Enseignants, chercheurs, travailleurs de l’Education, étudiants,

tous ensemble  pour défendre l’Université et la recherche publiques !

 L’URCF exprime son soutien total aux travailleurs de l’enseignement supérieur, et aux étudiants, en lutte contre la casse des emplois publics, des statuts, de la formation, pour la défense du service public d’éducation et de recherche.

Les grèves et les manifestations, dans ce secteur, sont d’une ampleur inégalée depuis le 2 février. Les assemblées générales appelant à la continuité des actions de luttes, à la coordination interprofessionnelle de ces luttes, et à l’élargissement du mouvement aux autres niveaux d’enseignement, montrent la voie du « Tous ensemble » à construire pour faire reculer le gouvernement.

Des contre-réformes au service des monopoles

Les derniers décrets ministériels, qui détruisent le statut des enseignants-chercheurs (charge d’enseignement et attribution de primes soumises au bon vouloir des Présidents d’universités), et qui démantèlent les organismes de recherche (comme le CNRS), sur fond de suppressions de postes, découlent de la loi Pécresse (ou loi LRU), votée en août 2007. En imposant le recours aux financements privés, le recrutement de personnels précaires, en renforçant le pouvoir des présidents et la place des entreprises dans les instances décisionnelles, cette loi prépare le terrain d’une privatisation effective de l’enseignement supérieur. Elle met en œuvre l’objectif des monopoles, inscrit dans le marbre des directives et traités européens : des pôles universitaires en nombre limité, soumis aux dogmes de la rentabilité financière et de la compétitivité, répondant prioritairement aux besoins des entreprises locales et du patronat.

Les étudiants, qui se sont mobilisés en 2007 contre cette loi, sont également les victimes des récentes mesures gouvernementales : déjà paupérisés par l’augmentation des frais d’inscription, le manque de logements-étudiants et le faible niveau des bourses, ils verront se réduire l’offre de formation, sous l’effet des diktats de « mécènes » tels que Bouygues ou Paribas. Ils voient aussi se tarir l’accès aux emplois publics dans l’Education nationale, avec le projet de formation des enseignants : le recrutement au niveau Master (Bac + 5) et la suppression de l’année de stage conjugués, fermeront encore plus les portes du statut d’enseignant fonctionnaire aux étudiants des milieux populaires ; l’objectif de cette « réforme », sous couvert de pseudo revalorisation du métier d’enseignant, est la disparition pure et simple des concours de recrutement, pour laisser le recours à la précarité devenir la règle.

C’est pourquoi les travailleurs du Supérieur et les étudiants ont toute légitimité à exiger l’abrogation non seulement des récents décrets, mais aussi de la loi Pécresse, ainsi que la restitution des 1030 postes supprimés.

Front uni pour la défense du service public d’éducation !

Dans les AG, ils sont de plus en plus nombreux à souhaiter échanger et s’unir avec les autres acteurs du système éducatif, car ils savent que les attaques contre l’école publique n’épargnent aucun niveau. Menaces sur l’école maternelle, suppressions des « Réseaux d’aide spécialisée » en primaire, loi Fillon au collège, réforme Darcos au lycée (suspendue et non retirée !), disparition des BEP dans les lycées professionnels ; autant de mesures rétrogrades qui font, à chaque fois, entendre les mêmes refrains : « autonomie », « flexibilité », « obligation de performances », « individualisation », « sélection des plus méritants »… ; autant de coups portés contre le système éducatif, qui instaurent une école au rabais, ségrégative, produisant l’élite formatée pour s’adapter aux demandes du patronat, tandis que les autres iront grossir les rangs des laissés-pour-compte de la société capitaliste.

Après le 29 janvier, poursuivre et amplifier la convergence des luttes public/privé !

Mais les travailleurs et la jeunesse ne sont pas prêts à rendre les armes face à de telles perspectives. Ils l’ont prouvé le 29 janvier, journée de mobilisation exemplaire, au cours de laquelle 8 millions de grévistes et 2,5 millions de manifestants ont exprimé leur refus de payer les frais d’une crise dont le pouvoir et le patronat sont les seuls responsables. Ce jour-là, ils ont défendu ensemble leurs emplois, leurs services publics, et leur droit à de meilleurs salaires et pensions.

A l’issue de cette journée, les directions nationales des organisations syndicales ont fait le choix de l’attentisme, en semant l’illusion d’une parole présidentielle toute puissante ; or la seule puissance qui vaille, c’est celle des masses en mouvement et unies dans une lutte continue contre les fauteurs de crise que sont conjointement Sarkozy, ses ministres, et tous les donneurs d’ordres du capitalisme français, européen et mondial. Par quel miracle, si le mouvement populaire ne montre pas sa force, Sarkozy céderait-il le 18 février ce qu’il n’a pas cédé le 29 au soir ? N’a-t-il pas prouvé, depuis des mois, par sa politique autoritaire et répressive, par ses manœuvres de division, et par ses mensonges, qu’il ne recule que face aux menaces d’embrasement populaire ?

A l’instar de ces travailleurs et étudiants en lutte dans les Facultés, qui ont décidé de rendre « illimitées » leurs grèves, de bloquer leurs universités, et d’occuper la rue les 10 et 13 février, c’est l’ensemble du monde du travail, des privés d’emplois et de la jeunesse, qui doit construire le front de résistance contre le pouvoir et le patronat : ils nous suppriment nos emplois, ils nous bloquent nos salaires, bloquons leurs profits !

Comme en Guadeloupe, résistons, jusqu’à la victoire, par la grève générale !

 

Union des Révolutionnaires-Communistes de France (Construction du Parti)  le 10 février 2009
 
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