression de centaines de milliers d’emplois. Il faut, le 29 janvier, avancer des mots d’ordre qui unissent les travailleurs et tracent les perspectives de combat : interdiction des licenciements ! Paiement intégral du salaire pour les chômeurs partiels !

Nationalisation sans indemnités des monopoles, casseurs d’emplois ! Défense des services publics et de leur mission fondatrice au service des besoins populaires !

Enfin, cette journée doit revêtir un contenu antigouvernemental et anticapitaliste. Le syndicalisme d’aménagement du capitalisme prône l’apolitisme, la déconnexion des revendications sociales et de la lutte politique. Cet « apolitisme » fait le jeu réel du pouvoir et des monopoles, en refusant de cibler les fauteurs de mal-vivre. Le mouvement ouvrier doit dénoncer et combattre  le contenu de classe des « réformes » de Sarkozy. Le 29 janvier, faisons entendre ce slogan : C’est pas les immigrés, c’est pas les sans-papiers, c’est Sarkozy qu’il faut virer !

C’est pas les ouvriers, c’est pas les salariés qu’il faut virer, c’est le capital qu’il faut exproprier !

Emplois contre profits, Salaires contre profits, Besoins contre profits !

 

Commission ouvrière et d’entreprises de l’URCF, 15 janvier 2009.

 

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Luttes de novembre 2008

 Altadis (Metz)

Les salariés d'Altadis ont manifesté mercredi 22 octobre à Metz et à Strasbourg, alors qu'un comité central d'entreprise consacré à la restructuration du groupe se tenait au siège parisien. A Metz, une soixantaine des quelque 135 salariés de l'usine Altadis de Metz, en grève mercredi, ont déposé un paquet de tabac géant devant la préfecture de Lorraine. Les salariés exigent notamment une proposition de mise en vente de leur site à un repreneur qui développerait les tabacs à rouler, dont le site messin a produit l'an dernier 2 600 tonnes. Pour le responsable de la CGT, majoritaire à l'usine de Metz, "les licenciements annoncés ne constituent ni plus ni moins que la délocalisation de notre entreprise, qui est saine. Le tabac à rouler, que nous produisons ici, continuera à être fumé. La seule différence, c'est qu'il sera produit en Hollande". Des "plaintes" doivent également être déposées par les salariés, a-t-il indiqué. A Strasbourg, environ 40 salariés se sont rendus en cortège, de la manufacture de cigares à la mairie où ils ont été reçus par le directeur de cabinet du sénateur-maire socialiste Roland Ries. Sur des banderoles, il était écrit "Tout doit disparaître, mêmes les salariés !" ou encore "salariés soldés". Le délégué de la CGT, a souhaité que les pouvoirs publics et les élus "s'impliquent" sur l'avenir de l'industrie du tabac en France et "pour assurer la poursuite de la production" à Strasbourg et à Metz. A Strasbourg, "le site de la Manu est vieux, mais il peut être rentable à hauteur de 5% de profitabilité avec une centaine de personnes maintenues", selon la CGT. La direction du site n'a pas souhaité commenter le mouvement. Imperial Tobacco, qui a racheté en début d'année le groupe franco-espagnol Altadis, a annoncé en juin un vaste projet de restructuration dans toute l'Europe portant au total sur la suppression de 2440 emplois. En France, le groupe prévoit la fermeture, en 2010, des sites de Strasbourg (228 personnes) et Metz (130) et des réductions d'effectifs à Riom (Puy-de-Dôme), Le Havre (Seine-Maritime), Les Aubrais (Loiret) et au siège parisien où se tenait mercredi le troisième et dernier CCE sur le plan de « sauvegarde » (sic) de l'emploi.

Les ouvriers d’Altadis et la population locale doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Pas une seule suppression d’emploi ! S’il est juste de demander des comptes et de mettre devant le fait accompli les élus locaux (maires etc…), il ne faut pas créer d’illusions sur « les pouvoirs publics ». L’Etat est subordonné aux entreprises monopolistes (multinationales), il défend les intérêts de l’oligarchie financière (le maximum de profit) contre ceux des travailleurs ; quand l’Etat fait des promesses, il ne les tient pas (voir promesses de Sarkozy devant les travailleurs d’Arcelor Mittal). Dans l’immédiat, avançons le mot d’ordre de nationalisation sans indemnité des entreprises monopolistes (comme Altadis) casseuses d’emploi. Dans les comités, les communistes révolutionnaires relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que le socialisme est la seule alternative populaire au capitalisme. 


Afpa (Formation)

Plusieurs centaines de salariés de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) se sont rassemblées, jeudi 13 novembre, devant l'Assemblée nationale, pour combattre le "démantèlement" de l'organisme public.

Géré paritairement par les syndicats et le patronat, l'Afpa est l'organisme public qui s'occupe de la formation qualifiante des adultes, les deux tiers des stages (65%) bénéficiant à des privés d’emploi.

Six syndicats de l'Afpa (CGT, Sud, CFE-CGC, CFTC, CFDT, FO) ont appelé à une journée de grève de 24 heures et à des manifestations, à Paris et en province, le jour où l'Assemblée nationale devait examiner la partie emploi du projet de budget pour 2009.

Devant l'Assemblée, les manifestants, venus de la région parisienne, de la région Centre et du Nord-Pas-de-Calais, étaient rassemblés derrière une banderole: "Non au démantèlement de l'Afpa".

A partir du 1er janvier 2009, le financement de l'organisme doit être en grande partie transféré aux régions. Celles-ci choisiront les organismes formateurs sur appels d'offres dans le cadre d'une mise en concurrence avec le privé.

"Il n'y aura sûrement pas d'appels d'offres dès le 1er janvier, car rien n'est prêt. Cela pourrait être reporté d'un an", a dit un représentant CGT.

Les salariés s'inquiètent aussi pour leur service d'orientation (850 salariés) qui pourrait être transféré à Pôle Emploi, le nouvel organisme issu de la fusion ANPE-Unedic, ou intégré dans un service public d'orientation en régions, souhaité par l'association des régions de France.

Ils se battent également contre la suppression au 1er janvier 2009, dans le cadre du droit à la concurrence, de l'habilitation permanente de l'Afpa à délivrer des certifications professionnelles. Jusqu'à présent, l'Afpa était autorisée à délivrer des titres professionnels sans avoir à demander un agrément, à l'inverse des autres organismes de formation.

Enfin, les syndicats dénoncent la vente du patrimoine foncier de l'organisme.

La politique néolibérale du capitalisme-impérialisme et la loi du profit maximum pousse les Etats à élargir toujours plus la sphère du profit privé et de la rentabilité financière dans tous les domaines, y compris la formation. Le démantèlement (progressif ou brutal) des organismes paritaires ou publics en est le résultat immédiat.

Les travailleurs de l’Afpa doivent s’unir sur leurs revendications avec les autres travailleurs dans une lutte solidaire continue et bloquante pour faire reculer le pouvoir capitaliste. Isolée, la lutte victorieuse pour la défense et l’amélioration de l’Afpa est compromise voire improbable. Commençons par la grève interprofessionnelle du 29 janvier, que nous devons transformer en grève générale bloquante dans la durée.

 Rappelons quelques-uns de nos axes de luttes en matière d’emploi : Interdiction des licenciements ; suppression des CDD, période d’essai ramenée à trois mois avec contrat à durée indéterminé à la clé (voir programme et axes de luttes de l’URCF sur ce site). 


Aéroport de Roissy

Le vendredi 14 novembre, a été lancée la grève des pilotes contre le relèvement de leur âge de cessation d'activité en vol. Le trafic aérien était très perturbé à Roissy peu avant 9 h, avec de nombreuses annulations de vols. Quelque 40% des vols long courrier et un peu moins de 50% des vols court et moyen courrier ont été annulés.

Mais des vols ont été aussi annulés à chaud, à cause de la sous-estimation de la grève et de la colère des pilotes par la direction d’Air France. Dans les aérogares, des "gilets jaunes" d'Air France ont informé les passagers qui les questionnaient dans le calme. Les travailleurs navigants techniques se sont mis en grève contre un amendement au Code de l'Aviation civile et au budget de la Sécurité sociale pour 2009, voté le 1er novembre par les députés, qui porte l'âge de cessation d'activité en vol de 60 à 65 ans pour les personnels navigants techniques (PNT) à partir du 1er janvier 2010.

Le lundi 17 novembre à minuit, les grévistes n’ont pas obtenu le retrait de l'amendement controversé sur l'âge limite de cessation d'activité. La grève a de nouveau réussi à provoquer l'annulation de la moitié des vols court et moyen courrier d'Air France, et entre 23% et 35% de ses vols long-courrier. Il y a un an, Air France avait largement sous-estimé l'impact de la grève des hôtesses et stewards, qui avait cloué au sol bon nombre de ses avions. Les pilotes ont obtenu vendredi la rédaction d'un nouvel amendement qui recadre le texte voté le 1er novembre à l'Assemblée nationale, celui qui avait mis le feu aux poudres. Contrairement au premier texte, l'amendement gouvernemental discuté "mot à mot" avec le SNPL, selon l'entourage du secrétaire d'Etat aux Transports, permettrait seulement aux pilotes qui ne souhaitent pas prolonger leur activité au-delà de 60 ans, de partir dans les mêmes conditions qu'avant. Samedi, alors qu'un des porte-parole du SNPL, Geoffroy Bouvet, s'était dit "sûr" que le nouveau texte était de nature à convaincre les pilotes de cesser leur grève, les élus du syndicat ont voté la poursuite du mouvement à 65%. Le syndicat et les travailleurs dénoncent le manque de concertation et les risques sur l'emploi et la sécurité que ferait planer la cessation d'activité à 65 ans, même si elle se fait sur la base du volontariat. Preuve que dans les luttes parfois les masques du syndicalisme de collaboration tombent, M. Bouvet a tout de suite démissionné de ses fonctions de porte-parole à l'issue de ce vote. Selon une source syndicale, M. Bouvet et le président du SNPL, Jocelyn Smykowski, étaient personnellement opposés à la grève entamée vendredi et a fortiori favorable à son arrêt dès samedi ! Dans la foulée, afin de protester contre le relèvement de leur cessation d'activité de 55 à 60 ans, les hôtesses et stewards envisagent aussi l’action par la grève.

Usagers et travailleurs des transports aériens ont un intérêt commun sécuritaire à lutter et à s’organiser contre l’allongement de la durée de carrière pour le personnel naviguant en particulier et le recul de l’âge de la retraite en général. Dans le domaine des transports, l’URCF lance comme axe de lutte la création d’un Pôle de service public Transport. Ce pôle devra redéfinir ses missions afin de combattre la dégradation des services, liée à la rentabilité financière. L’aviation civile, les compagnies aériennes, les aéroports doivent être nationalisés, et  nous appelons à la formation d’une société unique des transports aériens civils (voir le programme de l’URCF qui détaille dans quel cadre se situe des nationalisations –capitalisme d’Etat- pour des marxistes-léninistes). La sécurité des passagers ne peut être confiée à des charters avides de profits. Le pôle public de transport permettra la coordination et la complémentarité des lignes de divers transports et de leurs horaires afin d’améliorer la qualité des déplacements urbains.  


Monaco (industrie)

Plus de 300 personnes ont manifesté mardi 18 novembre, à Monaco, pour défendre l'emploi industriel dans la principauté et réclamer davantage de protection pour les salariés, alors que des plans de licenciement ont été annoncés. Les travailleurs s'étaient symboliquement donné rendez-vous devant le site de l'entreprise Sofamo-Biotherm (groupe L'Oréal) dont la direction a annoncé la fermeture en 2011. D'autres projets de suppression de postes ont été annoncés, dont un 4ème plan social en quatre ans chez Theramex, laboratoire filiale du géant allemand Merck. Rassemblés à l'appel des syndicats, les manifestants ont défilé jusqu'au siège de la fédération patronale monégasque. La motion remise au siège de cette fédération réclame "l'ouverture de négociations avec les employeurs pour la mise en place de textes protecteurs pour les cas où des licenciements ne pourraient être évités".  Nous sommes solidaires de ces salariés dans leur souffrance, mais nous nous devons de dire franchement notre opinion. Le contexte économique est particulièrement difficile, ainsi se créent les conditions objectives d’émergences de courants de résignation voire de capitulation, encouragés par les bureaucraties syndicales. Si cette lutte pour la défense de l’emploi est courageuse et bien menée quand elle forge la solidarité de classe avec toute la population, les termes de cette motion sont en dessous des intérêts des travailleurs. Pas question pour le peuple-travailleur de porter comme revendication des mesures compensatoires à des licenciements ! (cette négociation des compensations peut venir au terme d’un rapport de force défavorable, mais pas en préalable de lutte comme une revendication à faire aboutir). L’URCF pense qu’il est vital, pour la classe ouvrière, d’avancer d’autres axes pour son combat. 

La lutte doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Zéro licenciement ! Zéro suppression d’emploi ! Zéro fermeture d’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer (mais pas abdiquer) le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts de son capitalisme. Pour l’heure, les ouvriers du bassin monégasque et la population locale doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la lutte. Le texte demande également au gouvernement de Monaco "une clarification sur la politique et les actions fortes" qu'il compte mener "pour le maintien des emplois de l'industrie traditionnelle". Les 198 salariés de Sofamo-Biotherm, en grève depuis une semaine, étaient très largement représentés. Des salariés d'autres entreprises monégasques comme l'équipementier automobile Mecaplast et le fabricant de produits de beauté Lancaster défilaient également. L'activité industrielle monégasque emploie 3 460 personnes, soit 10% des salariés de la principauté, essentiellement dans les secteurs de la chimie-pharmacie-cosmétologie et de la transformation des plastiques.

Nationalisation sans indemnité des monopoles casseurs d’emploi ! Emplois contre profits ! 


Perrier (Nîmes)

Une grève de deux heures a été observée mercredi 19 novembre à l'usine de la source Perrier (groupe Nestlé) à Vergèze (Gard) pour réclamer des augmentations de salaires, alors que se tenait à Genève un comité de groupe européen de Nestlé. Des débrayages avaient déjà eu lieu mardi sur ce site gardois, par les équipes de jour, d'après-midi et de nuit. Les équipes de week-end devaient à leur tour suivre cette action dimanche. "Mais Nestlé refuse de reconnaître le travail de ses salariés, alors que le groupe fait de plus en plus de profits", a déploré le secrétaire général de la CGT Source Perrier. "Toutes les revendications débouchent sur une fin de non recevoir", a-t-il ajouté. Or "les chiffres sont là, le groupe Nestlé affiche une santé financière au beau fixe et ce malgré la crise", affirme la CGT dans un tract. Une pétition réclamant les hausses de salaires a été signée par quelque 600 salariés sur les quelque 1000 travailleurs de la source Perrier.

La revendication centrale urgente et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à  1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. Ensemble, le 29 janvier, sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits ! 


Véolia (Bordeaux)

Aucun bus ni tramway ne circulait, jeudi 20 novembre, dans l'agglomération bordelaise en raison d'une grève, suivie à quasiment 100% par les travailleurs de Veolia Transport pour exprimer leurs craintes sur les conséquences sociales d'un éventuel changement d'opérateur. "La grève est totale. Sur l'ensemble des quatre dépôts de l'agglomération, il y a entre 1000 et 1 500 personnes rassemblées. En 27 ans dans l'entreprise, je n'avais jamais vu ça", a expliqué le délégué Force ouvrière, s'exprimant au nom de l'intersyndicale CGT-CFTC-CFDT-FO-CGC. L'intersyndicale exige le respect des conditions sociales des 2 000 agents de l'entreprise, alors que la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) envisage de confier la gestion des transports en commun à un nouvel opérateur, Keolis, à partir du 1er janvier 2009, a-t-il rappelé. "Notre souci est d'être reçu par M. Feltesse (président PS de la CUB). A ce jour, nous n'avons eu aucune garantie sur le temps de travail, les RTT, les mutuelles, etc. Nous savons que, en l'état actuel des choses, la mise en place du réseau proposé par le nouvel opérateur, qui propose plus de kilomètres avec moins de bus, n'est pas faisable sans toucher aux accords d'entreprise". En fin de matinée, les agents de Veolia Transport devaient se rendre en manifestation jusqu'au siège de la CUB à Bordeaux. Les dépôts étaient bloqués, et seules étaient actives sur l'agglomération les quelques lignes de bus non traitées en direct par Veolia, a confirmé un porte-parole de la direction. La CUB doit entériner le 28 novembre le changement d'opérateur pour la gestion du réseau de transports en commun de l'agglomération bordelaise.

L’URCF est solidaire de ces travailleurs du transport, qui doivent s’organiser aussi dans des comités larges usagers/travailleurs de défense d’un transport de qualité dans l’agglomération. Bas les pattes aux droits sociaux conquis ! Dans le domaine des transports, l’URCF avance comme axe de lutte la création d’un Pôle de service public Transport. Ce pôle devra redéfinir ses missions afin de combattre la dégradation des services liées à la rentabilité financière. Le pôle public de transport permettra la coordination et la complémentarité des lignes de divers transports et de leurs horaires afin d’améliorer la qualité des déplacements urbains.  


Education (Créteil)

Un groupe scolaire de Créteil était bloqué, vendredi 21 novembre par des parents d'élèves souhaitant notamment dénoncer, dans la foulée du mouvement de grève dans l'éducation nationale jeudi, une "école en danger". Le groupe scolaire Gaston-Defferre, qui accueille 277 élèves en primaire et 155 en maternelle, a été bloqué dès vendredi matin par des parents d'élèves qui ont empêché les professeurs des écoles d'accéder aux classes. Les parents occupent l'école de façon "très pacifique", tandis que les enfants restent dans la cour ou le préau. Ce blocage de l'école, qui devait être reconduit lundi, a été organisé "pour faire suite au mouvement de grève des enseignants" jeudi, et dénoncer "les mesures Darcos", a expliqué un parent de la fédération de parents d'élèves FCPE. Il dénonce notamment "le bouleversement des rythmes scolaires avec le mercredi matin travaillé", que l'Inspection d'académie souhaiterait mettre en place à la rentrée 2009, ainsi que la "dégradation de la qualité de l'enseignement" et la "disparition des Rased" (maîtres spécialisés contre l'échec scolaire). Des banderoles proclamant "Ecole en danger" ou "Parents-enseignants en colère" ont été accrochées.

Depuis, le 15 décembre, Darcos recule sur le lycée et annonce 1500 Rased en moins au lieu de 3000 suppressions : premières victoires ! Avançons avec le front des luttes pour la défense de l’école publique, contre le capital !

Ce recul, c’est une victoire importante, résultat des grèves du premier trimestre et de l’ampleur des manifestations.

C’est aussi le témoignage de la peur qui hante le gouvernement et le grand capital : voir éclater des conflits majeurs contre leur politique globale qui aggrave la misère et l’insécurité pour le plus grand nombre, pour accroître l’enrichissement d’une minorité de profiteurs et de spéculateurs, sur fond de crise économique du système capitaliste.

Mais ce recul ne saurait nous conduire à la sérénité voulue par le ministre. La réforme des lycées est reportée, et non pas retirée. Pour l’instant, aucun de ses aspects les plus dangereux n’est abandonné, à commencer par celui des 13 500 suppressions de postes, pour la rentrée prochaine. La contre-réforme de l’école primaire réduit le temps scolaire et démantèle les Rased (« réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté ») ; autant de coups portés contre le système éducatif et les jeunes en difficultés scolaires, qui révèlent le contenu de classe de cette politique gouvernementale, fondée sur la loi de la rentabilité financière, et répondant exclusivement aux besoins des monopoles. En janvier, avec les effets perceptibles des suppressions de postes, les actions devraient s’intensifier, notamment avec les journées du 17 et du 29 janvier : partout, les militants de l’URCF seront aux côtés des travailleurs et jeunes en lutte ; ils contribueront à l’élargissement de ce front de luttes contre les suppressions de postes et les contre-réformes de Darcos. 


Printemps (commerce-distribution)

Des salariés du magasin Printemps de Strasbourg ont observé un mouvement de grève d'une heure, samedi 22 novembre, pour protester contre l'extension des horaires de travail, notamment l'ouverture du magasin le dimanche. A l'appel de la CGT, environ 70 des 110 salariés présents le samedi se sont rassemblés entre 15h et 16h devant l'entrée du magasin. Ils ont scandé divers slogans, parmi lesquels "non à la déréglementation, non au travail le dimanche". "Maintenant, on nous demande de travailler plus, de terminer à 20h au lieu de 19h, mais on ne nous offre rien en échange, ni salaire ni effectifs en plus". Nous vous assurons de l'opposition totale des salariés à l'ouverture dominicale ».

La baisse du taux de profit (cause permanente et structurelle de la crise mondiale du capitalisme) pousse les conseils d’administration des monopoles et les Etats à leur solde à accentuer l’exploitation et à élargir la base de l’exploitation. Ils veulent nous faire travailler plus de jours, plus d’heures et plus d’années en gagnant moins ! Sarkozy tient bien cette feuille de route donnée par les multinationales en nous proposant le travail le dimanche, le travail jusqu’à 70 ans, 41 puis 42 annuités pour une retraite à taux plein, la semaine à 65 heures maximum au lieu de 48 heures (entérinée par l’Union Européenne), la fin des 35 heures (même annualisées)…Début janvier, le gouvernement recule (mais n’abdique pas) sur le travail le dimanche. Résultat de la colère générale montante, des luttes locales (comme au Printemps) et des luttes globales qui pourraient en découler.

Nous soutenons le combat des travailleuses des grands magasins et des commerces qui devront faire le lien avec tout le peuple-travailleur et opposer au gouvernement l’intérêt commun de tous les travailleurs et leurs familles à ne travailler ni le dimanche ni le soir, à revendiquer de véritables 35 heures avec une demi-journée de repos dans la semaine (pour faire ses courses par exemple !), en plus du week-end et sans diminution de salaires.

Pour ces revendications légitimes, et pour les augmentations de salaires (300 euros nets, 1600 euros nets pour le Smic), tapons dans les coffres-forts du Printemps, des Galeries Lafayette, de CA et des autres monopoles, des banques et de l’Etat ! Pour cela, ensemble dès le 29 janvier, tout le peuple-travailleur, organisons-nous pour faire reculer les patrons, leur gouvernement et leur Etat ! 


Amora Maille (Unilever, Dijon)

Le groupe Unilever annonce la fermeture du site et la mise à la porte des ouvriers et des employés.

Les syndicats soulignent la "solidarité" manifestée par les Dijonnais. "Après le choc et le traumatisme de l'annonce de fermeture, le jeudi 20 novembre au soir, on se sent extrêmement soutenus notamment par les habitants du quartier qui sont venus spontanément nous assurer de leur solidarité", a déclaré FO à la sortie d’une réunion à la mairie de Dijon. Les élus syndicaux ont également l'intention d'interpeller la direction d'Unilever France, lors de la réunion du comité de groupe qui se tiendra mercredi 26 novembre à la maison de la Chimie à Paris. Jeudi, la direction d'Amora Maille a annoncé la fermeture de deux sites de production de son groupe, dont celui de son usine historique de Dijon, d'ici le 31 décembre 2009, et la suppression de 296 emplois. Le groupe Unilever annonce 22 millions d'euros de bénéfice à l'année. Les ouvriers d’Amora et la population locale doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Pas une seule suppression d’emploi ! Zéro licenciement ! Zéro suppression d’emploi ! Zéro fermeture d’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. Avançons le mot d’ordre de nationalisation sans indemnité des entreprises monopolistes (comme Amora-Unilever) casseuses d’emploi. Dans les comités, les communistes de l’URCF relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que le socialisme est la seule alternative populaire au capitalisme. 


Toyota (Nord)

L'usine Toyota à Onnaing (Nord), qui produit la Yaris, va fermer ses portes pendant deux semaines en décembre et une semaine en mars, et réduire sa production de 20% à partir de février pour répondre à la baisse des commandes. La direction du site, près de Valenciennes, a informé les travailleurs, lundi, lors d'un comité d'entreprise, que les semaines du 22 au 26 décembre et du 29 décembre au 2 janvier seraient non-travaillées, ainsi que le 30 janvier et la semaine du 2 au 6 mars. Elle a également indiqué que les cadences de production seraient abaissées à 879 véhicules par jour à partir du 2 février 2009, contre 1098 actuellement et 1170 avant le 15 septembre. La CGT dénonce ce plan de réduction de la production qui entraînera le départ de plus de la moitié des intérimaires (450 sur 750). "Toyota annonce un bénéfice net prévisionnel, certes en baisse, mais de 4,4 milliards d'euros pour l'exercice fiscal 2008/2009 qui se termine le 31 mars 2009. Ca représente plus de 16 000 euros par salarié (250 000 pour le groupe Toyota), soit plus d'une année de salaire pour un ouvrier", a réagi Eric Pecqueur, délégué CGT de Toyota Onnaing. "Les constructeurs automobiles pleurent la bouche pleine (...). La crise actuelle, c'est le résultat de 30 ans d'austérité salariale". La production de l'usine est par ailleurs totalement paralysée depuis lundi 18h, en raison d'une grève chez un sous-traitant, Sieto-Faurecia (groupe Peugeot) à Somain (Nord), qui fabrique les sièges des Yaris. L'usine d'Onnaing, qui emploie 4 000 personnes, a sorti son premier véhicule le 31 janvier 2001. Elle a produit depuis plus d'1,5 million de véhicules.

Faisons grandir, en exprimant notre solidarité avec « les Toyota », « les Ford » comme « les Renault » et tous les équipementiers, notre refus du chômage partiel (dit « technique ») et des licenciements. Le chômage partiel (ou chômage technique) est une autre arme très profitable au capital pour baisser les salaires (de moitié !) et adapter la production aux besoins du marché. Ainsi en abaissant au maximum les stocks, les entreprises améliorent le ratio de rentabilité financière de fin d’année pour mieux payer les actionnaires demain. Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en flexibilisant l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, en ayant recours au chômage partiel, pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts. Les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise, ils créent cette situation, ils doivent payer !

L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces. Dans le secteur de l’automobile sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs filiales, afin de satisfaire les besoins, et d’assurer les emplois. 


Audiovisuel public

Les salariés de l'audiovisuel public se sont mobilisés, mardi 25 novembre, contre un projet de loi réformant le secteur, et supprimant notamment la publicité sur France Télévision. Dans la matinée sur France Inter, de la musique remplaçait l'habituelle tranche d'information, en raison d'un appel à la grève de l'intersyndicale. Sur France 2, l'émission "Télématin" a été diffusée normalement, mais avec des journaux matinaux réalisés dans des "conditions particulières", a expliqué le présentateur, et France Ô diffusait des images. Le journal régional Ile-de-France, de France 3, se résumait à des images à la mi-journée et le JT de 20h était "extrêmement réduit", a indiqué le syndicat SNJ de France Télévisions. Les salariés de l'audiovisuel public se sont rassemblés à 12h au pied de la Tour Eiffel, avant de se rendre dans l'après-midi devant l'Assemblée nationale. Mesure phare du texte, l'arrêt de la publicité est prévu dans un premier temps après 20h à partir du 5 janvier prochain, avant sa disparition totale fin 2011. Ce projet est aussi dénoncé comme un "cadeau" pour les chaînes privées, vers lesquelles se reporteront les annonceurs. Ces dernières bénéficieront en outre d'une augmentation de la durée des spots publicitaires et d'une deuxième coupure de pub pendant les films et fictions. La ministre de la Culture et de la communication Christine Albanel a tenté sur LCI de rassurer les salariés de France Télévision sur la compensation du manque à gagner (évalué à 450 millions d'euros par an) résultant de l'arrêt de la pub. Est aussi dénoncée la nomination par décret des présidents de France Télévision, Radio France et Audiovisuel extérieur de la France. Le projet de loi étant examiné en urgence, le vote intervenait le 9 décembre à l'Assemblée nationale, avant le passage devant les sénateurs dès le lendemain.

Alors qu'une version nationalisée de la télévision, et sous contrôle populaire, pourrait être un médium efficace d'éducation publique, les puissances d'argent, outre qu'elles s'en servent pour diffuser leur propagande impérialiste, en font un redoutable outil d'abrutissement universel pour « aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit » (Patrick Lelay, ancien directeur de TF1). Dans ses axes immédiats de son programme de luttes, l’URCF avance la nationalisation des chaînes accessibles sur l’ensemble du réseau national non câblé, et la gratuité progressive pour les familles modestes. Les chaînes du service public devront respecter une charte de la qualité. Les émissions racoleuses, dégradantes ne devraient pas avoir  droit de cité. Les sociétés de production doivent nationalisées (elles constituent une source de dépenses considérables pour le seul profit de quelques oligarques). Une chaîne publique de « libre expression » doit être revendiquée avec antennes décentralisées et régionales, cogérées par les associations, syndicats, partis, mouvements, troupes artistiques, etc. (à l’exception des manifestations de racisme, de bellicisme). Nous devons nous battre pour la redéfinition des cahiers des charges des chaînes, assurant priorité à la création, non à l’importation de séries américaines ou à la fabrication de séries françaises clonées, de qualité médiocre. Depuis, le projet du gouvernement Sarkozy-Fillon a été validé par le Parlement. Pour que la télévision cesse d'être le moyen de domination des oligarques et de leurs valets, l'URCF milite pour la nationalisation, par la lutte, de toutes les chaînes de télévision, sans exception. Mais seul le socialisme fera justice de ce totalitarisme capitaliste, qu’est la subordination des médias aux intérêts privés et financiers. 


Caisse d'Epargne

Les travailleurs de la Caisse d'Epargne (35% des 43 500 salariés) se sont mis en grève, le vendredi 28 novembre, à l'occasion de nouvelles négociations sur les salaires. La direction a indiqué avoir fait ses dernières propositions, aussitôt qualifiées de "très insuffisantes" par l'intersyndicale (CFDT, CFTC, SNE-CGC, CGT, FO, SUD et UNSA). La direction a proposé une revalorisation générale de 1% au 1er janvier 2009, après une première proposition de 0,8% au 1er juillet envisagée initialement. "Nous avons également proposé un supplément d'intéressement de 1000 euros par salarié, et une augmentation de rémunération pour les plus bas salaires de 2%", a précisé un responsable du groupe Caisse d'Epargne. Les syndicats, qui demandent une augmentation générale de 4,5% et un minimum de 130 euros mensuels supplémentaires pour les bas salaires, considèrent "la proposition patronale très insuffisante". "Notre pouvoir d'achat diminue, l'inflation attendue en 2009 est autour de 2%, et celle de 2008 d'environ 3% alors que nous n'avons que 0,8% d'augmentation cette année", a expliqué un délégué Unsa. "Nous sommes sur une position unanime, au niveau syndical, de désaccord et de blocage avec la direction", a indiqué le délégué CGT. "Nous voulons une augmentation significative et pérenne, pas une prime versée sur un exercice", a poursuivi le délégué, ajoutant que "la proposition de la direction sur les revenus annuels minimums concernaient en fait peu de salariés". Des centaines d'agences ont été fermées, le taux de grévistes est un des plus importants de l’histoire du groupe. Des rassemblements ont eu lieu à Paris, devant le siège de la Caisse nationale des caisses d'épargne, et à Strasbourg et à Metz, devant les directions régionales. Dans son communiqué, l'intersyndicale fait aussi état de "pressions sans précédent opérées dans les entreprises sur les salariés pour les convaincre de ne pas faire grève : menaces de mutations, promotion annulée, voire de licenciements".

La revendication centrale urgente et unifiante, soutenue par l’URCF, est d’exiger le SMIC à  1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. Ensemble, le 29 janvier sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits !

Dans son programme, l’URCF propose comme axe de lutte minimal la nationalisation des banques de dimension internationale, et des organismes de crédit, dans un pôle public. Nous proposons que les banques de moindre dimension : régionales, locales, soient intégrées dans le pôle, en gardant leur nature juridique. Le pôle de service public dans les banques et le crédit réévaluera les taux d’intérêts des livrets d’épargne populaire. Le pôle ayant à sa tête la banque de France peut favoriser la lutte revendicative pour une  politique de grands travaux d’équipements collectifs (équipements culturels, scolaires, sportifs, crèches, logements sociaux), d’aides à la création d’emplois, d’aides aux PME associées aux pôles de services publics, d’emprunts populaires.  Bien sûr, ces nationalisations (qui restent du capitalisme d’Etat sans une Révolution) que nous préconisons comme axes de luttes visent à satisfaire les besoins urgents de l’immense majorité, l’extension des droits des salariés, la création de comités d’usagers/personnels, le droit de véto des syndicats aux décisions patronales.

Les entreprises nationalisées feront l’objet d’une âpre lutte de classe entre les monopolistes, l’oligarchie financière, leur Etat et les travailleurs cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les masses verront alors (si les communistes jouent leur rôle) que la seule loi de la bourgeoisie monopoliste, en classe parasite est la satisfaction de son intérêt étroit de caste. Ou bien, les capitalistes, une fois de plus reprennent ce qu’ils ont dû concéder sous la pression des luttes du mouvement populaire, ou le mouvement ouvrier et populaire se débarrasse du capitalisme.  


C&A (commerce-distribution)

Les salariés des magasins parisiens de l'enseigne de vêtements C&A se sont rassemblés samedi 29 novembre devant la boutique de la rue de Rivoli à Paris, également siège de la filiale du groupe allemand, pour protester contre la suppression de 23 emplois. Cette manifestation était accompagnée d'un débrayage de deux heures, entre 15h et 17h, dans le cadre d'un appel national des cinq syndicats de l'entreprise (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC). Ces suppressions, prévues dans un « plan de sauvegarde de l'emploi » (sic !), présenté le 30 octobre en comité central d'entreprise (CCE), concerne des postes de secrétaires. C&A emploie quelque 2 000 personnes en France. "Ca ne s'arrêtera pas aux secrétaires, on craint qu'ils externalisent aussi des postes administratifs et de paie, la décoration des magasins, la logistique...", a dit un délégué de Force Ouvrière. Une nouvelle réunion du CCE était prévue le 2 décembre. Les syndicats dénoncent l'absence de reclassement des 23 salariées, qui ont entre 45 et 55 ans et entre 15 et 33 ans d'ancienneté. Les manifestants revendiquaient aussi des augmentations de salaires et l’amélioration de leurs conditions de travail. 60% des salariés travaillent à temps partiel contraint, et "pour le Smic, on fait tout : la caisse, la manutention...", a expliqué une employée. Des mobilisations étaient prévues dans la plupart des 68 magasins C&A de France. Ainsi à Metz, 20 des 21 salariés du magasin ont manifesté avec des pancartes "Stop aux licenciements au profit du profit". Certains d'entre eux ont débrayé, d'autres ont observé une journée de grève.

Nous soutenons le combat des travailleuses des grands magasins et des commerces qui devront faire le lien avec tout le peuple-travailleur et opposer au gouvernement l’intérêt commun de tous les travailleurs et leurs familles, à revendiquer de véritables 35 heures avec une demi-journée de repos dans la semaine (pour faire ses courses par exemple !), en plus du week-end et sans diminution de salaires, à interdire tout temps partiel imposé.

Les employés de C&A et la population locale doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Pas une seule suppression d’emploi !

Pour ces revendications légitimes, et les augmentations de salaires (300 euros nets, 1600 euros nets pour le Smic), tapons dans les coffres-forts du Printemps, des Galeries Lafayette, de C&A et des autres monopoles, des banques et de l’Etat !

Ensemble dès le 29 janvier, tout le peuple-travailleur, organisons-nous dans la durée et la grève pour faire reculer les patrons, leur gouvernement et leur Etat !

 


 Luttes de décembre

 Arkema (Chimie)

Les salariés de l'usine chimique Arkema, à Château-Arnoux-Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), ont occupé pendant 5 jours le site. Une assemblée générale a décidé dimanche de lever, lundi à 5h, le blocage et l'occupation du site (358 salariés), entamés mercredi après l'annonce d'un projet de nouvelle restructuration comportant 96 suppressions d'emplois, a expliqué le secrétaire CGT du comité d'entreprise. "Mais rien ne redémarre, les unités sont toujours à l'arrêt: on continue la grève de manière différente, avec les chefs de postes et leurs adjoints en grève", a poursuivi le secrétaire assurant que "cela va durer". L'intersyndicale a rencontré dimanche la préfète du département, Béatrice Abollivier, qui n'a pu leur apporter de précisions sur le financement de Silpro (Silicium de Provence), un projet de production de silicium solaire auquel est adossée la restructuration envisagée par la direction. Arkema propose de conserver 117 emplois en propre, et de s'associer pour le reste à Silpro, avec 130 emplois transférés dans une filiale regroupant les services supports à créer d'ici 2010, Arkema Interservices (AIS, détenue à 60% par Arkema, 40% par Silpro) et une centaine supprimés pour être intégrés à terme dans la fabrication de silicium (Silproduction, 80% Silpro et 20% Arkema) qui débuterait en 2011. Lancé en 2006 par Econcern (Pays-Bas), Norsun (Norvège) et Photon Power Technologies (France), Silpro avait annoncé un début de production pour fin 2008 mais est en quête de financements complémentaires….

Bref rien de concret et des projets qui ressemblent à des promesses d’endormissement des travailleurs…

Les ouvriers d’Arkema et la population locale doivent commencer à s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Pas une seule suppression d’emploi ! Zéro licenciement ! Zéro suppression d’emploi ! Zéro fermeture d’usine ! Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. Avançons le mot d’ordre de nationalisation sans indemnité des entreprises monopolistes (comme Arkema) casseuses d’emploi.  


Ikea (distribution-commerce)

Des employés des magasins Ikea de Franconville et de Gonesse (Val-d'Oise) ont poursuivi une grève samedi 13 décembre pour protester contre le montant de leurs salaires et leurs conditions de travail. Les grévistes contestent les résultats de la négociation annuelle obligatoire (NAO) sur les salaires, qui a pris fin le 5 décembre, et s'opposent à la baisse de leur prime d'intéressement. Parmi leurs revendications : une augmentation de 4% sur les salaires, une prime exceptionnelle de 1400 euros, le paiement des temps de pause, et la transformation des CDD en CDI. Les travailleurs d'Ikea Franconville ont été les premiers à se mettre en grève le 5 décembre, suivis par leurs collègues de Gonesse le lendemain. "Nous attendons que la direction vienne négocier avec les employés, mais elle fait la sourde oreille", "Cette année, les salariés d'Ikea Franconville vont toucher 450 euros de prime d'intéressement au lieu des 1500 euros obtenus l'an dernier", dit un délégué (FO)."Il n'y aura pas de nouvelles négociations", a affirmé le directeur d'Ikea Franconville. "Les employés ont déjà obtenu une augmentation de salaire de 2% en moyenne, et ce, dans un contexte économique difficile". "Il y a des entreprises où la situation est beaucoup plus difficile", a indiqué le directeur d'Ikea Gonesse. A Gonesse, le responsable du magasin a constaté un ralentissement de l'activité et a dû fermer les services financement, livraison et location de camionnettes. Le 6 décembre déjà, 78 travailleurs s’étaient mis en grève, soit la moitié de l'effectif de la journée, d’après le responsable de l'Ikea de Gonesse, situé dans le parc d'affaires de Paris-Nord 1 et qui comprend 525 employés au total.

Depuis, selon la direction d'Ikea, la grève s'est étendue au magasin de Saint-Etienne (Loire).

"Nous revendiquons aussi le paiement de nos temps de pause et la titularisation des CDD en CDI", précise un délégué de chez Ikea Franconville. "Le magasin a connu une progression mais pas suffisante pour atteindre les objectifs fixés" (!), a de son côté indiqué le directeur de l'Ikea de Franconville, expression concrète de la loi du profit maximum et de l’exploitation des travailleurs, lois du capitalisme-impérialisme tout entier.

Nous soutenons le combat des travailleuses des commerces qui devront faire le lien avec tout le peuple-travailleur et opposer au gouvernement l’intérêt commun de tous les travailleurs et de leurs familles à ne travailler ni le dimanche ni le soir, à revendiquer de véritables 35 heures avec une demi-journée de repos dans la semaine (pour faire ses courses par exemple !), en plus du week-end et sans diminution de salaires.

L’action se poursuit. L’URCF soutient la lutte pour la hausse des salaires des employés d’Ikea, ainsi que leur revendication de reconduction de la prime d’intéressement au même niveau que 2007 ; mais ce à quoi l’URCF rajoute son mot d’ordre général d’intégration des primes dans le salaire, et la transformation des CDD en CDI, avec période d’essai ramené à 3 mois maximum.

La revendication centrale et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à 1600 euros, l’augmentation générale des salaires et des pensions de 300 euros nets mensuels. A chaque militant et travailleur de faire grandir cette double exigence dans sa section syndicale et dans sa confédération. Salaires contre profits !

Tapons dans les coffres-forts d’Ikea et des autres monopoles, des banques et de l’Etat ! Pour cela, ensemble dès le 29 janvier, tout le peuple-travailleur, organisons-nous pour faire reculer les patrons, leur gouvernement et leur Etat ! 


Faurecia (équipementier automobile)

Les ouvriers ont débrayé sur un site de l'Essonne contre la "mort annoncée" de FSA qui fabrique des sièges automobiles. Environ 400 salariés du site de l'équipementier automobile Faurecia de Brières-les-Scellés (Essonne), où 405 emplois doivent être supprimés, ont débrayé lundi matin 15 décembre. Les employés se sont rassemblés autour d'un rond-point dans l'enceinte du site, où sont situés les services centraux et les activités de recherche et développement, et où avaient été installées des pancartes portant les inscriptions "Gardons notre savoir-faire !". L'activité de recherche et développement sera délocalisée en Pologne et en Allemagne. Une partie de la comptabilité sera délocalisée au Portugal. Faurecia appartient à 72% au groupe automobile français PSA. Le syndicat CFDT se dit satisfait de cette première mobilisation, qui n'est pas dans les habitudes des salariés des services centraux constitués, d'ingénieurs, de techniciens, "qui n'ont pas une culture de lutte". Un autre syndicaliste CFDT voit dans la conjoncture actuelle la "chronique d'une mort annoncée, pas seulement de l'industrie automobile, mais de toute l'industrie en France".

Avec 405 suppressions d'emploi sur 1200 salariés, Brières-les-Scellés est le site le plus touché par le plan qui prévoit au total 1215 réductions d'effectifs sur 2009-2011. Sur ce site, la production, qui employait 340 ouvriers, a déjà cessé en juin 2008.

 Le contexte économique est particulièrement difficile, ainsi se créent les conditions objectives d’émergence de courants de résignation voire de capitulation, encouragés par les bureaucraties syndicales qui font tout pour empêcher une riposte d’ampleur et globale du camp du travail. L’URCF ne partage pas l’enthousiasme des délégués CFDT sur le niveau de mobilisation ou la fatalité sur le secteur industriel de l’automobile. Il faut s’organiser en comité large de défense de l’emploi avec la population locale, et élever le rapport de force grâce au blocage du site.

Faisons grandir, en exprimant notre solidarité avec « les Toyota », « les Ford » comme « les Renault » ou les « Faurecia » et tous les équipementiers, notre refus des licenciements.

L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopole rapaces. Dans le secteur de l’automobile sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs filiales, afin de satisfaire les besoins, d’assurer les emplois. 


Terminal pétrolier de Fos (Port, Bouches du Rhone)

Une grève à l'initiative de la CGT du port de Marseille, a été déclenchée jeudi 10 décembre pour s'opposer à la mise en place de la réforme portuaire, ce qui ralentit le trafic du terminal pétrolier de Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône), où une cinquantaine de navires attendaient en mer de pouvoir décharger. Cette grève est liée à la réforme portuaire engagée par la loi du 4 juillet 2008 qui prévoit le détachement vers le privé des personnels de la manutention portuaire (grutiers, portiqueurs). Le 30 octobre, un accord-cadre a été signé par le patronat du secteur, représenté par l'Union nationale de la manutention (Unim) et l'Union des ports français (UPF) et les syndicats, notamment la Fédération CGT des ports et docks. Cet accord-cadre devait ensuite être décliné dans chaque grand port autonome français, et c'est dans le cadre de cette mise en application au niveau local que la CGT du Port de Marseille a décidé de lancer le mouvement de défense des travailleurs portuaires.

Déjà cet été, les travailleurs portuaires étaient entrés dans une lutte qui aurait pu converger dans un tous ensemble des luttes de mai-juin 2008. Mais les bureaucraties syndicales acquises au capitalisme et au simple aménagement des contre-réformes, soucieuses d’empêcher la globalisation, avaient réussi à faire suspendre le mouvement de grève dans les ports, et à le repousser à une hasardeuse « reprise » à la rentrée. Le résultat est cet accord- cadre signé sans sérieux rapport de force et qui n’engage que des monopoles et un Etat subordonné, habitués des promesses non tenues ou tronquées (promesse du transfert au privé avec maintien d’un « statut particulier »).

Le réveil des travailleurs portuaires est parfois douloureux à la base, et explique la nécessité de reprise de la lutte. Par le caractère stratégique de leur travail, l’URCF soutient la lutte des manu portuaires dans une grève de tous les travailleurs, sur une plate-forme revendicative générale, concrètement le blocage des ports dans la grève générale. 


IUT (Midi-Pyrénnées)

Plusieurs milliers d'étudiants en IUT de Midi-Pyrénées ont manifesté mardi 2 décembre à Toulouse, Auch et Tarbes, pour dénoncer les risques que la loi relative à l'autonomie des universités (LRU) fait peser sur leur filière. Les étudiants, qui se sont déjà mobilisés il y a une semaine avec les responsables des instituts universitaires de technologie (IUT), estiment que "les budgets et l'intégrité des diplômes sont menacés". A Toulouse, qui compte 5 000 étudiants en IUT, 2 500 manifestants, selon la police, ont défilé au centre ville pendant deux heures mardi après-midi, et une délégation devait être reçue à la préfecture. 250 personnes ont fait de même à Auch. A Tarbes, ils étaient 500 à se rendre en direction de la préfecture. Dans la manifestation toulousaine, derrière des banderoles "la LRU tue", "touche pas à mon IUT", "IUT en danger" ou "LRU = liquidation rapide des universités", les étudiants des dix départements d'IUT de Toulouse scandaient "Sauvons les IUT !". Certains portaient un bleu de travail, les étudiants en génie civil un casque de chantier. Le mouvement s'est organisé en dehors des organisations syndicales, avec des délégués des départements, ont souligné des membres du comité de lutte. Les départements information et communication, technique de commercialisation et gestion des entreprises et administrations se sont aussi mis en grève illimitée la semaine d’avant à l'université Paul Sabatier. Une assemblée générale des dix IUT de Toulouse devait se constituer.

Pour l’analyse de l’URCF, voir tracts URCF sur l’Education, et articles du journal de la Commission Education. 


Mecaplast (Monaco)

Une majorité des 184 salariés de la chaîne de production de l'équimentier automobile Mecaplast, à Monaco, a décidé, mardi 9 décembre, de reconduire un mouvement de grève entamé pour lutter contre les modalités d'application de mesures de chômage technique. Les ouvriers refusent la proposition de leur direction de mettre 18 d'entre eux au chômage total temporaire durant trois mois, pour faire face aux baisses de commande. Les ouvriers de Mecaplast ont décidé de poursuivre mercredi et jusqu'à ce que leur demande soit satisfaite, leur grève entamée en fin de semaine dernière. "C'est une mesure trop difficile à vivre pour un salarié individuellement. Nous voulons que la direction privilégie des mesures de chômage partiel applicables à l'ensemble des salariés à raison de plusieurs journées ou demi-journées en janvier", a précisé un délégué. La réponse de Mecaplast pourrait dépendre de l'aide que l'entreprise obtiendra du gouvernement monégasque pour financer ces mesures de chômage partiel ! La participation de l'Etat monégasque aux mesures de chômage partiel n'est en effet valable que pour les salariés monégasques et les résidents des communes limitrophes de la principauté, soit une minorité des employés de la production de Mecaplast. La semaine dernière, l'Union des syndicats de Monaco s'est inquiétée de la dégradation de l'emploi industriel en Principauté, et a dénoncé, lors d'une conférence de presse, un patronat qui "profite de la crise pour accélérer restructurations et licenciements".

Nous sommes solidaires de ces salariés dans leur détresse, mais nous nous devons de dire franchement notre opinion. Le contexte économique est particulièrement difficile, ainsi se créent les conditions objectives d’émergences de courants de résignation voire de capitulation, encouragés par les bureaucraties syndicales qui font tout pour empêcher une riposte d’ampleur et globale du camp du travail.

On ne peut lutter, même avec des moyens de luttes comme la grève, pour aménager la politique de chômage de masse ou partiel du capital.

L’URCF pense qu’il est vital, pour la classe ouvrière, d’avancer d’autres axes pour son combat. 

Faisons grandir, en exprimant notre solidarité avec « les Toyota », « les Ford », les « Mecaplast », comme « les Renault » et tous les équipementiers, notre refus du chômage partiel (dit « technique ») et des licenciements. Le chômage partiel (ou chômage technique) est une autre arme très profitable au capital pour baisser les salaires (de moitié !) et adapter la production aux besoins du marché. Ainsi en abaissant au maximum les stocks, les entreprises améliorent le ratio de rentabilité financière de fin d’année pour mieux payer les actionnaires demain. Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin, en France, le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en flexibilisant l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, avoir recours au chômage partiel pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts. Les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise, ils créent cette situation, ils doivent payer !

L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités des monopole rapaces de l’automobile. Dans le secteur de l’automobile sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs filiales, afin de satisfaire les besoins, d’assurer les emplois. 


Molex (Villemur-sur-Tarn) : quand les travailleurs défendent leur outil de production contre le brigandage patronal !

283 photos décorent un étrange sapin de Noël, devant l’entrée de l’usine Molex, à Villemur-sur-Tarn (en Haute-Garonne). Ce sont les visages des travailleurs de cette entreprise de connecteurs électriques, dont la fermeture a été annoncée en octobre, pour une délocalisation de la production en Slovaquie. Des visages d’hommes et de femmes sacrifiés sur l’autel des profits capitalistes, mais bien décidés à utiliser tous les moyens de la lutte collective pour s’opposer à cette mise à mort de leurs emplois et outil de production.

« Le Père Molex est une ordure ! », pouvait-on lire sur la banderole intersyndicale de leurs nombreuses manifestations. En effet, l’équipementier automobile américain, contrôlé par des fonds de pension, a acheté en 2004 cette entreprise à la SNECMA ( monopole d’État, à l’époque), ce qui lui a permis de doubler ses parts de marché en Europe, de réaliser un bénéfice de 1,2 millions d’euros en 2008, et d’augmenter de 36 % les dividendes versés à ses actionnaires. Par des recherches poussées sur ce monopole, qui emploie 33 000 salariés dans le monde et réalise un chiffre d’affaires de 3,3 milliards de dollars, les travailleurs de Villemur ont découvert les dessous d’un véritable hold-up industriel programmé dès l’achat de leur usine : le sabordage délibéré a consisté à réduire de moitié les effectifs (de 600 à 300 emplois en 4 ans), à refuser toute proposition de fabrications nouvelles, puis à gaspiller 200 millions de dollars dans des rachats d’actions ; bref à « vampiriser » cette entreprise pour récupérer les brevets et les fichiers-clients, et préparer ainsi le terrain de la délocalisation.

Les travailleurs de Molex, outre l’exploitation capitaliste amplifiée par sa crise, sont victimes également  de véritables  méthodes de voyou au service des actionnaires français et US.

Ils ont alors organisé une résistance exemplaire, non seulement par des journées de grève, des manifestations, des interpellations d’élus, et l’appel à la solidarité de la population locale, mais aussi par une occupation permanente de leur usine, pendant la période des vacances scolaires, pour empêcher tout déménagement sauvage des machines et du matériel.

 L’URCF apporte son soutien total aux travailleurs en lutte de Molex-Villemur, en souhaitant que s’élargisse le front de résistance solidaire contre la fermeture de cette usine et la casse des 300 emplois.

 Le capitalisme montre, là encore, son caractère fondamentalement inhumain : en dépossédant les travailleurs de leur outil de production, alors qu’ils sont les seuls producteurs de richesses, ce système, et l’État à son service, génèrent inévitablement de telles injustices.

Contre les patrons-brigands, une seule solution : la nationalisation, par l’expropriation sans indemnité, et le contrôle de l’usine par le collectif des travailleurs !  


Eboueurs d’Orléans : En grève ininterrompue depuis le 26 décembre !

Les éboueurs d’Orléans et de 5 communes de l’Agglomération, sont en grève continue depuis près d’un mois, pour exiger une hausse de salaire de 100 euros. Après 20 ans de service, un éboueur est payé 1300 euros nets ; à l’embauche 1080 euros nets. Face au mépris, aux mensonges et aux menaces du maire d’Orléans et du président de l’Agglo, ces travailleurs tiennent bon : le taux de grévistes a été de 90 % les 3 premières semaines (et même 100%  après les propos abjects tenus par le président de l’Agglo), et reste encore proche des 80 %. Alors que des négociations ont été entamées seulement le 15 janvier, la direction ne leur a proposé que 30 euros de prime mensuelle. La colère légitime de ces travailleurs en lutte s’est alors exprimée par des blocages de dépôts de bennes, et l’entassement des poubelles devant le siège de l’Agglo.

La section départementale de la FSU a adressé un message de soutien et une contribution financière de solidarité en direction de ces travailleurs courageux, dont le combat contre les salaires de misère sert l’ensemble de la classe ouvrière.

La revendication centrale et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à 1600 euros, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. A chaque militant et travailleur de faire grandir cette double exigence dans sa section syndicale et dans sa confédération. Salaires contre profits !

L’Agglo d’Orléans est assez riche pour avoir augmenté le salaire de son Président de 38%, soit de plus de 1000 euros par mois !

Tapons dans les coffres-forts de ces technocrates au service des monopoles, des banques et de l’Etat !

Pour cela, ensemble dès le 29 janvier, tout le peuple-travailleur, organisons nous pour faire reculer les patrons, leur gouvernement et leur Etat !

 

Commission ouvrière et d’entreprises de l’URCF.

Le 15 janvier 2009.


[1] Au 20ème siècle, la créativité des masses a déjà abouti à la création d’organes parallèles antiparlementaires : communes-soviets-comités populaires.

[2] Même si bien sûr dans tout mouvement auquel les communistes participent, ils affirment leur indépendance et disent franchement leurs accords et désaccords devant les travailleurs.

 
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