Union des Révolutionnaires-Communistes de France/Construction du Parti

 

PROGRAMME DE L’URCF :

LE SOCIALISME : SEULE ALTERNATIVE AU CAPITALISME !

 

Introduction
 
  QU’EST-CE QUE LE CAPITALISME ?
II°  LE SYSTEME MONDIAL DE L’IMPERIALISME
III° LA LUTTE DE CLASSES
IV° LE SOCIALISME : NOTRE OBJECTIF STRATEGIQUE
 
PRESENTATION GENERALES DES AXES DE LUTTES
IMMEDIATES DE L’URCF
De la lutte quotidienne contre le néo-libéralisme
à la lutte générale contre le capitalisme ! 
I. LUTTE CONTRE LE NEO-LIBERALISME
A/ Axes de luttes pour des droits démocratiques nouveaux
B/ Axes de luttes pour les droits sociaux
C/ Relancer l’économie : les pôles de services publics
D/ Combattre les ségrégations et discriminations
E/ Pour une politique de paix et anti-impérialiste
II. PROCESSUS REVOLUTIONNAIRE, REFORMES,
REVOLUTION : LA MARCHE VERS LE SOCIALISME

 

Introduction

            Le peuple-travailleur de France a une histoire séculaire de luttes pour son émancipation : Communes paysannes, jacqueries, Révolution démocratique-bourgeoise de 1789-1793, révolutions populaires de 1830 et 1848, première révolution socialiste au monde avec la Commune de Paris (1871), Front populaire, Résistance armée antifasciste, gouvernement démocratique à la Libération, grève générale de six semaines avec 10 millions de grévistes en mai 68.

            Cependant malgré tous ces combats et bien d’autres, l’exploitation capitaliste demeure ainsi que  les  oppressions de classe, racistes et sexistes. Le chômage devient massif, l’élévation du coût de la vie est continue alors que les salaires sont bloqués depuis des années.

La France est devenue un pays de bas salaires et pensions à l’échelle des pays capitalistes développés. La jeunesse est vouée à des emplois sous-qualifiés, précaires ou à ne pas trouver de travail.

            Les discriminations vis-à-vis des jeunes immigrés ou Français de troisième génération sont la règle au-delà des promesses régulières des gouvernements successifs.

La France est un Etat impérialiste qui participe de la course aux armements, dont les interventions militaires visent à sauvegarder ou conquérir de nouvelles zones d’exploitation, à favoriser l’implantation d’entreprises françaises dans le « Tiers-Monde » notamment en Afrique, à favoriser l’exportation des capitaux.

Tout cela concourt à la surexploitation des peuples des Etats dominés par l’impérialisme français.

            Dans le même temps pour assurer le maximum de profits, la bourgeoisie monopoliste s’est engagée dans la construction d’une entente internationale des bourgeoisies européennes : l’Union européenne (l’UE) afin de conquérir de nouveaux marchés et d’évincer ses rivaux, officiellement « partenaires ».

            L’inscription dans le condominium dominant dans l’UE, l’axe franco-allemand s’accompagne d’un partage des zones d’influence, la « politique des créneaux » chère à Giscard d’Estaing et Schmidt qui sont à l’origine de la casse de la métallurgie, de la sidérurgie, du textile, de la suppression de 1,9 millions d’emplois industriels.

            A l’impérialisme français sont réservés l’industrie du luxe, la production d’armements, le tourisme, les petites entreprises de services, les banques.

Bien que l’une des grandes puissances dirigeantes derrière l’impérialisme allemand, la bourgeoisie française s’est positionnée dans l’UE, pour des abandons continus de souveraineté nationale, tant sur le plan militaire en s’intégrant de plus en plus à l’Alliance Atlantique (OTAN) que sur le plan législatif, économique et politique.

            Les contradictions inter-impérialistes aiguës traversent aussi les monopoles dans notre pays. Certains oligarques et leurs soutiens politiques prônent l’alignement sur Washington pour dans le sillage de l’impérialisme américain, construire une Europe euro-atlantique. Ainsi,ce prolongement de l’hégémonie de Wall-Street serait conçu comme simple zone de libre-échange où l’impérialisme américain pourrait écouler ses marchandises et capitaux sans entraves administratives et sans concurrence des Etats européens.

            Sarkozy se fait le champion de  cet euro-atlantisme en allant jusqu’à l’exportation du « modèle social américain ».

Jusqu’ici, les gouvernements de droite et de gauche (Chirac plus que Jospin) se sont rangés à la nécessité de construire un puissant bloc impérialiste des Etats d’Europe afin de défier l’hégémonie nord-américaine.

            Leur défaite lors du référendum a entraîné une crise profonde au sein de l’UE, ce qui aggrave toutes les contradictions entre pays capitalistes.

Dans les Etats impérialistes, les élections législatives et  présidentielles opposent les tenants du néo-libéralisme aux partisans du social-libéralisme.

            C’est la substitution de l’alternance politique à toute réelle alternative, la forme réelle et contemporaine  prise par la dictature du capital.

            S’ajoute un élément nouveau, les formations pro-monopolistes, droite réactionnaire et gauche social-libérale s’affrontent sur le terrain des alliances et de la politique internationale : pro euro-atlantistes (Aznar, Berlusconi, Blair, Merkel, Sarkozy) contre les défenseurs d’une UE forte (Zapatero, Prodi, Royal, Schroeder).

            Ces deux camps sont ennemis au même degré des forces populaires. Les uns et les autres prônent la privatisation des services publics, la déréglementation des conditions de travail, la flexibilité, l’allongement du temps de travail, les inégalités croissantes, le pillage impérialiste, la fascisation et l’autoritarisme.

            Tant que régnera la conception du « moindre mal » incarné prétendument par la social-démocratie, les travailleurs n’auront que des lendemains amers et des gueules de bois politiques. Sociaux-libéraux et libéraux sont d’accord sur l’essentiel : la sauvegarde, la défense et la pérennisation du système capitaliste source de tous les maux dont souffre le peuple-travailleur. 

Cerner et cibler les responsables.

            La classe capitaliste a tous les pouvoirs, tant sur l’Etat et ses appareils (armée, police, justice, haute administration) que dans la société en raison de la propriété privée des moyens de production,  d’échange et médiatiques.

            Une véritable oligarchie financière (la bourgeoisie monopoliste) exerce son pouvoir d’Etat (dictature de classe selon l’analyse de Marx).

La constitution réactionnaire de la Véme République traduit la consolidation en 1958 de cette oligarchie de milliardaires.

            Tout le dispositif électoral tourne autour du « présidentialisme », résurgence de la monarchie, où un président  se montre non responsable devant le parlement mais soumis aux intérêts monopolistes.

            A la tête de l’Etat et du gouvernement se succèdent les partis de l’arc consensuel : UMP/UDF et PS/gauche plurielle.

            Ces partis, au-delà des appellations de droite et de gauche sont les piliers de la dictature des monopoles dans notre pays.

Les médias, les instituts de sondage, le mode de scrutin tout est conçu par l’oligarchie financière pour que l’un ou l’autre de ces « deux piliers » se succèdent au service du système d’exploitation salariale.

            Les élections ne sauraient être le terrain privilégié d’affrontement avec le capital.          L’expérience historique et singulièrement la mémoire française montrent que tous les grands changements ont été opérés par la rue, par les grèves, par l’action indépendante des masses.  

     I ° QU’EST-CE QUE LE CAPITALISME ? 

            C’est un mode de production dans lequel l’ensemble des moyens de production (terres, usines, entreprises, sous-sols, machines) et d’échange (les banques et caisses d’épargne) sont aux mains de détenteurs privés, les capitalistes.

            Ces propriétaires capitalistes possèdent et consomment une partie conséquente des richesses produites par les travailleurs. L’immense majorité du peuple (ouvriers, employés, techniciens, intellectuels salariés) ne possède aucun moyen de production, c'est-à-dire ne peut vivre sur ses propres avoirs.

            Ces travailleurs sont obligés de s’engager dans le travail salarié. La classe des capitalistes est exploiteuse, c'est-à-dire qu’outre ses capitaux, elle va vivre de la vente de la force de travail de ses salariés, principalement ouvriers et employés.

Cette vente a un caractère forcé, obligatoire, sinon l’ouvrier et le travailleur sont privés de toutes ressources.

            Toutefois, la forme d’exploitation qu’engendre le capitalisme (obtention de la plus-value produite par la force de travail) n’est pas aussi transparente et visible que celle dont était victime l’esclave et le serf.

            La bourgeoisie au moyen des programmes scolaires, des médias, des réunions d’entreprise diffusent des théories mystificatrices, relayées et développées par les partis et syndicats réformistes telles : « le patron crée des emplois », « payer le travail à sa juste valeur », « partage des richesses ».

            La plus-value est occasionnée par le fait que les ouvriers et les travailleurs avec leur cerveau, leurs mains, leur machine vont produire plus de valeurs que ce qui leur est accordé par le patron en salaire.

            Cette différence, c’est le montant de la plus-value. Ainsi, les travailleurs vont être spoliés, volés même par des accapareurs privés qui décident seuls de l’utilisation de cette plus-value.

Cette appropriation de la plus-value est la source du profit capitaliste qui assure des fortunes immenses aux oligarques.  

Le capitalisme est un système en crise ! 

            Depuis les premiers jours de son existence (18ème siècle) jusqu’à aujourd’hui, le capitalisme a été marqué par des crises périodiques de plus en plus longues.

            Ces crises entraînent une destruction partielle des forces productives (entreprises, emplois) y compris au moyen des guerres afin de maintenir le taux de profit capitaliste.

            Les crises vont se traduire par la ruine financière y compris de certaines couches moyennes et petits capitalistes, la paupérisation de la classe ouvrière et des masses populaires, le chômage de masse.

            La cause principale des crises est à rechercher dans les lois de fonctionnement du système capitaliste, notamment dans « l’épidémie de surproduction » selon la juste et forte expression de Marx et Engels.

            La surproduction découle des faits objectifs suivants: les capitalistes, dans leur recherche du profit, dans la lutte pour éliminer leurs concurrents vont recourir à de nouvelles techniques et formes d’exploitation (Taylorisme, Toyotisme) afin d’accroître la productivité du travail, sans augmenter les salaires.

            Ce phénomène engendre un déséquilibre entre la quantité de biens produits et les capacités d’achat des travailleurs, entraînant une surproduction (des produits ne vont pas trouver d’acquéreurs).

            Le capitalisme répond à la crise tant par le keynésianisme (intervention de l’Etat, inflation) que par la duperie des organisations ouvrières grâce à ses lieutenants réformistes et la répression des militants ouvriers de lutte de classe. Le fascisme a su utiliser les enseignements de Keynes pour conduire sa politique de terreur ouverte contre les forces démocratiques.

            Après-guerre, les gouvernements sociaux-démocrates ont utilisé les méthodes de gestion keynésienne pour développer le capitalisme monopoliste d’Etat comme en Angleterre ou en France.

            La particularité de la crise actuelle, outre sa durée, est l’incapacité des méthodes de Keynes à solutionner les maux actuels (dans l’intérêt des capitalistes).

            La bourgeoisie contemporaine s’est donc appuyée sur les travaux des économistes américains Friedmann, Hayek pour mettre en œuvre (le Chili de Pinochet servant de laboratoire) la déréglementation généralisée, la privatisation des services publics, la réduction drastique des budgets sociaux, la politique de licenciements.

            Cette politique appelée néo-libéralisme, est appliquée dans tous les Etats capitalistes.

Elle suscite une opposition massive dans le monde, comme le prouvent entre autre les manifestations du mouvement alter-mondialiste, les succès en Amérique latine des gouvernements démocratiques-révolutionnaires au Venezuela, Bolivie, la politique de Cuba. 

   II ° LE SYSTEME MONDIAL DE L’IMPERIALISME 

Les monopoles. 

      A son stade initial, le capitalisme est indissociable de la concurrence entre entreprises, jusqu’à l’élimination des plus faibles.

      Des concentrations vont alors apparaître formant un ou plusieurs monopoles dans un secteur donné de production ou d’échange, permettant à ces entreprises concentrées de fixer un prix de monopole, d’orienter la production selon leurs seuls intérêts de rentabilité, permettant ainsi la réalisation du surprofit.

      Dans la France contemporaine agissent de puissants monopoles : BNP-Paribas, EADS, Lagardère, Michelin, Bouygues, Renault…

      L’apparition des monopoles au début du XXème siècle s’est traduite par une nouvelle étape du capitalisme : l’impérialisme ou capitalisme de monopoles.

      Les Etats capitalistes développés forment le système mondial de l’impérialisme où les Etats nationaux sont subordonnés aux intérêts de leurs monopoles.

      Les alliances continentales n’infirment pas cette tendance. Il suffit de voir le Président de la République se transformer en VRP des grandes sociétés nationales lors de ses voyages officiels.

      Actuellement, le développement du système mondial impérialiste a conduit à renforcer l’action de la loi d’internationalisation des forces productives, conduisant à ce que les observateurs baptisent la « mondialisation ».

      Contrairement à ce qui est écrit ici ou là, ce n’est pas un phénomène nouveau, la mondialisation a commencé d’opérer sous le féodalisme et s’est accentuée avec l’avènement du capitalisme, atteignant un très haut degré d’internationalisation des forces productives au stade impérialiste.

      Toutefois, cette mondialisation a été tout un temps freinée par l’existence d’un camp socialiste et l’existence d’un marché parallèle fondé sur le co-développement, l’égalité des nations, l’entraide et la coopération économique et politique.

      La contre-révolution bourgeoise en URSS (1991) et la destruction du camp socialiste ont libéré les entraves et freins objectifs à la loi de mondialisation pour le seul intérêt et profits des monopoles.

      L’existence d’un marché mondial quasi unique à conduit à ce que les monopoles (toujours à base nationale et soutenus par leur Etat impérialiste) se sont emparés de nouveaux marchés, ont pris le contrôle de secteurs entiers de production, véritable recolonisation économique des pays dominés.

      Ainsi, les monopoles sont devenus plus  encore des entreprises multinationales ou transnationales, toujours pour les intérêts d’une bourgeoisie monopoliste d’un pays donné.

      Loin d’infirmer les thèses de Lénine sur l’impérialisme, les transformations actuelles valident l’analyse léniniste.

      L’impérialisme est bien la plus haute et la dernière étape du capitalisme. 

Les contradictions interimpérialistes. 

      A ce stade demeure toujours la compétition entre entreprises et Etats nationaux.

      Toutefois, l’impérialisme accentue toutes les contradictions du système capitaliste.

      Dans chaque Etat et au niveau international, les monopoles se livrent une concurrence effrénée.

      Les contradictions entre Etats et monopoles capitalistes vont en s’aggravant. Pour conquérir de nouvelles zones d’influence, repartager le monde à leur profit, tous les moyens sont bons : OPA, espionnage industriel, fusions et même guerre par pays interposés ou directe.

      Les contradictions interimpérialistes sont à l’origine des deux guerres mondiales.          Aujourd’hui, si les Etats-Unis assurent leur hégémonie sur le monde, le bloc impérialiste de l’UE sous direction allemande ou  le japon contestent cette domination. Derrière les apparences de l’unité autour des valeurs de « l’économie de marché », règnent en réalité et agissent des luttes impitoyables pour affaiblir ses concurrents y compris dans les alliances continentales. 

L’impérialisme conduit à la guerre.  

      Cette lutte concurrentielle entre Etats pour conquérir l’hégémonie mondiale est multiforme.

      Des alliances entre Etats de l’UE sont tissées pour arracher des positions à l’impérialisme américain, mais à l’intérieur même de l’UE, l’administration Bush a des agents d’influence et des relais de ses vues expansionnistes, c’est l’euro-atlantisme.

      Tout est fait pour qu’à chaque consultation électorale, le candidat lié à tel visée impérialiste soit élu, pour peser ensuite sur l’ensemble de la politique commerciale et internationale.

      La destruction de l’URSS, les évènements du 11 septembre 2001 ont été le prétexte (« la lutte contre le terrorisme ») pour le passage à la politique de guerre ouverte contre l’ensemble des peuples.

      Depuis 1945, les conflits provoqués par l’impérialisme américain ont été incessants :  avec notamment les guerres contre des Etats du camp socialiste : Corée, Vietnam, Débarquement mis en échec à Cuba.

      Depuis 1991, l’impérialisme américain avec ou sans ses alliés, s’attaque à des pays du « Tiers-Monde » et même d’Europe ne représentant  strictement aucun danger pour les grandes puissances : guerre du golfe, Yougoslavie, Afghanistan, Irak, menaces sur la Syrie, l’Iran.

      En Yougoslavie, il s’agissait de prendre pied sur, le marché des anciens Etats socialistes, en Afghanistan, de travailler à la conquête de positions géographiques stratégiques (encerclement de la Russie et de la Chine) tant ce pays est ruiné et affaibli par trois décennies de guerres, par un obscurantisme religieux délirant.

      Dans ce cas de figure, un certain partage des rôles est possible d’autant qu’est tenu compte du poids militaire des divers Etats interventionnistes.

      En Irak, il s’agissait pour Bush, de s’assurer la mainmise totale des ressources énergétiques, d’autant que parallèlement était poursuivi l’objectif d’encerclement de la Russie, l’installation de bases de l’OTAN dans d’ex-Républiques de l’URSS, de coups d’état favorables à Washington dans les Etats pétroliers.

      Les positions hostiles à un engagement armé en Irak, « sans avoir épuisé toutes les solutions diplomatiques » exprimées par les impérialismes allemands, français, russes, avaient leur origine dans le refus de dépendre toujours plus de Washington quant à leur accès ou approvisionnement énergétique, menaçant ainsi leur propre politique expansionniste.

      Bush voulait frapper très fort pour assurer et conforter l’hégémonie US pour 50 ans encore. On sait que l’opinion publique démocratique internationale est indignée des mensonges et complots de l’administration Bush et du gouvernement Blair sur les prétendues « armes de destruction massive » détenues par le régime de Saddam Hussein, des actes de barbarie sur les prisonniers irakiens et des centaines de milliers de victimes engendrées par le conflit.

      L’impérialisme américain demeure le principal ennemi des peuples,  en ayant recours à des procédés fascistes en politique internationale. Le foyer principal d’agressions et de danger de conflagration mondiale se trouve à Washington.

« Ennemi principal » mais pas unique, l’impérialisme japonais réhabilite son passé chauvin-militariste et réhabilite les criminels de guerre.

      L’Union européenne forte des traditions colonialistes des impérialismes français, britannique, néerlandais, allemand, italien, espagnol, belge peut devenir instigatrice de nouveaux conflits dans ses zones de domination en cas de révolution ou soulèvement populaire ou de non-alignement sur les vues impérialistes comme en Yougoslavie.

      L’impérialisme avec sa base matérielle faite d’exploitation et d’oppression nationale reste la source des guerres, pour supprimer le danger de guerre, il faut en finir avec l’impérialisme ! 

L’impérialisme est l’époque de la fin du capitalisme. 

      L’impérialisme est l’ultime stade de développement du capitalisme. Son parasitisme croissant, l’aggravation de ses contradictions internes et externes minent en profondeur ce mode de production.

      Les travailleurs des Etats capitalistes, les peuples des pays dominés (semi ou néo-coloniaux) sont confrontés à l’exploitation renforcée, à un pillage des ressources matérielles sans équivalent, à des ingérences permanentes des organismes impérialistes (FMI, Banque Mondiale, OCDE…)concernant leur cadre de vie et leurs conditions de travail.

      Le capitalisme est devenu l’obstacle majeur au progrès de l’humanité. Ce régime devenu caduc en raison du  système d’exploitation de l’homme par l’homme est dans l’incapacité historique de satisfaire les besoins matériels et culturels de l’immense majorité des habitants du globe.

      La classe ouvrière constitue la principale force antagonique au capitalisme à l’échelle mondiale.

      Le prolétariat a su au début du XXème siècle se doter dans chaque pays, d’une avant-garde révolutionnaire, d’abord les partis socialistes, puis après leur trahison en 1914, les partis communistes.

      En France et ailleurs, le parti communiste a vu sa ligne théorique et pratique, se modifier dans les dernières décennies, sous l’influence de l’opportunisme et du révisionnisme.

      Le révisionnisme signifie la révision puis l’abandon des principes révolutionnaires, l’adoption d’une stratégie conciliatrice avec le capitalisme. Si bien que l’on a pu assister, non sans résistances en leur sein, à une lente social-démocratisation de certains partis communistes, rejoignant ainsi les héritiers de la Seconde Internationale dans leur trahison des intérêts populaires.

      Nous vivons l’époque de la reconstruction du mouvement communiste international et de ses détachements nationaux réellement révolutionnaire,  l’époque de l’impérialisme, des révolutions prolétariennes et national-démocratiques dans les pays dominés.

      La tâche historique de la classe ouvrière et de son avant-garde le parti communiste est dans chaque pays, de prendre la tête du camp des exploités et opprimés, afin d’œuvrer au renversement du capitalisme, par une révolution ouvrière et populaire anticapitaliste, de conquérir le pouvoir d’Etat en ayant brisé la domination de classe des monopoles et leur appareil d’Etat bureaucratique et répressif, de liquider  ainsi l’exploitation salariale, d’assurer la propriété sociale et nationale des moyens de production.

      L’expérience révolutionnaire de la Russie en 1917, des démocraties populaires en 1945, de la Chine en 1949, de Cuba montre que tant que le parti communiste est guidé par les principes matérialistes et dialectiques (le marxisme-léninisme), tant que la classe ouvrière reste aux commandes de l’Etat, la révolution va de l’avant, l’édification socialiste assure des avantages sociaux inatteignables sous le capitalisme.

      Par contre si le parti communiste dirigeant l’Etat socialiste se laisse gangrener par les éléments petits-bourgeois, laisse faire le bureaucratisme, affaiblit la critique d’en bas des masses et  perd ainsi son immunité contre l’opportunisme, alors la perte de vigilance envers l’encerclement capitaliste et les tentatives contre-révolutionnaires de l’impérialisme menacent toutes les conquêtes socialistes.

      A ce moment là, la révolution va stagner, reculer et finalement être emportée.

      Sous le socialisme, la lutte de classes va se poursuivre, avec des formes différentes mais avec autant d’acuité que sous le capitalisme.  

                  III°   LA LUTTE DE CLASSES. 

      Le capitalisme regroupe des classes aux intérêts contradictoires et antagoniques : celle des exploiteurs et celle des exploités.

      L’intérêt de classe de la bourgeoisie monopoliste est d’aggraver toujours plus l’exploitation des salariés (allongement du temps de travail, cadences renforcées, blocage de salaires, hausse des prélèvements) afin d’accroître ses profits.

      L’intérêt de la classe ouvrière et des travailleurs est pour mieux vivre au quotidien de limiter les profits en revendiquant la hausse de son pouvoir d’achat et obtenir ainsi une meilleure répartition des richesses produites entre travail et capital.

      Cette contradiction engendre la lutte de classes. Si la classe ouvrière veut vendre à un meilleur prix sa force de travail, elle est obligée d’engager des luttes : grèves, manifestations, pour obliger le patronat à des reculs.

      Dans cette lutte, la classe ouvrière va se heurter à la toute-puissance de la classe capitaliste (et pas seulement du patron concerné) qui va mobiliser ses médias, ses corps répressifs et utiliser les tenants de la collaboration de classes pour casser le mouvement.

Si le patronat est contraint de  « reconnaître » les revendications des grévistes, il n’aura de cesse de reprendre ce qu’il a du céder « à chaud ».

      C’est là une loi générale de la lutte de classes tant que le capitalisme reste debout.

Le principal outil des travailleurs dans les batailles quotidiennes demeure le syndicalisme.

      Ce dernier toutefois a des limites objectives à sa lutte, son inscription de fait de par sa fonction de défense, dans les rapports de production capitalistes.

      Dans certains pays, il sera possible que le syndicat de lutte de classes devienne l’auxiliaire du parti révolutionnaire, communiste, en faisant acquérir par la pratique, à ses adhérents, la conviction qu’il faut renverser le capitalisme pour résoudre tous les maux quotidiens. Pour l’instant, nous sommes loin du compte, puisque l’une des importantes conquêtes du mouvement ouvrier, l’existence d’une CGT représentant le syndicalisme de classe et de masse, est en voie de liquidation.

      Les Etats-majors syndicaux se sont tous ralliés à la collaboration de classes et à l’aménagement social du système qu’ils ne qualifient même plus de capitaliste !

« Réformistes » ou même « réactionnaires », Lénine a recommandé à tous les communistes, de militer au sein des syndicats, afin de transformer ces derniers en organes de la lutte de classes, afin de conquérir ultérieurement la majorité du prolétariat. 

Les alliances de classes. 

      Dans le combat contre le capital monopoliste, la classe ouvrière a besoin d’alliances de classes avec au centre le regroupement de toutes les victimes du capitalisme.

      Le capitalisme impérialiste s’attaque non seulement aux intérêts de la classe ouvrière mais menace et agit contre ceux de l’immense majorité laborieuse.

      Une des fonctions des partis réformistes est de constituer un bloc liant certaines couches populaires à la bourgeoisie.

      La fonction des communistes est de dénoncer la nature de classe de la politique réformiste afin de gagner les travailleurs influencés à la nécessité de la lutte de classes.   Pour ce faire, les communistes utilisent toutes les formes de luttes : révolutionnaires dans les grèves sociales et politiques et participent à la lutte électorale pour dénoncer le parlementarisme bourgeois et les illusions qu’il engendre.

      Dans ce vaste rassemblement des couches populaires, la classe ouvrière car la plus exploitée et la plus radicalement hostile au capitalisme, (selon l’expression de Marx, elle n’a que ses chaînes à perdre) doit diriger le bloc démocratique et populaire des exploités et opprimés.

      Cela passe par une lutte constante au sein du prolétariat contre les tendances corporatistes qui isolent la classe ouvrière des autres forces.

      La tâche du parti communiste de type bolchevique est de contribuer et veiller à ce que la classe ouvrière conquière par ses mérites l’hégémonie politique dans le camp progressiste, dans la lutte contre la politique de guerre, pour la défense des droits démocratiques, pour la révolution et le socialisme. 

Le combat quotidien contre le capitalisme et la lutte stratégique pour en finir avec le capitalisme.

      La classe ouvrière poursuit des buts immédiats (la lutte contre la politique néo-libérale de l’impérialisme) et a pour mission, quand elle est  dotée d’une conscience révolutionnaire, d’œuvrer à détruire l’exploitation et le système capitalistes.

      La lutte quotidienne, principalement syndicale mais pas uniquement, vise à satisfaire les besoins urgents et nécessaires du monde du travail, à ajourner des projets liberticides et antisociaux du capital et de son pouvoir, à gagner des réformes progressistes.

      Dans ce combat qui se situe dans le cadre du système et des rapports de production existants, le parti communiste ne doit jamais manquer « d’accuser le capitalisme», de façon à ce que les masses populaires s’attaquent, outre les conséquences,  aussi à la source des difficultés et problèmes : la dictature des monopoles engendrée par la propriété privée des moyens de production.

      Les réformes si utiles et progressistes, soient-elles, ne sauraient résoudre cette lutte s’attaquant aux fondements même du capitalisme.

      Pour une solution définitive aux maux, difficultés, injustices et inégalités dont souffrent les travailleurs, il est nécessaire d’en finir avec le capitalisme, par une révolution sociale   et politique!

      L’expérience acquise au siècle précédent montre que succédera au capitalisme, un nouveau mode de production : le communisme dont le socialisme est la première phase.

Le socialisme constitue une  longue période historique où la lutte de classes conduit à l’abolition des classes et de l’Etat.

      C’est précisément le parti communiste qui armé du matérialisme scientifique trace la voie et assure la direction politique pour conduire au renversement du capitalisme.

      Le parti communiste (et dès maintenant l’URCF) a pour mission de s’inscrire dans les luttes quotidiennes, afin de construire les alliances de classes nécessaires pour combattre et vaincre ultérieurement les monopoles.

      On ne peut prétendre œuvrer au renversement du capitalisme sans participation et militantisme exemplaire dans les combats quotidiens du prolétariat et de tous les opprimés.

      Le parti communiste vise à diffuser la conscience révolutionnaire afin que grandisse la compréhension de la nécessité historique d’en finir avec le capitalisme et d’engager la marche vers le socialisme.

      Cette tâche est entreprise depuis plusieurs années par l’URCF.

      Toute la période de luttes quotidiennes de plus en plus radicales et conscientes contre le capitalisme constituera le processus révolutionnaire qui conduira à la révolution prolétarienne, socialiste. 

IV°  LE SOCIALISME : NOTRE OBJECTIF STRATEGIQUE. 

      Dès l’avènement du capitalisme, d’éminents penseurs : More, Babeuf, Saint-Simon, Blanqui, Owen ont proposé une alternative au capitalisme.

      Toutefois leurs vues ne pouvaient aboutir à la victoire, faute des conditions objectives, leurs théories qualifiées par Marx et Engels, de « socialisme utopique » ignoraient les lois réelles du développement capitaliste, les contradictions de ce mode de production.

      Le capitalisme en concentrant toujours plus la production, en engendrant un prolétariat toujours plus nombreux et exploité a créé les bases objectives d’une pensée scientifique anticapitaliste.

      Ce fut le grand mérite historique de Marx et Engels de développer la science matérialiste de la lutte de classes des exploités, d’analyser avec la méthode dialectique les lois générales du mode de production capitaliste.

      Sur cette base politique et théorique ont été créés des partis ouvriers, révolutionnaires agissant pour le socialisme comme alternative véritable au capitalisme.

      Certains penseurs appelés « révisionnistes », car ils rompaient avec la théorie de Marx, tels Bernstein, Jaurès, Kautsky ont estimé que le capitalisme pouvait se transformer pacifiquement en socialisme, à la fois par l’action des mécanismes économiques et politiques et grâce aux victoires électorales permettant des transformations démocratiques continues dans le cadre du système d’exploitation.

      Ces vues combattues par Lénine, Staline, l’Internationale Communiste et le PCF alors révolutionnaire, dénoncées comme réformistes, ont été réactivées par la ligne révisionniste du XXème Congrès du PCUS (1956).

      A ce congrès (et après) a été prônée une ligne stratégique d’alliances parlementaires avec la social-démocratie, pour permettre la victoire du mouvement ouvrier selon une voie parlementaire et pacifique au socialisme.

      L’expérience historique, dramatique comme au Chili, a invalidé ses hypothèses, devenues pourtant « ligne générale du mouvement communiste international ».

Les thèses révisionnistes ignorent la nature de classe de la social-démocratie, parti au service des monopoles, nient tout caractère de classe à la démocratie bourgeoise et en fait l’existence d’une dictature de classe du capital sur l’Etat.

      Aujourd’hui, confrontés à cet échec du courant révisionniste (qui est aussi un échec du mouvement ouvrier par ses conséquences), ceux qui refusent d’autocritiquer leurs erreurs et fautes opportunistes glissent toujours plus à droite dans leurs conceptions théoriques et politiques.

      Ils vont jusqu’à rejeter le socialisme comme alternative. Leur concept détourné de Marx, de « dépassement du capitalisme » s’appuie sur la reconnaissance du caractère « incontournable » de l’économie de marché (en clair, le capitalisme).

      La direction du PCF prône « une société plus humaine, juste et solidaire » dans le cadre des rapports de production bourgeois ! Son « communisme » est aussi peu crédible que le « socialisme » de la social-démocratie.

      Les marxistes-léninistes minoritaires au sein du PCF durant les années de domination révisionniste et « mutante/réformiste » ou agissant au dehors de ce parti, ont pour tâche de renouer avec les principes révolutionnaires validés par les victoires d’Octobre 17, des Démocraties Populaires (1945), de la Chine rouge (1949), de Cuba (1961).

      La lutte pour instaurer le socialisme nécessite l’action consciente des masses et la lutte de classe développée jusqu’à la nécessité comprise  de renverser le capitalisme au moyen d’une révolution de tous les exploités et opprimés.  

Les lois générales du socialisme. 

      Comment parviendra t-on à une société socialiste ? Est-il possible de supprimer l’exploitation salariale en abolissant le salariat ? La classe ouvrière peut-elle diriger un nouvel Etat ?

      Toutes ces questions traversent le mouvement populaire. Il faut appréhender et diffuser la connaissance des lois générales du socialisme, d’autant que son expérience historique a été calomniée, salie par toutes sortes de plumitifs stipendiés. 

La question de la propriété. 

      Les moyens de production, privés sous le capitalisme, deviennent propriété sociale, c'est-à-dire commune à l’ensemble des membres du peuple-travailleur.

      Le Nouvel Etat des ouvriers, paysans, intellectuels va procéder à la socialisation (nationalisation socialiste) des biens et propriétés de la classe capitaliste.

      Devenues, propriété nationale et sociale, les entreprises sous le socialisme vont voir leur plus-value, affectée  collectivement à la satisfaction des besoins matériels (sociaux) et culturels, de façon à élever constamment le niveau de vie, l’instruction, l’accès aux loisirs, le faible coût du logement et des transports pour chaque membre de la société. 

La suppression de l’exploitation capitaliste. 

      Nous avons vu que la classe dominante et possédante, celle des capitalistes, vivait de manière parasitaire de la vente de la force de travail salarié.

      Sous le socialisme,  en étant détenteur des moyens de production, le peuple-travailleur va travailler de manière nouvelle, à la fois pour la satisfaction de ses intérêts personnels et pour les intérêts sociaux de la collectivité.

      La direction des usines par la classe ouvrière au moyen des comités populaires ou conseils engendre des rapports de travail nouveaux de coopération et d’entraide entre les diverses couches de travailleurs.

      La socialisation de l’économie liquide les rapports de production bourgeois en donnant un contenu socialiste aux nouveaux rapports de production engendrés par la Révolution prolétarienne.

      La division séculaire du travail entre travail manuel et intellectuel, qualifié/non-qualifié subsistera jusqu’au communisme mais perd son caractère antagonique et tend à s’éteindre progressivement, au fur et à mesure que la classe ouvrière se rapproche du niveau technique des ingénieurs grâce à l’école et à la formation permanente.

      Tout ce qui est produit par les travailleurs leur revient directement ou indirectement.

      La dernière classe des accapareurs (la bourgeoise monopoliste) disparaît de la scène historique.

      En URSS, durant les années 40/50, ce sont 75 % du produit national brut qui revenait à la classe ouvrière, à la paysannerie, à l’intelligentsia.

      En France capitaliste, en 2006, la proportion est strictement inversée puisque la grande bourgeoisie, c'est-à-dire 450 000 personnes (et 14 milliardaires en euros) détiennent la majorité du PNB.

      Toutefois, le socialisme affronte de réelles contradictions.

      La production ne permet pas  encore la satisfaction pour chacun de tous ses besoins. Certaines inégalités du droit bourgeois, héritage de l’ancien système sont encore opérantes.

      L’existence du capitalisme dans les Etats les plus développés, ses tentatives incessantes de renverser le socialisme, par des complots et des guerres, oblige l’Etat socialiste à consacrer des sommes importantes à la protection des citoyens et à la nouvelle propriété collective.

      Cependant l’Armée populaire, la Police du Peuple ne seront plus des corps parasitaires et participeront aussi à la production sociale.

      Le socialisme est régi par le principe « A chacun ses besoins selon son travail ». La propriété sociale assure la gratuité des services publics grâce à des fonds sociaux gérés par les travailleurs et leurs organisations syndicales dont la source se situent  dans les bénéfices des entreprises.

      Sans cotiser, les travailleurs auront accès aux soins de santé et médicaments, à l’éducation, à la prévoyance, aux transports et au téléphone interurbain gratuits.

Les loyers dans les Etats socialistes ne dépassaient pas 4 % du salaire (actuellement en France 28 %).

      Tout cela sera possible, car pour la première fois dans l’histoire en France (l’expérience de la Commune fut trop brève), les richesses produites bénéficieront à ceux qui les produisent, non aux appétits privés du capital financier. 

La planification socialiste. 

      La production capitaliste a pour finalité la production et la vente de marchandises, non pour satisfaire des besoins mais pour permettre la réalisation du profit. S’il n’est pas rentable de produire un objet, alors au-delà de son utilité sociale, il ne sera pas produit.

      Sous le socialisme, la production vise à satisfaire les besoins matériels et culturels croissants de chaque travailleur et du collectif.

      L’anarchie de la production règne sous le capitalisme, puisque le principal élément de « régulation » est le marché, une véritable planification y est donc impossible.

      Avec l’Etat ouvrier et des travailleurs, il sera possible comme en URSS, de planifier la production afin de couvrir les besoins présents et futurs. L’homme, le producteur est au centre de la société.

      La concurrence capitaliste conduit aux fermetures d’entreprise, aux licenciements, au chômage, aux crises de surproduction.

      Le fléau du chômage a été aboli en URSS en 1929, telle est la possibilité offerte par la planification et la propriété sociale !

      Le plan se construira démocratiquement en bas, par des Etats-généraux du travail, afin d’exprimer et de centraliser les besoins.

      Les comités d’usine, l’organisme national de planification, les autorités politiques, dans un va-et-vient permanent, expliqueront les choix prioritaires retenus. Ces choix seront intégrés dans le plan national de développement de la production et des services.

      La croissance incessante de la productivité, sous le capitalisme, en raison des progrès technologiques tend à éliminer le travail vivant et permet  ainsi la surexploitation salariale, tout en augmentant les prix.

      Sous le socialisme, chaque gain de productivité sera répercuté en baisse du prix des objets de nécessité courante, c’était le cas en URSS sous Staline.

 Le socialisme liquide l’oppression des autres peuples, toutes les ségrégations et le néo-colonialisme. 

      Le socialisme implique la liberté pour les peuples actuellement opprimés par l’impérialisme français.

      Le droit à l’autodétermination sera reconnu et appliqué à l’ensemble des peuples des DOM-TOM. Droit à l’autodétermination qui implique le droit à la séparation. Le léninisme reconnaît l’égalité de tous les peuples.

      En liquidant le capitalisme de monopoles, l’impérialisme voit disparaître aussi la base matérielle de sa politique impérialiste.

      La France socialiste défendra le principe de co-développement, de coopération d’égal à égal, annulera la dette des pays du Tiers-monde.

      L’assistance fraternelle sera la règle dans nos relations avec les autres peuples, comme le fit l’URSS et le fait aujourd’hui Cuba en envoyant médecins et professeurs, pour le seul bénéfice des pays confrontés à la misère, à l’analphabétisme.

      Le socialisme implique la dénonciation et l’annulation des traités inégaux signés par l’impérialisme français, l’ouverture des archives sur les crimes du colonialisme et du capitalisme français.

      La France révolutionnaire sortira des instances impérialistes : OTAN, UE, FMI, mais sera favorable à toute instance de coopération internationale d’égal à égal, appliquant le droit inaliénable de chaque pays à sa souveraineté, à sa liberté d’opter pour la voie de développement de son choix.  

Le socialisme, c’est la paix et la solidarité internationaliste. 

      La classe des capitalistes a de puissants intérêts financiers dans la préparation et le déclenchement des guerres d’agression.

      Sous le socialisme, la classe ouvrière ni aucune autre classe associée au pouvoir n’a d’intérêt matériel aux conflits contre les autres peuples, à la conquête de « marchés ».

      La France socialiste sera solidaire de la lutte générale de tous les peuples pour la liberté nationale, la démocratie, l’émancipation sociale, la lutte anti-impérialiste et anti-guerre. 

Le pouvoir populaire et la démocratie socialiste. 

      La condition de toutes ses réalisations réside dans la tâche la plus décisive de toute révolution : la conquête du pouvoir d’Etat.

« Seul est marxiste, celui qui étend la reconnaissance de la lutte de classes, à la reconnaissance de la dictature du prolétariat ». (Lénine).

      Sous le capitalisme, derrière la « démocratie » se cache l’impitoyable dictature de la bourgeoisie monopoliste. La « démocratie » y est tronquée, limitée et ne vise qu’à légitimer et favoriser les partis-relais du pouvoir des monopoles : l’UMP-UDF et le PS.

      Dans le même temps, les atteintes aux principes démocratiques, les mesures de fascisation de la vie politique engendrent les aspirations à la démocratie.

      C’est là précisément une des contradictions aiguës du capitalisme. Le combat pour le socialisme est  donc indissociable du combat pour la démocratie.

      Pour réaliser les aspirations démocratiques et socialistes, pour assurer la victoire de la révolution anticapitaliste, les travailleurs ne peuvent utiliser la machine d’Etat telle quelle qui a servi à les opprimer durant des siècles.

      Les travailleurs sous la direction de la classe ouvrière doivent briser l’Etat capitaliste, en évinçant les hauts fonctionnaires et bureaucrates qui ont servi la dictature de l’oligarchie financière et ont réprimé le peuple-travailleur.

      A cette fin, l’armée, la police, la justice, les services généraux d’éducation, des médias seront démocratisés par la promotion de militants ouvriers et populaires, mandatés par les organes politiques dirigeant des travailleurs, dans les divers corps de l’appareil d’Etat.

Marx et Lénine ont évoqué le concept de dictature du prolétariat, parce qu’à la bourgeoisie succède comme force dirigeante la classe ouvrière.

      Remplacerait-on une oppression par une autre ?

      Non. La bourgeoisie utilisait la toute puissance de son Etat pour protéger une minorité d’exploiteurs, recourrant au fascisme et à sa terreur ouverte, si les privilèges de l’oligarchie étaient menacés.

      Le prolétariat et ses alliés : employés, paysans-travailleurs, intellectuels progressistes, utiliseront la puissance de la dictature du prolétariat pour protéger la majorité écrasante de la population, contre les complots de l’ancienne minorité exploiteuse.

      La démocratie devient populaire, l’apanage du plus grand nombre de citoyens.

      L’Armée populaire, la police, la justice (avec l’élection démocratique des juges) seront au service de la défense du nouvel Etat socialiste et réprimeront les menées contre-révolutionnaires des capitalistes renversés et de leurs agents.

      A la dictature des monopoles, liées à la base de propriété capitaliste, succède la dictature du prolétariat liée à la propriété sociale des moyens de production.

      Le socialisme crée un nouveau type de démocratie supérieur : la démocratie socialiste.

      Cette dernière repose sur l’articulation harmonieuse des formes de démocratie directe et représentative grâce aux comités locaux populaires, de quartiers et d’entreprises, de villes, de régions, national.

      Le sénat, assemblée réactionnaire et caduque, liée notamment à l’ancienne grande propriété foncière sera abolie et remplacée par le comité populaire national élu par l’ensemble des comités populaires.

      L’Assemblée nationale sera élue au suffrage universel direct par tous les citoyens d’au moins 18 ans.

      Ces deux assemblées exerceront le pouvoir et législatif confondu, éliront le gouvernement et la présidence collégiale de l’Etat. Sera mis fin ainsi, à cette résurgence de la monarchie que constitue le « présidentialisme ».

      Le bureaucratisme sera combattu par tous les moyens. La Commune de Paris contient un précieux héritage à développer.

      Les élus seront payés sans dépasser le salaire moyen d’un ouvrier, leurs privilèges seront abolis. Leur mandat sera révocable à tout moment par les Comités populaires en cas de manquements graves, de non-respect des engagements pris devant les électeurs.

      Pour s’exercer pleinement, la démocratie socialiste doit s’appuyer constamment sur les initiatives et les critiques de la base. Ce sont des millions de femmes et d’hommes qui exerceront dans les Comités, cette démocratie vivante, en actes ! 

Le socialisme dans la perspective du Communisme. 

      Le socialisme est la première phase du communisme. Le communisme signifie que tous les biens produits seront accessibles à tous. De plus le mouvement de luttes conduira à la liquidation de la division ancestrale du travail,  à l'extinction de l'Etat, des luttes de classes et des classes.

      Si les bases économiques du communisme peuvent être créées dans un  pays donné, l'instauration et la victoire du communisme supposent le triomphe de la révolution prolétarienne mondiale, la liquidation totale de l'impérialisme.

      La révolution socialiste française se considérera comme un détachement du camp révolutionnaire mondial.

      L'expérience historique et les enseignements de Lénine et Staline trahis par Krouchtchev, Brejnev, Gorbatchev, Eltsine montrent que pour abolir les classes, il faut poursuivre et développer la lutte de classes contre l'impérialisme, les débris des classes exploiteuses, les tendances bureaucratiques. C'est le gage de la victoire. 

La stratégie de révolution socialiste en France. 

      Le mouvement ouvrier pour s'émanciper définitivement doit en finir avec le capitalisme. L'expérience montre que le réformisme, le révisionnisme constituent des obstacles majeurs qu'il faut vaincre pour assurer la victoire de la révolution. 

-         La déviation réformiste. 

Nous ne faisons pas allusion ici au  social-libéralisme du PS devenu un parti de la bourgeoisie monopoliste quant au contenu de classe même s'il continue d'influencer les couches populaires, mais au nouveau courant social-démocrate qui  vise à chasser sur le terrain abandonné par le PS. Il est représenté par le PCF ("muté"), la LCR, ATTAC et d'autres petites formations.

      Les comités anti-libéraux présentent un double aspect.

      Ignorer l'un ou l'autre conduirait à l'opportunisme ou au sectarisme. Ces comités sont tout d'abord l'expression du mécontentement et de la colère engendrés par les conséquences de la politique capitaliste : le néo-libéralisme .

      En effet, le néolibéralisme lèse gravement la majorité des travailleurs, intellectuels, paysans, créateurs de ce pays. L'urgence commande de se battre contre cette politique au quotidien.

      En cela les comités représentent un développement progressiste.

      Toutefois, faute de parti ou mouvement ouvrier organisé, l'hégémonie et l'orientation de classe de ce mouvement se trouvent dans les mains des couches petites bourgeoises : (intellectuels, couches moyennes)

      Cela se reflète dans les objectifs assignés au mouvement qui en reste à lutter contre les conséquences de certains aspects du capitalisme (ce qui est bien) sans rejeter le système capitaliste dans sa globalité ( ce qui serait mieux).

      Plus problématique, le comité antilibéral sur plusieurs points va contredire les intérêts du mouvement ouvrier.

      C'est là le double aspect petit bourgeois (petit propriétaire) des dirigeants de la "gauche antilibérale".

a)      Inscription dans la défense du bloc impérialiste européen comme contrepouvoir à "l'impérialisme américain" avec le thème de la renégociation du traité constitutionnel européen, les phrases sur "l'Europe sociale, autrement".

b)      Critique du productivisme.

      Dans l'esprit des rédacteurs, il s'agit en dénonçant les industries polluantes, de viser aussi la "société industrielle". Ainsi la gauche antilibérale accompagne volontairement ou pas, le résultat est là, les justifications du capital pour délocaliser et restructurer.

      Dans cette conception, on retrouve les conceptions de Toni Negri sur le "post industrialisme" et la disparition de la classe ouvrière comme figure antagonique.

      Enfin, le concept du "partage des richesses"  tente de concilier les inconciliables.          Vouloir à la fois prôner l'existence du capital et la nécessité que le travail  arrache plus aux propriétaires des moyens de production, c’est l’utopie d’une entente possible capital/travail même « conflictuelle».

      C'est là le rêve des couches sociales intermédiaires de jouer un rôle sur la scène historique.

      Concernant la gauche antilibérale, le mouvement communiste doit donc appuyer les aspects progressistes du mouvement et combattre les tendances réactionnaires qui découlent à la fois de la négation de la théorie marxiste de l'Etat comme dictature de classe et  de la théorie pernicieuse d'un Etat au-dessus des classes; de la  résurgence aménagée des théories réformistes des Bernstein sur le passage possible du capitalisme à une société capitaliste "juste et humaine".

      D'autres variantes existent de la déviation de droite.

      Le révisionnisme se montre encore actif dans la conception selon laquelle, les nationalisations conduiraient par accumulation de réformes-par un simple jeu évolutif- au socialisme au moyen d'une victoire électorale.

      Cette théorie a prouvé sa vacuité.

      La conquête d'une majorité parlementaire par les forces progressistes- circonstance rare (en raison de la dictature des monopoles)- mais dont l'hypothèse ne peut être totalement écartée ne signifie jamais la conquête du pouvoir d'Etat dont le gouvernement constitue l'un des rouages. 

      Les tâches des forces révolutionnaires en cas de victoire parlementaire de la gauche antilibérale, seule ou coalisée sous telle ou telle forme avec le courant communiste, resteraient identiques quant au contenu de classe : travailler à la révolution et briser l'Etat bourgeois.

      En effet, aussi longtemps que la propriété des moyens de production et d'échange reste aux mains des capitalistes, ces derniers s'assureront de  leur maîtrise  totale du pouvoir d'Etat.

      La propriété privée est la base matérielle de la dictature des monopoles.

      Tant que cette propriété capitaliste demeure (et le capitalisme d'Etat ne l'infirme pas avec les nationalisations), la société reste capitaliste quelle que soit l'orientation du gouvernement.

      Les travailleurs continuent d'être exploités y compris avec la toute puissance de l'Etat bourgeois. La production est régie par la loi du profit capitaliste. Les capitalistes useront du pouvoir d'Etat (législation et mesures fascisantes, armée, police, justice) pour combattre le gouvernement anti-néolibéral jusqu'à son renversement par le sabotage           économique et la fuite des capitaux (dans  l'hypothèse où ce gouvernement anti-libéral conduirait une politique réellement progressiste et ne se contenterait pas de gérer la crise).

      Le pouvoir politique du capital, de dictature de classe se traduit par sa main mise sur l'appareil d'Etat, son contrôle exclusif de l'armée, de la police, de l'appareil judiciaire et des médias.

      L'appareil d'Etat est une machine de coercition, de répression contre les travailleurs en révolte et opposition au capitalisme.

      A la différence des révisionnistes ou semi-révisionnistes on ne saurait confondre nationalisation et socialisme.

      Les nationalisations présentent des caractéristiques différentes selon les pays, l'époque, le rapport de forces entre prolétariat et bourgeoisie.

      Lorsque les forces productives ont été détruites en partie par la guerre, il peut être avantageux pour le capital monopoliste de voir assurer par la collectivité et l'argent public,  les investissements productifs quitte à privatiser plus tard.

      En France, étant donné la puissance du parti communiste en 1945, les nationalisations présentaient en outre un caractère démocratique : satisfaction des besoins urgents, péréquation et faible coût des tarifs, création d'institutions ouvrières.

      Au fur et à mesure de l'affaiblissement du Parti Communiste, de la progression du révisionnisme en son sein, la bourgeoisie a pu infléchir la politique des services publics. Rendre dominante en leur sein puis sans partage, la loi de rentabilité financière créant ainsi les conditions politiques et matérielles des privatisations.

      Dans toutes les circonstances, nationalisation purement bourgeoise (comme en Angleterre et Autriche après -guerre) ou démocratiques (France, Italie), le capitalisme d'Etat s'inscrit dans le cadre général des