Pour sauver l’Ecole publique, s’attaquer à la politique du capital !

 

L’URCF souhaite plein succès à la manifestation nationale du dimanche 19 octobre 2008 : il est en effet nécessaire d’opposer notre colère, notre détermination et notre action à la casse du service public d’éducation.

 L’école au rabais de Sarkozy-Darcos : soumission totale à la rentabilité financière

 Jamais, depuis 1945, le budget de l’Education n’avait subi une telle amputation : en baissant de 3,4%, alors que les dépenses de l’Etat augmentent de 2,5 %, ce budget d’austérité assombrit encore l’avenir d’une part croissante de la jeunesse.

Après la disparition de 30 000 postes d’enseignants depuis 2003, la programmation de 13 500 nouvelles suppressions justifie une avalanche de contre-réformes qui organisent une casse progressive du système éducatif public : dès l’école primaire, les élèves perdront non seulement 2 heures hebdomadaires, mais aussi l’apport des enseignants spécialisés des « Réseaux d’aide et de soutien » (RASED) ; en collège, l’exigence d’acquisition du « socle commun de compétences » conduira à l’éviction d’un plus grand nombre de jeunes vers l’apprentissage patronal ; en lycée, l’actuel projet ministériel vise à réduire les horaires et l’offre de formation, à instaurer un lycée « à la carte » engendrant de nouvelles inégalités, et à faire disparaître de facto le baccalauréat comme diplôme national permettant l’accès à la poursuite d’études ; en lycée professionnel, la disparition du diplôme du BEP, sous couvert de Bac professionnel en 3 ans, ne pourra qu’accroître l’échec scolaire, touchant notamment les jeunes de familles populaires ; enfin, les étudiants, déjà frappés par une paupérisation aggravée, devront payer plus cher pour accéder à des universités, contraintes depuis la loi Pécresse, de recourir aux financements privés pour pallier les nouvelles suppressions de postes.

Sombres perspectives également pour les enseignants, recrutés sans formation rémunérée sous forme de stage, paupérisés par le blocage de leurs salaires, flexibilisés par le non respect de leurs qualifications (plusieurs matières à enseigner, notamment), les heures supplémentaires imposées et les services partagés, et laissés à la merci de l’arbitraire de leur hiérarchie par les graves attaques contre le paritarisme (disparition des commissions de contrôle pour les mutations) et le droit syndical (droit de grève et heure d’info syndicale).

 Tous ces coups portés contre le système éducatif révèlent le contenu de classe de la politique gouvernementale : il s’agit de parachever la mise en place d’un système scolaire fondé sur la rentabilité financière, où les calculs marchands deviennent la règle de gestion.
Cette école est celle de l’adaptabilité aux besoins de caste du capital financier, en développant uniquement les savoir-faire « utiles » aux monopoles, au détriment du savoir.
A tous les niveaux, les mêmes logiques sont à l’œuvre : contenus appauvris, missions de service public sacrifiées, multiplication des ghettos scolaires (avec la disparition de la carte scolaire), plus d’inégalités et de sauve-qui-peut individuels, préparant le terrain d’une privatisation tous azimuts et d’une marchandisation totale de l’Education.

 Pour défendre et sauver  le service public d’éducation : nous organiser en large rassemblement populaire 

En nous unissant, comme aujourd’hui, dans des mobilisations massives, en prenant l’initiative de nous regrouper, salariés et usagers, dans des collectifs de défense des services publics, en défendant l’emploi dans les entreprises menacées de délocalisations ou de fermeture, nous construisons les résistances indispensables pour faire céder pouvoir et patronat sur nos revendications urgentes. 
L’argent pour satisfaire les besoins existe, pas de cadeaux aux capitalistes fauteurs de crise ! De l’argent pour les besoins sociaux, éducatifs, et pour l’emploi !

 Cibler la source de cette régression : le capitalisme

 La faute aux « déficits publics » et à la crise financière, prétend le gouvernement Sarkozy/Fillon…  Or, c’est précisément l’inverse qui s’est produit : toutes les mesures de régression sociale et de liquidation des conquêtes antérieures ont favorisé les profits multipliés par la spéculation boursière, puis l’éclatement de la crise.
La faute au capitalisme, doivent donc répondre les travailleurs, et à sa crise permanente, générée par la gangrène des profits financiers, en faveur desquels s’activent les hommes du pouvoir au service des monopoles : niches et cadeaux fiscaux par dizaines de milliards, privatisations et, « cerise sur le gâteau », 40 milliards de subvention publique, votés le 15 octobre par le Parlement (rappelons que le budget de l’Education s’élève, lui, à 60 milliards…) pour des banques qui se sont engraissées pendant des années sur le dos des endettés, publics et particuliers.

Autant de « générosités » de la part d’un Etat dont la politique antisociale satisfait les intérêts de classe de la minorité capitaliste, au détriment des besoins de l’immense majorité des forces du travail, avec la destruction de tous les services publics, l’allongement du temps de travail, la généralisation de la précarité, le chômage massif des jeunes…
Sachons donc, dans les luttes légitimes que nous menons, contre qui et contre quoi nous nous battons : le patronat et l’Etat capitaliste à son service sont conjointement responsables de cette crise et du prix qu’ils nous la font payer.
Pour rendre efficace et durable leur résistance, les travailleurs et avec eux tous ceux qui défendent l’Ecole publique, doivent rejeter les illusions d’un capitalisme « régulable », « amendable », voire « social », alors qu’il est par essence anti-social et ne peut en aucun cas répondre aux besoins, à commencer par celui d’une éducation de qualité pour tous, gratuite, laïque et démocratique. Tant que la loi du profit demeurera le fondement de notre société, l’éducation sera, comme cette société, profondément inégalitaire. Et tant que les travailleurs ne seront pas pleinement maîtres des richesses qu’ils produisent, cette loi du profit continuera à produire ses ravages économiques et sociaux. 

Ensemble, enseignants, parents, étudiants, postiers, ouvriers, retraités, travailleurs du public comme du privé, tous victimes du système capitaliste, unissons nous contre Sarkozy, Fillon, Darcos,  rassemblons-nous contre la politique du capital  !

 Le capitalisme ne se réforme pas, il se combat jusqu’à son renversement qui seul permettra de libérer toutes les potentialités économiques, culturelles et sociales, entravées par le joug de l’exploitation.

 

 

URCF – Secteur Education –

 

                                           

 

 
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