ENSEIGNANTS, PARENTS Tous Ensemble Pour Défendre
LE SERVICE PUBLIC D’EDUCATION !
L’URCF soutient et souhaite plein succès à la journée de grève des travailleurs de l’Education nationale en lutte pour la défense des emplois, des conditions de travail et du pouvoir d’achat.
Loi du maximum de profits = école publique sinistrée
Depuis des années, les personnels, parents et élèves des collèges et lycées voient le nombre d’emplois se réduire dans leurs établissements : entre 2003 et 2007, 20 000 postes d’enseignants ont déjà disparu ; pour la rentrée 2008, près de 10 000 suppressions sont prévues ; pour les 4 ans à venir, la saignée de 80 000 postes, programmée dans le cadre de la RGPP (révision générale des politiques publiques), alors que le nombre d’élèves sera en hausse, laisse prévoir une situation catastrophique pour le système éducatif. Faute des moyens financiers et humains nécessaires, les missions de service public de l’école ne pourront plus être assurées. Comme pour l’université, l’austérité budgétaire vise, à partir des difficultés engendrées, à préparer la privatisation (l’autonomie, les pouvoirs accrus des chefs d’établissement et la sponsorisation !)
Ce coup d’accélérateur brutal dans la réduction des moyens pour l’école publique, trouve son origine dans l’état de crise profonde de l’économie capitaliste : pour satisfaire les exigences de profits de l’oligarchie financière, dans un contexte de paupérisation aggravée des masses populaires, le gouvernement Sarkozy-Fillon s’attaque, de façon frontale et systématique, à toutes les conquêtes sociales arrachées de haute lutte en 1936, 45 et 68.
Les dizaines de milliers d’emplois retirés au service public d’éducation financeront en partie les 15 milliards de cadeaux fiscaux accordés aux plus riches à l’automne 2007. Ces suppressions sont aussi le corollaire pour renforcer toujours plus la mainmise patronale sur le secteur éducatif, par le champ libre laissé aux financements privés au sein des établissements publics, par leur intervention pour leurs intérêts de classe sur les programmes, sur les diplômes (suppression des BEP), pour une école inégalitaire vouée à développer essentiellement les « savoir-faire » !
La privatisation rampante de l’éducation nationale
Les normes néo-libérales, qui ont fait des ravages dans l’école anglo-saxonne depuis l’ère Reagan/Thatcher, s’installent dangereusement en France dans le Second degré, et créent les conditions d’une école plus ségrégative que jamais. Ainsi, la suppression des BEP, sur l’instigation des patrons de la métallurgie (et sous couvert de Bac professionnel en 3 ans au lieu de 4) détruira 10 000 emplois et accroîtra la sélection et l’échec scolaire, notamment chez les jeunes de familles populaires. Dans les collèges, la suppression de la carte scolaire, la mise en place du « socle commun » et des « livrets de compétences » d’inspiration patronale, renforceront inévitablement la création de filières d’orientation précoce et l’exclusion scolaire. Dans les lycées, supprimer 25% de l’offre de formation « rapportera » à Darcos 25 000 emplois.
Les enseignants sont également victimes de ce processus de démantèlement de l’école publique : comme les autres travailleurs, ils sont soumis à la loi sarkozyste du « travailler plus pour gagner plus », qui ne vise qu’à déréglementer et à allonger le temps de travail pour tous, à mettre en concurrence les salariés. L’inflation d’heures supplémentaires, financées par une partie des postes supprimés, s’inscrit dans cette logique néo-libérale, que le rapport Pochard se propose d’aggraver : temps de travail allongé (3 HS imposées = 30 000 emplois supprimés…), bivalence en collège, promotions au mérite pour indexer les salaires sur des critères locaux se substituant aux grilles salariales collectives, précarité renforcée par le recrutement local en vue de supprimer les concours…
Solidarité interprofessionnelle dans la lutte jusqu’à la victoire !
La lutte contre une attaque aussi frontale ne trouvera d’issue que dans une riposte globale contre le gouvernement mais aussi contre l’ensemble de la classe capitaliste, qui cherche en permanence à reprendre ce qu’elle a dû céder. Depuis plusieurs mois, les actions sectorielles, déconnectées les unes des autres, ont montré leurs limites. La journée du 18 mars doit être une étape vers la mobilisation générale des travailleurs du public et du privé, pour sauver l’école publique. Rappelons-nous mai 68 et ses 10 millions de grévistes pendant 6 semaines !
Dans l’Education, l’action continue dans les bahuts et dans les assemblées générales doit tendre à créer ce lien entre travailleurs de l’Education, mais aussi avec les familles et les jeunes, et permettre l’émergence d’une puissante solidarité de classe pour préparer la grève nationale interprofessionnelle autour des revendications urgentes et unifiantes :
Non aux suppressions d’emplois !
Non à la précarité ! :
Des CDI (dans le privé) et la titularisation pour tous (dans le public) !
Hausse générale des salaires de 300 euros !
Non à l’allongement du temps de travail !
URCF secteur éducation Mars 2008