1er MAI ET APRÈS…
POUR UN PRINTEMPS DES LUTTES !
La question centrale, posée au mouvement gréviste, demeure celle de la constitution d’un rapport de forces supérieur, pour réaliser l’impératif de l’heure : faire payer leur crise aux capitalistes. Le 29 janvier et le 19 mars ont été couronnés par une forte mobilisation, mais trop espacées dans le temps, ces journées se sont avérées insuffisantes pour gagner ou même infléchir la dure politique réactionnaire de Sarkozy. La colère des travailleurs se manifeste partout dans le pays. Des entreprises qui ferment et licencient… aux universités, les luttes déclenchées s’avèrent radicales quant aux formes (occupations, séquestrations de patrons, destruction des stocks chez les sous-traitants), mais isolées et sans coordination nationale, elles ne réussissent pas à faire reculer le capital.
Deux camps, deux politiques
Les travailleurs doivent compter sur leur propre force. La stratégie de la classe capitaliste est de réaliser le profit maximum, en pressurant toujours plus les revenus du travail. La politique capitaliste appliquée par Sarkozy nous conduit vers un million de chômeurs supplémentaires en 2009. Se soigner, s’éduquer, se loger, devient de plus en plus difficile pour les familles populaires, loi de rentabilité financière oblige. Deux France existent, celle de l’oligarchie financière qui étale son luxe et son impudence, et celle « d’en bas » qui s’inquiète du présent et de l’avenir de ses enfants. La France des banques et des monopoles serait infiniment plus vulnérable, sans l’existence d’un syndicalisme domestiqué. Le capital a su tirer les leçons de l’originalité française (et italienne) où existait un puissant syndicalisme de lutte de classes. La CGT a été à l’origine des luttes qui ont permis de réelles conquêtes sociales, aujourd’hui détruites par le pouvoir.
La bourgeoisie a rallié l’ensemble des directions syndicales aux intérêts de l’Etat capitaliste, via la cogestion (sécurité sociale, caisses de chômage, formation permanente…). Cogestion qui se traduit par le « syndicalisme rassemblé », où l’ensemble des centrales est subordonné à la confédération qui revendique, par la bouche de Chérèque, des manifestations exutoires «pour canaliser le mouvement» ! Pour vaincre dans la bataille revendicative, il faut qu’émerge un syndicalisme alternatif à la frilosité, à l’apolitisme et à la collaboration de classes du syndicalisme d’aménagement.
Pour l’auto-organisation des travailleurs
En 1936 et 1968, la base a devancé les directions syndicales, et enclenché un mouvement victorieux, en forgeant son unité syndicale dans l’action. Le seul moyen de faire plier le pouvoir sarkozyste et le patronat, est d’assurer une lutte continue à l’échelle de tout le pays. Luttes qui lèseront les profits, afin d’exercer la pression nécessaire. L’auto-organisation des travailleurs doit pallier les freins et verrous mis en place par les tenants de l’aménagement « social » des contre-réformes. Les comités de grèves doivent se rencontrer, échanger, se soutenir mutuellement, afin de coordonner leur action. L’action continue suppose des formes originales de luttes : grève du zèle, grèves perlées, débrayage d’une heure au quotidien, occupation, puis grève nationale interprofessionnelle. La Guadeloupe a montré l’importance d’un front de luttes structuré autour d’une plate-forme axée sur les revendications urgentes : Hausse générale des salaires de 300 euros, SMIC à 1600 euros, interdiction des licenciements, nationalisation des entreprises casseuses d’emplois, un logement pour tous, défense de la retraite à 60 ans, de la Sécu, des services publics, avec abrogation des suppressions d’emplois programmées ; mais revendications également politiques, avec la défense des libertés démocratiques, l’exigence de régularisation des Sans-papiers, la lutte contre la politique de guerre et ses dépenses faramineuses en Afghanistan ou en Afrique noire, et contre les instances impérialistes : OTAN, UE. Aux contre-réformes globales et régressives de Sarkozy, il faut opposer une politique immédiate progressiste. Faire payer la crise au capital, sera un premier pas important, satisfaisant les besoins urgents et donnant à la classe ouvrière la conscience de sa force dans le long et multiforme combat pour son émancipation finale, par le renversement du capitalisme.
URCF
FACE À LA FAILLITE DU CAPITALISME,
UN AUTRE SYSTÈME EST NÉCESSAIRE :
LE SOCIALISME
La crise du mode de production capitaliste s’aggrave chaque jour, se traduisant en France par des milliers de licenciements (environ 90 000 chômeurs de plus par mois, selon les chiffres officiels), des fermetures d’entreprises et d’établissement publics, la liquidation des acquis obtenus par les luttes... Des sommes énormes, correspondant à la valeur produite par des millions de travailleurs à la sueur de leur front, sont injectées pour maintenir les profits et les privilèges des capitalistes, alors qu’il n’y aurait plus d’argent pour l’école, les hôpitaux, les transports en commun publics...
Aurait-on construit assez de logements pour qu’au troisième millénaire, il n’y ait plus de sans-abri ni ce supplément de 6 000 décès enregistrés cet hiver en France ? C’est que le but du capitalisme n’est pas de résoudre la question du logement, mais de l’utiliser pour exploiter encore plus les travailleurs, les lier et les soumettre par la cherté des loyers, le surendettement, et dépenser le moins possible pour la construction et l’entretien de logements sociaux.
Le capitalisme aurait-il enfin doté le pays d’un réseau de chemins de fer régulier, accessible et sécurisé ? Pourquoi alors ferme-t-il des centaines de lignes et de gares, pourquoi délaisse-t-il l’entretien des voies et du matériel, la surveillance des passages à niveau, pourquoi privilégie-t-il le transport par camions ? C’est que son but n’est pas de faciliter la vie quotidienne de la population, de préserver l’environnement et de permettre aux gens de voyager, mais d’investir uniquement dans ce qui rapporte du profit.
Le capitalisme, régi par la recherche du profit immédiat maximal, entrave le libre développement des individus, et s’oppose à la satisfaction des besoins élémentaires pour vivre dignement.
Dans un pays socialiste, où les usines sont la propriété du peuple et où la production a pour but la satisfaction des besoins, on ne regarde pas à la dépense pour produire un médicament servant à soigner une maladie rare, alors que sous le capitalisme, où l’industrie pharmaceutique est entre les mains de monopoles privés, toute production non rentable est abandonnée, le premier budget dans ce secteur étant celui de la publicité.
L’État capitaliste fait payer sa crise aux travailleurs. Refusons de sauver ce système criminel. Le seul anticapitalisme conséquent, c’est le refus de soutenir la compétitivité et la rentabilité des entreprises, c’est la lutte pour le maintien de l’outil de production, celui des services publics et leur extension, l’embauche des travailleurs privés d’emploi, l’expropriation sans indemnisation des monopoles privés, c’est la lutte pour l’abolition de l’exploitation capitaliste et le remplacement de ce système par le socialisme.
Hausse générale des salaires et pensions de 300 euros mensuels !
Défense des services publics !
Interdiction des licenciements !
Arrêt des expulsions des sans-papiers ! Régularisation immédiate !
Un logement décent pour tous ! Réquisition !
Sortons de l’OTAN et de l’Union européenne !