Mourir plus vite pour leurs profits ? NON !
Depuis que les travailleurs sont exploités par le Capital, ils ont toujours revendiqué, pour leur défense quotidienne, un code du travail et la limitation du temps de travail ! Le 1er mai est né des luttes pour ces revendications.
Allonger le temps de travail, c’est augmenter les profits
Pour les capitalistes, le temps de travail, c’est de l’argent qui deviendra du capital. Plus la journée de travail dure, plus les profits seront importants ! C’est pourquoi les patrons et leurs hommes politiques se sont opposés par le passé à la semaine de 48 heures, aux 40, aux 39 et aujourd’hui aux 35 heures. C’est pourquoi ils ont toujours voulu imposer des heures supplémentaires, sans règle, sans code du travail. Pour le patronat, le seul code acceptable, c’est « travaille toujours plus longtemps et tais-toi ! ». Même la loi sur les 35 heures, que patronnait la « gauche plurielle », a remis en cause des acquis sociaux – en imposant l’annualisation du temps de travail, en supprimant la reconnaissance du chômage partiel comme d’une partie des heures supplémentaires hebdomadaires, en ne payant plus une partie des heures travaillées autrement qu’en RTT. Aujourd’hui, le patronat veut aller plus loin. Rappelons qu’en réalité, les travailleurs en France ont une durée hebdomadaire parmi les plus longues du monde capitaliste développé, tout en ayant le troisième rang mondial de la productivité ! Non, ce que les capitalistes veulent, c’est qu’on travaille plus pour qu’ils encaissent plus !
Or chaque allongement du temps de travail, c’est plus d’usure du travailleur, plus de fatigue, de stress. Dans certains métiers, c’est la menace de l’accident du travail, pour tous, c’est la dégradation de la santé, c’est le raccourcissement de l’espérance de vie. Augmenter le temps de travail, c’est contribuer à ce qu’une partie des travailleurs meurent PLUS TOT !
Reculer l’âge de la retraite, imposer les fonds de pension, c’est augmenter les profits
Dès la fin du XVIIIe siècle, un théoricien du capitalisme, Malthus, expliquait qu’il fallait supprimer les bouches inutiles, ne pas aider les pauvres et les chômeurs, de manière à faire baisser les salaires et pour ne pas avoir à entretenir ceux qui n’étaient plus capables de fabriquer des profits pour le capitaliste. Ses ouvrages sont la Bible de Laurence Parisot, Sarkozy et Fillon, comme de l’ensemble du patronat. Sa philosophie est celle des dirigeants de l’Union Européenne. C’est ce que montre l’attaque contre les retraites.
En premier lieu, il s’agit, en reculant de fait l’âge de la retraite, d’allonger la durée de carrière. C’est donc bien un allongement du temps de travail pour ceux qui sont susceptibles de continuer à produire du profit pour le capital !
En second lieu, le patronat cherche à liquider le droit à la retraite, garanti par un revenu effectif, pour le remplacer par une retraite à la carte si le travailleur a économisé pour cela. « Economisé » au travers de fonds de pension qui, gérés par le patronat, lui permettront de spéculer, ou d’investir en capital, avec une part du salaire du travailleur (et donc pour les capitalistes, de récupérer une partie du salaire payé). Autrement dit, les travailleurs paieront les investissements et la spéculation, le patronat empochera les dividendes et, si tout va bien, pendant quarante ou quarante-cinq ans, verseront une obole aux survivants. Car le recul de l’âge de la retraite, c’est la diminution de l’espérance de vie. Tout travailleur qui meurt avant de prendre la retraite ou dans les tout premiers mois ou années après l’avoir prise, c’est du profit supplémentaire. Et si les fonds de pension font faillite, si le Krach boursier survient, si le travailleur perd son travail et ne peut plus souscrire…, il ne lui reste que ses yeux pour pleurer et retarder son départ du marché du travail, donc mourir plus tôt que ce qu’il aurait pu vivre.
Ainsi, à une époque où la médecine permet d’envisager de vivre plus longtemps, en bonne santé, le capitalisme est engagé dans une vaste offensive contre le monde du travail, pour le conduire à mourir plus tôt, de manière à augmenter les profits extorqués sur le dos des travailleurs ! Et cette offensive est menée dans l’Union Européenne, chérie par Sarkozy et l’UMP comme par les dirigeants du Parti socialiste, par le MEDEF comme par les dirigeants syndicaux de la Confédération Européenne des Syndicats, comme par ceux qui s’avouent euro-constructifs, mais ne veulent pas rompre avec cette machine de guerre contre les travailleurs et les peuples !
Rejeter les contre-réformes, c’est combattre contre le capitalisme et non pas mendier ou marchander des aménagements !
La diminution du temps de travail, le code du travail, le droit à la retraite et à la santé, on ne nous les a pas octroyés ! Nous les avons gagnés de haute lutte ! Ces conquêtes sociales, ce sont des millions d’heures de grèves, des manifestations sanglantes parfois, le combat de la résistance antifasciste pendant la guerre de 1939-1945.
Mais c'était l'époque où les dirigeants syndicaux ne se faisaient pas tutoyer par les Sarkozy, et n’étaient pas à l’honneur dans les sondages d’opinion auprès du patronat ; l’époque où les dirigeants syndicaux affirmaient que, dans la lutte des classes, le patronat était un ennemi des travailleurs et non « un partenaire social » ; où ils négociaient sur la base de la mobilisation des travailleurs et non pour empêcher celle-ci ; où ils refusaient toute déréglementation contre une reconnaissance de leur « représentativité ». C’était l’époque où le syndicalisme de classe a prouvé son caractère indispensable pour gagner des conquêtes sociales. C’est ce chemin de la lutte qu’il nous faut reprendre, au côté des autres travailleurs et des peuples d’Europe, victimes de la même politique au service des mêmes intérêts, pour stopper l’offensive de régression sociale en cours.
En même temps, il faut tirer une leçon de ce qui se passe : tant que le capitalisme existe, aucune conquête sociale, aucun droit, n’est définitivement acquis. Pour que cela le devienne, il faut remettre en cause le capitalisme comme système, car il a fait son temps, et travailler à son renversement. Il faut combattre le capital financier et son pouvoir par une stratégie révolutionnaire, afin que les travailleurs puissent construire une société socialiste, dirigée par eux travailleurs, pour eux. La capitulation des dirigeants du PCF et leur réduction à l’état d’appendice du PS, quand ce n’est pas à celui de coursier de l’impérialisme français au Liban, tout comme le rétablissement du capitalisme en URSS, ont encouragé l’offensive de la bourgeoisie monopoliste sur tous les plans, et laissé les travailleurs désarmés. Pour mener le combat pour se défendre, il faut un parti révolutionnaire qui aide le mouvement populaire à trouver les chemins de l’alternative politique : renverser la domination du capital et construire la société socialiste. C’est à ce combat que l’URCF se consacre.
Contre la bourgeoisie réactionnaire, opposons le front de ceux qui vont « au-devant la vie, au-devant du matin ! » (Paul Vaillant-Couturier-Chostakovitch)
Union des Révolutionnaires-Communistes de France (URCF)
le 17 juin 2008